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Profil NBA Draft 2021 : Jalen Johnson, un ailier moderne au CV inquiétant

Évènements indissociables des sports aux États-Unis, les drafts sont le moteur du renouvellement perpétuel des grandes ligues sportives nord-américaines. Coup de théâtre, coup du destin, déceptions, interrogations… Les drafts sont des éléments essentiels de la culture sportive américaine. Après une March Madness qui a, comme à son habitude, réservée son lot de surprise, la draft NBA 2021 est la nouvelle date importante pour les prospects NCAA et FIBA. L’occasion pour le CCS de se mobiliser pour vous proposer un profil détaillé des meilleurs prospects. Sans hiérarchie particulière, vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour connaître les futurs rookies, voire même les futures stars de la NBA.

Jalen Johnson

Source : 247sports

Date de naissance : 18 décembre 2001 – Classe : Freshman

Université : Duke Blue Devils (ACC) – Bilan 2020/2021 : 13v/11d

Poste : Ailier (#1)

Mensurations
Taille : 206 cm – Poids : 99 kg – Envergure : 210cm

Statistiques saison
13 matchs joués (8 starts) // 11,2 pts // 6,1 reb // 2,2 ast // 1,2 stl // 1,2 blk
21,4 minutes joués/match // 52,3% FG // 44,4% 3pts // 63,2 % FT // 2,5 Tov // 2,2 PF

PROFIL

CONTEXTE PERSONNEL & COLLECTIF
Le parcours de Jalen Johnson est tout sauf un long fleuve tranquille. Peut-être plus que pour n’importe quel autre prospect, la trajectoire du natif du Wisconsin est primordiale pour comprendre sa projection à la draft 2021. Johnson passe ses deux premières années dans l’école de Sun Prairie où il attire l’oeil des scouts en emmenant son équipe à la première demi-finale de championnat de son histoire. Pour son année junior, Johnson est transféré à Nicolet toujours dans le Wisconsin. Il termine son année avec 19,7 points, 11,7 rebonds et 5,9 passes décisives aidant son équipe à remporter le championnat et récolte les honneurs du joueur de l’année AP du Wisconsin. Noté en toute logique 5 étoiles par les médias spécialisés, n°4 de sa classe de lycée selon ESPN, c’est à l’été 2019 où l’ailier s’engage le programme de Duke.

C’est à partir de là que les choix du camp Johnson vont devenir discutable. Juste avant sa dernière année de high school, Jalen Johnson décide de rejoindre la prestigieuse IMG Academy en Floride. Une décision en apparence justifiée et justifiable qui sera finalement le point de départ d’une année senior tumultueuse. Une blessure lui fait raté le début de la saison et en janvier, Jalen Johnson décide de retourner avec Nicolet pour des raisons non-communiquées. Il parvient à disputer 9 petits matchs en affichant des statistiques impressionantes : 24,6 points, 10,9 rebonds et 4,8 passes décisives. Mais ses décisions discutables lui font perdre sept places au classement général, devenant la recrue n°13 avant son début de saison à Duke.

Avec cette chute, c’est la première fois depuis 2008 que la tête d’affiche de la classe de recrutement de Duke n’est pas dans le top 10 ESPN. Les Blue Devils ont connu une saison particulièrement difficile, sortant rapidemment des classements de l’Associated Press et des entraîneurs. Si collectivement l’équipe s’est plutôt bien illustrée (16,3 ast/match – 19ème rang du pays), les Dukies ont lâché beaucoup trop de rencontres dans les derniers instants : 5 de leurs 11 défaites se sont décidées à moins de 5 points d’écart. Coup fatidique, Duke est sorti du tournoi ACC en raison d’un cas positif à la Covid-19 dans l’équipe. Pour la première fois depuis 1995, Coah K et les Blue Devils se participent pas au tournoi NCAA. Le cas Jalen Johnson n’a pas arrangé la situation. Pour son premier match, il cumule 19 points, 19 rebonds et 5 passes. Titulaire avec plus de 25min par match, Johnson se blesse au pied, rate 3 rencontres, et revient pour sortir du banc. Sur ces deux derniers matchs, il totalise 23 minutes de jeu. Le 16 février, Johnson annonce qu’il rompt son contrat avec Duke pour se préparer à la draft NBA. Au final, Jalen Johnson n’a disputé que 13 matchs sous le maillot bleu et les doutes sur sa mentalité collective se sont accentués. Depuis, sa projection oscille entre le top 10 des mock draft et la fin du premier tour.

