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Mike Sullivan, itinéraire d’un homme de l’ombre

Entraîneur principal d’une équipe dans tous sports confondus n’est pas un métier facile. En NHL, nombreux sont les entraîneurs ne parvenant pas à passer le palier entraîneur adjoint-entraîneur principal. Mais il faut toujours laisser du temps à un coach pour qu’il fasse ses preuves. Mike Sullivan en est l’exemple parfait.

Propulsé très tôt au poste d’entraîneur principal d’une franchise, il a par la suite été relégué au rôle d’assistant. Mais une franchise lui donne une seconde chance : les Penguins. Avec elle, il a marqué l’histoire de la ligue en remportant deux Stanley Cup consécutives. Une performance jamais réalisée dans l’ère du plafond salarial, permettant à Mike Sullivan de rentrer dans l’histoire de la ligue. Jamais récompensé individuellement pour son travail, il continue de mener son équipe aux séries malgré les blessures et la concurrence toujours plus forte. La rédaction vous propose un retour sur la carrière cet entraîneur aux mille péripéties. 

Une première expérience bostonienne au goût inachevée

Natif de l’État du Massachusetts, Mike Sullivan commence rapidement à pratiquer le hockey et entrevoit l’espoir de devenir joueur professionnel. Il rejoint l’Université de Boston où il se révèle être un joueur précieux. Il marque même un magnifique but lors des demi-finales du Beanpot Tournament permettant à son équipe d’égaliser. Il aura connu une belle carrière en NHL. Repêché en 69 ème position des repêchages 1987 par les Rangers, Mike Sullivan dispute 709 matchs pour 136 points dont 54 buts. Une carrière passée par les Sharks, les Flames, les Bruins et enfin les Coyotes. Pendant cette période, Mike Sullivan montrait déjà son intelligence de jeu avec 16 buts en infériorité numérique au cours de sa carrière. Plutôt attaquant-défenseur, il est rapidement devenu ce joueur intéressé par l’analyse. Mais c’est lors de sa dernière saison qu’il s’est trouvé cette passion d’entraîneur. Malgré ses onze années d’expérience, il ne joue pas beaucoup et il est souvent laissé de côté. Il se retrouve alors à regarder les matchs depuis un siège. Une difficile période qu’il a essayé d’utiliser à son profit pour développer une nouvelle facette de ce sport. Il analyse les rencontres des Coyotes. Il se retrouve à discuter avec les entraîneurs pour corriger les unités spéciales ainsi que la stratégie.

Une expérience bénéfique puisque le joueur devient entraîneur des Bruins de Providence en AHL lors de la saison 2002/2003. Une nouvelle carrière pour lui où il espère avoir plus de succès au niveau collectif. Pour sa première saison sur un banc, son équipe réalise de bonnes performances en terminant première de la division Nord avec 44 victoires. Malheureusement, les séries de la Calder Cup s’arrêteront dès les quarts de finale pour les hommes de Mike Sullivan après une défaite en 4 matchs contre les Manitoba Moose. Une bonne première expérience pour l’entraîneur américain qui va rapidement faire ses premiers pas dans la ligue majeure. En effet, Mike O’Connell, directeur général de l’époque, décide de nommer Mike Sullivan entraineur principal des Bruins. Après une saison décevante avec une septième place dans la Conférence Est et une élimination au premier tour contre les Devils en 5 matchs, l’équipe du Massachusetts devait trouver un second souffle. 

