Omnisport Rugby

Quel état de forme pour les clubs britanniques et irlandais avant la Coupe d’Europe ?

La Cour d’Europe revient ce week-end après une longue interruption. Avec l’annulation de certains matchs en début d’année en raison des restrictions de voyage entre la France et le Royaume-uni, l’EPCR a dû revoir ses plans. Au lieu de jouer des quarts aller-retour, la direction de la compétition européenne a décidé de les remplacer par des huitièmes de finale. Début mars, un tirage au sort a été fait pour les déterminer. Le résultat n’a pas été favorable aux clubs français qui se retrouvent dans des situations relativement différentes. La rédaction vous propose de faire un état des lieux des différents clubs que devront affronter les clubs du top14. 

Exeter, une équipe en quête du doublé  

Solide vainqueur de la Coupe d’Europe et de la premiership la saison dernière, les hommes de Rob Baxter sont à la recherche du doublé cette saison. Pendant le tournoi des VI nations, les Chiefs se sont retrouvés privés de nombreux joueurs tels que Stuart Hogg, Jonny Gray, Luke Cowan-Dickie, Jonny Hill, Henry Slade. Des joueurs importants pour l’équipe anglaise qui a dû faire confiance à certains jeunes pour tenter de suivre le rouleau compresseur Bristolien. Ils s’en sont plutôt bien sortis avec seulement 3 défaites. Des défaites toujours serrées comme contre les Saints où Joe Simmonds aura eu la transformation de la gagne. Une rencontre dominée par les hommes de Rob Baxter qui n’auront pas réussi à franchir le mur défensif des Saints. L’autre défaite était contre les Sharks. Une affiche de haut niveau entre deux des meilleures équipes de premiership. Lors de ce match, Exeter aura été réduit à 14 contre 15 après un carton rouge reçu par Jack Yeandle pour un déblayage atteignant la tête d’un joueur de Sale.

Enfin, lors du dernier week-end, Rob Baxter a décidé de faire reposer ses cadres tels que Joe Simmonds, Sam Simmonds et les internationaux anglais ayant participé au tournoi. Il était aussi privé des écossais, présents avec leur sélection pour rattraper le match contre la France. Au total, onze changements ont été réalisés par l’entraineur de l’équipe anglaise pour affronter Gloucester dont quatre joueurs faisant leurs débuts en premiership. C’est fort logiquement que l’équipe s’est inclinée contre Gloucester 34 à 18. Un match au cours duquel les hommes de Rob Baxter auront été à de nombreuses reprises pénalisés. Pour le reste, les Chiefs se sont montrés solides avec des grosses victoires contre Bath et Leicester et une victoire d’un point dans les dernières minutes contre les Quins.

L’objectif de Rob Baxter a été de reposer son équipe, celle-ci enchainant les matchs depuis janvier. La défaite contre Gloucester n’est pas une rencontre sur laquelle le LOU doit se baser pour préparer le match de samedi. A l’approche de ce match décisif, l’entraineur anglais espère bien voir ses joueurs blessés revenir. Rob Baxter a déclaré mercredi que Jonny Gray est de retour à temps plein à l’entrainement tandis qu’Henry Slade est lui aussi de retour et montre des signes d’améliorations. Deux bonnes nouvelles pour cette équipe qui devrait arriver quasiment au complet pour son match contre le LOU. Les quelques absents de marque devraient être Alex Cuthbert et Jack Nowell, Baxter préférant ne pas prendre de risque pour leur retour à la compétition. 

