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Ces Giro qui se sont joués au bout du Chrono

Nous y sommes enfin. Après trois semaines de course, le Giro édition 2021 va toucher à sa fin cette après-midi à l’issue du contre-la-montre final. Si Egan Bernal semble avoir le maillot rose bien accroché aux épaules, ce dernier exercice chronométré pourrait tout faire basculer. En effet, si le Giro nous a régalé ces dernières années, c’est en partie grâce à ces derniers chronos décisifs. Retour sur certains d’entre eux qui ont marqué l’histoire du Tour d’Italie.

Le plus récent

2020 fut une année de chronos mythiques sur les grands tours. Si le Tour de France nous avait réservé une fin équipe sur l’avant-dernière étape et la montée stratosphérique de Pogacar à la Planche des Belles Filles, le Giro va faire encore mieux. Au départ de ce dernier contre-la-montre de 15 kilomètres dans les rues de Milan, un duel un peu spécial va avoir lieu. En effet, en raison de la pandémie et des nombreuses chutes au début de l’épreuve, la victoire finale va se jouer entre Jai Hindley et Tao Geoghegan Hart. Les deux hommes sont séparés par seulement 86 petits centièmes de secondes ! A l’issue du chrono ils le seront de 39 secondes en faveur de l’anglais qui a pris le dessus sur le maillot rose d’un jour. Final épique pour un Giro totalement fou malgré un plateau de « seconde zone ».

la remontée la plus incroyable

Petit bon en arrière jusqu’en 2017. Et cette fois-ci le plateau est plus relevé. Après avoir porté le maglia rosa pendant de très nombreux jours, Tom Dumoulin craque en montagne sur la 19ème étape. Le néerlandais laisse sa tunique au colombien Quintana, qui la confortera le lendemain lors de la victoire de Thibaut Pinot à Asiago. Étape durant laquelle l’ancien de Sunweb va même perdre sa place sur le podium au profit du français et de Nibali. Se présente alors un dernier exercice chronométré, en guise de digestif, de 29 kilomètres en Monza et Milan. (Costaud pour un dijo). Les quatre premiers du général se tiennent en moins d’une minute. Et bien évidemment, Dumoulin qui était, et reste, un des meilleurs rouleurs du monde, va écraser ses adversaires direct alors qu’il semblait finir le Giro sur les rotules. Résultats des courses : Dumoulin gagne son premier grand tour, Nairoman une nouvelle fois deuxième, le Requin de Messine 3. Et Pinot, en bon français, va récolter la médaille en chocolat. S’il était prévisible, la remontée de Dumoulin reste fantastique avec trois places de gagnées. D’autant plus iconique quand on sait qu’il devient le premier néerlandais à remporter le Tour d’Italie.

La fin la plus décevante

Alors que les coureurs de Giro 2012 arrivent au sommet du Stelvio en ayant repoussés leurs limites, Joaquim Rodriguez se dit qu’il lui reste certainement le plus dur à faire sur ce Tour d’Italie. Le petit catalan rejoint le podium pour récupérer son maillot rose avec un sourire légèrement nerveux. Et il y a de quoi. Si le grimpeur de poche a porté ce maillot rose durant 10 étapes. Son principal concurrent, Ryder Hesjedal, reste en embuscade à 31 secondes au général. Et quand un chrono de 28 kilomètres, là encore dans les rues de Milan se profile pour la 21ème étape de ce Giro, on se dit que rien n’est fait. Et effectivement, comme on le craignait, Rodriguez ne pourra rien fasse à la puisse du canadien sur le plat il échouera à 16 petites secondes d’un vainqueur un peu fade de ce Tour d’Italie que l’espagnol avait pourtant dominé bien comme il faut lorsque la route s’élevait, comme il le faisait souvent d’ailleurs. Purito n’avait jamais été aussi proche de remporter son premier grand tour, et ne le sera plus jamais. Le cyclisme lui devait une victoire sur le Giro, Hesjedal lui a volé.

Quelle fin de Giro cette après-midi ?

Vous l’aurez compris. Les contre-la-montres de fin de Giro à Milan sont devenues presque une tradition. Et cette édition 2021 ne déroge pas à la règle. Cependant, point de retournement de situation semble possible cette année. Avec 2 minutes d’avance sur Caruso, el Rey cafetero semble en mesure de pouvoir conquérir son second grand tour. Réputé meilleur rouleur que le colombien, le deuxième du général devrait pouvoir reprendre du temps, mais pas assez. Mais vous l’avez bien vu, nous ne sommes pas à l’abri d’une surprise sur le Giro. Tout peut arriver, une chute à la Denis Menchov en 2009 dans le dernier kilomètre (sans gravité au final pour le russe) ? Et c’est le rose qui s’envole. Egan semble bien parti, très bien parti. Attention, cependant, personne n’est à l’abri. Les Dieux du cyclisme sont peut-être de mauvais poil aujourd’hui.

Des finals de folie. Voilà ce que nous réservent souvent les chronos décisifs du Giro. On espère pouvoir vibrer encore cette après-midi, et qui sait ? Peut-être voir la Colombie subir le même traumatisme que nous en 89 et ces maudites 8 secondes. (Laurent on t’aime de là où tu es). Cependant, une chose est sûre. Bernal ne criera pas victoire avant d’avoir franchi la ligne.

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