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Preview F1 saison 2021 – Alpine : un nouveau départ pour une marque mythique

Le 28 mars prochain débutera la nouvelle saison du championnat du monde de Formule 1, sur le circuit international de Sakhir à Bahreïn. Pour mieux vous préparer au retour en piste, le CCS a décidé de publier une série d’articles portant sur les 10 écuries qui composent la grille cette saison. Aujourd’hui, nous continuons notre tour d’horizon avec la seule écurie française du paddock : Alpine F1 Team.

Marquée par de nombreux chamboulements (changement de nom, départ de Cyril Abiteboul, nouvelle direction et philosophie, nouveau pilote), l’écurie française souhaite plus que jamais retrouver les sommets de la discipline après une saison 2020 très encourageante en terme de résultat (trois podiums, deux pour Ricciardo, un pour Ocon), mais teinté d’une légère pointe d’amertume au vu du classement final (cinquième après avoir été un temps sur la troisième marche du podium). Désormais drivé par le duo Marcin Budkowski (directeur exécutif) et Davide Brivio (ex-Suzuki, nouveau directeur de course), Alpine pourrait bien être à l’orée d’une nouvelle ère.

Alonso – Ocon, le duo gagnant ?

Avec le départ annoncé, avant même le début de saison dernière, de Daniel Ricciardo pour 2021 chez McLaren – à l’époque l’avenir de Renault en F1 était encore très flou, ce qui explique en partie ce départ – l’écurie basée à Enstone se devait de trouver un remplaçant d’un calibre au moins aussi important que l’Australien. Renault s’est alors naturellement tourné vers Fernando Alonso, ce dernier souhaitant revenir en F1, l’occasion était trop belle. Même si d’un point de vue purement sportif, ce choix peut faire débat, car après deux ans sans rouler en F1, le pilote espagnol pourrait subir un léger retard à l’allumage, le coup marketing et médiatique d’Alpine a été très bien mené d’autant que le double champion du monde va également emmener avec lui toute son expérience, son leadership, son exigence ainsi que sa soif de vaincre à une écurie en cruel manque de ce côté-là.

« Il n’y a pas de consignes et pas de pilote numéro 1. »

Laurent Rossi

Malgré un tempérament très difficile et une certaine réputation de « broyeur » d’équipier, Laurent Rossi (PDG d’Alpine) se veut optimiste sur la relation à venir entre Fernando Alonso et Esteban Ocon : « Les pilotes doivent être aussi rapides que possible et vont clairement se pousser dans leurs retranchements mutuels. C’est de la compétition saine, et c’est tout. Il n’y a pas de consignes et pas de pilote numéro 1. »

L’élève réussira-t-il a dépasser le maître et à supporter la pression de l’Espagnol ? (Source : f1i.auto-moto.com)

Concernant Esteban Ocon, cette saison 2021 s’annonce très importante et peut le faire basculer du bon côté de la barrière. En effet, après deux premières saisons très encourageante chez Force India / Racing Point en 2017 puis en 2018 et une pause d’un an en tant que pilote réserviste chez Mercedes en 2019, son retour en F1 en 2020 a été plus mitigé. Pas aidé par une saison atypique marquée par de nombreux « triple headers » (trois courses en trois semaines) et de nombreux problèmes de fiabilités (il a dû abandonné à quatre reprises la saison dernière suite à des problèmes mécaniques), le Normand a également montré certaine limite en piste. Après une année sans rouler et avec un coéquipier en pleine possession de ses moyens et qui entamait sa deuxième saison au sein de l’écurie (Daniel Ricciardo) il pouvait difficilement en être autrement pour le Français.

« Je me sens beaucoup mieux, beaucoup mieux intégré dans l’équipe. »

