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Adam Yates, intégration express

Après une saison 2020 qui a mis en avant des faiblesses collectives inhabituelles chez Ineos Grenadiers, la formation britannique a frappé fort durant le mercato hivernal. Exit certains coureurs plus au niveau comme Chris Froome pour faire place à une vague d’arrivées diablement qualitatives. Parmi elles, Adam Yates, qui a fait son retour en terres britanniques et quitté pour la première fois son frère Simon. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le grimpeur de Bury ne s’est pas fait attendre pour se mettre en avant au sein d’une équipe composée de nombreux grands talents.

Quelques solides références

Très tôt dans sa carrière, Adam Yates s’est révélé au plus haut niveau, faisant de lui – au même titre que son frère – l’un des grands espoirs d’une nouvelle génération (post Froome, Thomas, Cavendish) de jeunes cyclistes britanniques.

Après avoir triomphé en 2015 sur la Clasica San Sebastian dès sa seconde saison professionnelle, il a confirmé l’année suivante en obtenant une belle quatrième place sur le Tour de France, décrochant également le maillot de meilleur jeune.

Adam Yates, maillot blanc du Tour de France 2016. (Photo : Orica BikeExchange)

Dès lors, Adam va devenir un excellent coureur de courses à étapes d’une semaine, démontrant de grandes capacités dès que la route s’élève et étant capable de démarrages fulgurants. Ses qualités de giclettes vont également être mises à contribution sur les courses d’un jour, où l’on va voir le Britannique jouer la gagne sur des épreuves comme Milan-Turin ou Liège – Bastogne – Liège, sans toutefois décrocher le gros lot.

Après des années de chasse, il aura fallu attendre 2020 pour qu’Adam Yates, si souvent placé, remporte sa première course à étapes World Tour. Une triomphe sur l’UAE Tour devant (excusez du peu) un certain Tadej Pogacar.

SaisonClassement généralCourse d’une semaine World Tour
20174eTour de Catalogne
20175eTour de Pologne
20185eTirreno-Adriatico*
20182eCritérium du Dauphiné*
20184eTour de Californie
20192eTirreno-Adriatico
20192eTour de Catalogne*
20195eTour du Pays basque*
20201erTour des Emirats arabes unis*
*victoires d’étapes

Seule déception, Adam ne confirme pas sur les grands tours. Depuis sa formidable performance sur le Tour de France 2016, Yates n’a pas fait mieux qu’une neuvième place sur le Giro 2017 et sur le Tour de France 2020 où il a notamment eu l’honneur de porter le maillot jaune durant quatre jours. Des résultats contraires à ceux de son frère qui a brillé sur le général de la Vuelta 2018, bien aidé par son jumeau.

Passage chez l’ogre INEOS Grenadiers

Dans la vie comme dans le sport, il y a des séparations que l’on ne peut pas imaginer, tant le destin de certaines personnes paraît lié pour l’éternité. C’est bien le cas lorsque l’on parle de la fratrie Yates. Ses deux frères issues du nord de l’Angleterre n’ont pas cessé de courir ensemble depuis leur tendre enfance.

Mais voilà, Adam avait besoin de changement et une volonté de courir pour une équipe britannique. Un retour au source, une revanche, pour celui qui s’était exilé de son territoire natal après qu’on lui ait refusé en 2011 une candidature à l’Olympic Academy Programme des moins de 23 ans.

“On s’était dit rendez-vous dans 10 ans…” disait le grand Patrick. Cette phrase colle parfaitement à la carrière d’Adam Yates et sa relation avec son Angleterre chérie. Un nouveau départ et une nouvelle étape dans sa carrière, à l’aube de souffler sa vingt-neuvième bougie. Une arrivée qui s’inscrit dans un processus d’anglophonisation de la formation de Dave Brailsford.

L’équipe Ineos Grenadiers va permettre au Britannique de progresser dans différents domaines, même si son statut de première option d’une équipe pour jouer le général de courses à étapes n’est désormais plus du tout garanti.

L’un des hommes du début de saison

Le début de la saison 2021 nous a permis de découvrir Adam Yates dans sa magnifique tunique noir et rouge d’Ineos Grenadiers. Comme l’an dernier, il a commencé sa saison sur l’UAE Tour. L’Anglo-Saxon a paru en forme, accompagnant le vainqueur du dernier Tour de France Tadej Pogacar durant les arrivées au sommet. Il a terminé à la seconde place au classement général.

Pour sa deuxième course à étapes, Adam Yates a semblé au-dessus de la mêlée. Le défi était fort pour Yates car en plus de ses adversaires, le Britannique devait faire sa place dans une formation qui comportait également comme coleaders Richie Porte, Geraint Thomas ou encore Richard Caparaz, qui effectuait son retour à la compétition. Après un très bon chrono initial et une victoire en solitaire au sommet de Vallter 2000, il a assez tranquillement remporté la deuxième course à étapes World Tour de sa carrière.

Photo de famille chez Ineos Grenadiers sur le podium final du Tour de Catalogne en compagnie d’Adam Yates (1er), Richie Porte (2e) et Geraint Thomas (3e). (Photo : be-celt.com)

Ces performances font d’Adam Yates l’homme fort du début de saison du côté d’Ineos Grenadiers. On a pu voir une formation britannique malchanceuse sur Paris-Nice (abandons de Porte et Geoghegan Hart) et impuissante sur Tirreno – Adriatico. Voir Yates à son aise sur une course à étapes d’une semaine n’est pas vraiment une grande surprise. Mais le Britannique a rarement paru aussi fort !

Adam Yates ne s’en cache pas, il n’apprécie guère l’épreuve chronométrée. Cependant, il continue de progresser dans l’effort individuel. L’Anglais se montre à l’aise dans les contre-la-montre vallonnés. Il a terminé à une quatrième place du contre-la-montre du Tour de Catalogne, tenant la dragée haute à des coureurs plus réputés dans l’exercice comme ses co-équipiers Porte et Thomas. Cette semaine sur le Tour du Pays basque, c’est par une sixième place que s’est conclu sa performance sur le contre-la-montre inaugural, dans le même temps qu’un certain… Tadej Pogacar. Décidément, ces deux là finissent toujours pas se retrouver.

En ce début de saison, Adam Yates a soigné son entrée dans sa nouvelle formation. Ces résultats plus qu’intéressants permettent à l’anglais de se mettre en avant dans une équipe où les places sont chères pour participer à un grand tour. Initialement prévu comme leader sur la Vuelta, le grimpeur britannique peut-il faire changer les plans d’Ineos Grenadiers et prétendre à prendre part à une plus grande course de trois semaines ?

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