The Boston Globe

Après une seule saison dans ce domaine, il devient entraîneur de l’une des franchises les plus historiques des Etats Unis. Il a un effectif intéressant avec le charismatique Joe Thornton qui sort de sa première saison au-dessus des 100 points. Il est bien suppléé par des joueurs comme Glen Murray, Nick Boynton ou encore le tout jeune Patrice Bergeron qui vient d’être repêché par la franchise du Massachusetts. Il a donc de nombreux atouts à sa disposition pour pouvoir réaliser une bonne performance. Et comme l’année précédente, il emmène son équipe en séries avec une première place dans la division Nord et une seconde place dans la conférence Est. Une performance qu’il faut à nouveau confirmer pendant les séries face aux rivaux du Canadien de Montréal. Malheureusement pour lui, les Bruins échouent une nouvelle fois au premier tour avec une élimination en sept matchs. Il n’est pas aidé par la contre-performance de son leader Joe Thornton qui n’aura marqué aucun point en sept matchs. Encore une fois, Mike Sullivan peine à mener son équipe durant les séries avec cette nouvelle défaite au premier tour. Le scénario est cette fois-ci encore plus cruel, la franchise ayant mené 3 matchs à 1.

Après la saison 2004/2005 annulée, Mike Sullivan espère bien faire mieux lors de la saison 2005/2006. Joe Thornton est de retour avec une prolongation signée durant l’été pour 3 ans et 20 millions de dollars. Mais le début de saison est difficile avec un bilan de 8/13/5. L’attaquant canadien mène son équipe au nombre de points avec 33 unités en 23 matchs. Pourtant la franchise préfère s’en séparer dans un échange impliquant Marco Sturm, Wayne Primeau et Brad Stuart. Avec cette transaction, la franchise met fin à tout espoir de qualification et terminera la saison avec seulement 74 points dont 29 victoires, se classant treizième de la conférence Est. Une non-qualification qui va mettre fin à la première expérience en tant que coach en ligue majeure de Mike Sullivan. Un goût d’inachevé pour l’entraîneur américain. L’élimination contre le Canadien a été une grosse déception alors que l’équipe semblait avoir tout en main pour se qualifier. L’annulation de la saison suivante n’a pas aidé puisque la bonne dynamique de l’équipe a été coupée. Probablement que son inexpérience accompagnée du contexte au sein de la franchise ont été préjudiciable pour lui. Mais l’homme n’est pas du genre à abandonner.

Un apprentissage en devenant adjoint de John Tortorella

Son travail n’a pas été récompensé, désormais Mike Sullivan arpente les différents bancs de la NHL dans un rôle d’assistant. Au Lightning puis aux Rangers et enfin aux Canucks. Il finit par un petit séjour du côté de Chicago en tant que chef du développement où il remporte sa première Stanley Cup. Il aura été l’assistant de John Tortorella pendant 6 saisons. Une expérience qui aura marqué le jeune entraîneur américain : 

« L’une des raisons pour lesquelles j’ai rejoint son équipe d’entraîneurs était de travailler à ses côtés et d’essayer d’apprend et grandir en tant qu’entraîneur et en tant que personne moi-même (…). Torts est un gars qui a beaucoup d’expérience. Il a eu du succès. Il a gagné à tous les niveaux où il a été. »

Mike Sullivan

Une relation qui a commencé lors de la saison 1998/1999 où Tortorella était assistant chez les Coyotes de Phoenix tandis que Mike Sullivan était l’un des attaquants de la franchise. Il l’a suivi à chaque moment de sa carrière. Une première fois à Tampa Bay puis à New York où ils vont en finale de la Conférence Est en 2012. Enfin, les deux hommes continuent leur parcours commun à Vancouver. Une épopée au cours de laquelle Sullivan a beaucoup appris auprès d’un coach reconnu au sein de la ligue pour sa capacité à mener ses hommes. L’entraineur originaire du Massachusetts reconnaît que cette expérience lui a permis d’avoir une nouvelle vision du métier d’entraineur: « J’ai beaucoup appris de “Torts (…). J’ai pris des tendances de John, mais je cherche à les utiliser à ma façon et avec ma personnalité.» ( Mike Sullivan, traduction Journal de Montréal ).

Malgré une grosse expérience acquise au côté de Tortorella, Mike Sullivan décide de passer de nouveau par l’AHL pour retrouver une place d’entraineur principal dans la ligue. Cette décision lui aura été bénéfique puisqu’il rejoindra finalement les Penguins de Pittsburgh et ainsi entrer dans la légende de la NHL. 

