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Pour Embiid, la bague avant le MVP ?

Plus les semaines passent, plus Joël Embiid impressionne. Le pivot camerounais domine match après match les intérieurs adverses et performe à un niveau exceptionnel. Une prouesse folle, surtout lorsqu’il lui reste encore des choses à améliorer dans son jeu.

Un monstre, une machine, un géant… Les superlatifs sont nombreux pour définir ce qu’est Joël Embiid cette saison. Inarrêtable, le grand camerounais (2m13, 127kg) porte sa franchise de Philadelphie parmi les meilleures de la conférence Est cette saison. Les Sixers, qui jouent de malchance avec les blessures notamment, sont d’ailleurs les premiers impressionnés des performances de leur pivot. « Il est la combinaison de Kevin Garnett et de Patick Ewing » se permet même Doc Rivers. Alors que nous vous confions qu’il était peut-être l’année ou jamais pour croire en The Process, Embiid met toutes les chances de son côté en sortant une saison digne d’un MVP.

Aussi inarrêtable qu’un MVP

Parce que 30 points, 11,1 rebonds, 1 interception et 1,4 contre par match, c’est ce qu’on pourrait appeler une saison folle. Le tout, à plus de 51% au tir ! Au sortir d’une saison 2019-20 décevante, Embiid augmente d’ailleurs sensiblement ses stats. L’année il affichait « seulement » 23 points (7 de moins que cette saison), à 47% au tir (4 de moins), à 33% à trois points (4 de moins) et avec 8,5 lf tentés (3,2 de moins). Puissant, technique et mobile pour sa taille, de plus en plus intelligent et  bien placé, il coche toutes les cases du franchise player parfait.

Il fait vivre un enfer match après match aux intérieurs adverses. Et ce, en attaque comme en défense. Sa fausse nonchalance est vite estompée par une grande activité des deux côtés du terrains au rebond et dans le placement défensif dans la raquette, mais aussi face aux guards. Embiid fait les efforts.

Embiid porte sa franchise quand il est sur le parquet. En sa présence, les Sixers ont gagné 30 de ses 41 matchs joués cette saison ! Au contraire pour Phili, c’est donc un bilan de seulement 9 succès en 19 rencontres disputées sans le pivot. Indispensable, il a cette saison l’étoffe d’un MVP. Mais ces 19 matchs manqués cette saison, ce sont aussi le principal argument qui fait que Jokic serait devant lui dans la course au trophée de meilleur joueur. Jamais un MVP n’a manqué autant de matchs que Embiid en une saison NBA.

Le plus fort, au-delà de ses stats, c’est qu’Embiid parvient à faire en sorte que Philadelphie se batte pour la première place à l’Est. Et ce, malgré les absences récurrentes de certains joueurs importants cette saison.

Pas de Simmons ? Pas d’Harris, pas de problèmes… ou presque

Parmi eux, le meneur star Ben Simmons. L’Australien n’a pas joué depuis plusieurs semaines à cause d’une maladie qui n’est pas la Covid. Il a tout de même joué 48 matchs sur 60 possibles cette saison mais ne peut pour l’instant Embiid a ramener des victoires. Le pivot doit donc être plus visé en attaque, sans un des créateurs de l’équipe. Même problème lorsqu’en plus, il n’y a pas Tobias Harris. L’ailier a manqué simplement quelques matchs mais quand son absence est ajoutée à celles de Simmons ou encore de Curry, comme ce fut le cas contre les Suns, tout devient plus compliqué.

Embiid avait, lors de ce match, dû se démener tout seul ou presque, pour rester au contact de Booker et les siens et accrocher un résultat. Le monstre a donc touché la balle sur chaque possession lorsqu’il était sur le parquet. Jeu au poste, à trois points, en provocation de la faute, Embiid a été inarrêtable. Le Camerounais est même passé d’un rien d’offrir à sa franchise une prolongation inespérée, sur un tir fou depuis sa propre ligne de lancers.

Finalement, ses 38 points, 17 rebonds, 4 passes, à 14/23 au tir n’auront pas suffi. Bien aidé par Thybulle en défense et par Green et Maxey en attaque, il se trouvait tout de même trop seul. Ce match a aussi permis de voir encore plus certaines choses à masquer dans son jeu, pour devenir encore plus monstrueux.

Des points à travailler

Parce qu’à lui tout seul, Embiid a concédé 8 pertes de balles ! Une statistique beaucoup trop élevée. Alors, certes, ces pertes sont aussi là parce que la plupart du temps, Embiid avait le ballon dans les mains et qu’il a souvent été pris à deux, mais quand même. Des pêchés de gourmandise, en voulant y aller tout seul, mais aussi en voulant provoquer la faute. Son jeu en deviendrait presque parfois stéréotypé. Dominant, il l’est, Embiid doit donc s’attendre à recevoir quelques contacts rugueux mais rester concentrer sur l’objectif : marquer le panier. Parce que plusieurs fois, Embiid anticipe et exagère la faute, ce qui fait qu’il perd la balle sans avoir le coup de sifflet des arbitres.

Joel Embiid montre sa frustration après une faute contre les Cleveland Cavaliers au Wells Fargo Center. (Credit: Bill Streicher-USA TODAY)

En plus de cela, il s’énerve beaucoup et perd de sa lucidité lorsque des choses comme ça ne vont pas dans son sens. Ce qui lui crée déjà une sorte d’exaspération de la part de certains observateurs, mais aussi des problèmes sur le terrain. Il a tendance dans ces moments-là à forcer le jeu. Au-delà de ça, dans le jeu courant, il est l’élément majeur de cette équipe de Philadelphie, mais a aussi tendance à ralentir le jeu. Il peut rester 10 secondes balle en main au poste et s’il ne parvient pas à trouver la solution, va soit forcer un tir, soit donner un ballon peu exploitable à ses coéquipiers.

Mais alors quand l’effectif sera au complet et que la machine Sixers sera relancée derrière un Embiid peut-être au sommet de son art, difficile de ne pas dire que Philadelphie est un sérieux concurrent pour le titre. L’adversité est réelle mais les hommes de Doc Rivers disposent de beaucoup d’atouts, dont forcément leur numéro 21. Après les déceptions passées, Embiid veut mettre toutes les chances de son côté pour la bague, à défaut de pouvoir être MVP cette année.

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