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Flashback : les victoires au bout du suspense de Toulouse et du Stade Français en demi-finale de H-Cup

La rivalité qui a animé les années 2000 dans le rugby français c’est évidemment celle entre les deux Stades. Le Stade toulousain et le Stade français étaient toujours en haut de l’affiche que ce soit en Coupe d’Europe ou en championnat de France. En attendant de voir trois clubs français batailler ce week-end pour accrocher une finale européenne, le CCS vous propose de revenir en images sur les plus belles victoires toulousaines et parisiennes en demi-finale de H-Cup.

2001 : le Stade français croque le Munster

En 2001, le Stade français connaît une saison convaincante, les Parisiens terminent à la seconde place de leur poule derrière le Castres olympique en championnat de France. En H-Cup aussi les résultats son probants, puisque les hommes de John Connolly se qualifient pour les demies après une victoire face à Pau en quart de finale. Le 27 avril 2001 le club de la capitale a donc rendez-vous à Lille pour affronter le Munster, et tenter de décrocher son ticket pour la finale de H-Cup, qui doit avoir lieu au Parc des Princes. Dans un match haché, la différence va être faite juste avant la pause par les Parisiens. Suite à une touche, Fabrice Landreau sert son demi de mêlée Morgan Williams qui retrouve Thomas Lombard à l’intérieur. Après avoir transpercé la défense irlandaise, l’ailier international décide de ne pas décaler Diego Dominguez et sert son flanker Richard Pool-Jones après contact. Le troisième ligne anglais retrouve une nouvelle fois Williams au soutien, qui envoie Cliff Myton dans l’en-but.

Cette époque incroyable des cheveux peroxydés .

Menés 16-6 à la mi-temps, les Munstermen vont revenir à quatre points en seconde période grâce à deux pénalités de Ronan O’Gara. Après un carton jaune à l’encontre de Christophe Dominici dans les dix dernières minutes et une nouvelle pénalité de Ronan O’Gara à la 78e, les Parisiens vont se faire peur mais ils l’emportent finalement 16-15. La fin de saison sera bien plus décevante pour le club de la capitale, éliminé dès les quarts de finale du championnat de France par les Biarrots. Mais les coéquipiers de Christophe Juillet connaîtront surtout une terrible désillusion en finale de H-Cup après la défaite 34-30, dans les tous derniers instants de la rencontre face aux Tigers de Leicester.

2003 : les larmes de Guy Novès

En 2003, le Munster doit affronter une nouvelle fois un club français en demi-finale de H-Cup, et se déplace à Toulouse. Le Stade toulousain n’a rien gagné en 2002 et compte faire mieux en 2003. Menés 12-6 à la 33e minute, les Toulousains poussent afin d’inscrire un essai qui leur permettrait de passer devant. A la suite d’une longue séquence de jeu c’est finalement Michalak qui inscrit cet essai. Mais Jean-Baptiste Elissalde, auteur de la passe décisive doit transformer pour permettre aux Rouge et Noir de repasser devant.

La rentrée décisive de Jean-Baptiste Elissalde

Nous vous parlons d’un temps où les arrêts de jeu existaient encore dans le rugby, et durant ces arrêts de jeu les Irlandais vont pousser, et les Toulousains vont trembler. A la 48e minute, Ronan O’Gara tente un drop de près de quarante mètres, les supporters retiennent leur souffle mais la tentative passe à gauche des poteaux. Sur le renvoi aux 22 qui suit, les Munstermen relancent le ballon de la dernière chance, tandis que le trois-quart-centre déborde, Vincent Clerc défend bien l’intérieur mais concède la touche. On joue alors la toute dernière action du match.

Ronan O’Gara a bien failli éteindre le Stadium de Toulouse par deux fois.

Derrière un maul bien défendu O’Gara tente un nouveau drop, qui passe à droite cette fois-ci. L’arbitre siffle la fin de la rencontre et délivre Guy Novès ému aux larmes, qui va pouvoir connaître une nouvelle finale de H-Cup en tant que coach après celle de 1996. Dans un affrontement franco-français, les Toulousains l’emporteront finalement 22-17 face à l’USAP en finale de cette H-Cup 2003. Une semaine plus tard, les Stadistes remportent une nouvelle demi-finale face au SU Agen en Top 16. L’issue ne sera pas aussi belle en championnat, puisque les Rouge et Noir seront vaincus en finale par Fabien Galthié et le Stade français.

