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Demi-finales de Champions Cup : les victoires françaises au bout du suspense

En attendant les rencontres La Rochelle-Leinster et Stade toulousain-UBB, le CCS vous propose de revenir sur les demies de Champions Cup accrochées, mais à l’issue favorable pour les clubs français. Cette compétition a vu le Racing 92, Clermont et le RCT nous offrir de véritables matchs à suspense lorsque l’on arrivait dans le dernier carré.

2015 : l’opportunisme de Bryan Habana

En 2015, le RC Toulon se lance dans sa campagne européenne avec pour objectif de réaliser un triplé historique, devenir la première équipe de l’histoire à remporter trois Coupes d’Europe en trois ans. Pour cela il faut vaincre le Leinster à Marseille au Stade Vélodrome. La rencontre se résume en un duel de buteurs entre le Toulonnais Leigh Halfpenny et l’Irlandais Ian Madigan. Le score est de 12-12 à trois minutes de la fin du match, et les deux équipes vont avoir l’opportunité de marquer trois points qui pourraient tuer la rencontre.

Le drop de Jimmy Gopperth échoue de peu à droite des poteaux, tandis que la pénalité lointaine de Delon Armitage manquait clairement de puissance. Les deux équipes vont donc devoir se départager aux prolongations. Le Leinster va prendre un petit ascendant à la 86e minute grâce à une nouvelle pénalité pour égaliser à 15-15 et un carton jaune contre Ali Williams le seconde ligne toulonnais. Halfpenny redonne l’avantage au RCT à la 90e minute mais les Rouge et Noir doivent gérer une infériorité numérique. On joue alors les derniers instants de la première prolongation, c’est le moment choisi par Bryan Habana pour changer l’issue du match.

Habana n’est peut-être pas le même que celui des Springboks 2007, mais il reste quand même un grand joueur, capable de faire la différence dans les grands matchs et il l’a une nouvelle fois démontré. A cinq minutes de la fin du match, O’Brien inscrit l’essai de l’espoir pour le Leinster, mais les Varois vont résister pour s’offrir une place en finale de Champions Cup. Pour la troisième année consécutive, Toulon remporte la compétition après une victoire 24-18 sur Clermont. Cet exploit n’a jamais pu être égalé pour l’instant. Les joueurs de la Rade ne parviendront pas en revanche a réalisé le doublé Coupe d’Europe-Championnat, et seront éliminés en demi-finale du Top 14 par le Stade français, futur champion.

2016 : Le Racing se fait peur

En 2016, le Racing a l’occasion de disputer la première finale européenne de son histoire. Pour cela il faut aller s’imposer en Angleterre face aux Tigers de Leicester. Les Franciliens réalisent une entame de match parfaite, puisque leur demi de mêlée Maxime Machenaud inscrit un essai dès la troisième minute de jeu.

A la suite d’une touche, le All-Black Joe Rokocoko en position de relayeur s’échape en bordure de ruck. Il rentre dans les 22 mètres anglais et les Racingmen enchaînent les temps de jeu jusqu’à ce que le numéro 9 Maxime Machenaud termine le travail en plongeant dans l’en-but. Après cet essai, les buteurs Freddie Burns et Dan Carter vont se rendre coup pour coup tout au long du match, portant le score à 16-9 à 7 minutes de la fin du match. Johan Goosen a alors l’opportunité de mettre les Tigers à deux marques des Racingmen avec une pénalité à 40 mètres des poteaux en coin. Le Sud-Africain ne tremble pas et les hommes de Laurent Travers pensent donc avoir fait le plus dur. Mais les Anglais vont jouer leur va-tout dans les tous derniers instants de la rencontre.

Après un long enchainement de temps de jeu, les Tigers parviennent à marquer par l’intermédiaire de Veainu, actuel joueur du Stade français. Owen Williams se presse et réussit la transformation, Leicester revient à trois points du Racing et peut espérer accrocher les prolongations ou la victoire sur la dernière action. Les Anglais vont enchaîner les temps de jeu pendant une minute trente dans leurs 22 mètres sans véritable avancée. La défense des Franciliens prend le dessus, et un déblayage illicite de Manu Tuilagi offre une pénalité et la victoire aux coéquipiers de Dan Carter. Le Racing 92 s’inclinera finalement 21-9 en finale de cette Champions Cup face aux Saracens. Les hommes de Laurent Travers se consoleront avec leur victoire en finale du Top 14 face au RCT au Camp Nou, devant près de 100 000 spectateurs.

