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La NBA des années 1950, les prémices d’une ligue à succès

La Basketball Association of America (BAA) est créée le 6 juin 1946. Cette dernière se met en concurrence directe avec son aînée la National Basketball League (NBL) et s’implante dans des villes plus imposantes que celle de sa rivale. En effet la NBL est présente dans des petites agglomérations du Midwest tel que Fort Wayne, Akron ou Sheboygan et les matchs se jouent dans des gymnases modestes. La BAA quant à elle profite de son implantation dans des gros marchés pour jouer dans des salles plus imposantes comme le Madison Square Garden, le Boston Garden ou bien le Chicago Stadium, là où évoluent déjà des équipes de NHL depuis 1917.

1946 – Basketball Association of America (BAA)

L’année 1946 est considérée comme la première de la grande histoire de la NBA. Des équipes originelles, trois évoluent toujours sous nos yeux : les New York Knicks, les Boston Celtics et les Philadelphia Warriors, futurs Golden State Warriors. La première saison de BAA est composée de 11 équipes, 6 dans la Conférence Est et 5 dans la Conférence Est. La première rencontre se joue entre les Toronto Huskies et les New York Knicks, ces derniers s’imposent sur le parquet des canadiens sur le score de 68 à 66. Les spectateurs mesurant plus de 2,07m, taille de George Nostand l’intérieur des Huskies, ne payaient pas l’entrée. Les Washington Capitols du coach Red Auerbach enregistrent le meilleur bilan de la saison au bout des 60 matchs avec un joli 49-11.

Au sein des Philadelphia Warriors évolue Joe Fulks le meilleur marqueur et première star de la ligue. Son impact dans le jeu change les mentalités, les arrières ne servent pas désormais qu’à seulement défendre. Joueur qui a tendance à croquer, il popularise le jump shot qui deviendra au fur et à mesure du temps une constante dans la mécanique de shoot. « Jumping Joe » tourne pour cette première saison à 23,2 pts par match à un petit 30,5 % de réussite au shoot. Cette moyenne au shoot est proche de sa moyenne en carrière qui est la plus mauvaise de l’histoire avec 30,2 %. A noter que l’adresse à cette époque n’est pas une qualité première chez de nombreux joueurs, les meilleurs ne dépassant pas les 35 %. Malgré tout, en étant un rookie de 25 ans, il permet aux Philadelphia Warriors de remporter le tout premier titre de l’histoire de la NBA face aux Chicago Stags de Max Zaslofsky. Chaque joueur reçoit une prime de 2000$ et une bague avec un micro-diamant dessus. L’année suivante ce sont les Baltimore Bullets qui remportent le titre face à ces mêmes Warriors. Durant cette saison Don Martin des Providence Steamrollers devient le premier joueur à dépasser la barre des 40 points en un match face aux Cleveland Rebels.

Les Philadelphia Warriors, premiers champions de l’histoire de la NBA – Crédits: Charles T. Higgins/NBAE via Getty Images

1949 – National Basketball Association (NBA)« Back-to-back » des Lakers

A force d’attirer les meilleurs joueurs du pays, la BAA accueille en son sein quatre franchises de NBL pour la saison 1948/1949 : les Fort Wayne Pistons, futurs Detroit Pistons, les Minneapolis Lakers futurs Los Angeles Lakers, les Rochester Royals, futurs Sacramento Kings et les Indianapolis Jets. Au sein des Lakers évolue le grand George Mikan, intérieur de 2,08m, capable de remporter des matchs et des titres à lui tout seul déjà en NBL, et c’est ce qui arrive dès la première année de la franchise du Minnesota. Il mène la ligue aux points avec 28,3 points par match, devançant Joe Fulks, qui établit le nouveau record de points sur un match avec 63 cette saison là, et Max Zaslofsky ; puis remporte, avec l’aide de son lieutenant Jim Pollard, le titre face aux Washington Capitols de Bob Feerick.

