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All Draft Team : Nos chouchous de la cuvée 2021 (édition Offense)

La voilà ! La semaine des rêves, des espoirs, d’une ligue et des jeunes talents armés pour changer le paysage du football américain professionnel. Jeudi, les grandes stars du football universitaire se verront sélectionnées par les franchises NFL, mais la grande messe annuelle s’étend bien trois jours. Vous connaissez sans doute les joueurs qui seront les premiers appelés, mais c’est une classe de 250 joueurs qui sera intronisée dans l’élite du sport. La rédaction du CCS a pris beaucoup de plaisir à en découvrir une grande partie. Aussi, il est temps pour nous de vous présenter nos coups de cœur à chaque position. Qu’importe le choix où il seront pris, voici les prospects que nous soutiendrons becs et ongles une fois chez les pros. Accompagné de mes collègues Tonyo et Cyprien, nous vous proposons chacun un joueur par poste. Aujourd’hui, première partie avec les joueurs offensifs.

Quarterbacks:

Cyprien : Davis Mills, Stanford

Davis Mills est ce prospect qui entre le 3ème et 4ème tour pourrait devenir un bon quarterback titulaire en NFL. L’homme est intelligent, c’est d’ailleurs sa principale force, lectures et compréhension. Son bras n’est pas non plus une « nouille » comme l’aiment à le dire nos amis outre-Atlantique. La précision est correcte tout comme la puissance. S’il n’est pas annoncé dans les premiers tours de la draft, c’est aussi que des défauts persistent. Sa gestion de la poche est grandement améliorable et malgré des qualités athlétiques au-dessus de la moyenne pour son poste, il n’utilise pas assez sa mobilité naturelle sur le terrain. Autre point noir, les blessures qui ont amputé sa progression universitaire alors qu’il était l’un des meilleurs QB lycéens. Mills est un projet, un pari, un saut dans l’inconnu. Un genre de profil qui, on le sait, peut plaire à l’égo de certains coachs qui pensent pouvoir transformer ces joueurs en stars.

Hugo : Trey Lance, North Dakota State

Je sais, choisir un joueur qui sera drafté dans le top 10, on a connu plus risqué comme « chouchou ». Mais si je vous dis que Lance est mon QB2, devant Fields et Wilson? Pour moi, il est le prospect idéal à cette position. Dans la NFL actuelle, il faut miser sur des QB avec un fort potentiel et l’éthique de travail qui leur permettra d’atteindre ce potentiel. A ce jeu, Lance est un monstre physique avec une mobilité hors norme et une fusée Ariane à la place du bras. A 19 ans, il a montré une folle intelligence de jeu dans un système pro-style à NDSU. Oui, c’est le QB le moins pro-ready du top 5. C’est aussi le plus jeune, et je n’ai aucun doute qu’il saura corriger ses erreurs.

Tonyo : Justin Fields, Ohio State

La ténacité. Voilà ce qui fait de Justin Fields mon quarterback préféré dans cette classe. S’il est un match de sa carrière universitaire qui résume cet atout, c’est la demi-finale des derniers College football playoffs. Le plaquage brutal de James Skalski. Sa blessure évidente à la hanche. Sa capacité à passer outre la douleur – avec l’aide d’une piquouse – et à délivrer l’une des plus belles performances jamais réalisées par un quarterback d’Ohio State (22/28, 385 yards, six touchdowns, une interception). 

Dans un monde où Trevor Lawrence n’existait pas, il n’y aurait même pas de débat à savoir qui était le meilleur passeur depuis la poche. Fields est chirurgical et tenace, là aussi. Où certains voient un excès de patience, il faut voir son calme face à la pression. Sa ténacité encore face aux critiques et au racisme sous-jacent dont il fait l’objet depuis le début de ce processus pré-draft. Sa ténacité toujours face au racisme manifeste d’un joueur de baseball à son encontre, à l’université de Georgia. Pas une réponse, pas un commentaire. Qu’il ait le plus gros bras de cette classe, presque la stature de Josh Allen et presque la vitesse de Lamar Jackson ne sont que des points bonus.

Running backs:

Cyprien :  CJ Marable, Coastal Carolina

Pour ceux qui n’aiment pas repêcher des running backs au premier tour, vous pourrez sûrement attendre le 5ème pour voir sortir CJ Marable de la draft. Si l’on commence par les choses qui fâchent, Marable n’est pas puissant. Il n’est pas non plus très explosif, il est aussi peut être un peu petit et n’a pas joué dans une université prestigieuse même si une certaine hype naissante apparaît pour les Chanticleers ces dernières années. CJ a profité d’un système shotgun s’appuyant sur du jeu d’options. Ce système permet de mettre en avant les qualités du RB, sa vitesse de pointe, sa patience derrière la ligne et surtout son style de course fluide sur les zones extérieures. Marable a aussi d’excellentes mains. Il se présente donc à la draft avec un profil de 3rd down back capable d’apporter aussi en special team.