DESCRIPTION DU JOUEUR
Au-delà du parcours, il y a un jeune ailier talentueux, polyvalent et athlétique. Jalen Johnson affiche physique NBA ready : 2m06, presque 100kg et une belle envergure avoisinant les 2m10. Un cadre puissant, le bas du corps développé et un niveau d’athlétisme impressionant. Des qualités qui font de lui un excellent joueur en transition et pas seulement en tant que finisseur. Capable de porter la balle en contre-attaque, ses changements de vitesse et sa vision du jeu sur terrain ouvert lui permettent de mettre une grosse pression sur les défenses adverses. Et c’est bien ce potentiel au playmaking qui fait son charme. Utilisé comme deuxième porteur de balle au lycée (notamment à Nicolet), Johnson est même considéré par certains comme un futur « point forward« . Sur ses drives, l’ailier de Duke possède une très bonne vision du jeu qui lui permet de trouver ses coéquipiers démarqués, notamment sur les lignes extérieures. Cette saison, son AST% est estimé à 20,5% qui le place dans le top 5 des ailiers du pays, même constat pour son USG% de 28,6%.

En revanche, cette capacité de passeur est pour le moment perceptible uniquement en transition. Sur demi-terrain, Jalen Johson a beaucoup de déchets dans son jeu de passes. Son %TO est estimé à 20,6% qui se traduit sur le terrain par de mauvaises décisions et des erreurs évitables. D’ailleurs, lors des matchs de Conférence ACC, Coach K a moins utilisé Johnson comme porteur sur demi-terrain, réduisant son %TO à 18,6. Dans cette situation, Jalen Johnson est bien plus efficace lorsqu’il exploite ses capacités athlétiques. Ses courses off-ball, vers le panier, constituent une véritable arme offensive notamment sur cuts et pick and roll en plus d’apporter un beau spacing vertical. Cette saison, Jalen Johnson a inscrit 1,54 point par possession sur les cuts (14/17). L’ailier de Duke a même montré un réel potentiel au poste, capable de jouer les gros intérieurs adverses ou de libérer le ballon sur les prises à deux. Si en transition ses drives sont très efficaces, en demi-terrain il manque de diversité, notamment en raison d’un premier pas peu explosif et d’une absence d’option à mi-distance (29,7% – 8/27 – à 2pts en dehors de la restricted area). Joueur de jab and go (feinte de corps puis départ à l’opposé), Jalen Johnson semble perdu si le défenseur parvient à le contenir sur le premier dribble. Le tir demeure le plus gros facteur de développement pour ce prospect, pour l’instant sa mécannique est inquiétante. Ses 44,4% à 3pts (8/18) cette saison ne sont pas révélateur, moins que son 63,2% aux lancers. Complètement rigide, manque de fluidité, relâchement très lent, utilise mal le bas de son corps… Bref, un ensemble incohérent qu’il faut absolument travailler. Notons tout de même quelques flashs en fade away, mais tout reste encore au stade de l’apprentissage.

De l’autre côté du terrain, Jalen Johnson a montré de réelles qualités, exploitables au niveau suivant. Positionné sur les postes 4 adverses, il est capable de tenir certains 5 mais peut aussi défendre les lignes extérieures. Johnson aime chercher la faute offensive, s’est montré efficace sur les aides dans les rotations intérieures et utilise son jump pour contrer efficacement le ballon. Avec 15 interceptions et 16 contres, Johnson a déjà prouvé qu’il pouvait être un élément défensif décisif. La question le concernant est la suivante : peut-il maintenir ce niveau sur l’intégralité d’une rencontre ? Voilà l’un des principaux défauts de Jalen Johnson en défense : son inconstance. Sur certaines séquences, Johnson peut complètement oublier sa tâche défensive. Il manque de concentration en 1v1 sur les lignes extérieures avec une mobilité latérale douteuse. De même, sa défense sur les pick and roll est très brouillonne, donnant l’impression d’être parfois perdu. Jalen Johnson fait aussi de nombreuses fautes évitables, notamment des fautes offensives sur des drives où il a du mal à réduire la cadence.