2017 : Camille Lopez fait la différence dans le money-time

Dans un stade Gerland plein à craquer, l’ASM et le Leinster doivent s’affronter pour accrocher une place en finale de Champions Cup. Les Montferrandais attaquent ce match tambour battant et mènent 15-0 après un quart d’heure de jeu. Les Irlandais vont revenir en seconde mi-temps grâce au pied de Jonny Sexton mais surtout avec un essai de Ringrose. Les Irlandais vont se rapprocher mais ne parviendront jamais à dépasser l’ASM.

Une passe décisive au pied et un essai de l’Anglais David Strettle ont permis aux Clermontois de faire le break dès le début du match. Malgré le retour du Leinster en seconde mi-temps, grâce au pied de Sexton et un exploit de Ringrose, deux drops et une pénalité dans le dernier quart d’heure de Camille Lopez offrent la victoire aux Jaunards. Ils se donnent donc le droit de disputer leur troisième finale en quatre ans dans cette compétition. Comme le Racing l’année précédente, Clermont devra s’incliner en finale de la Champions Cup face aux Saracens d’Owen Farrell. Mais également à l’image des Franciliens en 2016, l’ASM verra ses efforts récompensés par une victoire en finale du Top 14 face au RCT. Les coéquipiers d’Aurélien Rougerie soulèvent à cette occasion le deuxième Brennus de l’histoire du club.

2020 : Finn Russell un génis compris puis incompris

L’an passé le contexte des demi-finales de l’édition 2019/2020 de Champions Cup est particulier. Elles ont lieu en septembre, tandis que la saison 2020/2021 a déjà débuté. Le nombre de supporters présents dans le stade est limité, et ces derniers doivent venir masqués. L’affiche Racing 92-Saracens n’en reste pas moins alléchante, malgré l’absence d’Owen Farrell côté anglais. Les cinquante premières minutes sont plutôt cadenassées, Alex Goode et Teddy Iribaren se contentent de concrétiser les efforts de leurs coéquipiers avec des pénalités. A la 55e minute, les Sarries accélèrent et vont s’offrir deux grosses occasions de faire le break alors qu’ils mènent 15-9. Le Racing cède mais ne rompt pas. A l’aube des dix dernières minutes, les Franciliens accélèrent à leur tour pour remporter ce match.

A la 70e minute la paire de centre Klemenczak-Vakatawa s’amuse dans la défense anglaise, mais un en-avant d’Imhoff à quelques mètres de l’en-but annihile tous les efforts fournis. C’est finalement à la 76e minute que le match va basculer. Finn Russell joue un petit coup de pied par dessus la défense pour Vakatawa. Le centre international retrouve l’ouvreur écossais qui envoie Juan Imhoff dans l’en-but. Les Saracens tenterontnt de relancer de leurs propres 22 mètres pour l’emporter dans les arrêts de jeu, mais en vain. Un dernier ballon volé par Teddy Thomas offre la victoire au Racing.

Propulsé au rang de génie après cette rencontre, il n’en sera pas de même pour Finn Russell à l’issue de la finale face à Exeter. Fautif sur plusieurs actions, notamment sur l’essai de Slade quand il se fait intercepter, il sera désigné comme l’un des fautifs sur cette finale avec son coéquipier de la charnière Teddy Iribaren. Les Chiefs d’Exeter l’emporteront finalement 31-27. Cette saison, la progression des Franciliens en Champions Cup a été stoppée par l’Union Bordeaux-Bègles de Matthieu Jalibert en quart de finale.

Cet après-midi, le Stade toulousain accueille d’ailleurs cette même équipe de l’UBB dans le cadre des demi-finales de Champions Cup. En espérant que le spectacle offert lors de ce match, et lors de l’autre demi-finale entre le La Rochelle et le Leinster, soit semblable au spectacle des rencontres que nous venons de vous présenter.

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