2004 : l’expérience de Delaigue et le coaching gagnant

Belote et rebelote pour Toulouse l’année suivante. Les Rouge et Noir se qualifient une nouvelle fois pour les demies de H-Cup. Le Biarritz olympique et le Stade toulousain ont rendez-vous à Chaban-Delmas pour une partie qui sent bon le rugby du sud-ouest. Les Biarrots prennent l’avantage dans une rencontre serrée, à la 52e minute de jeu grâce à un essai de Philippe Bidabé. Les hommes de Guy Novès vont accélérer à l’heure de jeu pour faire basculer le sort de la rencontre.

La puissance d’Isitolo Maka entré en jeu a fait la différence en fin de match.

L’ouvreur expérimenté Yann Delaigue et l’impact player Isotolo Maka font la différence. A la suite d’une touche, Delaigue transperce le premier rideau biarrot et sert Maka après contact. Deux temps de jeu plus tard, les Haut-Garonnais sont à cinq mètres de la ligne d’en-but biarrote, et l’ouvreur toulousain retrouve une nouvelle fois le Tongien entré en jeu, qui met un Biarrot sur les fesses avant d’aplatir derrière la ligne.

Le petit Mozart Yann Delaigue a régalé en cette fin de rencontre.

Les Basques vont pousser en fin de match pour revenir, mais ils vont se montrer trop indisciplinés et commettre trop d’imprécisions dans les 22 mètres adverses. L’alignement toulousain vole finalement une dernière touche aux Biarrots et Yann Delaigue conclut parfaitement avec un drop qui scelle le sort de la rencontre. Les Stadistes l’emportent 19-11. La fin de saison du Stade Toulousain sera des plus frustrantes. Les hommes de Guy Novès s’inclineront en finale de H-Cup face aux Wasps à la suite d’une bourde de Clément Poitrenaud. En championnat ils seront vaincus en demi-finale de deux petits points 18-16 par l’USAP.

2005 : Veni Vidi Dominici

La saison suivante, les Biarrots parviennent encore une fois à se qualifier pour les demies de H-Cup. Et ils ont le droit de nouveau à un affrontement franco-français face au Stade Français, au Parc des Princes. Comme en 2004, le BO semble tenir le match à un quart d’heure de la fin en menant 17-6, grâce à quatre pénalités de Yachvili et un essai de Damien Traille. Mais il y a de ces joueurs dans une équipe, qui sortent de leur boîte quand il faut vous faire gagner un match. Et Jérôme Fillol en fait partie, il vient inscrire l’essai de l’espoir pour le Stade français à la 73e minute et le transforme.

Les Biarrots avaient fait le plus dur.

On joue alors les arrêts de jeu et le Stade Français est mené 17-13, il faut à tout prix marquer un essai pour les joueurs de la capitale pour pouvoir s’imposer. A la 87e minute de jeu, mêlée introduction Yachvili pour le BO dans ses 22, qui devrait pouvoir se dégager pour souffler un peu. Mais la mêlée est tournée et les Parisiens récupèrent l’introduction. Démarre alors une longue séquence de jeu.

« C’EST UN GENIE » comme dirait Christian Jeanpierre.

Après deux minutes de phases de jeu infructueuses, un nouveau joueur va sortir de sa boîte pour tuer le match. En véritable assassin, Christophe Dominici choisit le bon moment pour se saisir du ballon et piéger une défense usée, offrant ainsi la victoire et une nouvelle place en finale de Coupe d’Europe au Stade français. Il reste quelques secondes à jouer ensuite, mais les coachs parisiens Fabrice Landreau et Fabien Galthié se congratulent déjà les larmes aux yeux, émus par ce qu’il vient de se passer.

Le club de Max Guazzini ne sera pas récompensé par tous les efforts fournis lors de cette saison 2004-2005. Les Parisiens s’inclineront par deux fois aux prolongations en finale, face au Stade toulousain en H-Cup, et contre le BO qui prendra sa revanche en Top 16.

Ces images qui datent désormais d’il y a 15 ou 20 ans nous rappellent à quel point la Coupe d’Europe et les clubs français nous ont souvent offert de véritables matchs à suspense lorsque l’on arrivait dans le dernier carré. En espérant que La Rochelle, le Leinster, l’UBB et le Stade toulousain nous offrent le même spectacle ce week-end !

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