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NFL Draft 2021: Devonta Smith, et David devint Goliath

La draft, cet événement annuel qui permet aux franchises du sport américain de se renouveler. La NFL ne déroge pas à la règle. Le 29 avril prochain, une nouvelle classe de joueurs sortant de l’université sera repêchée et entrera dans la grande ligue. Entre, choix judicieux, coups du sort, déceptions, le tout saupoudré d’un soupçon de chance, cette année sera encore une fois l’apogée de l’intersaison. Le CCS se mobilise pour vous préparer au mieux à la prochaine draft avec la présentation de profils détaillés des plus gros espoirs, mais aussi des bons coups que l’on pourrait trouver plus tard dans l’événement. Sans hiérarchie particulière, vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour connaître les futurs rookies, voire les futures stars de la NFL.

DeVonta Smith

Credit photo: Crimson Tide Photos 

Bilan 2020

Bilan équipe: 13-0

La mort, les impôts,… et Alabama qui roule sur la concurrence au niveau universitaire. Après une victoire face aux Buckeyes d’Ohio State en finale, le Crimson Tide, à nouveau champion, a confirmé qu’il restait la référence à ce niveau. Après avoir dirigé un rouleau compresseur défensif en début de décennie, Nick Saban a de plus en plus laissé la part belle à l’attaque dans son collectif. Résultat: avec une pléthore d’athlètes 5 étoiles et un excellent coordinateur offensif (Steve Sarkisian, désormais Head Coach à Texas), la Marée Pourpre a englouti la concurrence une nouvelle fois. Dans une escouade digne d’un All Star Game, un receveur de 75 kg s’est particulièrement démarqué jusqu’à remporter le prestigieux Heisman Trophy du meilleur joueur universitaire, fait extrêmement rare pour cette position. Cet homme, désormais candidat à la Draft NFL 2021, s’appelle DeVonta Smith.

Stastitiques individuelles: 117 réceptions, 1856 yards, 23 TD (+4 courses pour 6 yards et 1TD)

On hallucine encore. 4 mois après la fin de la saison universitaire, les chiffres affichés par le Heisman en titre sont toujours aussi impressionnants et justifient pleinement le trophée remporté par Smith. Quelle que soit la colonne qu’on regarde, le nombre affiché est stratosphérique, d’autant plus pour une saison de 13 matches. Et pour couronner le tout, une explosion dans les playoffs NCAA face à Notre Dame puis Ohio State: 2 matches, 19 réceptions, 345 yards et 6 TD. Une conclusion en apothéose pour une carrière qui l’inscrira au panthéon de Tuscaloosa: Smith quitte Alabama comme le receveur le plus prolifique de l’histoire d’un programme légendaire.

Forces

  • Route running impeccable

L’atout numéro 1 de DeVonta Smith pour battre les pauvres Cornerbacks de NCAA, c’est avant tout d’être infiniment plus intelligent qu’eux. Constamment au cours de la saison, le receveur a montré qu’il avait un temps d’avance sur tous ses opposants. C’est autant un technicien qu’un tacticien, un footballeur qui a montré un jeu bien trop avancé pour le niveau universitaire. Une de ses capacités, que seuls les grands possèdent, est sa capacité à reconnaître les schémas défensifs adverses et savoir ce que son adversaire va faire à l’avance.

En bas de l’écran, Smith signale à son QB que le CB qui doit le couvrir va blitzer, puis ajuste la vitesse de son tracé pour détruire l’angle de poursuite du S qui remplace le CB. Touchdown, merci.

Que ce soit en bordure du terrain ou dans le slot, sur tracé court ou profond, Smith entre en NFL avec un arbre de tracé déjà énorme et très varié. Sarkisian a tout fait pour lui fournir la gonfle, et son receveur l’a récompensé en profitant au mieux de chaque espace créé par les schémas de son coach. Le genre de joueur qui peut faire passer le tableau noir en réalité à lui tout seul.

Sur une deep-crossing route (parfaite pour battre un schéma Cover 4 comme celui utilisé ici par Florida), Smith joue parfaitement le coup. Une règle enseignée sur ce genre de tracé: devant le premier défenseur, derrière le deuxième. Smith ajuste son tracé pour respecter cette règle et se faire complètement oublier de toute la défense.

Pour que le meilleur joueur du pays se retrouve si seul contre une défense qui ne pense qu’à l’arrêter depuis 7 jours, il faut un grand talent de compréhension de l’espace, du temps et de ce que fait l’adversaire. A ce jeu-là, on n’a jamais vu mieux que le numéro 6 d’Alabama. Son sens du jeu et son virtuose sur la précision de ses tracés est sans égal et peut déjà rivaliser avec l’élite de la NFL.

  • Mains sûres et excellent contrôle du corps

Vous l’aurez compris, pour qu’un joueur amasse 117 réceptions par match, il faut avoir de bonnes mains. Et si la connexion Mac Jones – DeVonta Smith a été si destructrice en 2020, c’est parce que le QB du Tide savait qu’il pouvait avoir une confiance aveugle en sa cible. Du haut de son mètre 83 et avec une bonne envergure, Smith offre une bonne fenêtre de tir pour son passeur, et sait attraper le ballon loin de son corps, quitte à se contorsionner sous plusieurs angles. Enfin, il affiche le tempérament qu’on attend d’un receveur numéro 1 grâce à sa volonté d’attraper le ballon même quand il est contesté par un défenseur.

