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Preview MotoGP saison 2021 – Suzuki Ecstar : en route vers le back-to-back ?

Suzuki possède-t-il les deux meilleurs pilotes du plateau ? (@YoulBriner2000)

Le 28 mars prochain débutera la nouvelle saison du championnat du monde de vitesse moto, sur le circuit de Losail au Qatar. Pour mieux vous préparer au retour en piste, le CCS a décidé de publier une série d’articles portant sur les différents manufacturiers qui composent la grille de MotoGP. Aujourd’hui, nous continuons notre tour d’horizon par le champion en titre : Team Suzuki Ecstar.

Qu’est-ce qui est plus dur que d’être champion du monde ? Champion du monde pour la deuxième fois d’affilée naturellement ! Les enjeux sont nombreux pour cette nouvelle saison du côté de Suzuki et faire mieux que l’année dernière risque d’être difficile. Néanmoins, cela n’est pas irréalisable. Au vu des tests de pré-saison qui se sont déroulés au Qatar la semaine dernière, les Suzuki semblent sur la bonne voie, en témoignent les 7 et 8emes places de Mir et Rins, à respectivement +0.644 et +0.677 du leader Ducati Jack Miller au classement cumulé. On a hâte de revenir sur ce circuit de Losail dans deux semaines !

20 ans après Kenny Roberts Jr, Joan Mir est devenu champion du monde MotoGP sur une Suzuki ! (gp-inside.com)

Après Barry Sheene en 1976 et 1977, Marco Lucchinelli en 1981, Franco Uncini en 1982, Kevin Schwantz en 1993 et donc Kenny Roberts Jr. en 2000, Joan Mir est devenu le 15 novembre 2020, le sixième pilote de l’histoire à remporter le titre de champion pilote au guidon d’une Suzuki en catégorie reine. De plus, lui et Álex Rins ont permis au Team Suzuki Ecstar d’être sacré pour la première fois champion par équipe. Pourtant, il faut savoir que la marque japonaise est arrivée en catégorie reine en 1971 et n’a été absente qu’entre 2011 et 2014. Un team historique donc !

2020 : une saison historique pour le team Suzuki !

Régularité, tel fut le maître-mot de cette saison 2020 pour Suzuki, avec Joan Mir en figure de proue. Sept podiums sur quatorze possibles. Un beau bilan donc, qui lui a permis d’être sacré pour la première fois champion du monde, en l’absence du pilote en titre : Marc Márquez. Sachant que sa première victoire est arrivée à trois courses de la fin et à une course de son titre. Cependant, le team Suzuki a pu se rassurer avant avec la victoire d’Álex Rins lors de la 10e manche sur le circuit d’Aragon. Le manufacturier japonais est donc devenu champion du monde pour la première fois avec seulement deux victoires !

Davide Brivio, parti depuis en F1 rejoindre Alpine, restera celui qui aura ramené le graal à Suzuki. (motorlat.com)

Outre le talent de ses pilotes, l’autre élément déterminant de cette magnifique saison fut la moto. La plus fiable et la plus performante selon ses adversaires. On se souvient notamment de déclarations surprenantes de la part du pilote français Fabio Quartararo durant la saison, louant les prestations de la GSX-RR. Peu de personnes s’attendaient à de telles prouesses, pourtant, c’est un travail de longue haleine. Davide Brivio, maintenant ex-manager du team Ecstar, était là depuis 2013 et a réussi à ramener Suzuki au premier plan. Chose que l’on aurait pu difficilement imaginer il y a encore quelques années quand on sait que Yamaha et Honda dominent les débats depuis des années maintenant. Le plus difficile est peut-être à venir lorsqu’on sait que le plus dur est de rester au top. Le départ de Brivio a présagé le pire, néanmoins, les dirigeants ont préféré misé sur la continuité en laissant l’équipe technique déjà en place prendre la relève.

« Quand notre team manager Davide Brivio a quitté l’équipe, j’ai pensé que c’était une grande perte pour l’équipe, mais nous avons un staff super professionnel et leurs capacités sont plus que suffisantes pour compenser une telle perte.« 

Shinichi Sahara, le directeur de la branche MotoGP chez Suzuki, pour Motorsport lors de la présentation de la nouvelle GSX-RR.

Et si Álex Rins venait bousculer la hiérarchie ?

Suzuki a la chance d’avoir une très belle line-up, dotée de deux pilotes talentueux qui ne se marchent pas dessus et dont l’entente n’est pas à remettre en cause. Cependant, Álex Rins est un pilote ambitieux qui ne voit pas pourquoi seul son coéquipier pourrait prétendre à sa succession. Lors de la saison 2020, Rins n’était pas loin et après les tests de pré-saison la semaine dernière, l’espagnol roule dans la même seconde que le champion du monde en titre. Il est vrai que ce ne sont que des chronos indicatifs, il ne signifient rien pour le moment, mais tout porte à croire que nous allons avoir le droit à un très beau premier week-end au Qatar dans un peu moins de deux semaines.

« Quoi qu’il en soit, je considère Joan comme l’adversaire n°1. »

Álex Rins lors d’une interview pour motogp.com le mois dernier.