Si Bristol est la meilleure attaque de premiership, Exeter n’a pas à rougir. En effet, les Chiefs ont marqué le plus d’essais depuis le début de la saison avec 54 ballons aplatis dans l’en-but adverse. Il faut rajouter 6125 mètres parcourus et 356 défenseurs battus. Avec le meilleur marqueur d’essais en la personne de Sam Simmonds et ses 14 unités, Exeter montre que la menace se trouve à tous les postes pour le LOU. Avec un paquet d’avants puissants se montrant très présent offensivement, Exeter a la possibilité de proposer de la variation dans son jeu. Ro Baxter peut décider de s’appuyer exclusivement sur des petits temps de jeu pour avancer. Il peut aussi faire le choix d’utiliser ses arrières très à l’aise offensivement. Le LOU devra se méfier de Tom O’Flaherty qui réalise une saison tonitruant avec 850 mètres parcourus et 55 défenseurs battus, le leader dans ces deux catégories en premiership. Défensivement, l’équipe reste solide même s’ils se font souvent pénaliser dans les ruck. Un point sur lequel le LOU devra s’appuyer pour faire vaciller les hommes de Rob Baxter. Il faudra réaliser un match défensif à la hauteur de celui des Saints, l’équipe de Northampton résistant tout le match aux offensives adverses pour l’emporter. Il faudra une grosse défense pour les arrêter.

Les Saints, source d’inspiration pour le LOU contre Exeter ?

Les Chiefs apparaissent clairement comme l’équipe à abattre dans cette coupe d’Europe en compagnie du Leinster et des Bears. Comme une grande partie des équipes anglaises, la principale interrogation concerne l’état physique de l’équipe. Les clubs de premiership n’ont pas eu de repos depuis le report des matchs de premiership. Entre le retour des internationaux et les joueurs qui enchainent les rencontres, le LOU peut espérer quelque chose.

Le Leinster, une équipe en pleine confiance

Les hommes de Leo Cullen arrivent en tant que récent champion de Pro14. En effet, la franchise irlandaise s’est imposée le week-end dernier contre le Munster sur le score de 16 à 6 pour signer une quatrième victoire consécutive dans la compétition. Une rencontre au cours de laquelle le défi physique aura été au rendez-vous. Malgré un faible écart au tableau d’affichage, le Leinster aura eu les occasions les plus franches, manquant de précision dans le dernier geste. La franchise est toujours impressionnante avec un effectif doté d’une profondeur redoutable. Durant le tournoi, l’équipe n’a pas eu de mal à se défaire des Dragons, des Warriors, de l’Ulster et le Zebre. La seule petite ombre pour eux aura été une défaite contre les Ospreys. Pour la finale, la franchise irlandaise a pu compter sur le retour de certains cadres dans le XV de départ avec Hugo Keenan, Jordan Larmour, Robbie Henshaw, Ross Byrne, Ronan Kelleher et Josh Van Der Flier. Leo Cullen et son staff ont même eu le luxe d’avoir un banc composé de joueurs comme Ed Byrne, Tadhg Furlong, Jamison Gibson-Park, James Lowe ou encore Jonathan Sexton. Une véritable machine de guerre qui sort d’un tournoi réussi avec l’Irlande et en pleine confiance après cette victoire contre le Munster. 

Au cours du match, les joueurs de retour de sélection n’ont pas semblé être en méforme physique. Ils auront attaqué le match de la meilleure des manières en jouant rapidement, mettant la pression sur la défense du Munster. Pourtant, ils ont manqué de précision dans le dernier geste. Malgré cette domination dans le jeu, les Boys in blue ne réussissent pas à creuser l’écart et laissent le Munster se maintenir dans le match en raison de sept pénalités lors de la première période. Une ombre au tableau dans cette première période pour la franchise irlandaise qui s’est montrée plus propre en seconde période avec 2 pénalités concédées. La satisfaction vient des arrières de l’équipe avec Henshaw dans la lignée de son tournoi avec 75 mètres parcours, le plus haut total dans le match. A ses côtés, Jordan Larmour a montré de bonnes choses avec 6 défenseurs battus et 73 mètres parcourus. Ross Byrne aura été très bon au niveau des coups de pied avec 80% de réussite et 11 points inscrits. 