Face à Eric Stokes (futur CB en NFL), Smith est plutôt bien couvert mais garde sa concentration et complète une très belle réception pour un nouveau TD.
  • Yards après réception

Pour ce dernier point, nous allons aborder un aspect souvent sous-apprécié du jeu de Smith. Le schéma d’Alabama utilise énormément de RPOs (Run Pass Options) et de passes rapides. Pour que l’efficacité de ces actions soit optimale, il faut que les receveurs soient capables d’engranger le plus de yards une fois le ballon en main. C’est un style de jeu très en vogue dans le monde du football universitaire et qui se fait une place de plus en plus grande chez les pros (cf Kansas City Chiefs, New Orleans Saints). Les équipes NFL apprécieront donc particulièrement ce que DeVonta Smith a exhibé dans un schéma laissant la part belle aux « YAC ».

Sur une passe écran, Smith suit bien son bloc et montre sa capacité d’accélération pour mystifier l’entièreté de la défense adverse.

Vision, accélération et créativité sont les maîtres mots dans le domaine du YAC. Si Smith ne montre pas la force nécessaire pour casser des plaquages, il sait faire en sorte d’être le plus dur à toucher possible, grâce à des appuis vifs et précis ainsi que sa naturelle compréhension de l’espace. La capacité à créer soi-même ses yards est très importante en NFL car elle enlève autant de poids sur les épaules du QB. C’est un aspect du jeu de Smith qui lui permet d’être aussi dangereux sur jeu court que jeu long, faisant de lui un WR ultra-complet.

Faiblesses

  1. Une vitesse de pointe moyenne

Smith a refusé de courir ou d’effectuer toute sorte de tests athlétiques durant le circuit pré draft, nous n’aurons donc pas de chiffres sur lesquels nous baser. Sur le rendu visuel, en tout cas, Smith semble posséder des capacités athlétiques dans la moyenne. Il serait injuste de le qualifier de lent, mais pour un joueur annoncé dans le top 12 de la prochaine draft NFL, les scouts seront très exigeants. Si Smith est un athlète qui remplit les critères, il serait tout de même faux de dire qu’il sera à son avantage face aux athlètes NFL. Encore une fois, il devra gagner avec son sens du jeu plutôt que par sa vitesse ou ses appuis comme son ancien compère Jaylen Waddle.

  • Son physique

C’est le coeur du débat. Pour résumer le paradoxe DeVonta Smith, rien de mieux que ce tweet légendaire de Mina Kimes:

C’est un seul problème, mais son physique de sauterelle sera un énorme handicap pour Smith. Et si le joueur NCAA a dominé sa catégorie comme jamais un receveur n’a dominé, la vie de prospect NFL est différente. En l’occurrence, aucun receveur en NFL n’a jamais pu réussir une grande carrière avec des mensurations comme Smith. En 100 ans d’existence, la NFL n’a pas rencontré de receveur capable d’accepter le défi physique qu’elle présente avec ce genre de physique. Une comparaison souvent utilisée pour DeVonta Smith est le Hall Of Famer Marvin Harrison, lui aussi mince en stature mais excellent joueur de football. Le problème? Pour la même taille, Harrison fait 8 kg de plus que Smith… On peut retourner le problème dans tous les sens, il est simple: si DeVonta Smith réussit une carrière NFL comme on lui souhaite, il sera une anomalie, un cas sans précédent.

Prédiction draft: Top 12

On vous a dit que c’était une incroyable classe au poste de WR? C’est en partie à cause d’un triumvirat Ja’Marr Chase/Jaylen Waddle/DeVonta Smith de folie. Trois joueurs d’exception annoncés très tôt à la prochaine draft. Dans ce trio de tête, difficile de dire qui sortira son épingle du jeu mais difficile de penser qu’un des trois sortira du top 12, avec plusieurs équipes qui seront intéressées par des améliorations à ce poste.

Une équipe intéressée : Philadelphia Eagles

S’il fallait dégager un bon fit pour DeVonta Smith dans cette première partie de 1er tour? Sans hésiter, Philadelphie. Avec son schéma tout droit venu d’Indianapolis, Nick Sirianni saura offrir une multitude de tracés à courir pour le technicien Smith. Avec un style de jeu qui a fait briller TY Hilton notamment, le nouveau Head Coach des Eagles n’aura aucun mal à mettre Smith dans un rôle qu’il affectionne. Et pour aider au mieux le jeune Jalen Hurts, quoi de mieux qu’une réunion avec un autre ancien pensionnaire d’Alabama qui saura redonner du punch au jeu aérien de Philly?

La Note du CCS: Tier S

Smith est un prospect de tous les extrêmes qui divisera à coup sûr. Il serait trop facile de minimiser l’impact qu’aura son physique historiquement frêle, qui gêne énormément les évaluateurs professionnels. De même, une saison Heisman comme celle que Smith vient de réaliser ne peut être ignorée tant elle est rare. Quoi qu’il arrive, Smith donnera tort à beaucoup d’évaluateurs et fera passer au moins un GM pour un idiot. Le fan de football que je suis ne peut en tout cas qu’espérer voir son indéniable talent s’exprimer face à l’élite de ce sport.

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