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Les Masters du CCS – Miami, premier sommet!

A l’aube de chaque Masters 1000 de la saison, le CCS vous propose un petit tour des forces en présences afin de dégager les favoris potentiel de chaque étape majeure du circuit ATP. C’est à Miami que les joueurs-clés du monde entier se retrouvent pour la première fois. Après un Open d’Australie intense et des premiers tournois disputés, quelques favoris font l’impasse à Miami, d’autres y vont plein d’ambitions. Enfin, quelques novices vont essayer de venir s’immiscer à la lutte. Qui peut s’imposer ?

Daniil Medvedev, le calme ou la tempête ?

Ce n’est un secret pour personne, Daniil Medvedev fait désormais partie des favoris et non plus des outsiders. S’il est passé dans cette catégorie, c’est grâce à son niveau de jeu et ses résultats. Le Russe a commencé la saison 2021 comme il avait fini la précédente. Un enchaînement de 20 victoires consécutives, sur les deux saisons, avant de chuter en finale de l’Open d’Australie face au numéro 1 mondial, Novak Djokovic. Après un petit accroc au tournoi de Rotterdam, une défaite dès son entrée en lice, Medvedev n’a pas mis longtemps à se ressaisir s’imposant la semaine suivante sur l’ATP 250 de Marseille. Le Russe est clairement le favori du tournoi, premièrement par son nouveau statut, il est le premier joueur depuis 2005 et Lleyton Hewitt à occuper le siège de numéro 2 mondial. L’absence de Novak Djokovic fait de lui la tête de série numéro 1 de ce tournoi. Deuxièmement, sûrement le plus important des deux, par son niveau de jeu. Medvedev est tellement en pleine confiance que ses points faibles, le jeu au filet ou les balles basses, semblent devenir anecdotique. De plus, il s’appuie clairement sur ses points forts, son service et son revers, pour dicter les parties comme il le souhaite et s’éviter d’être dans l’inconfort.

Tête de série numéro 1, Medvedev part avec l’étiquette de favori ultime (Image: Eurosport)

Stefanos Tsitsipas, le titre tant attendu

Et si l’heure du Grec était enfin venue ? Habitué des demi-finales, Stefanos Tsitsipas court après un succès notable depuis son triomphe aux Finales ATP en 2019. Pire encore, il n’a pas remporté le moindre tournoi depuis l’Open 13 de Marseille en février 2020. Mais ce que l’on voit sur les courts est encourageant. Après sa demi-finale à Melbourne cette année, le Grec a poursuivi son parcours à Rotterdam puis à Acapulco. Les retrouvailles avec le public lui vont bien, et les progrès qu’il a accompli sur le plan mental présagent un futur plus heureux. Toutefois, il lui reste à confirmer face au gratin mondial. Sa performance face à Rafael Nadal à l’Open d’Australie doit l’inspirer et lui permettre de prendre confiance en lui. Surtout, il doit maintenant éviter les pièges. Battu par Pierre-Hugues Herbert à Marseille, Stefanos Tsitsipas a une nouvelle fois montré qu’il était friable et parfois irrégulier. Mais après une semaine mexicaine au top, pourquoi ne pas se prendre à rêver ? En s’appuyant sur son puissant service et son élégant revers à une main, Tsitsipas a les moyens d’assouvir ses ambitions. Pour cela, il faudra donner sa pleine mesure à Miami.

