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Westbrook fait taire ses détracteurs

Arrivé en début de saison dans la capitale, le meneur star prend de plus en plus d’ampleur. Alors que certains le disaient sur un large déclin, ses statistiques et surtout son implication dans les bons résultats de sa franchise parlent pour lui.

Rappelez-vous de ce trade en début de saison. Washington laissait filer John Wall pour s’offrir Russell Westbrook, qui sentait le vent tourner du côté de Houston. Un échange qui a beaucoup affecté l’équipe, mais qui s’avérait finalement rentable. Wall n’avait plus joué depuis le 26 décembre 2018 et n’apportait plus grand-chose à sa franchise de toujours. Les Wizards ont donc parié sur un autre meneur athlétique, qui lui aussi faisait face à des critiques.

Pas au niveau de blessures à répétition, non, mais sur le fait de sa soit disant incapacité à porter son équipe vers la victoire. Alors oui, « Westbeast » n’a toujours pas été bagué, et n’a pu aller loin en playoffs qu’avec l’aide de Kevin Durant… Mais dire qu’il n’était plus au niveau ou qu’il n’était pas un bon leader n’était sûrement pas la chose à faire.

Un véritable leader

Car dès son arrivée dans la capitale, Russ a mis les choses au clair : il est au service du collectif et a pour ambition d’aider Bradley Beal pour guider Washington vers les playoffs. Ses ambitions personnelles, très (trop ?) souvent critiquées passent après le but collectif. Pendant l’avant-saison déjà, en décembre, on le voyait donner de la voix, nouer des liens avec ses coéquipiers, et prendre son rôle très à cœur.

À 32 ans, Westbrook n’est, certes, plus le même joueur qu’il y a six ou sept ans, mais son éthique de travail et son physique démentiel font qu’il reste à un très gros niveau. En dehors du terrain, il est donc avant tout un leader vocal, plus que Beal. Il avise ses coéquipiers, se montre, leur enlève la pression et les guide. Sur le terrain, si le rôle de franchise player est assumé par « Big Panda » (en référence au fait que l’arrière mange beaucoup) Westbrook n’est jamais très loin. Un tandem qui amène Washington vers les play-in, un résultat presque inespéré au vu du début de la saison.

Parce que oui, les Wizards ont mis du temps à trouver la bonne formule. Et l’adaptation de Westbrook dans l’équipe et dans sa tactique n’est peut-être pas étrangère au soudain regain de forme des joueurs de Scott Brooks. Rappelons qu’après un début de saison catastrophique et un mois de décembre passé parmi les pires franchises de la ligue, les sorciers étaient 12e au All-Star break. Rêver des playoffs n’était alors que peu envisageable pour les joueurs de la capitale.

Oui mais voilà, sous l’impulsion notamment d’un Brodie qui a sensiblement monté le curseur, les Wizards ont enchaîné les séries de victoires. Il y a surtout celle de huit victoires consécutives, fin avril. Une série historique, puisque les Wiz’ n’avaient plus connu pareille winning streak depuis 2001… avec Michael Jordan ! Washington a profité de ce délicieux mois d’avril pour se replacer à la 10e place de la conférence Est, synonyme de participation au play-in.

Impact player

Alors quelle est a été leur potion magique ? Déjà, un Bradley Beal toujours performant et deuxième meilleur marqueur de NBA (31,4 points de moyenne). Ensuite, une défense retrouvée : sur la période victorieuse, Washington possédait le second defensive rating de la Ligue. Enfin, un Westbrook parfait dans son rôle, qui a amené l’émergence d’un Daniel Gafford dans l’équipe. Le sophomore totalise presque 10 points de moyenne, et a donné un second souffle à sa saison depuis le 10 avril dernier. Athlétique, il est un parfait complément à Westbrook en attaque, qui adore distribuer le ballon à ses pivots. D’ailleurs, depuis le All-Star break, Gafford est le joueur qui fructifie le plus les passes de Russ, avec une réussite au tir de 67,2% sur une passe de son meneur.