George Mikan – Crédits: Star Tribune

Le 3 août 1949 les représentants de la BAA et de la NBL se rencontrent sur New York à l’Empire State Building afin de finaliser une fusion des deux ligues. Maurice Podoloff est élu à la tête de la National Basketball Association (NBA), lui qui l’était déjà avec la BAA. La saison 1949/1950 est donc la première saison sous le nom de NBA mais le final reste le même et les Minneapolis Lakers de George Mikan remporte leur deuxième titre d’affilée, réalisant le tout premier back-to-back de l’histoire, face aux Syracuse Nationals d’un autre intérieur dominant Dolph Schayes. Durant cette saison ces derniers remportent un match face aux Anderson Packers 125-113 au bout de cinq prolongations !

Le classement à la fin de la saison régulière 1949/1950 – Source : basketball-reference

1950 – Chuck Cooper : La communauté afro-américaine accueille ses héros

A l’orée de la saison 1949/1950, Chuck Cooper, sortant de Duquesne University, est sélectionné par les Boston Celtics au premier choix du second tour et devient le premier joueur afro-américain a être drafté en NBA. Lors de cette même draft est sélectionné également Nat « Sweetwater » Clifton par les New York Knicks, il sera le premier afro-américain à signer un contrat. Ce dernier, très fort balle en main avec un handle supérieur à la moyenne est passé par les New York Rens et les Harlem Globetrotters, Big Apple le connaissant déjà il fût très vite accepté au sein du collectif et joua 7 saisons avec les Knicks. Le troisième afro-américain drafté est Earl Lloyd de West Virginia State par les Washington Capitols et « The Big Cat » sera le tout premier à jouer un match officiel le 31 octobre 1950, il ne jouera que 7 matchs avant que l’équipe de Washington soit dissoute et passera la majorité de sa carrière au sein des Syracuse Nationals. Le quatrième et dernier est Hank DeZonie qui signe un contrat en décembre, deux mois après le début de la saison, avec les Tri-Cities Blackhawks. Malheureusement il quitte l’équipe au bout de cinq matchs à cause d’un racisme omniprésent dans l’état de l’Iowa où la franchise était basée.

De gauche à droite : Chuck Cooper – Earl Lloyd – Nat Sweetwater Clifton

Cette ouverture d’esprit et cette volonté de casser les barrières de la ségrégation raciale aux Etats-Unis a commencé en 1946 par l’intégration de Kenny Washington chez les Los Angeles Rams en National Football League (NFL), puis la Major League of Baseball (MLB) emboîta le pas en 1947 par l’arrivée au sein de l’effectif des Brooklyn Dodgers de Jackie Robinson. La NBA attendra donc trois saisons après les deux autres grandes ligues majeures pour franchir ce cap. La National Hockey League (NHL), sport à très forte dominance blanche, attendra 1958 pour que les Boston Bruins accueille dans leur effectif Willie O’Ree.

1951 – Rochester interrompt la dynastie des Lakers

Robert « Bob » Cousy surnommé « The Houdini of the Hardwood » est d’origine française. Son père Joseph est né à Belfort et a grandi dans la ferme familiale à Fontaine juste à côté. Il se marie à Juliette, institutrice à Dijon, et le jeune couple émigre vers Ellis Island et s’installe à New York. Bob est fils unique et le français est sa langue maternelle, il apprend l’anglais dans les rues new yorkaise où son surnom sera « Flenchy » du fait de sa difficulté à bien prononcer les « r » à l’anglaise. La saison 1950/1951 est sa première dans la ligue et, avec l’arrivée de Red Auerbach au coaching, les Boston Celtics finissent enfin avec un bilan positif. Début dans la ligue également pour Paul Arizin qui, drafté par les Philadelphia Warriors en provenance de Villanova, est élu Rookie of the Year. Arizin ne pourra pas jouer les saisons 1952/1953 et 1953/1954 car il servira dans le corps des Marines durant la guerre de Corée. Cet ailier sera 10 fois All-Star, 3 fois All-NBA First Team et 2 fois meilleur scoreur de la saison et jouera toute sa carrière sous le maillot des Warriors. Adepte également du jump shot il fait un duo létal avec Joe Fulks avant la retraite de ce dernier en 1955.

