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Oladipo doit-il sortir du banc avec Miami ?

C’est l’un des principaux mouvements de la trade deadline, Victor Oladipo débarque en Floride. À 28 ans, beaucoup d’interrogations l’entourent, notamment sur sa place dans le collectif bien huilé du Heat. 

C’était il y a une semaine. Le fameux insider de la NBA, Shams Charania, annonçait que les Rockets transféraient les droits de Victor Oladipo à Miami. Tout sauf surprenant compte tenu du remue-ménage total qui a lieu à Houston depuis le départ de James Harden vers Brooklyn. Ce qui est surprenant par contre, voir ce qui aurait été choquant il y a encore quelques mois, c’est qu’un joueur deux fois All-Star (2018 et 2019) et élu MIP de la saison 2018 soit tradé contre une bouchée de pain. Nous ne voulons ici pas faire offense à Avery Bradley et Kelly Olynyk, qui ont servi de monnaie d’échange (en plus d’un draft swap) pour l’ancien Pacer, mais cela traduit quand même les doutes autour du joueur.

Quel est son niveau actuel ?

À 28 ans, Oladipo est censé être à son prime, son meilleur niveau. Sur le plan statistique, il affiche c’est vrai cette saison la deuxième meilleure moyenne de points de sa carrière (21,2 pts par match), derrière celle de son MIP (23,1 pts). Mais au milieu d’une pauvre équipe des Rockets, il tient surtout son second pire pourcentage au tir en carrière. Cette saison, il tourne à seulement à 40% au tir et 32% derrière l’arc. Bien loin de son statut d’All-Star flashy, il est même un peu tombé dans la désuétude avant de rejoindre donc le Heat. Le pari peut quand même s’avérer gagnant pour les deux parties s’il parvient à se relancer.

Parce qu’au final, Miami est de son côté bien content de récupérer un Oladipo pas encore à son niveau certes, mais pas fané non plus. Du côté de Pat Riley et Erik Spoelstra, on se dit très certainement que ‘Dipo peut encore rendre de fiers services. Un cadre bien défini, dans une équipe bien construite, avec un collectif huilé qui a déjà fait ses preuves sous les ordres d’un coach reconnu… Il est peut-être là le salut de Victor Oladipo. Un joueur qui, rappelons le, peut tout à fait mener une équipe à la victoire, comme c’était le cas avec les Pacers.

Un effectif déjà équilibré

« Victor est un type de joueur complètement différent de ceux que nous avions jusqu’à présent, analyse Riley. Parfois, vous pouvez avoir besoin d’un joueur supplémentaire pour soutenir vos leaders au scoring. Victor nous apporte cela. » En tant que bon combo-guard, le All-Star va se retrouver dans un petit embouteillage du côté de Miami. Depuis l’arrivée d’Ariza, Spoelstra a privilégié une certaine rotation : Nunn, Robinson, Butler, Ariza et Adebayo dans le 5 majeur, et Herro Dragic en tant que 6èmes hommes. Dans un équilibre certain, Butler mène les troupes avec le talentueux meneur sophomore Nunn et le shooteur Robinson. En sortie de banc, c’est plutôt Dragic qui a donc la responsabilité du playmaking avec Herro à ses côtés. L’arrivée d’Oladipo parmi ces guards pourrait donc chambouler le tout et plusieurs solutions s’offrent alors.

Déjà, on pourrait se dire qu’il faut mettre Oladipo dans le 5 de suite. À ce moment-là, qui sortir ? Nunn ? Cela amènerait un déséquilibre dans la second unit, qui aurait en son sein Dragic, Nunn et Herro. Étant donné qu’aligner les trois sur le parquet en même temps reste assez particulier étant donné qu’aucun ne peut jouer ailier, difficile de voir cette solution, à moins qu’un d’eux sorte de la rotation, comme l’avait fait en quelque sorte Nunn la saison dernière. Il est en tout cas l’homme qui devrait le plus souffrir de l’arrivée d’Oladipo au niveau du temps de jeu.

Kendrick Nunn pourrait faire les frais de l’arriver de Victor Oladipo. (Credit: Alonzo Adams-USA TODAY Sports/Sipa USA By Icon Sport)

Alors, ce serait Robinson ? Le problème ici, c’est que le shooteur tient son rôle à la perfection dans le 5. Aux côtés de Butler et Nunn qui ne sont pas des grands artilleurs derrière l’arc, Robinson permet aussi beaucoup de spacing et de jeu sans ballon. En plus de cela, Dragic et Herro sont eux aussi de bons snipers, avoir Robinson avec eux en sortie de banc n’amènerait en solution que du shoot. Difficile à voir aussi donc.

Oladipo en sortie de banc, la solution la plus rentable ?

Finalement, la solution qui pourrait être la plus rentable pour Miami… serait qu’Oladipo sorte du banc. Cela laisserait l’équilibre du cinq majeur, et la second unit profiterait de son apport physique, de son playmaking et de sa qualité intérieur. En plus, ‘Dipo est un bon défenseur, lui qui a réussi à voler près de 2,5 ballons par match pendant une année à Indiana. « Victor est un slasher, un gars qui coupe dans la raquette et même un défenseur », confirme Riley. Son explosivité et son rythme, ainsi que l’équilibre du roster du Heat, pourraient l’amener à faire partie des remplaçants.

Un remplaçant de luxe on vous l’accorde, mais en même temps, comme dit précédemment, Miami a obtenu Oladipo contre pas grand-chose. Le Heat n’a donc pas forcément pris un risque. Aussi, c’est à l’ancien des Pacers de montrer ce qu’il a encore dans le ventre, lui qui n’a plus vraiment la côte depuis quelques temps. Alimenter le banc du Heat semble plus intéressant que de bouleverser le 5 majeur. Pour preuve, le duo Herro-Dragic a un net rating bien négatif (-7,9) et pourrait donc avoir besoin d’aide, alors que le trio Nunn-Robinson-Adebayo est quasiment à l’équilibre (-0,5 de net rating).

S’il accepte son rôle et s’il s’y adapte, que la machine tourne bien, que le talent crève les yeux, il pourrait de toute façon jouer plus de minutes qu’un titulaire. Ce qui compte, c’est l’équilibre qu’il peut amener dans cette équipe du Heat, toujours en quête d’un titre avec un collectif bien huilé autour d’un leader comme Butler. Le pari est pris, Maimi est pour l’instant 8e de l’Ouest, à voir comment Oladipo sera donc utilisé pour permettre à la franchise d’accrocher une nouvelle fois les Playoffs.

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