Le Leinster célébrant son quatrième titre de rang ( goodwordnews.com )

A l’approche du match, Stuart Lancaster, entraineur du Leinster, a fait un retour sur l’état physique de ses joueurs avant le match de ce week-end. L’entraineur anglais a déjà annoncé que Will Connors, Garry Ringrose, James Ryan et Caelan Doris ne seront pas remis pour jouer contre le RCT. Ils pourraient même être absents pour un potentiel quart de finale: «  Vous voulez vous assurer qu’ils sont tout à fait prêts à revenir et que tout s’est réglé sur le plan cognitif, je suppose, que c’est le mot ». Il s’est montré plutôt rassurant pour ce qui est de l’état de forme de Ross Byrne et Jonny Sexton. Enfin, il faudra être particulièrement attentif au deuxième ligne Devin Tone, devenu le joueur le plus capé de l’histoire du Leinster avec 262 matchs, dépassant une autre légende irlandaise Gordon D’Arcy.

Le Leinster arrive surmotivé après ce match victorieux. Il ne faudra pas leur laisser l’occasion de mettre en place leur jeu. Le RCT devra mettre beaucoup de pression sur le porteur du ballon et ainsi éviter aux arrières du Leinster d’avoir des occasions d’essais. Enfin, le paquet d’avants de Toulon sera dans l’obligation de faire un grand match pour espérer l’emporter. La tâche ne s’annonce pas facile, la franchise Irlandaise espérant réaliser le doublé avec une coupe d’Europe, la cinquième de son histoire. 

Le Munster, une équipe à ne pas sous-estimer 

La franchise du Munster reste dans l’ombre du Leinster depuis plusieurs saisons. Il faut dire que Leinster domine outrageusement le Pro14 avec quatre titres consécutifs. Les hommes de Johann Van Graan n’arrivent pas à franchir cette barrière mentale avec le Leinster. Après trois éliminations en demi-finale face à eux, le Munster s’est inclinée cette fois-ci en finale. Cette défaite est la dixième sur les onze dernières ayant opposée les deux équipes. Pourtant l’équipe n’a pas démérité contre un Leinster dominateur. C’est pour cette raison que le stade toulousain devra se méfier avec une équipe capable de subir défensivement sans encaisser de points comme elle a pu le faire lors de la finale. Mais les hommes d’Ugo Mola toulousain peuvent espérer franchir ce mur en mettant un peu de vitesse. Sur la saison, le Munster se classe onzième sur 12 équipes dans le pourcentage de plaquages réussis de quoi laisser quelques espoirs aux Toulousains. Néanmoins, l’équipe, Emmenée par son capitaine Peter O’Mahony, n’hésite pas à donner corps et âme face aux offensives adverses. Il faudra être ultra réaliste face à cette équipe

Il ne faut pas s’attendre à voir une équipe particulièrement offensive. Evoluant une grande partie de la saison sans son ouvreur Joey Carbery, la franchise du Munster a retrouvé son numéro 10 titulaire en février après 13 mois de convalescence en raison d’une blessure. Durant son absence, la franchise irlandaise a été en manque de créateur. Lors de la finale, il aura été précieux en convertissant deux pénalités et permettant à son équipe de se maintenir dans la rencontre. A part quelques occasions manquant de tranchant, la franchise du Munster aura été en difficulté dans ce secteur. Néanmoins, l’équipe reste un poison offensivement. Il ne faudra pas laisser d’espace à des joueurs comme Keith Earls, Andrew Conway qui peuvent facilement déborder sur leur côté et apporter du danger dans la défense adverse. Il ne faut pas oublier le champion du monde Damian De Allende qui est très puissant et peut casser la ligne défensive adverse sur une petite course. Enfin, le paquet d’avants irlandais sera à surveiller. Il est très précieux sur les phases offensives pour pilonner la ligne adverse et ainsi l’amener à la faute. 

Damian De Allende contre les Harlequins en Champions Cup cette saison ( epcrugby.com )

Vous l’aurez compris, l’attaque du Munster n’est pas la plus impressionnante d’Europe mais ne doit pas être sous-estimée par les Toulousains qui devront rester prudents. Il faudra être attentif au jeu au pied de l’équipe qui a tendance à mettre la pression sur la défense par des chandelles ou des coups de pied de gagne terrain.

