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Denis Shapovalov : le canuck aérien

Tout comme son compère, Félix Auger-Aliassime, Denis Shapovalov fait partie de cette nouvelle génération qui tend à vouloir s’imposer au plus haut niveau mondial. Ce vent de fraîcheur qui pousse sur le tennis actuel semble petit à petit rattraper le Big Three. Malgré le fait que le gaucher Canadien, Denis Shapovalov, soit présent depuis quelques temps au sein du Top 20 mondial, il semble avoir un peu de mal à franchir ce cap qui lui permettra de venir battre les plus forts de l’ancienne et la nouvelle génération.

Une explosion très jeune

Chez les juniors Denis Shapovalov, remporte 3 titres du Grand Chelem, 2 en double avec son compatriote Félix Auger-Aliassime et 1 en simple à Wimbledon en 2016. Cette victoire en simple lui permet d’avoir une invitation pour le Masters 1000 de Toronto. Il fera honneur à cette wild-card en battant son premier Top 100 en la personne de Nick Kyrgios alors 19ème mondial.

C’est la saison suivante qui est l’année de la révélation au grand public. Il commence d’abord l’année 2017 par son premier titre en Challenger puis par un deuxième quelques mois plus tard. Classé 143ème joueur mondial, Denis Shapovalov reçoit de nouveau une invitation pour le Masters de Montréal. Et encore une fois, le gaucher Canadien frappe un grand coup. Il s’offre le scalp de Dutra Silva puis de Del Potro suivi en huitième de finale par Nadal, avant de se défaire de Mannarino pour atteindre les demi-finales. Il s’incline finalement aux portes de la finale face au futur vainqueur Alexander Zverev. En atteignant ce stade de la compétition à seulement 18 ans et 119 jours, il devient le plus jeune tennisman à atteindre la demi-finale d’un Masters 1000.

En pleine confiance le Canadien continue sur cette lancée. Il sort d’abord des qualifications de l’US Open avant de s’offrir Daniil Medvedev, puis la tête de série numéro 8, Jo-Wilfried Tsonga, en seulement 3 petits sets. Il s’inclinera finalement en huitième de finale face à Carreno-Busta, il sera par la même occasion le plus jeune joueur à atteindre ce stade de la compétition à l’US Open depuis Chang. Tous ses bon résultats lui ont permis de finir l’année à la 51ème place mondiale.

Une progression constante

Denis Shapovalov lors de sa victoire à Stockholm (Crédit : Global News)

2018 signe également l’année de la découverte pour Shapovalov. Il participe à son premier Open d’Australie où il s’impose face à Tsitsipas puis s’incline face à Tsonga après avoir mené 2 sets à 1 et surtout 5/2 dans la manche décisive. Shapovalov est encore jeune et il doit encore apprendre et engrangé de l’expérience. Tout au long de la saison, le Canadien passe des tours dans différents tournois en s’imposant contre des joueurs bien classés et expériementés, Nishikori, Fognini ou encore Berdych. Pour la deuxième année consécutive le gaucher atteint les demi-finales d’un Masters 1000, mais cette fois celui de Madrid. Sur sa route des victoires face à Paire, Raonic avant de chuter une nouvelle fois face au futur vainqueur, Alexander Zverev. Ses différents bons résultats lui permette d’intégrer pour la première fois de sa carrière le Top 30.

Pour la troisième année consécutive Denis Shapovalov, va atteindre les demi-finales d’un Masters 1000, celui de Miami. Lors de ce tournoi, il va notamment battre Stefanos Tsitsipas alors 10ème mondial, c’est la deuxième victoire sur un Top 10 de sa carrière. En demi-finale, il s’inclinera face à son idole Roger Federer. Malgré cette défaite, ce joli parcours lui permet d’intégrer le Top 20. Denis Shapovalov vit alors une mi-saison compliquée, le Canadien enchaîne quelques défaites notamment au premier tour de Roland-Garros et de Wimbledon. Après un passage à vide, il se ressaisit sur la fin de saison en commençant sur l’ATP 250 de Stockholm. A 20 ans, il décroche son premier titre sur le circuit principal. Quelques semaines plus tard, il fera parler de lui sur le dernier Masters 1000 de la saison à Paris Bercy. Il enchaîne les grosses victoires contre Simon, Fognini, Zverev et Monfils. Il profite alors de l’abandon de Rafael Nadal pour se hisser pour la première fois de sa jeune carrière en finale d’un Masters 1000. Il chutera finalement sur le numéro 1 mondial Novak Djokovic.

La régularité pour pouvoir progresser

Son style de jeu très agressif, orienté vers l’attaque est à la fois sa force, mais également sa faiblesse. Le joueur originaire de Tel Aviv agresse énormément ses adversaires à la fois avec son service, son coup droit et son revers. Mais son jeu ultra risqué peut lui jouer des tours lorsqu’il n’est pas en confiance. Justement, sa confiance lui permet de réaliser des revers sautés comme personne sur le circuit.

Avec une saison 2020 écourté par la pandémie mondiale, Denis Shapovalov a su profiter des peu de matchs qu’il a disputé pour réaliser de belles performances, mais également réaliser des contres performances. A l’ATP Cup, il a notamment battu Tsitsipas et Zverev, il s’est incliné ensuite 7/6 dans la dernière manche contre Djokovic. A l’Open d’Australie, il a chuté d’entrée face à Fucsovics. Il se rattrapera en terre américaine où pour la première fois de sa carrière, il réussit à atteindre les quarts de finale d’un Grand Chelem. Il manquera l’opportunité d’atteindre les demi-finales en s’inclinant en 5 sets face à Carreño-Busta. Sur terre battue, le Canadien est encore en dents de scie. Il alterne le bon, demi-finale au Masters 1000 de Rome lui permettant de monter à la 10ème place mondiale et le moins bon, défaite au 2ème tour à Roland-Garros.

Depuis fin 2019, Shapovalov n’a jamais quitté le Top 20 ce qui prouve qu’il fait partie des meilleurs joueurs mondiaux. Cependant, il est trop irrégulier ce qui lui empêche, pour l’instant, de pouvoir aller plus haut.

Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime se ressemblent beaucoup. Les deux ont un talent indéniable et sont capables sur un match de battre n’importe qui. Cependant, l’irrégularité les empêche de réaliser de grosses performances. Il ne faut pas l’oublier, les deux joueurs sont encore jeunes. Un jeu à risque comme celui de « Shapo » met du temps à se mettre en place avoir la maturité nécessaire pour savoir temporiser. Une chose est sûre, il faudra sûrement compter sur lui dans les prochaines années.

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