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Les Blackhawks en Séries : rêve ou réalité ?

La franchise de l’Illinois a annoncé fin 2020 qu’elle était en pleine reconstruction. Ce qui était au départ une course au repêchage est devenu une course aux Séries Eliminatoires. Les Chicago Blackhawks se classent en ce moment même à la quatrième place de la Division Centrale Discover et possèdent 5 points d’avance sur les Blue Jackets de Columbus, de quoi voir venir mais quoi précisément ? Direction Windy City pour faire le point !

PATRICK KANE : EXEMPLARITE ET PERFORMANCE

Après avoir commencé la saison par un triste bilan de 2-4-3, Chicago a enchaîné par une série victorieuse de 7-1-1 la reclassant directement en haut de la Division Centrale en compagnie du Lightning de Tampa Bay. Mais depuis, les Hawks sont à l’équilibre sur les 10 derniers avec un bilan de 5-5-1. En l’absence de Jonathan Toews, Andrew Shaw, Kirby Dach, Alexander Nylander et la retraite toute fraîche de Brent Seabrook, c’est une saison a plusieurs vitesses que réalisent les Blackhawks mais les faits sont là avec un bilan total de 14-10-5, le tanking n’est pas pour cette année mais viser le titre paraît utopique.

Patrick Kane, leader irréprochable des Hawks – Source: Second City Hockey

Avec 41 points à son actif (11 buts et 30 aides) Patrick Kane montre une nouvelle fois la marche à suivre pour ses jeunes coéquipiers. L’ailier de 32 ans qui a remporté la Coupe Stanley trois fois en 2010, 2013 et 2015, a inscrit son 400ème but en carrière le 28 février dernier face aux Red Wings de Detroit.

« C’est un honneur de faire partie de ce moment et, je sais que je me répète, mais c’est un joueur qui est facile à diriger et je suis privilégié de pouvoir envoyer un joueur de ce calibre sur la glace. Un entraîneur a parfois des idées, et lui, il réussit à les exécuter. »

Jeremy Colliton

Peu enclin aux éloges c’est sur la glace que Kane s’éclate encore et toujours surtout en l’absence de Jonathan Toews cette saison. Les années passent et l’américain ne semble pas perdre son goût de la victoire et montre l’exemple. Bien encadré par son compatriote Alex DeBrincat (29 points – 15 buts et 14 aides) et le centre suisse Pius Suter (13 points – 8 buts et 5 aides), la première ligne que constitue ces trois attaquants est la seule de l’équipe où les joueurs présentent un ratio ± positif chacun : +8 pour Kane, +7 pour DeBrincat et +3 pour Suter. La deuxième ligne quant à elle est dans le rouge : -10 pour Janmark, -10 pour Kurashev et -3 pour Soderberg. Si les calculs sont bons cela ne fait qu’un petit ratio de +2 en combiné des deux premières lignes offensives. Trop peu. Une éclaircie cependant vient de Dominik Kubalik et sa production en troisième trio. Déjà 22 points (10 buts et 12 aides) avec un temps d’environ 15 minutes sur la glace et un ratio positif de +2.

Dominik Kubalik est devenu une valeur sûre de l’effectif chicagoan – Crédits: Claus Andersen/Getty Images

Quatorzième attaque de la ligue avec une moyenne de 3,00 buts pat match, les Blackhawks de Chicago sont aussi dans la moyenne basse en terme de tirs pris (29,8) et sont seulement 27èmes en pourcentage de mises en jeu remportées (46,4%). Pour ce dernier, Pius Suter ne présente qu’un faible 43,1 % et Dylan Strome 44,6 %. Ce manque de réussite créé un déséquilibre dans le jeu car moins de mises en jeu gagnées provoque moins de possession du palet et donc plus de temps à défendre et concéder des lancers adverses.

Point positif de l’attaque illinoise, le jeu de puissance. En effet avec un taux de 29,6 % (!) les Hawks se trouvent en 3ème position juste derrière les Hurricanes de Carolina et les Maple Leafs de Toronto. Avec un effectif en manque de puissance physique, l’équipe compense par un jeu rapide et projeté vers l’avant en passant très vite la zone neutre. En effet seulement six joueurs dépassent les 90 kilos dans l’effectif, difficile de faire la comparaison avec les gabarits adverses de la division.

Alex DeBrincat, meilleur buteur de la franchise cette année – Crédits: Getty Images

DUNCAN KEITH : FORMATEUR A PLEIN TEMPS

Sur les 14 victoires que comptent Chicago cette saison, 6 d’entre elles se sont décidées en prolongations ou en shoot-out. Et c’est là que se trouve le problème offensif ! Performants en supériorité numérique ou en 3vs3, les Hawks pâtissent de leurs manques de physique en 5vs5. Bien ancrés à la quatrième place, ils ont toutefois déjà rencontré les Red Wings six fois sur huit rencontres prévues. Bilan : cinq victoires et une défaite. Six fois Columbus qui est très loin de ses standards. Bilan : quatre victoires et deux défaites. Vous avez compris, dans la deuxième partie de saison ils devront rencontrer le Lightning encore trois fois (1-3-1 pour l’instant), les surprenants Panthers cinq fois (0-2-1) et Carolina cinq fois (1-1-1). Un programme lourd les attend et il a commencé hier soir avec un match contre les Panthers et une défaite sur le score de 4-2. Les matchs cruciaux seront contre les Predators et les Stars mais attention si ces derniers se réveillent sur la seconde partie de la saison, les Hawks pourraient tomber sur la pire place possible, la cinquième.