La franchise irlandaise se focalisera plutôt sur sa défense. Meilleure défense du Pro14 en terme de points concédés et essais encaissés, il n’est pas facile de marquer contre cette équipe. Néanmoins, comme toute défense, le Munster a ses failles avec seulement 87% de plaquages réussis ce qui en fait la onzième franchise de Pro14. Encore une fois, cette équipe n’est pas la plus joueuse d’Europe et subit plus dans un match que n’importe quelle autre franchise. Ce schéma de jeu explique cette statistique de réussite aux plaquages. Que ce soit le paquet d’avants ou les arrières, tout le monde donne de sa personne pour arrêter les offensives adverses. Porté par des joueurs comme C.J Stander, Dave Kilcoyne ou encore Tadhg Beirne, le pack irlandais est souvent sollicité sur les phases défensives réalisant parfois 15 à 20 plaquages comme lors de la finale de Pro14. 

Avec la dernière campagne européenne de C.J Stander, les joueurs du Munster aimeraient bien permettre à cette légende du rugby irlandais de partir avec un trophée. C’est une équipe combattante qui se dresse devant le Stade Toulousain. Une franchise qui pourrait être amputée de son capitaine Peter O’Mahony, blessé lors de la finale. L’entraineur de l’attaque, Stephen Larkham, a reconnu que la présence du capitaine pour ce huitième de finale sera décidée dans les tous derniers moments: « Très inconnu à ce stade, nous prendrons une décision plus tard dans la semaine ». Une pièce importante du pack irlandais qui pourrait manquer ce match.

Les Wasps, une équipe en recherche de confiance

La franchise de Coventry est méconnaissable depuis le début de l’année. Après des débuts prometteurs en championnat, le dernier finaliste du championnat anglais a dû faire face à de nombreuses blessures ainsi que le départ de certains cadres pour le tournoi. Une mauvaise période entrainant la chute des Wasps au classement de premiership. Depuis fin janvier, ils n’ont gagné que deux matchs contre Worcester et Newcastle. Une période surprenante après un bon début d’année 2021 avec des grosses victoires contre Exeter et Bath. Orpheline de joueurs comme Joe Launchbury, Malakai Fekitoa, les Wasps ont connu de grosses difficultés offensivement. Pourtant elle avait montré sa puissance offensive contre Bath avec 54 points et sept essais inscrits. Une victoire pouvant laisser entrevoir de belles choses pour le reste de la saison.

Néanmoins, l’équipe de Coventry n’est pas parvenue à inscrire plus de 20 points depuis ce match. Une faiblesse offensive qui peut s’expliquer par la mauvaise période de Jacob Umaga qui a commis plusieurs erreurs, perdant confiance. Il faut ajouter à cela la blessure de Lima Sopoaga qui a manqué les 8 derniers matchs de son équipe. Enfin, Paolo Odogwu, dont la gestion par Eddie Jones a fait parler outre manche, était avec le XV de la rose pendant tout le tournoi. Le principal problème à l’approche de ce match contre Clermont, est l’état de forme de l’ailier anglais, ce dernier n’ayant pas joué depuis le match contre Bath début janvier. Pour le relancer, son entraineur Lee Blackett l’a fait jouer quelques minutes contre les Sharks. Difficile de savoir si cela suffira pour lui permettre de prétendre à une place de titulaire contre l’ASM. 

Malgré les retours de certains joueurs, les Wasps n’ont pas réussi à se reprendre offensivement. Contre les Sharks, l’équipe de Coventry n’est parvenue à inscrire que 9 points en seconde période malgré les 4 cartons jaunes adverses. L’équipe de Sale n’aura quasiment pas joué à 15 au cours de la seconde période mais elle est parvenue à résister aux Wasps, ces derniers ne trouvant pas de solution à 15 contre 13. Une attaque manquant de mordant qui s’est fait punir par un essai de Josh Beaumont à deux minutes de la fin du match. Une nouvelle défaite 19/20 qui n’est pas forcément rassurante à une semaine de jouer un huitième de finale contre l’ASM. Un manque d’efficacité malgré de nombreuses occasions qui pourraient être comblées avec le retour de certains cadres. En effet, Lima Sopoaga et Jacob Umaga pourraient revenir pour ce week-end. Dan Robson, titulaire contre les Sharks, devrait tenir sa place contre Clermont au poste de numéro 9.

