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Lesley Ugochukwu, dans les pas de Camavinga

Le parallèle est si facile. Deux joueurs formés au Stade Rennais, évoluant au milieu de terrain, surclassé dans toutes les catégories … Et tous les deux joueurs les plus jeunes à avoir signé et évolué avec le club professionnel. A seulement 17 ans, Ugochukwu a disputé ses premières minutes de jeu il y a quelques jours, face à Dijon, et pourrait connaître sa première titularisation demain soir, face au PSG. Présentation de celui qui, au fond, ne ressemble pas du tout à Camavinga.

Premier contrat pro à 16 ans, 3 mois et 9 jours, mais rien de surprenant. Au club depuis les U9, le joueur né en 2004 a toujours impressionné, s’imposant dans chaque catégorie comme un des leaders, étant en avance sur le plan physique comme sur le plan technique. Jusqu’à son surclassement chez les pros tout récemment, et ses premières minutes : « Je crois que je n’ai même pas réalisé, j’en reviens toujours pas. C’est un rêve de fouler le Roazhon Park, mon club depuis tout petit. Un rêve que je viens de réaliser et j’espère que ça va continuer. » confiait-il après le match face à Dijon. Au club en tout cas, on n’est pas du tout surpris.

Surclassement et polyvalence

Né à Rennes, le franco-nigérian signe au club à huit ans. Très vite, il démontre une aisance assez rare, qu’il couple avec un physique bien en avance : « Il a eu une croissance beaucoup plus précoce que la plupart de ses partenaires, et le foot en préformation ne lui convenait plus pour qu’il continue d’avancer. » soufflait Landry Chauvin (ancien directeur de l’Académie Rennaise), à Onze Mondial. Exemple : en U17, quand la majorité de ses coéquipiers étaient nés en 2002 ou 2003, il était souvent l’un des seuls 2004 sur la feuille de match.

Lesley Ogochkwu à propos de sa première convocation dans le groupe professionnel.

« Je ne pensais pas que ça viendrait aussi vite ! D’ailleurs, la veille de ma convocation, je croyais venir à la Piverdière seulement pour faire un test Covid, puis on m’a dit de m’entraîner. Le lendemain, j’étais dans l’avion.« 

Dans le même article d’Onze Mondial, on apprend d’ailleurs que le breton a commencé sa formation en défense centrale. Etonnant lorsque l’on sait qu’il évolue certaines fois comme numéro 10 avec les Equipe de France de jeunes. Aujourd’hui, s’il se rapproche plus d’un numéro 8 capable de se projeter énormément vers l’avant, son apprentissage aux différents postes le prédispose à pouvoir jouer aux 3 postes du milieu. Florian Maurice, qui l’avait repéré avant même de signer à Rennes, le présente « comme un box to box« . Reconnu par la direction Rennaise comme un grand talent, il était d’ailleurs du déplacement à Séville en Ligue des Champions.

Lesley Ogochukwu lors de la signature de son premier contrat pro. (Crédits : Twitter)

Le néo-professionnel avait alors témoigné de ses sentiments pour le site des Rouges et Noirs. « Ma première convocation lors d’un match officiel, c’était contre Séville en Ligue des champions. Je ne pensais pas que ça viendrait aussi vite ! D’ailleurs, la veille de ma convocation, je croyais venir à la Piverdière seulement pour faire un test Covid, puis on m’a dit de m’entraîner. Le lendemain, j’étais dans l’avion. J’étais très fier, très heureux. Ce n’est pas tout le monde qui intègre l’équipe lors d’un match européen.«  Convoqué avec Julien Stéphan, remplaçant avec Bruno Génésio, mais comment joue Lesley Ugochukwu?

Projection et progression

S’il est une qualité qui ressort lorsque l’on regarde le milieu d’1m88, c’est sa capacité de projection. Avec son énorme coffre, sa capacité à répéter les courses, il est une véritable arme offensive. En démarrant sa course assez bas, il vient créer le trouble dans la surface via des appels tranchants. Son avance sur le plan physique a sûrement aidé à cela chez les catégories de jeunes, mais au vu du nombre de fois ou il le fait par match, c’est une réelle aptitude et pas seulement une adaptation au contexte.

