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Euro 2020 : Belgique, objectif Lune

Comme leur compatriote imaginaire Tintin en son temps, les Diables Rouges n’ont qu’un seul objectif cet été : décrocher la Lune, le Graal. Entre divisions dans son pays, maturité et manque de temps, en Belgique, c’est le moment ou jamais pour  se hisser dans les plus hautes sphères du football. Et glaner ainsi, le premier trophée de son histoire.

L’union fait la force

“L’union fait la force”. Cette devise, c’est bien celle du plat pays. Pourtant, s’il y a bien une chose qui ne caractérise pas la Belgique c’est bien l’union. S’il a beau être deux fois plus petit que l’Aquitaine, ce pays est divisé en dix provinces (!) et pas moins de trois communautés. En effet, le français, le néerlandais et l’allemand sont les trois langues officielles du pays du surréalisme (qui porte bien son surnom). Sachant que d’une communauté à l’autre on ne s’apprécie pas forcément, il est difficile de créer une identité collective dans ces conditions. Au sein même de son équipe de football, la Belgique doit donc faire face à ces différences communautaires. Les cadres des Diables Rouges ne parlent pas tous la même langue, comme Kevin De Bruyne dont la langue maternelle est le néerlandais et Eden Hazard qui est francophone.

Cependant, le sport est peut être le meilleur moyen de rassembler les différentes communautés. Comme l’Afrique du Sud à la coupe du monde de rugby 1995 ou la France à celle de foot en 98. Les grands événements sportifs soudent un pays divisé, ils permettent aux communautés de s’unir derrière un même drapeau, une même équipe, un même espoir : la fierté de son pays. C’est peut-être là que la devise belge prend tout son sens. Les différences de nos citoyens font la force de notre pays, voilà le message qu’elle transmet. Et quand un événement tel que l’Euro de football se profil à l’horizon, c’est tout le peuple belge qui s’unit en rouge, jaune et noir derrière son équipe, portant fièrement leurs couleurs.

Le tournoi de la maturité…

Quasiment invaincue depuis la coupe du monde 2018 (une seule défaite 2-1 en Angleterre), la Belgique s’appuie sur ce qui fonctionne. Un système en 3-4-2-1 qui met ses meilleurs joueurs (qui aiment jouer dans l’axe) dans les meilleures conditions. Martinez l’a bien compris, avec un tel potentiel offensif cette équipe doit être tournée vers l’attaque et marquer beaucoup. Quitte à se faire punir en contre. Marquer plus que son adversaire, c’est un peu la philosophie des ces Diables Rouges qui punissent la moindre erreur défensive adverse. De plus, l’absence de Witsel au milieu, probablement remplacé par Dendoncker, sera une perte techniquement mais apportera de réelles garanties défensives. Cela permettra peut-être d’équilibrer cette formation très offensive. Sa complémentarité et son entente avec Youri Tielemans (ils ont joué ensemble à Anderlecht) peut faire des ravages dans l’entre-jeu.

Hazard, De Bruyne & Lukaku

Cette édition 2020, ou plutôt 2021, est surtout celle qui doit consacrer cette génération dorée des Diables Rouges. Peut-être la plus belle de son histoire. Très peu de pays peuvent se targuer d’avoir un groupe aussi large, talentueux et expérimenté. Kevin De Bruyne, Eden Hazard, Romelu Lukaku et Thibaut Courtois sont et en pleine force de l’âge et parmi les meilleurs à leurs postes . Voire les meilleurs tout court, car De Bruyne qui a mené Manchester City en finale de Ligue des Champions, et vise le triplé avec la coupe d’Angleterre et le championnat, est un des favoris pour le Ballon d’Or. Lukaku quant à lui est le meilleur joueur et le meilleur buteur d’un Inter de Milan champion d’Italie pour la première fois depuis onze ans. Il est aussi le meilleur buteur de l’histoire des Diables Rouges. Avec les défenseurs Alderweireld et Vertonghen (qui ont chacun plus de 100 sélections), ils forment l’ossature d’une Belgique qui monte en puissance depuis la coupe du monde 2014. Avec en point d’orgue cette demie finale perdue contre les futures champions du monde français en 2018. Équilibrée, sûre de ses forces et connaissant parfaitement le plan de jeu de Roberto Martinez, sélectionneur depuis 2016, il ne manque qu’un titre à cette Belgique pour marquer l’histoire à jamais. Et cette édition 2020(21) de l’Euro est sans doute sa meilleure chance.

… ou de la dernière chance ?

Si la Belgique arrive sûre de ses forces, c’est avant tout parce que ses cadres ont l’expérience des grands rendez-vous. C’est peut-être ce qui leur manquait en 2018 face à leurs bourreaux bleus qui eux avaient acquis cette expérience à l’Euro 2016 (défaite en finale). Malheureusement cette expérience s’acquiert au fil du temps, et le temps cette génération dorée n’en a plus beaucoup. Ses cadres arrivent bientôt en bout de course. Pour certains comme Vertonghen 34 ans, Alderweireld 32 ans ou Mertens 33 ans c’est peut-être le dernier tournoi international. Pour d’autres comme Hazard, De Bruyne, Lukaku et Courtois qui approchent de la trentaine (Hazard a 30 ans), il est possible que cet Euro soit le dernier en pleine possession de leurs moyens physiques. Idem pour Axel Witsel, pièce essentielle du milieu de terrain qui manquera l’Euro à cause d’une rupture du tendon d’achille. A 32 ans, il est légitime de se demander s’il retrouvera un jour le niveau pour jouer en sélection nationale.

Axel Witsel et ses coéquipier

Cette année la Belgique est vue comme l’un des favoris de la compétition et doit assumer ce statut. Elle est respectée et crainte par toutes les autres nations. Toutefois, si cette échéance internationale devait se solder par un nouvel échec, les Diables Rouges risquent d’être catalogués comme une équipe de petits matchs qui craque quand l’enjeu est grand. Si cette année l’équipe du plat pays ne se montre pas au niveau des attentes qui sont placées en elle, elle ne fera plus peur et d’autres nations montantes lui passeront devant. Et cette génération, si talentueuse soit-elle, sera vue comme un immense gâchis.

Entre maturité et nécessité de gagner, la Belgique et sa génération ultra talentueuse se trouve à un tournant de son histoire. Soit elle assume son statut de favorite et gagne l’Euro, ce qui la fera entrer à jamais dans l’histoire. Soit elle perd encore et se voit coller une image de talentueux losers qui ont gâché plusieurs chances de rapporter son premier titre à la Belgique. Pour certains joueurs aussi, cet Euro est primordial. De Bruyne pourrait s’assurer un Ballon d’or avec une victoire finale et Hazard pourrait lui relancer sa carrière, ou la faire plonger vers la fin… Quoi qu’il en soit, c’est unies derrière son équipe que les communautés belges se rassembleront cet été. Dans la joie, la bière et l’allégresse, respectant les plus belles traditions du ballon rond et de l’Euro.

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