Hugo : Michael Carter, North Carolina

Si vous êtes un RB avec de bons appuis, une grosse accélération et surtout une incroyable vision, il y a de bonnes chances que je sois fan de vous. Le hasard faisant bien les choses, ce sont les trois caractéristiques qui ressortent le plus lorsque je regarde Carter jouer. Carter est élégant, dynamique et ses changements de directions sont aussi imprévisibles que délicieux. Sa capacité à maximiser chaque toucher de balle est sans commune mesure dans cette classe 2021, et j’ai très hâte de le voir en NFL la saison prochaine. La défense de l’Université de Miami sera également très heureuse de savoir qu’elle ne croisera plus jamais sa route. C’est un thème récurrent dans cet article: Carter est à la fois beau à voir jouer et capable de nous surprendre en même temps tant il est insaisissable.

Tonyo : Chuba Hubbard, Oklahoma State

Chuba Hubbard est canadien. Je dois avouer que l’idée d’un joueur canadien dominant dans le plus américain des sports est particulièrement cocasse. Pour ce qui est du terrain, il manquera de puissance pour être un three-down back, un cheval de trait capable de porter seul un jeu de course. Il est un receveur médiocre, ce qui limitera l’amplitude de son utilisation, mais il sera une machine à highlights. Certains des meilleurs défenseurs de la ligue seront humiliés par son accélération. Sa vision et la rapidité avec laquelle il atteint sa vitesse de pointe sont sans pareille. Et en parlant de vitesse de pointe, son record sur 100 m est de 10’55. Il date de 2015. Il avait 16 ans…

Wide Receivers:

Cyprien : Nico Collins, Michigan

Aux premiers abords, Nico Collins est ce wide receiver de possession, grand, avec un catch radius de folie, une menace verticale dans le fond du terrain qui rattrape les ballons sur la tête de ses adversaires. Et bien oui, Nico Collins sait faire tout cela. Mais ce n’est pas tout, Nico Collins est aussi un technicien sous-coté dans le processus pré-draft. Ses releases sur la ligne face à la presse sont plus que bons et surtout ils sont divers et variés. Ses routes sont aussi bien courues et maitrisées. Bref Nico Collins est vraiment un WR complet mais si sa côte n’est pas si haute, c’est simplement de par sa production, faible. Il la doit surtout au piètre niveau des QB avec lesquels il a joué… Nico Collins pourrait devenir un steal au deuxième jour de la draft. Un bon X-receveur en devenir.

Hugo : Dazz Newsome, North Carolina

Après leur RB2, c’est le WR2 de UNC qui est mon grand favori de cette cuvée. Dazz Newsome pourrait tout à fait ne pas être drafter, à vrai dire. Il sera sûrement cantonné au slot et ses qualités athlétiques trop justes risquent de le garder bien bas sur les big boards. Qu’importe, le rendu visuel sur le terrain ne cesse de m’enchanter. Joueur agressif, explosif et aux appuis dévastateurs, Newsome se permet d’ajouter une très intéressante capacité de Yards Après Réception. Un joueur pour lequel j’ai du mal à comprendre le manque de hype, mais je n’ai pas de doutes qu’il saura se faire sa place dans un roster et à terme devenir un titulaire dans une attaque NFL.

Tonyo : Tre Nixon, UCF

Tre Nixon est simplement beau à voir jouer. Pour apprécier sa grâce sur un terrain de football, ses quatre petits matches disputés en 2020 ne suffiront pas. Les six rencontres passées à l’infirmerie nous ont certainement privés d’une saison majuscule de sa part.

Ses 49 réceptions et 16,9 yards par réception en 2019 nous mettent toutefois l’eau à la bouche. Tant à l’aise à l’extérieur que dans le slot, son manque de vitesse et d’explosivité font qu’il ne sera pas sélectionné avant le troisième jour de la draft, ce qui serait une erreur. Sans être le plus rapide, il gagne grâce au contrôle de son corps et son sublime positionnement. Il est paradoxalement ultra fluide dans ses courses et robuste dans ses tracés. Rien qui ne puisse être corrigé avec un perfectionnement professionnel. Et si l’on se fie à son ancien coach Josh Heupel, selon qui Nixon arrivait aux installations avant les entraîneurs, son éthique de travail lui sera bénéfique. Mais s’il aura une longue et belle carrière en NFL, c’est avant tout parce qu’il ne rechigne pas à faire le sale boulot : se battre sur la ligne de scrimmage, bloquer pour ses coéquipiers, servir de leurre pour que l’action se développe.

Tight Ends:

Cyprien : Tommy Tremble, Notre Dame

C’est un peu avec surprise que l’on a vu le nom de Tommy Tremble apparaître pour la prochaine draft. Le tight end était pressenti pour retourner à l’université au moins une année de plus. Tout compte fait, le calcul est peut-être finalement plutôt bon pour Tremble qui devait faire avec la superstar Mayer au même poste dans son équipe. Ainsi, Tommy était largement cantonné au rôle de blocker lors de ses années facs. Et vous l’aurez compris, à la réception, il a vu peu de fois le ballon, alors que de par ses capacités, il est tout à fait capable de s’épanouir aussi dans ce rôle. Son body control est bon, tout comme sa capacité à suivre le ballon dans les airs. S’il est vu comme un lead blocker, Tommy Tremble pourrait être bien plus en NFL. Une sélection au 3ème jour devrait faire des heureux.