Bob Cousy remportera 8 fois le titre de meilleur passeur de la ligue – Crédits: NBA.com

La ligue voit 6 équipes disparaître et passe de 17 franchises à 11. Les Washington Capitols disparaissent en cours de saison avec un bilan de 10-25. C’est lors de cette saison 1950/1951 que s’est joué le match avec le plus petit score de l’histoire de la NBA. Le 22 novembre 1950, le coach des Fort Wayne Pistons du nom de Murray Mendenhall sait très bien que son équipe n’a pas assez de talent pour rivaliser avec les Minneapolis Lakers de George Mikan, double champions en titre. L’horloge des 24 secondes n’existe pas encore à cette époque, les Pistons mènent 8-7 à la fin du premier quart-temps puis sont menés 13-11 à la mi-temps. Le plan des Pistons est de se passer le ballon pour faire défiler le chronomètre, les Lakers mènent néanmoins 17-14 à l’entame du dernier quart-temps et les 7021 spectateurs présents ce jour là commencent à huer les joueur de Fort Wayne. Minneapolis ne marque qu’un seul point lors du quatrième quart-temps et se fait passer devant à six secondes de la fin ! Victoire des Pistons 19-18 ! George Mikan marque 15 des 18 points de son équipe, son coach Johnny Kundla dira : « Jouer comme ça tuera le basketball professionnel. » Il faudra toutefois attendre quatre ans avant l’instauration de la règle des 24 secondes.

Classement à la fin de la saison 1951/1952, les Indianapolis Olympians et les Baltimore Bullets sont voués à disparaître – Source: basketball-reference

Les Rochester Royals d’Arnie Risen gagnent le titre dans un Match 7 face aux New York Knicks de Max Zaslofsky. Arnie Risen réalise des playoffs de grande facture avec une moyenne de 19,5 points et 14 rebonds ainsi qu’une victoire en finale de division face aux Minneapolis Lakers, le tout bien aidé par Bob Davies et Bobby Wanzer.

1951 – Le premier All Star Game

Le premier All Star Game se déroule le 2 Mars 1951 et Ed Macauley est élu MVP de la rencontre jouée au Boston Garden. L’équipe de l’Est remporte le match face à l’équipe de l’Ouest sur le score de 111-94.

1952 – Troisième titre et début du « three-peat » des Lakers

Neil Johnston est drafté par les Philadelphia Warriors et Bill Sharman arrive aux Boston Celtics après avoir passé son année rookie aux Washington Capitols. La NBA perd encore trois équipes et ne se retrouve qu’avec huit franchises pour se disputer le titre. On restera à huit équipes jusqu’à la saison 1961/1962 et l’arrivée des Chicago Packers/Zephyrs, futurs Washington Wizards actuels. Cette saison là voit le match Indiana Olympians contre Rochester Royals se finir sur un score de 75-73 après 6 prolongations !

MINNEAPOLIS – 1953: The World Champions of basketball Minneapolis Lakers pose for a team portrait (L-R): Head Coach John Kundla, Slater Martin, Frank Saul, Jim Holstein, Vern Mikkelsen, Lew Hitch, George Mikan, Jim Pollard, Bob Harrison, Whitey Skoog, Assisstant coach Dave McMillan. in Minneapolis, Minnesota in 1953 – Copyright NBAE 2002 (Photo by NBAP/ NBAE/ Getty Images)

Revanchards par rapport à leur élimination la saison précédente les Minneapolis Lakers remportent leur troisième titre en quatre ans face aux New York Knicks en finale. George Mikan marque 47 points pendant ces playoffs face aux Rochester Royals, un record à l’époque. Les Lakers réaliseront le premier three-peat (triplé) de l’histoire en remportant également le titres lors des saisons 1952/1953 et 1953/1954 respectivement face aux New York Knicks, pour leur troisième défaite en finale d’affilée, puis face aux Syracuse Nationals du pivot Dolph Schayes.