En laissant le disque plus souvent à ses adversaires, les Blackhawks défendent logiquement sur plus de séquences. Avec une 19ème défense à 3,10 buts pris par match et 34,4 tirs concédés (le pire total de la ligue), ajouté à ce manque de puissance (on ne le dira pas assez), Chicago n’occupe pas assez la zone adverse, rencontre des difficultés dans les batailles autour des filets et souffre en infériorité numérique (74,4 % – 24ème).

Duncan Keith, le « papa » de la défense des Hawks – Source: Second City Hockey

L’inusable Duncan Keith, qui a encore réalisé des séries de qualité à l’été 2020, a 37 ans et ses belles années sont derrière. Qui pour prendre la suite dans le futur ? La question reste pour l’instant sans réponse. Son compagnon de ligne Adam Boqvist, à tout juste 20 ans, apprend au jour le jour au contact du triple champion et est toujours en apprentissage, même situation pour Ian Mitchell, Nicolas Beaudin et Lucas Carlsson. Le second duo composé de Calvin de Haan et Connor Murphy fait de son mieux, sans plus, et la récente retraite forcée de Brent Seabrook est un véritable crève-coeur pour la franchise, ses partisans et le collectif. Voici sa déclaration lors de l’annonce de l’arrêt de sa carrière :

« Je suis incroyablement fier de ma carrière. J’ai pu jouer avec un groupe formidable  pour la meilleure organisation sportive. Quand je suis arrivé ici, nous n’étions pas les Blackhawks que vous voyez maintenant ou au début de la décennie. C’était amusant de faire partie de ce groupe qui a ramené cette franchise au sommet. Je ne changerais rien pour rien. J’ai tout donné ! » Brent Seabrook

Une satisfaction cependant vient du géant russe Nikita Zadorov. L’ancien de l’Avalanche du Colorado apporte de la taille et de la puissance sur le troisième duo. Avec 98 mises en échec il se classe dans le top 10 de la ligue dans cette catégorie statistique. Il ne serait pas surprenant qu’il monte en hiérarchie et devienne pourquoi pas un asset intéressant dans un trade, on sent quand même que les Hawks sortent gagnant de cet échange avec le Colorado qui accueilli Brandon Saad dans ses rangs. Quid du cas Dylan Strome également. Les Blackhawks auraient tout intérêt à prendre en considération les offres pouvant être proposées pour le jeune centre.

LANKINEN A LA RESCOUSSE DEVANT LE FILET

En parlant de crève-coeur pour les partisans il en est un autre qui a chamboulé les fans, le départ de Corey Crawford. Arrivé en 2003 il a fait ses valises pour les Devils de New Jersey après des dernières saisons remplies de blessures et de commotions. Le départ de Robin Lehner auparavant avait déjà rendu le poste fragile et celle de Crawford est une perte de trop pour les Hawks. Les questions devant le filet en début de saison abondaient : qui entre Malcolm Subban et Collin Delia ? Choix cornélien et désespérant car aucun des deux n’ont le niveau d’un gardien titulaire pouvant enchaîner les prestations de qualité match après match. Et puis vint la lumière et Kevin Lankinen !

Kevin Lankinen, la révélation des Blackhawks cette saison – Source: The Hockey Writers

Le gardien finlandais affiche un niveau solide pour une première saison dans la grande ligue : un bilan de 10-5-4 pour 2,79 buts alloués à 91,7 %, des statistiques qui ont fortement baissé, la tornade du Lightning étant passée deux fois récemment (3 puis 6 buts pris début du mois). Malgré cela Lankinen se retrouve de plus en plus dans les discussions autour du trophée Calder, preuve que ses performances ne restent pas inaperçues. Cependant des doutes subsistent, pourra t’il tenir ce niveau jusqu’à la fin de la saison, voir jusqu’aux séries ? Seul l’avenir nous le dira.

Pour l’instant sortons les calculatrices, malgré un gardien sortant en moyenne 92 % des lancers adverses, la défense chicagoane laisse ses adversaires en lancer 34, cela fait presque 2 buts de concédés à coup sûr par match. En résumé Lankinen réalise un bon match mais cela fera quand même un ratio de 32 arrêts sur 34. Difficile de survivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête surtout en séries.

« Je me sens bien. Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose qui me gêne maintenant. Je dois prendre mon mal en patience et être prêt pour mon retour au jeu. Etre avec le groupe en déplacement, sentir cet esprit de camaraderie avec les gars, ça fait du bien de le ressentir. Je sais néanmoins que la route est longue. » Kirby Dach

Les partisans ont hâte de voir Kirby Dach de retour sur la glace – Source: Getty Images

Il faut rester optimiste sur l’avenir des Blackhawks et son jeune groupe encadré de futurs intronisés au Temple de la Renommée. Avec le retour du centre Kirby Dach après sa fracture au poignet droit, l’évolution constante d’Alex DeBrincat, la confirmation de Dominik Kubalik, Chicago a des jeunes talents pour devenir compétitifs à moyen terme. Mais être compétitif et être prétendant à la Coupe Stanley sont deux choses totalement différentes. Patrick Kane n’a que 32 ans ainsi que Jonathan Toews, en espérant que ce dernier revienne vite sur la glace, et ont quelques années encore sous le coude pour pouvoir viser un titre dans cette décennie. Le point noir du futur des Hawks se trouve sur la ligne bleue et devant le filet et c’est bien là que Stan Bowman doit se focaliser. Duncan Keith n’est pas éternel et le départ en retraite de Brent Seabrook a créé un vide. La jeune ligne bleue peut leur faire manquer les Séries par manque d’expérience mais c’est un pari sur l’avenir. Kevin Lankinen quant à lui réalise une saison prometteuse mais tiendra t’il la cadence, là est la question. La reconstruction est actée sans vraiment l’être et un jour ou l’autre il faudra faire un choix, mais lequel ? Quels mouvements possibles ? Bonne chance Mister Bowman!

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