Dans la boîte, il finit très souvent par des frappes sur les côtés, au sol, simplement. Parce qu’Ugochukwu n’est pas un footballeur superflu : dans l’ensemble, il est relativement sobre, mais pas dans le mauvais sens du terme. Par ses projections, par ses passes, il cherche souvent à faire progresser le jeu. Pas effrayé de se déplacer entre les lignes ou de recevoir dans des zones compliquées, il exemplifie ce que l’on attend du milieu moderne. D’ailleurs, il montre une vraie capacité à dicter le tempo (même si cela reste aussi un des traits de jeu des équipes de jeunes des Rouges et Noirs). Tantôt phases de conservations, tantôt accélérant le jeu, il alterne facilement jeu court et jeu long.

L’une de ses forces se trouve d’ailleurs dans la transition : très à l’aise dans les grands espaces, il combine ses courses à une vision du jeu plus que correcte pour bonifier ces phases de jeu. Et ce même s’il a encore un peu de déchet dans la passe, ce qui fait partie de ses axes d’améliorations. Tout comme son jeu entre les lignes qui peut encore être diversifié et amélioré, étant parfois un peu prévisible. Défensivement il ne détonne pas vraiment, mais il n’est pas mauvais : il est assez bon au duel, mais peut encore progresser notamment les temps de passes adverses, sur l’anticipation des attaques adverses. Mais là ou Camavinga peut vraiment être un numéro 6, Ugochukwu ne l’est pas vraiment. Sa véritable force se trouve dans la projection, dans les 2 derniers tiers du terrain. Le voir devenir un numéro 8 à aspirance offensive, voire même un joueur de demi espaces ne serait pas étonnant du tout.

Symbole(s)

Le jeune Rennais représente, malgré lui, deux phénomènes du football actuel. D’abord, celui de la formation Rennaise, classée second meilleur centre de formation de l’hexagone par la FFF en 2020. Avec Camavinga, Truffert, Soppy, Bonet, Gboho et les générations 2003 et 2004 qui arrivent tout doucement chez les pros, le Stade Rennais semble avoir trouvé la bonne formule chez les jeunes. Le club breton a aussi la volonté de pouvoir être une bonne passerelle entre équipes de jeunes et les pros. C’est en partie pour cela que le choix du coach s’est porté sur Bruno Génésio. Un choix qui s’avère adéquat en raison des quelques jeunes dores et déjà lancés par le technicien Français.

De gauche à droite : Noah Francoise, Andy Diouf, Mathis Abline, Loum Tchauna, tous nés en 2003 et tous déjà sous contrat professionnel. (Crédits: Twitter Stade Rennais)

Deuxième symbole représenté par Ugochukwu : la bataille de fédérations concernant les bi-nationaux. Depuis quelques années, les fédérations mandatent des « prospecteurs » dans des pays ayant des liens avec le sien. Par exemple : France-Comores, France-Algérie, Allemagne-Turquie, Suisse-Kosovo, etc. Et « sécurisent » leurs joueurs en les sélectionnant très jeunes, qu’importe s’ils ont réellement le niveau ou non. C’est ce qu’envisage de faire le sélectionneur du Nigéria, Gernot Rohr. Ayant entendu parler de la bi-nationalité d’Ugochukwu, il a déjà fait part de sa volonté de le sélectionner en équipe première, alors même que celui-ci n’avait encore jamais joué avec les pros … Mais pour l’instant, le Rennais joue avec les sélections de jeunes Françaises.

Plus que précoce, Ugochuwku semble sur la bonne voie pour gratter, petit à petit, du temps de jeu avec l’équipe première. Et ce, peut-être dès demain soir, lors d’un affrontement avec le PSG ou Nzonzi et Camavinga sont absents. Le PSG qui, d’ailleurs, avait était l’un des matchs ou la France avait découvert Camavinga. Et si l’expérience se renouvelait …

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