1953 – Les premières retransmissions télévisuelles

Le premier contrat avec une chaîne de télévision nationale est signé avec DuMont Television Network qui retransmet 13 matchs le samedi après-midi durant toute la saison. Le tout premier match télévisé se déroule le 12 décembre 1953 pour une rencontre entre les Boston Celtics recevant les Baltimore Bullets et une victoire des C’s 106-75. Les deux commentateurs Marty Glickman et Lindsay Nelson commenteront les Match 2 et Match 5 des Finales NBA 1954 entre Lakers et Nationals, un duel épique entre George Mikan et Dolph Schayes. La saison suivante DuMont Network retransmettra 20 matchs le samedi après-midi en ayant payé les droits pour 39.000 $ ! A savoir que de nos jours les droits valent 2,6 Milliards de $ ! Les propriétaires désirent que le présumé « pire match » soit retransmit de peur que les gens voient un beau match l’après-midi et daignent venir assister aux rencontres dans les salles le soir. Dès la saison 1954/1955 c’est NBC qui récupère les droits jusqu’en 1962, ayant plus de stations pour retransmettre les rencontres.

1955 : Dolph Schayes au sommet, Bob Pettit sacré rookie

Comme évoqué auparavant des problèmes financiers sont rencontrés par beaucoup d’anciennes équipes de NBL car situées dans des petits marchés. Frank Zollner, le propriétaire des Pistons a mis du sien pour garder à flot la franchise. Sans lui les Pistons ne seraient pas une franchise NBA de nos jours à coups sûrs. Un autre propriétaire fait parler de lui en cette saison 1954/1955 et c’est celui des Syracuse Nationals, j’ai nommé Danny Biasone. Les matchs dorénavant seront soumis à la règle des 24 secondes, règle qui va changer l’attrait du basketball pour les spectateurs voir même le grand public. Les scores s’emballent, le rythme de jeu est plus soutenu et surtout les matchs sont beaucoup plus fun à regarder. Pour preuve, d’une année à l’autre, les Boston Celtics, meilleure attaque de la ligue, passent de 87,7 points à 101,5 points par match.

Robert Lee Pettit Jr dit Bob Pettit est drafté par les Milwaukee Hawks en provenance de LSU (Louisiana State University). Ce joueur originaire de Bâton Rouge en Louisiane tourne à 31,4 points et 17,3 rebonds de moyenne lors de sa dernière année universitaire ! Néanmoins il n’est sélectionné qu’en 2ème choix de la draft 1954, les Baltimore Bullets préférant prendre Frank Selvy qui réussi à scorer 100 points lors d’un match NCAA Division 1, record toujours en vigueur d’ailleurs. Son nouveau coach Red Holzman décide de le faire jouer poste 4 : « En tant que forward, j’avais tout à ré-apprendre. Très peu de ce que je savais faire était applicable chez les pros, car par le passé je jouais dos au panier plus près du cercle que maintenant, je n’avais plus aucun move que tout ailier fort devrait avoir. Plus que jamais, je devais me reposer sur mon jump shot, que j’ai eu la bonne idée de développer avec le temps dans ma jeunesse. ». Mesurant 2,05m pour seulement 90kg son credo « Hard works always pays off » lui permet d’être un redoutable rebondeur et de décrocher le titre de Rookie of the Year, d’être sélectionné au All Star Game et annoncé dans la All NBA First Team avec 20,4 points et 13,8 rebonds, le tout malgré un résultat collectif médiocre (26-56).