Les Wasps sont en manque d’inspiration offensivement, l’occasion pour l’ASM de se qualifier pour les quarts ?

Néanmoins, d’autres joueurs ne seront pas rétablis pour cette rencontre comme James Gaskell, Jack Willis ou Ryan Mills. De nombreux joueurs absents pour le pack britannique qui pourra néanmoins compter sur Alfie Barbeary qui a réalisé 13 plaquages contre les Sharks et qui semble revenir petit-à-petit en forme. Biyi Alo pourrait lui faire son retour contre l’ASM.

Avec toutes ces incertitudes offensives, les Wasps tenteront de s’appuyer sur leur solidité défensive pour vaincre les Clermontois. Avec le peu de chance de jouer les playoffs, les Wasps pourraient être tentés de réaliser un beau parcours en Champions Cup. Il faut toujours se méfier d’une bête blessée. 

Une équipe de Gloucester en reconstruction

L’équipe de Gloucester connaît une saison compliquée. Pendant longtemps, l’équipe de LRZ a occupé la dernière place de premiership enchainant les défaites. Rare équipe n’ayant pas été touchée directement ou indirectement par le coronavirus, les Cherry and whites ont été dérochés de la bataille pour les playoffs. Avec le départ de son créateur, Danny Cipriani, l’équipe a eu beaucoup de mal à trouver des solutions dans le jeu. Par ailleurs, les hommes de George Skivington n’ont pas été aidés par les blessures les handicapant considérablement. Des joueurs comme Joe Simpson, Mark Atkinson ou encore Lloyd Evans ont été absents pensant quelques matchs. Pour preuve, lors du match contre les Quins, 2 semaines auparavant, Skivington a été privé de 18 joueurs, l’obligeant à faire appel à 11 joueurs venant de l’académie.

Malgré les nombreuses défaites, Gloucester reste une équipe accrocheuse qui s’incline rarement par un gros écart. Le manque de créateur se fait grandement ressentir dans cette équipe. L’équipe concède de nombreuses pénalités ainsi que de nombreux cartons rouges, celle-ci ayant récolté 3 cartons rouges lors de ses six derniers matchs. Le pack de Gloucester n’est pas le plus réputé mais n’est jamais avare dans l’effort. Ainsi les Cherry and whites sont l’équipe ayant réalisé le plus de plaquages en premiership avec 2205 plaquages, loin devant Bath et ses 2031 plaquages. Une statistique qui révèle le manque de domination de l’équipe dans le jeu. La défense est souvent mise à contribution pour tenter de l’emporter et combler les difficultés offensives. Un problème expliquant les blessures accumulées de l’équipe ainsi que les défaites dans les dernières minutes.

Il ne faudra pas trop sous-estimer cette équipe composée d’arrières de haut niveau. Le trio d’arrière composé de Santiago Carreras, Jonny May et Louis Rees-Zammit sera le principal atout de cette équipe. De retour du tournoi, les deux derniers se sont mis en valeur contre Exeter par leur vitesse et en apportant du danger. Outre ses trois joueurs, George Skivington a pu compter sur le retour de Mark Atkinson ainsi que du capitaine Lewis Ludlow. Des retours précieux permettant aux Cherry and whites de l’emporter 34/18 contre les champions en titre amputés de leurs meilleurs joueurs. Un match abouti de bout en bout pour cette équipe qui lui a permis de gagner en confiance avant son match de Coupe d’Europe. 

Louis Rees-Zammit, la menace numéro 1 de Gloucester ( fr24news.com )

Même si Gloucester est loin d’être l’équipe talentueuse qu’on observait en premiership ces dernières années, ils ne doivent pas être sous-estimés. Avec l’abandon de la relégation pour cette saison en premiership, l’équipe n’a plus rien à jouer. La coupe d’Europe reste désormais le dernier objectif. Un beau parcours dans cette compétition pourrait sauver la saison difficile en premiership. Le Stade Rochelais est prévenu, il faudra être créatif pour franchir cette défense et ne pas se faire surprendre sur une contre-attaque de joueurs comme LRZ ou Jonny May.