Esteban Ocon

Malgré tout, sa fin de saison plus réjouissante, avec en point culminant une deuxième place et un podium bien méritée à Bahreïn sur le circuit de l’outer track de Sakhir, laisse présager une saison 2021 plus heureuse pour l’ancien pilote Force India. Désormais bien installé et au coeur du projet Alpine (en témoigne la présentation de l’A521 où Ocon était le « narrateur » de l’événement), le pilote français se sent de mieux en mieux et souhaite suivre le même chemin que celui pris par Daniel Ricciardo la saison dernière : « C’est sûr que c’est beaucoup mieux d’avoir fait une saison avec son équipe […] On l’a vu l’année dernière avec Daniel, qui est monté en puissance à sa deuxième année comparé à sa première […] Je vais tout faire pour faire la même chose, monter en puissance dans cette deuxième année. Je me sens beaucoup mieux, beaucoup mieux intégré dans l’équipe. J’ai le soutien de toutes les personnes autour de moi. Je me sens super bien entouré. On est juste plus serein, on sait à qui parler aux moments cruciaux. C’est pour ça que c’est mieux de travailler plus longtemps avec une équipe, et on peut bien sûr mieux performer tour de suite. »

Si pour l’instant tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des monde chez Alpine, le tempérament et le caractère de ces deux compétiteurs pourrait vite faire passer quelques sueurs froides sur et en dehors de la piste aux ingénieurs et mécaniciens de l’écurie au A fléché… Premier élément de réponse dans un peu plus d’une semaine.

L’A521

Voici la vidéo de présentation de l’A521, première monoplace de l’histoire d’Alpine à courir en Formule 1 (même si techniquement ce n’est pas tout à fait la première fois de l’histoire que la marque s’engage en F1) :

Avec le changement de nom et d’identité, la livrée 2021 devait, elle aussi, subir ces changements. Et on peut dire que d’un point de vue esthétique, la monoplace est une franche réussite. Arborant les couleurs du drapeau français à merveille, avec une dominance de bleu (couleur iconique de la marque), l’A521 se place directement comme l’une des plus belles livrée de ces dernières années.

Sur le plan technique maintenant, cette A521 reste très proche de la RS.20 de l’an dernier. Cela étant, hormis quelques changements au niveau des pontons et des déflecteurs et un nouveau fond plat dû à la nouvelle réglementation, un point important de cette monoplace a vite été mis en exergue lors des essais hivernaux du weekend dernier : il s’agit de sa boîte à air « géante ». Dans un monde où les écuries tendent à rendre le plus compact possible la carrosserie autour de l’unité de puissance, le parti pris d’Alpine peut en étonner plus d’un. Devant l’ampleur des réactions suscitées, Marcin Budkowski s’est senti obligé d’apporter quelques précisions : « Nous avons estimé qu’amincir les pontons était une direction positive à prendre, et ce n’est pas vraiment nouveau […] Nous avons repackagé et transféré certains éléments encombrants de la voiture, et nous les avons placés derrière l’entrée d’air. Oui, ça donne à la voiture une forme volumineuse assez spectaculaire, mais ça fonctionne pour nous. Il y a des compromis au niveau du centre de gravité, mais généralement, les performances aérodynamiques l’emportent sur le poids et le centre de gravité. »

Voici en image, cette fameuse boîte à air géante. (Photo : XPB / Nextgen-Auto.com)

Priorité à 2022, mais…

Après des essais hivernaux plutôt concluants au vu des données récoltées, l’objectif est clairement établi : se mêler une nouvelle fois à la lutte pour la troisième place du classement constructeur, les deux premières étant promises à Mercedes et Red Bull. Mais si les ambitions sont affichées, la réalisation risque d’être plus compliquée.

Le midfield est extrêmement dense. McLaren semble toutefois avoir une très légère avance sur les autres écuries et la compétition entre Alpine, Aston Martin, Ferrari voire AlphaTauri s’annonce d’ores et déjà haletante. Pour autant, le vrai défi de cette saison pour les équipes d’Alpine (comme pour beaucoup d’autres équipes) sera de développer le plus possible et le mieux possible la voiture de 2022 avec toutes les nouvelles réglementations qui vont avec (pour beaucoup, il s’agit d’une petite révolution) tout en poursuivant les améliorations, si besoin, sur la monoplace de cette année comme l’a indiqué Marcin Budkowski : « Nous sommes là pour obtenir le meilleur résultat possible cette année. Oui, 2022 est une opportunité, oui, notre priorité est sur 2022 plus que sur 2021, mais 2021 est là et nous allons nous battre pour faire les meilleurs résultats possibles. »

Alors, à qu’elle place du classement constructeur voyez-vous l’écurie française terminer cette saison ?

Pronostics de la rédaction

Paul : 4e

Jimmy : 4e

Pierre : 5e

Eliott : 6e

Guillaume : 6e

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