A l'affiche Omnisport Rugby

Champions Cup : que se passe-t-il quand deux clubs français s’affrontent en finale ?

Le Stade rochelais et le Stade toulousain s’affronteront samedi prochain en finale de la Champions Cup. Cette compétition nous a déjà offert cinq confrontations entre deux clubs français en finale. Le CCS vous propose de revenir en vidéos sur ces rencontres. (Crédit Photo : DDM, Michel Labonne)

2003 : Toulouse punit l’USAP en première mi-temps

Le 24 mai 2003, Toulousains et Catalans se sont donnés rendez-vous en Irlande, au stade mythique de Lansdowne Road à Dublin, pour se disputer un titre continental. Les Perpignanais connaissent bien l’endroit puisque c’est ici qu’ils ont vaincu le Leinster (14-21) un mois auparavant en demi-finale. Les Rouge et Noir quant à eux, avaient peiné à se défaire du Munster (13-12) à domicile pour accéder à la finale. En première période les Toulousains asphyxient les Sang et Or qui se montrent trop indisciplinés. Le claquage de l’arbitre qui est remplacé par l’un de ses assistants à la 16e minute de jeu ne change rien, les hommes de Guy Novès continuent de dominer et d’obtenir des pénalités. Plutôt adroit face aux perches, Yann Delaigue concrétise le travail de ses coéquipiers par trois pénalités, Toulouse mène 9-0 à la demi-heure de jeu. L’USAP doit alors négocier un lancer en touche dans ses 40 mètres, un lancer volé par Jean Bouilhou qui va profiter aux Stadistes.

Crédit : France 2

Le Stade Toulousain est friand des ballons de récupérations et va en profiter une nouvelle fois. D’une passe à rebond Michalak envoie le ballon vers Jauzion. Le platane raffute Manny Edmonds et envoie Vincent Clerc à l’essai. Delaigue transforme et rajoute une pénalité avant la pause, les Haut-Garonnais mènent 19-0 à la mi-temps. Après avoir refusé plusieurs fois de prendre les points pour aller en touche en première période, les Catalans changent leur fusil d’épaule au retour des vestiaires. Manny Edmonds inscrit les trois premiers points de l’USAP quand un streaker fait son apparition sur la pelouse.

Crédit : France 2

Cela ne perturbe pas les Catalans qui vont continuer leur opération « Remontada », deux nouvelles pénalités de l’ouvreur australien permettent aux hommes d’Olivier Saïsset de revenir à 7 points à la 70e minute de jeu, et de continuer à y croire. Alors que l’on vient de rentrer dans les arrêts de jeu, Yann Delaigue ne tremble pas et redonne un peu d’air au Stade Toulousain qui mène 22-12. Mais le Catalan est coriace et acharné, il ne cède pas aussi facilement, les Usapistes vont pousser et continuer à y croire jusqu’à la dernière seconde.

Crédit : France 2

On joue la 84e minute de jeu, et d’un superbe extérieur du pied, Manny Edmonds offre l’essai au treiziste Pascal Bomati. La transformation échoue sur le poteau, mais cela ne change rien, il était trop tard. Le Stade toulousain s’impose 22-17 et remporte la deuxième H-Cup de son histoire. Déjà éliminés en championnat, la saison s’arrête ici pour l’USAP. Quant aux Rouge et Noir ils s’inclineront 32-18 en finale du championnat face au Stade français de Fabien Galthié, deux semaines plus tard.

2005 : cent minutes pour hisser un Stade sur le toit de l’Europe

En 2005, un essai de Christophe Dominici à la 89e minute face au Biarritz Olympique avait permis au Stade français de se qualifier pour la finale de H-Cup. Le Stade toulousain se qualifiait lui aussi pour la finale après sa victoire chez les Tigers de Leicester. Ce 22 mai 2005, les Parisiens ne reproduisent pas les mêmes erreurs que l’USAP en 2003. Ils attaquent bien la rencontre et quatre pénalités de David Skrela leur permettent de mener 12-6 à la mi-temps. Déjà auteur de deux pénalités en première période, Jean-Baptiste Elissalde en rajoute une troisième en début de seconde mi-temps. Le Stade français ne mène plus que 12-9 et les Rouge et Noir insistent afin de revenir au score. On joue l’une des toutes dernières actions du match, et tandis que les coups de casque s’enchainent dans les rucks, le match va basculer.

Crédit : Sport +

Après une percée de Finau Maka, les hommes de Guy Novès se rapprochent de la ligne d’en-but parisienne. Une rude bataille fait rage dans les mêlées spontanées, les hommes de Guy Novès finissent par obtenir une pénalité. Fred Michalak en délicatesse avec sa cheville, et longtemps incertain pour la finale, passe la pénalité et envoie les deux équipes en prolongations. L’ouvreur international va frapper une nouvelle fois à la 92e minute de jeu.