Malheureux à Melbourne, malheureux à Rotterdam, malheureux à Marseille… Enfin l’heure du réveil ? (Image: ATP Tour)

Alexander Zverev, vaincre ses démons

L’Allemand aime beaucoup jouer sur le continent américain. Très en forme, Sasha est explosif et rares sont les joueurs qui peuvent le contrer. Attention, le sol américain est une de ses terres préférées : il a déjà remporté 2 fois le tournoi de Washington (2017,2018) puis a joué deux finales, le master 1000 de Miami en 2018 et à Flushing Meadows l’année passée. Une de ses qualités première et sa faculté d’attaquer du fond de court. Il aime beaucoup prendre le jeu à son compte. Son mètre 98 lui permet de remporter un nombre incalculable de jeux de service sans rentrer dans un échange long et exténuant. Épuisé ses adversaires, il sait faire, le marathonien élève son jeu dans les moments clé pour faire parler sa puissance et éteindre son opposant. En s’aidant de son revers à deux mains, il trouve des zones qui font sortir l’adversaire du court. Son coup droit est moins tranchant même s’il reste très lourd et bombé. Son déplacement latéral est excellent pour un joueur de sa taille, mais quand il s’agit de se projeter vers l’avant du court, il devient plus friable. Zverev a un souhait très fort, quelque chose dont il n’arrête pas d’y penser, celui d’inscrire son nom au palmarès des vainqueurs de Grand Chelem. Déjà vainqueur de 15 titres en simple, 8 sur dur et 7 sur terre battue, le natif d’Hambourg, n’a qu’une envie, celle de confirmer avec un titre marquant pour montrer au monde entier qu’il est à la hauteur. Mais avant cette quête, il aura l’opportunité d’aller chercher un nouveau titre au Mexique s’il vient à bout du Grec Stefanos Tsitsipas. Le court va une nouvelle fois trembler la nuit prochaine, dans un choc qui promet d’être électrique avant de mettre le cap sur Miami.

Sans Djoko pour contrecarrer ses plans, Alexander Zverev peut-il passer un cap ? (Image : REUTERS/Jaimi Joy)

Andrey Rublev, pour continuer de planer

En 2020, le numéro 8 mondial s’était distingué par sa régularité sur les tournois ATP, remportant 5 titres au total. Cette saison, le Russe semble encore bien décidé à truster les premières places de la Race. En effet, à l’heure où nous écrivons ces lignes, Rublev vient de perdre contre Karatzev en demi-finale à Dubaï et son impressionnante série s’arrête donc à 23 victoires d’affilée en ATP 500. Cette capacité du Russe à maintenir un tennis de haut niveau semaine après semaine n’a pas donc pas disparue en ce début d’année, le menant jusqu’au titre à Rotterdam. Possédant toujours ce coup droit superpuissant ainsi qu’un service destructeur, le Russe se montre désormais plus chirurgical dans les points importants. En passant des grosses premières certes, mais aussi en démontrant une vraie capacité à défendre sur les jeux de retour, obligeant ses adversaires à toujours jouer le coup en plus pour le déborder. Cette mobilité est désormais une force pour Rublev, et on sent qu’il parvient souvent à prendre le dessus physiquement dans des matchs disputés, comme contre Chardy aux Pays-Bas. Malgré ses sautes d’humeurs toujours présentes et une tendance à se précipiter sur certains points, nul doute que Rublev fait partie des favoris en Floride. Sa finale perdue contre Bautista-Agut à Doha ne l’a pas affecté et on peut être certain qu’il va vite digérer cette défaite à Dubaï. Car le natif de Moscou démontre sans cesse qu’il est capable d’enchaîner les matchs contre des adversaires accrocheurs sur le papier. Dans un tournoi aussi relevé qu’Indian Wells, le tennis offensif de Rublev devrait lui permettre d’aller loin, et quand on connait le tempérament du garçon on ne doute pas une seconde qu’il a fait de ce Masters 1000 un vrai objectif.

Andrey Rublev est dans une forme étincelante depuis l’été 2020 (Image : Eurosport)

Et si un outsider volait la vedette ?

Félix Auger-Aliassime : Le jeune Canadien sort d’une saison en dents de scie, avec à la fois de bonne performance mais aussi de grosses contre performances. FAA a donc changé d’entraîneur pour insuffler une nouvelle dynamique. Un choix plutôt payant pour le moment, il a d’abord atteint la finale de l’ATP 250 de Melbourne puis les huitièmes de finale à l’Open d’Australie. S’il retrouve un peu de confiance, ce joueur très complet peut-être redoutable, alors pourquoi pas maintenant.

