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À Madrid, c’est l’Allemand, qui triomphe une seconde fois

Après le lancement de la saison sur terre battue à Monte-Carlo, la liste des prétendants à la victoire finale commençait à être claire. On pouvait en dégager deux noms : Stefanos Tsitsipas et Rafael Nadal. Mais à Madrid, les conditions sont un peu plus différentes qu’a l’accoutumée et cela donne une plus grande probabilité d’avoir un lauréat surpris. Cette surface est l’une des plus rapides sur l’ocre. C’est sûrement en partie pour cela que Daniil Medvedev a pu mettre fin à sa longue disette de plus de 2 ans sur terre battue. Ce magnifique tournoi nous a montrées que rien n’était joué et qu’il y avait plus de prétendants à la conquête de la terre battue qu’il n’y paraissait. Pour couronner le tout, le retour du public a permis à un Benoît Paire en feu de remporter une victoire symbolique contre le Géorgien Nikoloz Basilashvili au premier tour. Madrid fut magique pour certains, pertinent pour d’autres, mais surtout passionnant pour les spectateurs avec des dénouements inédits. Le CCS vous propose le résumé de cette semaine.

Deux nouveaux prétendants qui joueront les troubles fêtes

Souvent critiqué, très peu suivi en Allemagne, Alexander Zverev fait partie des ravisseurs qui tenteront de voler la couronne de l’Empereur espagnol Porte d’Auteuil. Très confiant tout au long de la semaine, il a su maintenir un excellent niveau de jeu pour se défaire d’un Nishikori au deuxième tour, qui commence à retrouver ses sensations passées et crée des problèmes à de nombreux joueurs du top 20. Ensuite, il a dû faire face à la petite sensation de cette saison sur terre, ce diable de Daniel Evans qui fatigue ses adversaires avec son chip d’enfer. Sans complexe, il sort Nadal et s’avance sereinement vers le titre. C’est lui qui paraissait le mieux armé et le plus complet pour aller au bout après sa victoire contre la tête de série numéro 1. Il a très bien maîtrisé son sujet pour renverser le premier set avec son intelligence de jeu. Avec un premier service aussi bon et une deuxième balle qui oblige ses adversaires à se mettre à un ou deux mètres de la ligne de fond, il n’était pas facile de le breaker. Dans le jeu, c’était, le Zverev dont tout le circuit a pu tomber amoureux. Sans complexe, il dictait les échanges et n’hésitait pas à prendre le risque de jouer de nombreuses fois sur les lignes pour faire sortir son adversaire du court. Dans une excellente dynamique et avec les meilleures dispositions possibles, il a écœuré Dominic Thiem en demi-finale pour retrouver le lanceur de coup de canon, Matteo Berrettini.

Souvent attendu, souvent décevant, l’Italien s’est hissé jusqu’en finale à Madrid. En empochant le premier set, il menait les débats. En partie grâce à son coup droit dévastateur, il aurait pu faire douter l’Allemand tant il semblait avoir la main mise sur cette finale. Malheureusement, Zverev est revenu à l’orgueil et a pu remporter cette finale. Matteo Berrettini a affiché de très belles intentions durant cette semaine et se hisse parmi le groupe de favoris pour le Masters 1000 de Rome. 

Les favoris aux abois

Personne ne l’avait anticipé, encore moins lui-même, mais Rafael Nadal est passé à la trappe lors des quarts de finale en subissant la loi du futur lauréat. Impressionnant tout au long de la semaine, Alexander Zverev n’a laissé aucune place au doute lorsqu’il s’est avancé pour défier la tête de série numéro 1. Excellent dans tous les compartiments du jeu, il ne lui a pas fallu seulement deux sets pour sortir l’Espagnol et le faire planer un peu plus dans ses doutes. Même si le Majorquin avait parfaitement débuté cette rencontre en obtenant le premier break, il n’a pas pu compter sur son service pour rivaliser avec l’Allemand. C’est d’ailleurs sur un énième coup droit dans le filet, que Nadal a laissé Zverev s’envoler pour les demis. Auparavant, il s’était défait du futur prodige espagnol Alcaraz en ne concédant seulement 3 petits jeux, puis il avait battu le qualifié Australien Popyrin assez facilement.

Tsitsipas à la porte. Seulement deux matches de disputé pour le Grec qui a pratiqué un tennis à des années-lumières du niveau qu’il avait affiché depuis le début de la saison sur terre. Le vainqueur de Monte-Carlo était sûrement épuisé par ses magnifiques dernières semaines où il avait rayonné. Alors que les fans de tennis attendaient avec impatience une finale contre Nadal, c’est dès les huitièmes de finale qu’il a pris la porte en subissant le jeu du Norvégien Casper Ruud. Ils faisaient pourtant jeu égal dans le premier set, mais le Grec s’est heurté à la puissance du coup droit de son adversaire. Très propre sur ces mises en jeu, il n’a laissé aucune chance à Stefanos de revenir dans le match. 