En somme, un prospect à haut potentiel qui doit gagner en maturité. L’atout numéro 1 pour Jalen Johnson, c’est son potentiel au playmaking pour un joueur de sa taille avec un tel niveau athlétique. L’acquisition d’un shoot decent sera une étape primordiale pour son développement.

✔️  FORCES

  • Athlétisme.
  • Mensurations.
  • Jeu en transition.
  • Verticalité.
  • Potentiel de playmaking.
  • Coupes vers le panier.
  • Défense intérieure.
  • Protecteur de cercle.
  • Vision du jeu.
  • Jeune.

❌ FAIBLESSES

  • Tir.
  • Mécanique de tir.
  • Pertes de balle.
  • Concentration.
  • Premier pas.
  • Lectures défensives.
  • Réactivité latérale.
  • Parcours chaotique.
  • Fautes.

PRÉDICTION DRAFT 2021

Loterie (10 – 15)

Équipes potentiellement intéressées : OKC, Sacramento, Utah Jazz

Si nous estimons que Jalen Johnson est un potentiel lottery pick, il peut tout à fait arriver dans les dernières places du premier tour, voir pire. Le potentiel de Johnson est indéniable : grosses qualités athlétiques, défense du plusieurs postes, playmaking en développement etc… Mais voilà, les incertitudes sur son tir peuvent l’empêcher d’être sélectionné dans les 15 premières places, et ses choix de carrière peuvent le pousser au second tour. En prenant en compte uniquement ses talents de basketteur, Jalen Johnson pourrait bien séduire une franchise comme OKC. Le Thunder a misé cette année sur des joueurs à haut QI basket et manque un peu d’athlétisme, Jalen Johnson a le profil. Il en va de même pour Sacramento qui doit renforcer ses postes 3/4. Pour le Jazz, ce serait un excellent paris à tenter si Johnson glisse en fin de premier tour.

NOTE DU CCS* : Tier « Starter ++ »

Jalen Johnson possède une combinaison de qualités rare pour un ailier. Lors de son arrivée en NBA, il sera déjà un excellent joueur de transition, finisseur en demi-terrain et un bon défenseur s’il maintient sa concentration. Physiquement, il a tout pour être un futur partant en NBA. Avec un tir fiable, Johnson peut devenir un excellent joueur, peut-être même au niveau All-Star. Mais mentalement, il y a beaucoup d’incertitudes. La loyauté ne semble pas être une priorité et les décisions prisent par son camps peuvent inquiéter les franchises. Des inquiétudes légitimes.

*Tiers du CCS, explications. Il est très difficile d’estimer le devenir d’un prospect. Pour embrasser au mieux le potentiel de ces jeunes joueurs, le CCS vous propose une hiérarchisation par « tiers », ou « groupes à potentiel ».
Groupe 1 : Tier « Superstar » ou l’équivalent d’un talent générationnel capable de changer le destin d’une franchise, voir de la ligue.
Groupe 2 : Tier « All-Star », facile à deviner, le prospect à le potentiel pour devenir un franchise player.
Groupe 3 : Tier « Starter ++ », le joueur peut très bien devenir la deuxième ou la troisième option de sa franchise.
Groupe 4 : Tier « Starter/6ème homme », rôle player important ou leader de la second unit.
Groupe 5 : Tier « Rotation importante », 8ème ou 9ème, toujours précieux avec un rôle définit.
Groupe 6 : Tier « Fin de rotation », 10ème ou 12ème homme avec peu de minutes, un plafond limité mais pouvant rendre de précieux services.
Groupe 7 : Tier « G-League/2Way », pour eux, il faudra se battre pour espérer avoir un avenir en NBAmais tout reste possible pour les éclosions tardives.

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