Aslan Karatsev : Depuis le début de la saison, le Russe est sur 14 victoires pour 2 défaites. Ces défaites ne sont pas contre n’importe qui puisqu’il s’agit de Djokovic et Thiem, les victoires non plus, Rublev, Sinner, Dimitrov et bien d’autres sont sur son tableau de chasse. Il marche clairement sur l’eau et peu de personne semble lui résister alors attention messieurs vous êtes prévenu.

Denis Shapovalov: Dans la lignée d’un intéressant Open d’Australie, le Canadien nous a montré à Dubaï que lorsqu’il est en confiance avec son tennis, il reste un adversaire difficile à jouer. On le sait, « Shapo » produit un jeu explosif et fait de prise de risques, mais qui demande une concentration et une justesse constante. Le douzième mondial se montre plus consistant dans les échanges de fond de court en ce début de saison et il doit continuer à progresser dans ce domaine pour déployer au mieux son jeu. Mais s’il arrive à garder cette rigueur et au vu de sa forme du moment, il n’est pas impossible que Shapovalov vienne jouer les trouble-fêtes à Miami. Car à seulement 21 ans, il a encore une grande marge de progression et c’est dans ce genre de tournoi qu’il doit montrer toute sa palette tennistique.

Lloyd Harris: Voici un outsider qu’on n’aurait même pas inclus il y a deux semaines. Après sa victoire contre Stan à Doha avec beaucoup de réalisme, le nouveau fer de lance de l’Afrique du Sud vient d’enchaîner une semaine incroyable à Dubaï en éliminant Thiem, Krajinovic, Nishikori et le Canadien Shapovalov pour se hisser jusqu’en finale. Le Nippon, impressionné par le niveau de son adversaire, lui promet un grand avenir. C’est un joueur qui a beaucoup de qualités, il se déplace très bien, il possède un excellent service et il est friand de tourner autour de son coup droit. Aslan Karatsev devra s’en méfier, car la finale surprise de Dubaï vaut le détour, même si le Russe sera favori pour remporter un premier titre en ATP 500.

Les pronos de la rédac

JB : Avec un Alexander Zverev affamé et un Medvedev tourmenté par sa défaite à l’Open d’Australie, Miami va permettre d’y voir un peu plus clair sur la forme de chacun. Même si l’outsider Sud-africain Lloyd Harris essayera de passer entre les bûches et de poursuivre son ascension après son incroyable parcours à Dubai. L’Allemand va sûrement imposer sa loi en 2021 après avoir raté le coche en 2018 contre John Isner.

Maxime : Ce premier Masters 1000 de la saison s’annonce spectaculaire. Entre un Medvedev récemment promu au deuxième rang mondial et un Tsitsipas décidé à enfin décrocher un titre cette saison, mon cœur balance. Si la raison voudrait me faire pencher vers le Russe, je pense néanmoins que Stefanos Tsitsipas peut venir à bout de son rival et surfer sur sa bonne semaine à Acapulco.

Robin : Pour moi c’est un Russe qui va s’imposer sur ce premier Masters de la saison mais pas celui que tout le monde pense. Il ne s’agira ni Medvedev ni Rublev mais bien de Karatsev. A l’heure actuelle seul Djokovic et Thiem ont réussi à le battre, sa finale de Dubaï se jouant ce jour. Je le vois bien continuer sur sa lancée et s’imposer à Miami.

Ronan : Cette année Miami s’annonce très ouvert et nous promet de belles oppositions. Mais le très régulier Andrey Rublev va être dur à aller chercher, et seul Daniil Medvedev me semble avoir les armes physiques et tactiques pour le contrer. C’est entre ces deux joueurs que la victoire finale se jouera à mon sens, avec un avantage à Rublev qui sera revanchard après sa nette défaite face à son compatriote en quarts à Melbourne.

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