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Rashard Lewis, la douceur au goût amer

Chaque franchise NBA a connu, dans son histoire, son lot de joueurs mythiques. Ces derniers ont pu s’illustrer de par leurs qualités intrinsèques mais également grâce au soutien de tous ces coéquipiers qui ont marqués la grande ligue sans être des franchise players. Le CCS a décidé de s’attarder sur ceux qui n’ont jamais touché les étoiles mais qui ont permis de les faire briller. Focus aujourd’hui sur celui qui a été moqué, décrié et critiqué mais qui est avant tout un avant-gardiste, Rashard Lewis.

Seul dans la greenroom

Comme Kobe Bryant ou Tracy McGrady avant lui, Rashard Lewis fait l’impasse sur l’université en inscrivant son nom à la Draft 1998 dès sa sortie de high school. Annoncé comme un potentiel lotery pick, Sweet Lew est invité dans la Green Room où les meilleurs prospects siègent en attendant que leur nom soit appelé sur scène. Néanmoins, rien ne se passe comme prévu et l’ailier patiente au point de se retrouver seul dans le carré VIP. Il faudra attendre le 32ème choix pour qu’enfin, Rashard Lewis soit appelé par David Stern. Ce sont les Seattle Supersonics qui tenteront le pari du gamin de la Louisiane.

Lorsqu’il enfile la casquette verte et jaune des Sonics, Lewis est considéré comme un très jeune joueur pouvant évoluer aux postes 3 et 4. Doté d’un physique athlétique, il est également perçu comme un des meilleurs shooteurs de sa cuvée. Les questions qui entourent le lycéen résident davantage dans ses capacités défensives. En effet, Sweet Lew peut être efficace lorsque l’organisation défensive collective est solide. Néanmoins, lorsqu’il est face à son défenseur, il est souvent mis en difficulté et parfois vite dépassé. Ces interrogations ne vont toutefois pas l’empêcher de saisir sa chance et de trouver un rôle majeur au sein de la franchise de Seattle.

Indiscutable en 3 ans

Lorsqu’on passe du lycée à la NBA, il n’est pas rare d’avoir besoin de temps pour performer. Tout le monde n’est pas LeBron James… Rashard Lewis ne fait pas exception à la règle. Il ne prend part qu’à 20 rencontres lors de sa saison rookie pour des statistiques normalement faibles. L’ailier peut toutefois se confronter au haut niveau et il mesure le chemin qu’il lui reste à parcourir pour atteindre les sommets. Lors de sa deuxième année, Paul Westphal, alors coach des Sonics, fait passer son temps de jeu de 7 à 19 minutes et il prend même part à l’intégralité des matchs de la saison. Son rôle ne fait que croître et lors de sa troisième saison dans la grande ligue, Sweet Lew prend place dans le 5 majeur et devient un maillon essentiel de l’équipe de Seattle. Son ascension atteindra même son apogée lorsqu’un certain Ray Allen rejoindra la franchise lors de la saison 2002-2003.

Rashard Lewis des Seattle Supersonics(#7) face à Peja Stojakovic des Sacramento Kings (#16)
(Photo by Otto Greule Jr/Getty Images)

Seattle semble avoir assurer son avenir en ayant deux des joueurs les plus bankables du moment. Jeunes certes mais avec un très fort potentiel, leur duo a tout pour mener les Sonics au succès. Néanmoins, leurs deux premières saisons côte à côte sont décevantes. 40 victoires en année un et seulement 37 en année deux. Même si les stats de Rashard Lewis sont très correctes, il ne parvient pas à passer le pallier nécessaire à sa complète éclosion. Il faudra attendre la saison 2003-2004 pour voir le duo prendre son envol. Les deux joueurs tourneront à plus de 20 points de moyenne et permettront à Seattle de renouer avec les playoffs. Affichant un joli 40% longue distance, Sweet Lew décroche sa première étoile au All-Star Game. Durant les deux saisons suivantes, Lewis continue d’afficher des moyennes excellentes et de jouer un rôle prépondérant dans l’équipe coaché par Nate McMillan. Toutefois, les résultats collectifs ne sont pas au niveau. Rashard Lewis, dont la hype est à son paroxysme, va ouvrir un nouveau chapitre de sa carrière en signant l’un des plus gros contrats de l’époque.

Un contrat qui fait parler

180 millions sur 6 ans. L’offre est trop alléchante pour l’ailier qui, en rejoignant le Magic d’Orlando, est censé aider la franchise de Floride a concrétiser ses objectifs. Lieutenant du jeune Dwight Howard, Lewis doit apporter sa qualité de shoot à une équipe déjà dominante dans la raquette. Si ses stats sont en baisse, il parvient à regoûter aux joies du All-Star Game en 2009. C’est cette même année que l’équipe de Stan Van Gundy va atteindre les finales NBA. Néanmoins, elle tombera sur un os prénommé Kobe. Le contrat de Lewis fait la une des tabloïds et il ne cesse d’être remis en question. Sweet Lew déçoit et n’est plus que l’ombre de lui-même. La cassure semble inévitable et il rejoint les Washington Wizards en 2010 puis le Miami Heat en 2012 pour ce qui s’apparente à un dernier baroude d’honneur.

Rashard Lewis sous le maillot du Magic d’Orlando entouré, de gauche à droite, de JJ Redick (#7), Jameer Nelson (#14), Matt Barnes et Dwight Howard (#12) – Getty Images

Le genou à terre pour une bague

A son arrivée à Miami, Rashard Lewis n’est plus le All-Star qu’il a été par le passé. Son rôle est minime et son apport moindre. Sweet Lew n’est pas venu pour être une des têtes d’affiche de l’équipe, d’autres le font très bien pour lui. Il parvient cependant au but ultime qu’il était venu chercher en signant au Heat : le titre. C’est d’ailleurs un point commun qu’il partage avec Richard Jefferson. La bague autour du doigt, l’ailier rempile une année en Floride avant de rejoindre les Mavericks pour une dernière danse. Malheureusement, l’ailier finit littéralement sur les genoux après quatre petites rencontres dans le Texas et la fin de sa carrière de basketteur professionnel est inéluctable.

Rashard Lewis lors de son seul titre remporté en 2013 avec le Miami Heat (Getty Images)

Vous l’aurez donc compris, Rashard Lewis a vécu une carrière en dents de scie. Entre une draft qui l’a vu dégringoler au second tour, des performances de haut vol, deux sélections au All-Star Game, un contrat record, une bague et une fin de carrière qu’on aurait espéré plus belle, Sweet Lew n’aura laissé personne indifférent. Un joueur qui aurait probablement eu un impact encore plus fort dans la NBA moderne mais qui reste, pour bon nombre de fans, un joueur apprécié au talent indéniable.

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