« Il répond présent chaque soir. Les gens le critiquent, les fans des stats avancées surtout, et de toute évidence ils ne jouent pas au basket ou ne comprennent pas le jeu. J’aime la façon dont il joue. »

Scott Brooks

Au-delà de Gafford, c’est à toute l’équipe que Westbrook distribue de plus en plus. Désormais totalement adapté et à l’aise dans les systèmes de jeu, il est tout simplement à 13 passes de moyenne depuis la mi-février (ainsi que 13 rebonds !). Et comment ne pas parler de ce mois de mai exceptionnel. Depuis le début du mois, Brodie tourne à 26,5 points, 17,2 passes et 15,3 rebonds. Des chiffres affolants qui sont en plus accompagnés de 1,3 interception et d’une réussite au tir de 48%. Juste exceptionnel, Westbrook n’affiche en plus pas ces stats pour rien, il pousse son équipe vers la victoire.

Money time ? It’s Russ Time…

Comme dans beaucoup de matchs, Westbeast prend une place monstre dans le collectif des Wizards. Mais tant qu’il est en grande réussite, c’est tout sauf un problème. En fin de match notamment, il est le joueur qui prend les tirs importants et les grosses décisions sur le parquet. Il est, derrière Jokic, le joueur qui rentre le plus de shoots dans les derniers instants d’un match cette saison, avec une efficacité de 50,5%. Il est aussi celui qui prend le plus de rebonds défensifs, et celui qui fait le plus de passes décisives dans les moments chauds. Omniprésent on vous dit.

Comme face à New-Orleans (ci-dessous), son état d’esprit de vainqueur le pousse à se transcender pour guider son équipe vers la victoire. Tous les shoots ne sont pas nécessairement beaux ou bien construits, mais force est de constater que ça marche ! Et s’il est bien pris, il a toujours un intérieur aux mains sûres ou un Bradley Beal à ses côtés. Le tout pour souvent assurer une victoire acquise pendant un match dans lequel Russ a brillé encore une fois.

Le roi du triple-double

Parce que si nous parlions tout à l’heure des statistiques impressionnantes du bonhomme depuis le All-Star break, il faut mentionner que Russ sort encore une saison dingue, qu’il est assuré de boucler en triple-double. Et ce, pour la quatrième fois de sa carrière, un exploit historique. Dans l’histoire, restons-y, puisque Westbrook est encore entré dans les livres le 10 mai dernier. Face aux Hawks, il efface Oscar Robertson des tablettes en devenant le joueur ayant réalisé le plus de triple-double dans l’histoire NBA. En réalisant cette performance pour la 182e fois de sa carrière, et la 36e fois cette saison. Il s’affirme un peu plus comme une légende NBA.

Cela témoigne aussi de son apport dans tous les secteurs de jeu des Wizards, équipe dans laquelle il est pleinement à l’aise. Westbeast a été en TD lors de 18 des 21 derniers matchs de la franchise de la capitale. Et ces derniers ont gagné 13 de ces 18 rencontres. Mais attention, à trop s’appuyer sur Westbrook, les joueurs de Scott Brooks souffrent aussi lorsqu’il n’est pas sur le parquet. Une dépendance qui ressemble un peu à celle vécue avec Beal ces derniers temps.

Désormais, à chaque possession ou presque, le ballon passe entre les mains de Russ le magicien, qui continue d’éblouir les fans des sorciers. Sortant de son chapeau un triple-double presque tous les soirs maintenant, il est une arme létale qui exauce pour l’instant le vœux de Washington : aller au play-in. Encore un peu plus dans l’histoire, Westbrook doit désormais jouer un dernier tour : amener cette équipe le plus loin possible et continuer de faire taire les détracteurs qui ne croient pas en sa magie.

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