Des joueurs inspirés

Très encourageant pour un retour, Dominic Thiem a montré que son passé était derrière lui et qu’il se remettait en route pour être à 100 % lors de Roland-Garros. Bien en jambe, il s’est hissé jusqu’en demi-finale mais il n’a jamais été en mesure de faire jeu égal contre le futur lauréat de cette édition. C’est lui qui a mis fin à la belle semaine de notre grand serveur, John Isner, non sans facilité, car il a dû batailler en 3 sets. On l’attend de pied ferme à Rome pour voir s’il sera capable d’aller aussi loin dans ce tournoi.

John Isner a bouleversé son monde à Madrid, très à l’aise dans ses baskets, il s’est permis d’écraser Kecmanovic, Bautista Agut et Rublev pour disputer les quarts de finale contre Thiem. Justement, après le premier set, on a cru qu’il ajouterait une victime de plus à son tableau de chasse madrilène, mais l’Autrichien a su relever la tête pour résister et éliminer Big John. Auteur d’un magnifique parcours, le géant Américain a apprécié ce tournoi qu’il considère plus semblable à de l’indoor qu’à de la terre battue. Au cours de sa semaine madrilène, il a réalisé 107 aces en 4 matches, la foudre était bien à Madrid la semaine dernière.

Casper Ruud fait partie de ceux qui ont saisi l’occasion cette semaine à Madrid. En dominant facilement Félix Auger-Aliassime pour son entrée dans le tournoi, il est monté en puissance au fil des matches pour se hisser jusqu’en demi-finale. Malheureusement pour lui, il est tombé sur un adversaire avec un coup droit encore plus dévastateur que le sien en la personne de Mateo Berrettini. Très régulier durant la semaine, il a su se faire une place en écartant l’un des favoris à la victoire finale qui n’est autre que Tsitsipas, et ce, dès les huitièmes. Assurément l’une des plus belles promesses, Casper montre qu’il aura sa carte à jouer lors des prochaines échéances. Mais pour cela, il faudra être capable de passer le cap des demis qu’il a encore du mal à franchir comme le montre ses dernières prestations à Monte-Carlo notamment.

Sinner/Alcaraz : une jeunesse en quête de gloire 

Ces deux-là, il faut s’en méfier. L’Italien, éliminé à la surprise générale contre Popyrin dès le deuxième tour, va se présenter revanchard dans son pays. Pourtant bien en jambe et très régulier, ce fut un match sans pour lui. Comme il l’a déclaré récemment, sa vie tourne totalement autour du tennis. Alors il est très probable de le voir avec un tout autre niveau à Rome.
De son côté, l’Espagnol a vécu un rêve éveillé à Madrid où il a pu y fêter ses 18 ans en compagnie de Nadal sur le court. Bien qu’il a été surclassé par son idole, on retiendra surtout sa victoire nette et sans bavure contre Adrian Mannarino au premier tour.

Les Français encore à la rue

Mannarino n’a pu que constater les dégâts contre la jeune pépite espagnole où il n’a jamais été en mesure de prendre le dessus sur son adversaire, très impressionnant dans le style qu’on lui connaît. En chutant d’entrée contre le Britannique Daniel Evans, Jeremy Chardy n’a pas fait long feu à Madrid. Pourtant, au coude-à-coude avec son adversaire dans les deux premiers sets, il a cédé dans la dernière manche. Ugo Humbert a hérité d’un tirage difficile en affrontant la surprise russe de l’année Aslan Karatsev. Pourtant appliqué, Aslan en confiance n’a laissé aucune chance au Français. PierreHugues Herbert, lui, n’a pas démérité contre Davidovich Fokina en disputant trois tie-breaks. C’est malheureusement lui qui s’est incliné.
Pour redorer un peu l’image de nos 5 bleus engagés à Madrid, c’est Benoît Paire qui s’en est chargé en gagnant sa première victoire dans une ambiance de dingue. Pas auteur d’un match exceptionnel mais plutôt régulier par rapport à ses derniers matches. Le fantasque Français a éliminé sans trop de soucis et avec quelques coups de génie le Géorgien en deux sets. Bien aidé par l’appui du public, il s’est qualifié pour le second tour qu’il a perdu sans surprise contre Stefanos Tsitsipas.

Il y a tout eu cette semaine à Madrid, des retours réussis, des victoires significatives, mais aussi des défaites surprenantes. Les spectateurs pensaient connaître les têtes de gondoles pour cette saison sur terre battue et bien, il faut savoir qu’il y en aura plus de deux qui lutteront pour les prochains tournois. On a hâte de voir les prestations de joueurs comme Alcaraz, Sinner à Rome pour voir jusqu’où ils iront. Tout en espérant que les éliminations de Nadal et Tsitsipas ne soient seulement des petites erreurs de parcours. Alors qui de Zverev, Djokovic, Nadal ou Tsitsipas remportera le Masters de Rome ? Réponse dimanche prochain pour connaître le dernier vainqueur d’un Masters 1000 sur ocre en 2021. 

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