Dolph Schayes – Crédits: Getty Images

Cette saison 1954/1955 vient couronner un des joueurs les plus dominants des années 50, Dolph Schayes. Le pivot des Syracuse Nationals atteint le sommet de sa carrière en remportant le titre. Bien aidé par ses lieutenants Red Kerr et Paul Seymour, Schayes avec 19 points et près de 13 rebonds de moyenne en playoffs, et les Nationals éliminent les Celtics de Bob Cousy et Ed Macauley au premier tour puis bataillent jusqu’au Match 7 pour l’emporter face aux Fort Wayne Pistons.

Dolph Schayes est souvent mésestimé dans les discussions de meilleur joueur de cette époque du fait des titres et de la domination des Lakers mais il a été dans les All NBA First et Second Team chaque année de 1950 à 1961, intérieur en avance sur son temps, il possédait un tir mid-range fiable pour un pivot/ailier-fort de 2.01m et n’hésitait pas à attaquer le cercle. Il fera toujours partie de l’équipe qui déménagera à Philadelphie pour devenir les 76ers, après un jeu de chaise musicale envoyant les Warriors vers San Francisco.

1955-1958 – Maurice Stokes, l’étoile filante

Sorti de l’université de St. Francis, Maurice Stokes impressionne dès sa première année en NBA chez les Rochester Royals au côté de Jack Twyman et Bobby Wanzer. Ailier fort de 2,01m et 105kg, il est en avance sur son temps. Le joueur originaire de Pittsburgh sait tout faire sur le terrain, marquer, prendre des rebonds, passer. C’est tout logiquement qu’il obtient le titre de Rookie of the Year à la fin de la saison 1955/1956 en finissant dans le top 10 des trois catégories principales (points, rebonds, passes).

Au bout de ses trois premières saisons Stokes enregistre des moyennes de 16,8 points, 16,3 rebonds et 4,9 passes, 15,6 points, 17,6 rebonds et 4,6 passes et enfin 16,9 points, 18,1 rebonds et 6,4 passes ! Seul Bob « Houdini » Cousy fait mieux en nombre de passes ! Malgré cela les Rochester Royals éprouvent des difficultés à se qualifier pour les playoffs mais il n’empêche pas Maurice Stokes d’être la star afro-américaine de la ligue et se place en tant qu’icône de toute une communauté.

Maurice Stokes lors de son année rookie – Crédits : NBA

Le 12 mars 1958, Rochester affronte Minneapolis pour le dernier match de la saison régulière. Pendant la rencontre Stokes retombe sur la tête après un contact en l’air. K.O. et inconscient il est réanimé et fini le match comme si de rien n’était. Pendant les trois jours qui suivent, lors dela préparation du premier de playoffs face aux Detroit Pistons, le joueur n’est pas examiné, et effectue les deux vols avec l’équipe entre un arrêt à Cincinnati et l’arrivée dans le Michigan. Pas à son aise pendant le match il marque néanmoins 12 points et capte 15 rebonds, mais lors du vol retour, Stokes se plaint de migraines, s’évanouit et tombe dans le coma. Lorsqu’il se réveille à l’hôpital, le malheureux est entièrement paralysé…

Le corps médical lui diagnostiquera une encéphalite dû à un traumatisme au cerveau non diagnostiqué. Le fait ne pas avoir été examiné après sa chute et l’enchaînement des vols aériens lui ont provoqué de sérieuses lésions cérébrales. Paralysé à vie et sans économie pour payer ses soins médicaux, c’est son coéquipier et ami Jack Twyman qui devient son tuteur et prendra soin de lui jusqu’à la mort de Stokes en 1970. Une belle et triste histoire d’amitié.

Maurice Stokes et son grand ami Jack Twyman

1956 : Bob Pettit, premier MVP de l’histoire

Cette saison 1955/1956 est la dernière pour George Mikan, la première superstar de la ligue. En seulement 8 saisons sous le maillot des Minneapolis Lakers en NBA il remporte 5 titres aux côtés de Jim Pollard et Vern Mikkelsen.

