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Rafael Nadal encore en rodage sur terre

Rafael Nadal n’est pas encore tout à fait le grand Rafa que l’on a connu par le passé sur terre, défait en 1/4 de finale par le russe Andrey Rublev (6/2, 4/6, 6/2), sa saison sur terre battue n’est pas encore pleinement lancée et l’espagnol va devoir continuer à bien se préparer pour les prochaines échéances qui vont arriver vite.

Pour la deuxième édition consécutive après celle de 2019 (le tournoi de 2020 ayant été annulé à cause de la crise sanitaire), Nadal va démarrer sa saison sur terre battue sans même avoir accédé à la finale d’un tournoi qu’il affectionne pourtant particulièrement… C’est peu de dire que Monte-Carlo et le Majorquin forment une parfaite symbiose tant il a glané de titres ici (11 titres), cette édition 2021 constitue sans nul doute une déception tant ses attentes étaient hautes et son parcours stoppé prématurément lui a laissé entrevoir le chemin qu’il lui reste encore à parcourir pour arriver complètement prêt physiquement et tennistiquement à Roland Garros (30 Mai au 13 Juin prochain).

L’Espagnol Rafael Nadal serre la main du Russe Andrey Rublev après leur quart de finale disputé lors de la septième journée du tournoi ATP Masters Series de Monte-Carlo, à Monaco, le 16 avril 2021. Valéry Hache / AFP

Finalement, ce Monte-Carlo fut un bon lot de surprises, avec l’accession jusqu’en demies de deux nouvelles têtes d’affiches incarnées par le trentenaire Daniel Evans et le prometteur norvégien Casper Ruud. Bien loin de ce que l’on pouvait légitimement espérer avec un duel potentiel en finale entre Nadal et le numéro un mondial Novak Djokovic. Peut-être que l’espagnol pourra d’ailleurs se rassurer avec son rival serbe qui lui non plus n’était pas encore prêt et bien loin de son meilleur niveau. Mais l’herbe est toujours plus verte ailleurs, et Nadal voit la « next gen » pousser fort derrière et celle-ci montre qu’elle pourrait posséder plusieurs talents à même d’être à l’aise sur cette surface si particulière. Stefanos Tsitsipas récent vainqueur a d’ores et déjà envoyé un signal fort, lui qui avait justement battu Nadal sur terre il y a deux ans dans un autre masters 1000 sur ocre, à Madrid.

Ainsi, Nadal sait que les nouveaux membres du top 10 sont capables de hisser leur niveau de jeu contre lui et même le manœuvrer sur sa surface de prédilection. Tsitsipas et Rublev semblent constituer de sérieux rivaux au meilleur des deux manches pour lui sur terre battue. Mais qu’en sera-t-il en format Grand Chelem à Roland Garros au meilleur des trois manches ?

Les masters 1000 à cette période estivale sur terre sont certes des premiers indicateurs du niveau de préparation des joueurs, mais le format et l’environnement à Roland Garros demeurent bien différents. De sorte que cette défaite en 1/4 de finale pour Nadal ne constitue pas une inquiétude mais plutôt une jauge de sa préparation physique et mentale qu’il va s’atteler à peaufiner. Peut-être que l’écart était aussi trop grand entre ses premiers tours et son match contre Rublev. Nadal avait en effet parfaitement démarré son entrée en lice en corrigeant Frederico Delbonis 6/1 6/2 avant de détruire Grigor Dimitrov en 56 minutes (victoire sèche 6/1 6/1). Rublev avait de son côté eu un vrai premier test réussi contre Roberto Batista-Agut, qui contrairement aux adversaires précédents de Nadal lui avait offert un véritable combat physique. La qualité de frappe, la puissance du russe lors de leur opposition en quarts de finale a complètement déstabilisé l’espagnol. Pire encore, Nadal a semblé souffrir physiquement et accusé le coup à certains longs échanges. Tout un paradoxe lorsqu’on connaît les aptitudes de Nadal sur terre et sa capacité à résister et défendre bec et ongles le moindre point.

Nadal pourra se rassurer avec son deuxième set acquis au forceps alors qu’il était bien mal embarqué. Mais trop juste physiquement, il cèdera dans le troisième contre Rublev, impuissant. Les grands champions tels que lui ou à l’instar d’un Federer aujourd’hui connaissent par cœur leur principal outil de travail, à savoir leur corps. Si cela n’a pas échappé aux amateurs de tennis, les failles physiques et le déficit de puissance contre Rublev ont encore moins échappé à Rafa et son entourage. Le joueur connaît parfaitement ce qui lui reste à améliorer pour atteindre son meilleur niveau et arriver rodé à Roland Garros.

Rafael Nadal ne semble pas y croire, mais sa route à Monte-Carlo s’arrête en quarts de finale… Reuters/Eric Gaillard 

Reste à savoir quels sont vraiment les objectifs de Nadal cette saison, s’il veut tenter de rafler les deux masters 1000 restants sur terre avec Madrid puis Rome pour pleinement se mettre en confiance, ou se focaliser entièrement à la quête de son 14eme Roland… L’Espagnol est ce genre de joueur qui a certainement besoin de capital confiance et repères pour se préparer au mieux, et ses performances à Madrid et Rome seront de véritables indicateurs de performance et de son niveau potentiellement atteignable à Roland. Ce dernier reste son jardin favori dans lequel il est insubmersible, et si ce Monte-Carlo a mis en lumière les performances de Rublev et Tsitsipas, nul doute que ces derniers ainsi que les autres favoris Djokovic et Thiem devront jouer leur meilleur tennis pour contrecarrer les plans de Nadal à Roland Garros tant il semble habité par une force extérieure indicible une fois sur le court Philippe-Chatrier.

Cette défaite précoce en terre monégasque n’est peut-être finalement pas tant une bonne nouvelle pour ses rivaux, car il faut toujours se méfier de la bête blessée…

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