Crédit : Sport +

Bien servi par son pote de toujours Clément Poitrenaud, Fredéric Michalak passe le drop qui vient sceller le sort de cette finale. Le Capitole l’emporte 18-12 face à la capitale. Le club de Max Guazzini prendra sa revanche deux semaines plus tard avec une victoire en demi-finale du Top 16, notamment grâce à la cuillère désormais mythique de Jérôme Fillol. Mais cette saison sera maudite jusqu’au bout pour les joueurs du Stade français qui vont s’incliner une nouvelle fois aux prolongations face au Biarritz olympique en finale du Championnat de France.

2010 : un record inégalé (mais bientôt amélioré ?)

Quoi de mieux que le Stade de France pour accueillir une finale de H-Cup franco-française. Peut-être un stade du Sud-Ouest puisque les deux équipes qui sont opposées sont le Stade toulousain et le Biarritz olympique. A la mi-temps, les Rouge et Noir mènent 12-9 grâce à deux pénalités de David Skrela mais aussi un drop et une pénalité de Florian Fritz. Le BO reste dans la partie avec trois pénalités de Dimitri Yachvili. On joue alors la 48e minute de jeu quand se déroule une action qui ressemble au tournant d’un match.

Crédit : France 2

Le talonneur biarrot Benoit August récupère le ballon en fin d’alignement sur un lancer toulousain et choisit de taper à suivre pour lui même. Il prend de vitesse le seconde ligne argentin Patricio Albacete et poursuit à nouveau au pied pour aller inscrire l’essai. Le deuxième ligne toulousain qui sent l’essai arrivé commet alors une faute grossière et plaque le Basque sans ballon. Albacete se fait pénaliser et écope logiquement d’un carton jaune. Benoit August aurait-il inscrit l’essai sans cette action d’anti-jeu du Puma ? Yannick Jauzion serait-il revenu assez rapidement pour aplatir le ballon en premier ? Difficile de répondre, et monsieur Barnes décide donc de ne pas accorder un essai de pénalité. Yachvili passe la pénalité et le BO revient à 12-12.

Mais durant cette infériorité numérique le Stade toulousain ne va pas céder, bien au contraire. David Skrela passe deux drops et redonne l’avantage aux siens. Une nouvelle pénalité de l’ouvreur toulousain permet aux hommes de Guy Novès de faire un petit break 21-12 à treize minutes de la fin du match. Mais les Basques sont tenaces et ne vont rien lâcher dans cette fin de rencontre.

Crédit : France 2

A sept minutes de la fin du match, Karmichael Hunt inscrit l’essai de l’espoir pour Biarritz qui revient à trois points des Haut-Garonnais avec la transformation. Mais Toulouse va résister et s’imposer 22-19 remportant ainsi une quatrième H-Cup dans son histoire, un record qui reste inégalé en 2021 mais qui pourrait être amélioré dès samedi prochain. En Top 14, cette année-là, le BO ne parviendra pas à se qualifier pour les phases finales tandis que le Stade toulousain sera éliminé en demi-finale par l’USAP.

2013 : Toulon tire la langue

Le 18 mai 2013, Clermontois et Toulonnais disputent leur première finale de H-Cup, à Dublin. Les deux équipes se neutralisent et le score est de 3-3 à l’heure des citrons. Mais les Montferrandais accélèrent dès le retour des vestiaires et vont profiter d’un turnover.

Crédit : France 2

Après un ballon volé par Sivivatu, les Montferrandais enchaînent les temps de jeu et Aurélien Rougerie finit par décaler Napolioni Nalaga dans son couloir qui finit le travail après seulement une minute et trente secondes dans cette deuxième mi-temps. Wilkinson passe une nouvelle pénalité et réduit l’écart à la 45e minute de jeu, les Auvergnats mènent 8-6. Mais Montferrand a décidé de mettre la main sur le match et de prendre des initiatives. Tout de suite après cette pénalité, les Jaunards investissent à nouveau le camp toulonnais et l’alternance dans le jeu leur permet d’inscrire un nouvel essai. Brock James joue un petit un coup de pied par dessus et Rougerie redonne à son ouvreur qui s’en va inscrire l’essai entre les pagelles. Le break est fait, cet essai transformé permet à Clermont de mener 15-6. Les Rouge et Noir réagissent à l’heure de jeu, une nouvelle pénalité de Wilko ramènent les joueurs de Mourad Boudjellal à portée de fusil de l’ASM.