Les Bears, l’armada en route vers une première victoire

L’équipe de Bristol est probablement la meilleure équipe de premiership cette saison. Dominant par leur pack et leur ligne arrière, ils comptent bien remporter un second trophée européen après la Challenge cup remportée la saison dernière. Malgré l’absence de certains joueurs comme Siale Piutau, Semi Radradra, Ion Lloyd, Luke Morahan ou encore Harry Randall en raison de blessures, les Bears ont assuré avec 7 victoires et 1 match nul sur les 9 derniers matchs.

Même si offensivement l’attaque a été irrégulière en raison des nombreuses absences, les Bears ont montré une force de caractère lorsqu’ils ne sont pas dans un grand jour. Contre Gloucester, c’est Ion Lloyd qui donne la victoire à son équipe à 4 minutes de la fin du match avec une pénalité sur la ligne des 10 mètres. Contre Worcester, c’est Ratu Naulago qui inscrit un essai à 9 minutes de la fin transformée par Callum Sheedy qui permet aux Bears de l’emporter une nouvelle fois par un point d’écart. Enfin le week-end dernier contre les Quins, ils sont revenus d’un déficit de 12 points à 6 minutes de la fin du match pour finalement l’emporter à la 80ème avec un essai de Kyle Sinckler. Une équipe à qu’il ne faut pas laisser l’espoir de pouvoir remonter au score. 

Solides offensivement et défensivement, les Bears sont probablement l’une des équipes les plus complètes en premiership. Ils s’appuient sur un pack très solide composé de joueurs comme John Afoa, Steven Luatua ou encore des anglais Ben Earl et Dan Thomas. Des joueurs très importants défensivement mais aussi offensivement qui n’hésitent pas à se proposer au soutien de leurs arrières. Pour le match contre les Quins, Pat Lam avait décidé d’aligner l’artillerie lourde avec le retour de Semi Radradra après sept matchs d’absence. Ces semaines sans jouer n’ont pas semblé l’handicaper pour son retour, le centre Fidjien ayant été à son aise avec de nombreux offload dont un amenant l’essai de Piers O’Conor. Un gros match pour celui qui retrouvera son ancien club de Bordeaux ce week-end et qui compte bien marquer les esprits. 

Semi Radradra retrouvera son ancien club ce week-end ( Maxppp – Maxppp )

La défense bordelaise devra resserrer les rangs en cas de ballons perdus. En effet, les Bears ont cette capacité à faire fructifier les ballons récupérés. Très fort à la relance, ils ont été très forts sur ces phases de jeune contre les Quins comme en témoignent les 609 mètres parcourus. Luke Morahan aura parcouru 163 mètres, Henry Purdy 115 mètres. Sur la saison c’est 7073 mètres qui ont été parcourus par les Bears largement devant les Chiefs et leur 6125 mètres.  Dans le jeu au pied, Callum Sheedy a poursuivi sur sa bonne lancée du tournoi avec un 100% au pied contre les Harlequins. Il permet à son équipe de trouver des alternatives au jeu de relance.

Cette équipe ne semble pas avoir de faiblesses. Elle pourrait même voir le retour de joueurs précieux comme Charles Piutau qui a été reposé le week-end dernier en raison de ses problèmes au niveau du tendon d’Achille. Harry Randall est toujours forfait pour une entorse au niveau de la cheville tout comme Max Malins. L’incertitude règne concernant Steven Luatua qui est sorti pour une blessure au genou contre les Harlequins. Le capitaine pourrait être une perte importante pour le match contre l’UBB tant il est important défensivement et offensivement. Malgré son absence, les Bears arrivent surmotivés pour cette rencontre. Les Bordelais devront se montrer solides défensivement pour espérer se qualifier en quart de finale. 