Meilleur marqueur et rebondeur de la ligue avec 25,7 points et 16,2 rebonds, Bob Pettit, jouant aux St. Louis Hawks, remporte le tout premier titre de Most Valuable Player (MVP) de l’histoire de la NBA. Il sera élu par ses pairs devant Paul Arizin des Philadelphia Warriors et Bob Cousy des Boston Celtics.

Bob Pettit, premier MVP de l’histoire – Crédits : Getty Images

Le 30 avril 1956, lors de la draft, les Boston Celtics envoient Ed Macauley, désireux de rentrer chez lui à St. Louis, et le rookie Cliff Hagan aux St. Louis Hawks en échange d’un premier tour de draft et les droits d’un certain Bill Russell. Et oui, si l’histoire avait été autre, le grand Bill Russell et l’inusable Bob Pettit auraient pu être coéquipiers, un « what if » qui aurait pu changer l’histoire de la NBA. Un journaliste s’est penché sur le sujet lors d’une interview avec Pettit et voici l’éloge de ce dernier pour Russell : « Je pense que c’est le plus grand joueur à n’avoir jamais foulé le parquet. On peut dire ça de beaucoup de gars, mais pour moi, je construirais mon équipe autour de Bill. […] Il avait cette volonté de gagner et de vous détruire. […] On entend toujours, « c’est le plus grand gagnant de tous les temps. Pourquoi ne pas simplement dire que c’est le plus grand joueur de l’Histoire ? »

La saison 1955/1956 voit les Philadelphia Warriors soulever le trophée pour la deuxième fois de leur histoire après une victoire en finale face aux Fort Wayne Pistons. Ca fait 5 fois en 6 ans que Max Zaslofsky perd en finale, trois de suite avec les New York Knicks entre 1951 et 1953 et deux de suite avec les Pistons en 1955 et 1956. Un des plus grands malchanceux de l’histoire sachant qu’il avait déjà perdu avec les Chicago Stags. Côté Warriors cette victoire récompense les carrières exemplaires de Paul Arizin et Neil Johnston. Pas mal pour ce dernier qui joua trois saisons en ligue mineure de baseball en tant que pitcher (lanceur) titulaire avant de tenter l’aventure de la balle orange.

Le virevoltant Paul Arizin – Source : NBA Archives

De la fusion entre la BAA et la NBL créant la NBA à la dynastie des Lakers de George Mikan, puis l’avènement de futures légendes comme Bob Pettit ou Bob Cousy, le basketball professionnel américain n’est encore qu’aux prémices de sa popularité. En effet le championnat ne regroupe toujours que huit équipes et les salles ne sont pas encore remplies à guichets fermés. En cause ? Cette règle des 24 secondes qui mis du temps à être imposée, l’omniprésence du baseball et du football américain depuis déjà des décennies et ancrés dans les mœurs des familles américaines. Néanmoins dès la saison 1956/1957 l’association Bob Cousy-Bill Russell, sous la houlette du coach Red Auerbach, gagnera son premier titre et écrira une des plus belles pages du sport américain mais ça, c’est une autre histoire !

All 50’s NBA First Team

  • Bob Cousy (Celtics)
  • Bill Sharman (Celtics)
  • Bob Pettit (Hawks)
  • Dolph Schayes (Nationals)
  • George Mikan (Lakers)

All 50’s NBA Second Team

  • Joe Fulks (Warriors)
  • Bob Davies (Royals)
  • George Yardley (Pistons)
  • Paul Arizin (Warriors)
  • Neil Johnston (Warriors)

All 50’s NBA Third Team

  • Bobby Wanzer (Royals)
  • Jim Pollard (Lakers)
  • Harry Gallatin (Knicks)
  • Vern Mikkelsen (Lakers)
  • Ed Macauley (Celtics)

Mention honorable: Max Zaslofsky, Jack Twyman, Maurice Stokes

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