Crédit : France 2

La 64e minute de jeu, c’est le moment choisi par Delon Armitage pour sortir de sa boîte et sortir sa langue de sa bouche. Encore une fois c’est un turnover qui est à l’origine de cet essai, le flanker Juan-Martin Fernandez Lobbe chipe le ballon aux Clermontois et donne le ballon à son arrière qui fait parler ses cannes pour aller marquer. Armitage en profite au passage pour chambrer Brock James en lui tirant la langue et en lui faisant un signe de la main. Grâce à la transformation, Toulon prend la tête pour la première fois dans ce match à un quart d’heure de la fin. Le score est de 16-15, il n’y a qu’un point d’écart et les hommes de Vern Cotter poussent dans cette fin de match pour reprendre l’avantage.

Crédit : France 2

Les Clermontois font le siège du camp toulonnais, une pénalité, un drop ou un essai leur permettraient de devenir champions d’Europe. Un maul s’enclenche à deux minutes de la fin, les Jaunards avancent et le groupé pénétrant s’écroule à dix mètres de l’en-but. Monsieur Rolland ne siffle pas, les temps de jeu s’enchainent puis David Skrela entré en jeu, tente un drop mais il est contré par Mathieu Bastareaud. Le ballon reste malgré tout dans les mains des joueurs de l’ASM qui regagnent du terrain, mais une ultime passe en-avant de Sivivatu offre la victoire au RCT. Invaincus avant la finale, les Montferrandais peuvent nourrir d’immenses regrets à l’issue de la rencontre. Le sort ne leur sera pas plus favorable en Top 14 puisqu’ils seront éliminés par le Castres olympique une semaine plus tard en demi-finale. Le RCT verra aussi ses rêves de Brennus envolés après une défaite face au CO, en finale cette fois-ci, après une grosse prestation de la charnière Kockott-Talès.

2015 : Drew Mitchell assomme Clermont

Le 2 mai 2015, les Clermontois et les Toulonnais ont rendez-vous à Twickenham pour un remake de la finale de 2013. Le RCT vise un triplé historique et l’ASM veut prendre sa revanche. Comme il y a deux ans, Clermont va profiter d’un ballon de récupération pour frapper en premier dans cette finale de Coupe d’Europe désormais appelée Champions Cup.

Crédit : Bein Sports

Les Jaunards mènent déjà 6-3 quand Wesley Fofana plante le premier essai du match à la 25e minute de jeu, après un contre de Morgan Parra. La botte de Leigh Halfpenny permet au RCT de ne pas se faire distancer. Mais les hommes de Bernard Laporte accélèrent en fin de première période afin de prendre l’avantage pour la première fois dans cette rencontre. Alors que le temps réglementaire est dépassé et que les temps de jeu s’enchaînent, Mathieu Bastareaud s’en va inscrire un essai tout en puissance juste avant la pause. Le RCT mène 19-11 en seconde période grâce à une nouvelle pénalité d’Halfpenny, un petit break est fait mais les Clermontois poussent pour revenir.

Crédit : Bein Sports

C’est finalement l’arrière anglais Nick Abendanon qui va relancer son équipe grâce à un exploit personnel, avec la transformation Montferrand n’est plus mené que d’un petit point 19-18. Sept minutes plus tard, Drew Mitchell répond à Abendanon en inscrivant un essai à la suite d’un numéro de soliste d’autant plus impressionnant. Sur l’action l’ailier wallaby se débarrasse de six défenseurs auvergnats avant d’aller marquer. La transformation est manquée donc l’ASM peut continuer à y croire. Un essai transformé suffit pour l’emporter, et Clermont fait le siège des 22 mètres adverses dans la dernière minute de la rencontre. Camille Lopez décide finalement de tenter une diagonale au pied, mais le ballon est récupéré par Bryan Habana qui obtient même une pénalité. Ce choix curieux offre la victoire au Rugby club toulonnais qui remporte une troisième Coupe d’Europe de suite. Un mois plus tard, Toulon sera éliminé en demi-finale du Top 14 par le Stade français de Sergio Parisse. Les joueurs de la capitale infligeront ensuite une deuxième défaite en finale aux joueurs Clermontois.

Jamais un club ayant participé à une finale franco-française de H-Cup ou de Champions Cup n’a réussi à remporter le bouclier de Brennus par la suite. Rochelais et Toulousains pourront-ils conjurer le sort et jouer sur les deux tableaux ? Ce sera l’un des enjeux de cette fin de saison. En attendant les deux équipes ont une finale continentale à jouer, les vainqueurs seront-ils encore une fois des Rouge et Noir ? Réponse samedi soir.

(1 commentaire)

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :