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Jude Bellingham, mettre le grain de sable dans la machine Manchester City

Dès le tirage au sort de ce Manchester City – Borussia Dortmund, le monde du foot s’est emballé. Le storytelling Haaland – City s’est de suite mis en marche, avec le Norvégien comme seule arme pouvant faire basculer la rencontre en faveur du BvB. Mais l’on s’est peut-être trompé de cible. Car au match aller, le serial buteur n’as pas su faire la différence, et c’est son coéquipier, Jude Bellingham, qui s’est illustré. L’anglais de 17 ans peut-il vraiment faire déjouer les hommes de Pep Guardiola ? Eléments de réponses.

Si vous ne connaissez pas l’histoire, on vous la fait courte (mais on vous l’avait présenté plus longuement cet été). Jude Bellingham, c’est un gamin de l’Ouest de l’Angleterre. Né en 2003, il fait toutes ses classes à Brimingham City, et comme tous les phénomènes, est constamment surclassé. A 16 ans et 38 jours, il dispute logiquement son premier match professionnel, et devient titulaire indiscutable au fur et à mesure de la saison dans l’équipe de Championship. L’été suivant, il est transféré au Borussia Dortmund pour 25 millions d’euros, 21 jours après avoir fêté ses 17 ans. Depuis, il est un élément majeur des jaunes et noirs et a même gratté 2 sélections avec les Three Lions (pour rappel, il a toujours 17 ans).

Milieu tout terrain

Lors du match aller, le BvB s’était aligné en 4-3-3, dans un milieu Can-Dahoud-Bellingham, le premier des trois faisant office de milieu défensif. Si ce milieu risque d’être reconduit ce soir, c’est avant tout parce qu’il n’as pas été trop en difficulté à l’aller. Pourtant, c’est dans cette aire de jeu que le rouleau compresseur Manchester City écrase la concurrence cette année. C’est dans cette optique de contrer cette force que les Borussen s’organisaient de manière très axiale, laissant de l’espace sur les côtés. Bellingham était alors chargé de presser très haut, d’harceler le porteur de balle tandis que Can coupait les lignes de passes.

En harcelant les Cityzens et leur structure fluide, Bellingham a été de toutes les courses, présent partout, tout le temps. (Crédits : WhoScored)

Le pressing est une des forces de l’anglais. Pep Clotet, son ancien coach, estime même que c’est sa qualité la plus sous-estimée : « C’est l’un de ses points forts, il a ça depuis qu’il est petit. Il a conscience de son potentiel sur le plan défensif et il fait donc tout pour aider l’équipe à ce niveau-là. […] C’est quelqu’un qui est capable de mettre beaucoup d’intensité à la perte. » En dépassant sa fonction pour presser et en ralliant la ligne d’attaque, il forçait à l’erreur les défenseurs cityzens. Un choix payant, puisqu’il inscrit un but sur une erreur d’Ederson … avant que le but soit annulé pour une faute peu évidente sur le portier Brésilien.

« Parce qu’il ne se contente pas d’être fort offensivement mais qu’il l’est au contraire également sur le plan défensif. Il est aussi très à l’aise pour tacler et très fort physiquement. »

Pep Clotet, son ancien entraîneur à Birmingham

Dans ce cadre, il risque encore d’être l’un des éléments clés ce soir. La répétition de ces courses défensives permettent à Dortmund de ne pas être acculé sur son but, de pouvoir être pro-actif sans ballon, ce qui est essentiel lorsque l’on a un retard à combler. Lors de la deuxième mi temps, la semaine dernière, son rôle a même été encore plus déterminant. En passant dans un double pivot Can-Dahoud, Edin Terzic laissant Bellingham dans un rôle de huit et demi lui convenant à merveille. C’est dans cette position centrale, notamment mais pas que, qu’il était le premier initiateur du contre-pressing.

Récupérer pour créer

Le n°22 n’est en revanche pas qu’une machine à presser. A l’image des jeunes milieux capables de tout faire avec et sans ballon qui sortent récement (Caqueret, Camavinga), il est un maillon essentiel dans l’utilisation du ballon. Sitôt récupéré, il se charge, comme un grand, d’initier les contres attaques dévastateurs du BvB. Entre ça, ses appels dans la surface et son pressing, il a été à l’initiative de quasiment tous les bons coups des Borussen lors de la première confrontation.

C’est lui qui se créé la première grosse occasion du match avec une frappe du gauche stoppée par Ederson. C’est lui aussi qui lance Haaland dans la profondeur à la 47e (qui bute encore sur Ederson, photos ci-dessous). C’est lui, enfin, qui trouve Haaland en appui avant que celui-ci lance Reus dans la profondeur pour le but des Schwarz-Gelben. Rajoutons à ça son but refusé … Mais si l’on occulte les faits marquants, Bellingham a aussi été bon pour conduire le ballon hors du contre pressing de City, ou même en se proposant très haut sur le terrain, forçant les joueurs de City à faire un choix. Soit le milieu qui est dans sa zone le suit et donc, dézone et libère un espace. Soit, un défenseur se retrouve avec une menace de plus et doit être encore plus vigilant. En apportant une solution centrale, il permet aussi de laisser de la place sur les ailes pour les joueurs de côté, et peut se proposer en appui-remise afin de créer de l’espace, d’absorber la pression.

Maturité et dépassement de soi

Le Rookie du mois de Septembre en Bundesliga n’en a que faire de l’importance du match de ce soir. Ou plutôt, l’importance du match n’influe pas sur ses performances. Sûr de lui, il n’a jamais démontré de signes de nervosité depuis le début de sa carrière. Pour beaucoup de jeunes joueurs, le terme de « mature » est souvent galvaudé et/ou confondu avec d’autres qualités. Pour le jeune Anglais, c’est réellement le cas. Et il accompagne cela d’un dépassement de soi à toute épreuve, ce que souligne Jadon Sancho, son coéquipier: « A Dortmund, il se donne à 110%. Ses performances sont « world class ».

Deux frères, deux fauves. Et surtout, deux phénomènes de précocité. (Crédits : Football London)

Une confiance qui se transforme en courage : celui de ne pas se cacher, de demander le ballon même dans des zones surchargées, de porter la belle, de se positionner entre les lignes. Des qualités essentielles afin de contrer la machine Cityzen. La question, en revanche, se pose aussi de savoir ce qu’auront préparé les Sky Blues pour contrer celui qui leur aura fait mal au match aller. Après avoir muselé Haaland, quel piège vont-ils mettre en place pour faire taire l’international des Three Lions?

Bien sûr, Erling Haaland, tout comme Marco Reus, risquent d’être les principaux dangers côté Borussia. Leur dimension de talent supérieur à leurs coéquipiers les placent dans cette position de facteur X. Pour autant, le numéro 22 reste à surveiller. Plus reculé sur le terrain que ses compères, il a toutes les qualités pour être le petit grain de sable jaune pouvant enrayer Manchester City. Mais est-ce qu’un seul grain de sable suffira ? Et si Guardiola et ses hommes cherchaient à contrôler ce grain de sable ? Rendez-vous 21h.

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