Les Penguins : l’avènement d’un entraîneur de haut niveau

Mike Sullivan rejoint donc la franchise AHL des Penguins, les Wilkes-Barre/Scranton Penguins. Il dirige 24 matchs dont 19 victoires avant d’être promu en tant qu’entraineur principal des Penguins après le licenciement de Mike Johnston. Le début de la saison ne semble pas convenir à la direction de l’équipe qui décide de changer d’entraineur malgré un bilan de 15/10/3. La pression est énorme pour l’entraîneur américain. Il arrive dans la franchise de la légende Mario Lemieux au milieu de nombreuses stars comme Sidney Crosby, Evgeni Malkin, Phil Kessel, Kris Letang. Il va donc devoir gérer ces stars pour les emmener vers les sommets. Ayant entrainé de nombreux jeunes avec l’équipe AHL, il fait appel à des jeunes comme Bryan Rust, Conor Sheary, Matt Murray parmi les principaux. Mike Sullivan connaît le talent de ses joueurs et sait qu’ils peuvent apporter un second souffle à cette franchise. Le mélange entre stars et jeunesse est un succès puisque l’équipe réalise une seconde partie de saison incroyable terminant à la deuxième place de la division métropolitaine.

Le challenge est désormais de voir si Mike Sullivan a appris de ses échecs en séries par le passé. Il passe les deux premiers tours contre les Rangers en 5 matchs puis les Capitals en 6 matchs. En finale, il se retrouve face au Lightning. Une série d’anthologie avec un scénario exceptionnel. Après un début de série serré, les deux équipes sont dos à dos après 4 matchs. Mais le Lightning semble prendre un avantage considérable avec une victoire en prolongation lors du cinquième match à Pittsburgh grâce à un but de Tyler Johnson. Mike Sullivan doit trouver des solutions pour ne pas voir ses chances de titre s’envoler. Il finit par remettre Murray à la place de Fleury au poste de gardien et les Penguins s’imposent 5 buts à 2. Lors du match 7, les Penguins l’emportent 2 buts à 1 avec un doublé de Rust. Les jeunes joueurs lancés par Sullivan auront été déterminants dans cette série. Ses choix se sont avérés payant et il permet aux Penguins de retrouver les finales de Stanley Cup après leur dernière victoire en 2009. Ils triomphent en 6 matchs permettant à Mike Sullivan de remporter sa première Stanley Cup en tant qu’entraineur principal.

Sean Kilpatrick/The Canadian Press

En six mois, il a complément changé son équipe en y apportant de jeunes joueurs venant de l’équipe réserve. L’impact de ces joueurs aura été très important avec Sheary qui finit avec 10 points dont 4 buts durant les séries ou encore Rust et ses 6 buts inscrits dont le fabuleux doublé offrant la victoire aux Pens lors du match 7 contre le Lightning. L’alchimie a fonctionné et Mike Sullivan est enfin récompensé après tant d’années restées dans l’ombre. Celui qui n’avait pas réussi à passer un tour lors de sa première expérience, est parvenu à devenir champion. Malgré des matchs difficiles, il a réussi à remettre en confiance des joueurs comme Maatta ou Murray, devenant deux joueurs importants dans la victoire :

« Chaque joueur traverse ses hauts et ses bas, des moments où il est au sommet de son art et des moments où cela peut-être un défi (…). Je pense que c’est juste la nature humaine. Nos joueurs ne sont pas différents. Cela ne change jamais nos opinions sur ces gars ou ce que nous ressentons à leur sujet. Il est de notre responsabilité en tant qu’entraîneurs d’essayer de les aider tout au long du processus. »

Mike Sullivan

Voilà tout ce qui le symbolise : Mike Sullivan, un entraineur proche de ses joueurs et qui essaye d’en tirer le meilleur: « Quand il a besoin, il peut vous appeler et vous dire qu’il veut plus de vous » (Matt Murray). Il ne fait aucune différence entre les joueurs. Il peut autant remettre en question un joueur comme Malkin qu’un joueur comme Sheary. 