Hugo : Brevin Jordan, Miami

Votre équipe cherche un vrai TE numéro 1 pour être la cible privilégiée de votre lanceur en situation de 3ème tentative? Passez votre chemin. Vous cherchez un bloqueur dominant qui agira comme un 6ème O-Lineman? Passez votre chemin. Vous cherchez un couteau suisse capable de tout faire et à qui votre attaque pourra aisément fournir des ballons dans l’espace? Montez dans le wagon. Idéalement, Jordan devrait être un TE2 dans une équipe qui cherche à utiliser beaucoup de formations à 2 TE. Il fera très mal si son collectif lui trouve un rôle de complément dans lequel il pourrait faire valoir sa polyvalence et sa puissance balle en main. Au vu de ses capacités athlétiques, Jordan pourrait même à terme devenir un TE1 si le temps de développer sa technique lui est donné.

Tonyo : Ben Mason, Michigan

Linebacker au lycée, équipes spéciales, fullback, tight end et defensive tackle à l’université… Ben Mason est un joueur de football, un vrai. Il est une boule d’énergie, violent au contact, qui parvient à se dépêtrer de situations périlleuses avec la puissance de ses jambes. Il sera, dès son entrée en NFL, l’un des meilleurs bloqueurs de la ligue. 

Élu deux fois Joueur le plus dur de l’année par ses coéquipiers et choisi comme capitaine son année senior, Mason a l’étoffe d’un leader. Il trouvera un moyen de se faire une place dans un roster. Son développement en tant que coureur de tracé et receveur décideront de sa place, dans l’ombre ou sous les projecteurs. Quoi qu’il en soit, ses coaches, ses coéquipiers et les supporters les plus férus l’adoreront.

Offensive Linemen:

Cyprien : Quinn Meinerz, Wisconsin-Whitewater

Si vous avez suivi le processus pré-draft cette année, sans combine, il y avait un événement à ne pas louper : le Senior Bowl. Et certains joueurs ont évidemment profité de ce rassemblement pour ce mettre en évidence. C’est le cas de Quinn Meinerz, le centre d’une équipe de 3ème division universitaire. Meinerz, bidon apparent, a détruit un à un les hommes de ligne qui se sont présentés face à lui lors des exercices. Avec envie, panache et il faut le noter une technique de pied assez impressionnante il a tenu sa position et même souvent gagné du terrain. Il n’a pas abandonné non plus lorsqu’il a subi une blessure à la main. Naturellement nommé meilleur joueur du Senior Bowl 2021, il a gagné sa place lors de la prochaine draft et devrait connaître les joies d’une sélection inattendue.

Hugo: Kendrick Green, Illinois

Retenez ce nom. Car si je devais mettre une pièce sur un joueur choisi après le top 60 qui connaîtra une belle carrière, c’est celui de Kendrick Green. Le G/C d’Illinois a un réel défaut majeur: son succès ne se fera que dans un schéma en zone. Avec son style très tranché, plus en vitesse qu’en puissance, Green n’est pas pour tout le monde. Ce n’est pas un bulldozer, mais sa vitesse d’éxécution, sa technique et son footwork sont à un niveau très avancé. Que ce soit en pass protection ou en run block, ses capacités athlétiques alliées à son sens du placement et sa maîtrise des angles en feront un excellent professionnel.

Tonyo: David Moore, Grambling State

Vous aurez compris les qualités récurrentes de mes chouchous : vitesse, puissance, castagne. David Moore ne déroge pas à la règle. 1,86m et 158 kg sur la balance, Moore est un beau, gros bébé, qui cogne. Le morphotype de Vince Wilfork, la bouille d’un ourson en guimauve et l’agressivité d’un chien de douanes devant un bagage rempli de cocaïne… La question n’est pas pourquoi est-il mon chouchou, mais pourquoi n’est-il pas encore le vôtre ? Techniquement, beaucoup de choses sont à revoir, que ce soit dans le placement de ses mains, le (non) mouvement de ses pieds ou son temps de réaction. Il lui faudra affiner tout cela et assimiler les nuances du jeu professionnel, mais son rapport taille/poids, son centre de gravité extrêmement bas, son envergure et sa mobilité sont des traits qu’on ne peut pas enseigner.

Si le plaisir des yeux n’est pas gage de succès en NFL, découvrir des joueurs qui nous font vibrer est aussi une des parties les plus encourageantes du processus pré-draft. Les joueurs que nous vous avons présenté ici ne sont pas forcément des sleepers, ils ne seront pas forcément des steals et peut-être pas non plus des stars. Mais ils ont chacun été une bouffée d’air frais dans une période où tout est à l’évaluation et aux calculs prévisionnels. Dans un environnement presque froid, la chaleur d’une belle action qui nous fait lever les sourcils, c’est déjà énorme pour les évaluateurs du dimanche que nous sommes, aussi nous avons hâte de voir ces joueurs se mesurer aux tous meilleurs.

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