Concrètement, Rins devrait pouvoir batailler pour la victoire et faire encore mieux que la saison précédente, tel doit être son objectif. Évidemment, il est difficile de se prononcer alors que la saison n’a pas commencé et surtout, nous ne sommes pas à l’abri d’un changement du rapport de force entre les différentes machines du plateau. Ducati et Yamaha semblent avoir bien travaillé pendant l’hiver, d’autant que Losail est un circuit qui leur réussi bien. Au classement cumulé de ces tests hivernaux, Mir est 7e et Rins 8e. Au temps, les deux pilotes Suzuki semblent un peu loin des deux Ducati de Miller et Bagnaia, ainsi les deux Yamaha usine de Quartararo et Vinales, mais il est encore trop tôt pour tirer de quelconques conclusions.

Álex Rins sur sa GSX-RR version 2021. (fr.motorsport.com)

« L’objectif est d’essayer de gagner le championnat, c’est pour ça qu’on est là. Le fait que Joan ait remporté le titre fait que j’ai encore plus envie de le gagner à mon tour. Il faut que l’on soit constants et ça pourrait être la clé, être toujours au top.« 

Álex Rins pour Motorsport avant le début des tests de pré-saison.

Les objectifs sont clairs, Joan Mir est prévenu, la bataille s’annonce rude pour 2021. Mais il est évident qu’il ne va se laisser faire et lui aussi a des arguments à faire-valoir. Malheureusement, en témoignent ses dernières déclarations, le néo-champion du monde n’est pas encore à 100% pour le début de saison qui s’annonce.

« Je me sens préparé à 70% parce que comme je l’ai dit, nous avions prévu de consacrer cette journée aux performances, sans tester beaucoup de choses mais en travaillant un peu plus sur l’électronique, pour mieux préparer les week-ends. Une journée n’était probablement pas suffisante.« 

Joan Mir pour Motorsport il y a quelques jours.

Toutefois, il ne se laisse pas abattre et espère être compétitif pour le 28 mars !

« Je ne sais pas s’ils doivent être effrayés, mais je pense qu’on est toujours là, donc ils faut qu’ils le soient ! »

Joan Mir en parlant de ses adversaire, toujours pour Motorsport.

Une GSX-RR toujours autant rayonnante

Sans plus attendre, voici la nouvelle machine du team Suzuki Ecstar. Fidèle à ses couleurs, le nouveau sponsor Monster vient couronner le tout.

Visuellement, la GSX-RR est assurément l’une des machines les plus belles du plateau. (zeitblatt.com)

Avec le gel des réglementations, Suzuki est obligé de faire confiance aux performances livrées l’an passé. Surtout que lors de ces essais de pré-saison, le team a tenté beaucoup de choses, aussi bien avec ses deux pilotes, qu’avec le pilote essayeur, notre français Sylvain Guintoli. Le nouveau chassis semble bon, mais les réglages sont difficiles à trouver.

« On va problablement choisir le même que l’an dernier. Le nouveau châssis est assez performant, mais il faut trouver des réglages adaptés et nous n’avons pas le temps. »

Joan Mir pour Motorsport.

Mon feedback au sujet du châssis est qu’il y a des points positifs et d’autres négatifs. Au premier abord, cela n’a pas été une révolution. C’était un peu mieux en termes de tenue, mais dans d’autres domaines, par exemple au freinage, ce n’est pas très bon. Il faut que l’on travaille là-dessus, pour voir si on arrive à régler cela avec les réglages ou non. C’est pour ça qu’on a trois jours de plus !

Joan Mir, toujours pour Motorsport.

Pas facile donc pour le team japonais de travailler à la fois sur 2021 et 2022. En espérant que les pilotes espagnols puissent être compétitifs pour le premier GP au Qatar.

Très belle livrée 2021 pour Suzuki. (motogp.com)

2021 : une concurrence plus rude ?

Après cinq jours de tests, les Ducati et les Yamaha ont l’air d’être compétitives – le circuit leur est favorable – et cela devrait se concrétiser dans deux semaines. Si l’on tente de se projeter, surtout lorsqu’on sait que la saison sera plus longue que la précédente, le titre sera davantage difficile à obtenir. Si aucun pilote ne se détache comme Marc Márquez a pu le faire ces dernières années – son retour semble imminent -, la régularité risque d’être de nouveau la clé. A ce petit jeu, Mir et Rins semblent être les mieux armés. Attention toutefois à Jack Miller, nouveau pilote Ducati, qui aura l’envie d’honorer l’héritage laissé par un certain pilote australien avant lui : Casey Stoner.

Jack Miller sur les traces de son victorieux ainé ? (eurosport.com)

Maverick Vinales ainsi que son coéquipier Fabio Quartararo, semblent être de sérieux concurrents pour les deux pilotes Suzuki. Leur machine est meilleure et leurs chronos ont été bons sur ces cinq jours de tests. Il est évidemment encore un peu tôt pour prévoir quoi que ce soit, mais leur objectif est de réduire l’écart qui les séparait l’année dernière des meilleures machines du plateau. Surtout, Yamaha doit pouvoir être meilleur que le SRT.

Nos pronostics :

Au classement constructeur : 3e.

Au classement par équipes :

Jimmy : 1er.

Pierre : 1er.

Paul : 2e.

Eliott : 1er.

Le back-to-back est donc possible pour le team Suzuki Ecstar. Malgré le départ de son cerveau Davide Brivio durant l’intersaison, la continuité est de mise et la machine est toujours autant compétitive. La bataille s’annonce longue et le défi immense.

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