L’année suivante, il poursuit sur sa lancée et les Penguins finissent une nouvelle fois deuxième de la division métropolitaine avec 111 points et 50 victoires. Il a parfaitement géré la concurrence entre Matt Murray et Marc-André Fleury. Les deux gardiens ont joué respectivement 49 et 38 matchs. Les jeunes joueurs sont toujours présents et les cadres continuent de performer à leurs meilleurs niveaux. Lors des séries, il retrouve son ami Tortorella. Une confrontation attendue entre l’entraîneur et son ancien adjoint. Dans cette confrontation, c’est l’élève qui l’emporte sur le maître avec une victoire en 5 matchs. Au tour suivant, il élimine une nouvelle fois les Capitals en 7 matchs avec une ultime victoire dans la capitale américaine. En finale de conférence, il fait face aux Senators. Une série restée mythique. Lors du troisième match, les deux équipes sont dos à dos avec une victoire chacune.

Mais la franchise d’Ottawa attaque parfaitement le match en marquant 4 buts en moins de 13 minutes. Une contre-performance qui oblige Sullivan à remplacer Fleury, titulaire depuis le début des séries. Les Penguins ont perdu le match 5 buts à 1 mais Sullivan pense déjà à la prochaine rencontre qui peut être déterminante. Matt Murray ne quitte plus les filets des Penguins et la franchise de Pennsylvanie s’impose en sept matchs dans la série. Pour la seconde saison de suite, les hommes de Mike Sullivan se qualifient pour les finales contre les Predators. Et comme l’année précédente, le résultat est le même avec une victoire en six matchs.

Une deuxième Stanley Cup en autant de saison pour Mike Sullivan. Il entre dans la légende de la ligue. Parmi les records établis, le plus important est celui de devenir le premier entraîneur américain à remporter plusieurs Stanley Cup. Il réalise le back-to-back, le premier depuis l’instauration du plafond salarial. Une performance inédite rendant un peu plus incroyable ces deux saisons réalisées par les Penguins et son entraîneur. Il devient le deuxième entraîneur à remporter deux Stanley Cup pour ses deux premières saisons à la tête d’une équipe depuis Toi Blake entre 1956 et 1958 avec le Canadien de Montréal. Il a une nouvelle fois reproduit le même schéma que la saison précédente en se basant sur ses cadres mais aussi les jeunes. Il fait confiance à un joueur comme Jake Guentzel qui termine les séries avec 21 points dont 13 buts, une grosse performance pour la recrue. 

( le7ematch.com )

Malgré toutes ses performances, Mike Sullivan reste dans l’ombre de ses stars que sont Sidney Crosby ou encore Evgeni Malkin. Pourtant son rôle est loin d’être négligeable pendant ces deux saisons. Il suffit de regarder les différents témoignages pour comprendre qu’il est l’artisan de cette victoire. Il n’est pas seulement là pour faire figuration sur le banc, il prend aussi ses responsabilités lorsqu’il est nécessaire de faire des changements et renverser la dynamique en faveur de sa franchise. Lors de la première campagne des séries, Matt Murray était le gardien numéro 1 après la commotion de Fleury fin mars. Mais lors du match 4, Murray concède 4 buts en 40 minutes. Sullivan décide de le remplacer par Fleury pour le dernier tiers du match. Il préfère laisser le jeune gardien canadien sur le banc lors du match 5. Une décision qui aurait pu surprendre alors que Murray avait la confiance de son entraîneur depuis le début des séries. Mais le principal intéressé a eu une longue discussion avec son coach: « Il a expliqué pourquoi il prenait cette décision. Beaucoup d’entraîneurs ne vous donneraient pas l’heure de la journée. Ils diraient simplement que c’est comme ça que ça va se passer »( Matt Murray ). La preuve que Sullivan est un vrai manager qui veut préserver ses joueurs et en tirer le meilleur.