Edimbourg, attention au piège 

Les franchises écossaises de rugby ont connu une saison difficile. Malgré une qualification arrachée grâce à un point de bonus défensif acquis contre La Rochelle et une victoire à l’extérieur contre les Sharks, l’équipe d’Edimbourg a connu une saison difficile. Placée dans la conférence B du Pro14, l’équipe a terminé à la cinquième place, juste devant Trévise. Pourtant, la franchise écossaise est composée de plusieurs joueurs de talent du XV du chardon comme  Duhan Van Der Merwe, meilleur marqueur d’essais du tournoi des VI nations 2021, Darcy Graham, l’autre finisseur de la sélection écossaise ou encore le poumon de l’équipe de Gregor Townsend, Hamish Watson. 

Richard Cockerill n’a pas réussi à trouver la solution cette année pour relancer son équipe après leur très bonne saison l’an passé avec une première place de la conférence B et une demi-finale. La franchise écossaise a été en difficulté que ce soit offensivement ou défensivement. Dans les deux secteurs, Edimbourg se classe avant-dernière. Avec seulement 29 essais inscrits et 247 points inscrits sur toute la saison, les joueurs de la capitale écossaise n’ont pas semblé être à l’aise offensivement. Une mauvaise saison qui peut s’expliquer par l’absence de joueurs comme Duhan Van Der Merwe et Darcy Graham qui n’ont joué que six matchs à eux deux cette saison. L’occasion pour des joueurs comme Eroni Sau de se montrer avec 25 défenseurs battus et 383 mètres parcourus. Il aura tenté d’apporter du danger dans les défenses adverses. Un autre joueur a pris ses responsabilités. Il s’agit de Jaco Van Der Walt qui a terminé meilleur marqueur de son équipe avec 66 points. Il aura parfaitement assuré au poste de numéro 10 de la franchise écossaise.

D’autres joueurs pourraient inquiéter la défense Francilienne avec Blair Kinghorn véritable poison pour une défense. Du côté du pack, on retrouve des joueurs comme Jamie Ritchie, Hamish Watson, Rory Sutherland, Viliame Mata et Magnus Bradbury, meilleure marquer d’essai de la franchise cette année. Un paquet d’avants dominant au niveau de la mêlée avec 95% de mêlée remportée et 33 pénalités gagnées dans ce domaine. Un secteur où le racing devra faire attention au risque de se faire sanctionner. 

Défensivement, l’équipe n’est pas en reste avec 89% de plaquages réussit cette saison en Pro14. Un des rares secteurs où l’équipe peut espérer contenir l’attaque Francilienne. Par ailleurs, l’équipe est très propre défensivement avec 159 pénalités concédées, le plus faible total en championnat à égalité avec les Ospreys. Une équipe qui sait défendre sans se faire pénaliser. Il faudra être rapide au soutien pour les joueurs du Racing 92 au risque de perdre le ballon. En champions Cup, le résultat a été le même avec Ben Toolis réalisant 28 plaquages réussis et un jolie 100%. Il faut ajouter à ça les 34 et 30 plaquages réussis par Stuart McInally et Hamish Watson, les deux meilleurs plaqueurs de la compétition. 

Stuart McInally et Hamish Watson, véritable leader de la défense d’Edimbourg ( Fotosport/David Gibson )

Vous l’aurez compris, les joueurs franciliens devront rester concentrer face à cette équipe qui peut les surprendre avec le retour potentiel de ses stars écossaises.

Les clubs de Top14 n’ont pas eu la même chance durant ce tirage. Le niveau s’annonce relevé et les matchs vont se jouer sur des détails. Il faudra voir si les équipes françaises vont prendre l’ascendant physiquement contre des équipes de premiership enchainant les matchs depuis le début de l’année. Ces équipes étant très proches en terme de jeu, la fraicheur physique sera probablement l’élément déterminant pour la qualification. Enfin, il faudra surveiller l’évolution des blessures des différents joueurs mentionnés ici. Leur présence pourrait changer le cours du match. Dans tous les cas, ce week-end de Coupe d’Europe s’annonce passionnant avec les meilleures équipes européennes sur les terrains. 

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