Après une nouvelle défaite lors du match 5, il a tout de suite relancé Matt Murray pour le match 6. Une rencontre importante, les Penguins pouvant dire adieu à leurs espoirs de titre en cas de défaite. Mike Sullivan a justifié son choix de relancer le jeune gardien après l’avoir remplacé lors du dernier match: « Tout comme nous prenons toutes nos décisions en matière d’alignement, nous essayons de mettre des joueurs sur la glace qui, à notre avis, nous donnent les meilleures chances de gagner » ( Mike Sullivan ). Et son choix s’est avéré payant puisque Murray tient un rôle déterminant lors des deux dernières rencontres avec seulement 3 buts concédés, 44 arrêts et une moyenne de 93,7% de sauvetage. Il a réussi à redonner confiance à un jeune gardien qui connaissait sa première saison et ses premières séries. Sans ce management, il n’est pas certain que la suite de la série aurait été la même.

Une régularité malgré les obstacles extérieurs

Depuis ces deux victoires, Mike Sullivan réussi sans cesse à qualifier son équipe pour les séries. Malgré les nombreux changements au sein de l’équipe ainsi que les blessures, il a toujours réussi à garder son équipe compétitive. Il sait en tirer le meilleur. Il lance d’autres joueurs comme Dominik Simon, Tristan Jarry, Casey DeSmith, Zach Aston-Reese, Teddy Blueger. Des joueurs devenus des éléments importants au fur et à mesure des saisons. Mais l’équipe n’a jamais réussi à retrouver les finales. Après une défaite en demie contre les Capitals puis deux éliminations contre les Islanders en 4 matchs lors de la saison 2018/2019 puis contre le Canadien lors du tournoi de qualification en 2020, certains voyaient Mike Sullivan en fin de cycle avec son équipe. Pourtant, la franchise de Pennsylvanie continue à jouer les premiers rôles pendant la saison régulière. L’équipe a toujours été sur le podium de la division métropolitaine mais la franchise a semblé à court de solution lors des séries. Elle manque d’adaptation à la rigueur des séries.

Lors de la saison 2019/2020, il n’a pas été aidé par les nombreuses blessures. Sur 71 matchs, Malkin et Rust n’ont disputé que 55 matchs, Guentzel 39 alors qu’il était en pleine confiance avec 43 points inscrits, Crosby 41. Sullivan cherche et trouve des solutions pour mener les Penguins aux séries. Il a su trouver le meilleur de joueur comme Jarry, Brandon Tanev ou encore Dominik Kahun. Les séries n’ont pas été à la hauteur des attentes malgré le retour des cadres. Certains ont joué blessés comme Crosby, d’autres revenaient juste de blessure comme Jake Guentzel. Certains pensaient que cette défaite signifiait la fin du cycle de Sullivan mais il semble qu’il a toujours le soutien de son management et de ses joueurs. Il a donc une dernière chance cette année pour tenter de faire de cette équipe une dernière fois une championne.

( pittsburghhockeynow.com )

Cette année encore, il n’est pas aidé par les blessures avec Evgeni Malkin qui n’a joué que 29 matchs ou encore Kapanen qui a joué seulement 33 matchs entre une blessure et l’arrivée tardive en raison d’une quarantaine obligatoire. On peut ajouter les blessures de Zucker, ZAR, Blueger, Tanev, Dumoulin, Rodrigues et McCann. Le principal problème est que ces blessures sont survenues en même temps. Les Penguins ont même dû jouer avec 6 joueurs AHL sur les deux dernières lignes lors de plusieurs rencontres. Et pourtant les Penguins sont toujours là, premier de la division Est. Et même s’il a une première ligne impressionnante avec Crosby/Guentzel et Rust, il sait impliquer tous les joueurs autour d’un but unique : les séries. Des joueurs comme Frederick Gaudreau, Radio Zohorna, POJ, Anthony Angello ou encore Mark Friedman ont un rôle important lors de certaines rencontres. Ils ont été déterminants dans certaines victoires et c’est aussi grâce à Sullivan qui a su les mettre en confiance et leur a permis de s’exprimer dans la grande ligue.

Si on devait trouver un défaut à Mike Sullivan, c’est sa difficulté à se passer de certains joueurs qu’il apprécie. Il a tendance à persister avec certains joueurs qui sont pourtant en méforme. C’était le cas de Murray avec qui il entretient une forte relation. C’était son gardien en AHL. C’est lui qui l’a lancé en NHL et il a gagné 2 coupes avec lui. C’est fort logiquement que Murray a eu beaucoup de crédit auprès de Sullivan malgré des performances moyennes. Malgré les bonnes performances de DeSmith puis Jarry, Murray gardait toujours une place privilégiée dans l’esprit de Sullivan. On peut aussi citer Dominik Simon qui a souvent été protégé par Sullivan qui le mettait sur les premiers trios malgré le manque de performance de ce dernier au côté de Crosby et Malkin. Mais peut-on critiquer un coach pour cette gestion ? Difficile car il est celui qui connaît le mieux ses joueurs et les résultats parlent en sa faveur. Néanmoins, il a dû accepter de passer à autre chose après la déconvenue contre le Canadien de Montréal. Parfois, cette persévérance lui a servi comme avec Tristan Jarry. Malgré les critiques en début de saison et les bonnes performances de DeSmith, il continue à faire confiance à son gardien numéro 1. Il a persévéré et aujourd’hui Jarry a redressé la barre, faisant de lui l’un des meilleurs gardiens lors des deux derniers mois de compétition.

Les joueurs reconnaissent eux-mêmes son importance sur le groupe :  » Sully a fait un excellent travail en nous donnant nos rôles et les joueurs l’ont exécuté. J’ai l’impression que parfois nous nous blessons tous les soirs et nous avons cet état d’esprit du prochain homme, que ce soit en attaque ou en défense, nous l’avons couvert« (- Jared McCann). L’adaptation rapide de certains joueurs à l’effectif des Penguins n’est pas non plus due au hasard. Il faut un stratège, un technicien capable de les intégrer. Et c’est Sullivan qui prévoit tout ça. Il suffit de regarder la saison d’un joueur comme Cody Ceci. Longtemps critiqué, le défenseur canadien revit cette saison au point de devenir indéboulonnable dans la défense des Pens. De même, un joueur comme Jared McCann avait été vivement critiqué à la suite de ses performances contre le Canadien avec un seul point inscrit en trois rencontres. Pourtant le joueur a été prolongé et il a été remis en confiance par Sullivan. Il est aujourd’hui inimaginable de ne pas voir McCann sur le second trio malgré les retours de joueurs comme Kapanen ou encore Zucker. Il a inscrit 26 points en 33 matchs dont 13 buts dont 7 en supériorité numérique. Il occupe une place importante dans l’attaque des Pens et n’a jamais perdu la confiance de Sullivan. Un véritable gestionnaire se trouve en lui. Par ailleurs, les joueurs qu’il a lancés sont aujourd’hui les meneurs de cette équipe comme Bryan Rust ou Jake Guentzel dont l’association avec Crosby fait des ravages au sein de la ligue: « C’est juste évidemment un excellent entraîneur. Il tient les gars responsables mais il est définitivement là pour vous(…). Nous sommes vraiment chanceux de l’avoir »( Jake Guentzel ).

Mike Sullivan va surement qualifier une nouvelle fois les Penguins en séries. Il pourrait même emmener son équipe à la première place d’une division Est où on retrouvait des franchises comme les Capitals, les Islanders, les Bruins, les Flyers et les Rangers. Peu d’observateurs mettaient les Penguins dans les quatre premiers et ils pourraient finir premier de la division. C’est pour cette raison que Mike Sullivan mériterait d’être enfin récompensé individuellement avec le trophée Jack Adams. Pour les exploits qu’il réalise depuis plusieurs saisons et pour une énième qualification, le retrouver parmi les finalistes est le minimum. Le fait d’avoir Crosby ou Malkin ne suffit pas pour gagner. Il faut avoir une tête pensante, un guide pour toute une équipe et chez les Penguins, ce rôle est rempli par Mike Sullivan. « 

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