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L’isolation, arme létale des Nets

Les Brooklyn Nets mènent 3-1 la série du premier tour face aux Celtics. Un résultat attendu au vu de la large différence d’effectif entre les deux franchises. C’est d’ailleurs par le biais de ses trois énormes superstars et du système d’isolation, que les joueurs de Steve Nash marchent sur Boston.

Parfois, le basket est aussi une question de talent individuel. C’est ce que sont en train de montrer les Nets, lors de la série du premier tour des playoffs face aux Celtics. Depuis les quatre premiers matchs, et sûrement jusqu’à la fin de la série, Steve Nash n’aura pas à dessiner de rocambolesques schémas tactiques sur une ardoise pour permettre à son équipe de s’imposer et d’accéder au second tour. N’y voyez aucune insulte envers l’ancien meneur des Suns, qui vit sa première saison en tant qu’entraîneur. Non, simplement il a déjà assez de talent sur le terrain pour ne pas s’arracher les cheveux à trouver une tactique gagnante. Il en a une toute trouvée : l’isolation.

Les Celtics ? La victime parfaite

Forcément, c’est la présence sur le terrain des trois monstres que son Kyrie Irving, James Harden et Kevin Durant qui poussent les Nets à adopter ce style de jeu, qui peut être décrié, mais qui s’avère particulièrement efficace. Surtout face aux Celtics, amputés de quelques éléments importants et en gros manque de talent et d’expérience sur le parquet. Kemba Walker, Jaylen Brown et Robert Williams manquaient à l’appel lors du match 4, sûrement le plus criant en termes de manquements défensifs (victoire des Nets 141-126).

Les trois auraient été des forces défensives non-négligeables sur les isolations adverses. Walker, même si pas incroyable défenseur, aurait soulagé Smart, très occupé avec Irving. Brown aurait alterné avec Tatum pour défendre sur Harden et Durant. Enfin Williams aurait été un élément non-négligeable en aide et au rebond, notamment pour gêner Durant sur le mid-range et bloquer l’accès au cercle aux deux autres larrons.

À chaque star son moment

Mais voilà, sans ces trois éléments, les Celtics ont souffert énormément face au trio de stars. D’abord Kyrie (23 points à la mi-temps du Game 3) qui par sa vitesse, ne peut être défendu que par Smart. Sauf que dès qu’un switch doit se produire, ou que Smart doit souffler, le meneur ne laisse aucune chance à la défense des Celtics. La vitesse de ses dribbles et sa sélection de tirs est trop bonne pour son ancienne franchise. En plus, Kyrie fait partie de ces joueurs qui rentrent tous leurs shoots quand ils commencent à prendre confiance… Dur. 

On se dit alors que Boston respire quand son ancien meneur est sur le banc… C’est sans compter sur Kevin Durant (17 points dans le premier quart-temps du Game 4). Trop grand pour Grant Williams, trop rapide pour Jabari Parker, l’ailier est impossible à défendre sans un véritable grand pot de colle face à lui. Ainsi, il a été servi sur le côté droit de l’attaque des Nets, souvent en post-up, pour créer un espace et dégainer. Toujours propre, son mid-range se trompe rarement et Durant finit finalement le match avec 42 points.

Kevin Durant utilise sa taille pour shooter sur la tête de Romeo Langford (Credit: Bob DeChiara-USA TODAY Sports/Sipa USA By Icon Sport)

Enfin, celui qui symbolise le plus cette maîtrise de l’isolation n’est autre que James Harden. Le barbu (15 points dans le second quart-temps du Game 4), sait se jouer de la défense pour punir. Ce dernier se trouve dans une rotation un peu décalée par rapport à ses deux compères et reste souvent sur le terrain pour se confronter au banc adverse. À ce moment-là, le mot est clair : balle à Harden. Devant la ligne à 3 points, l’ancien des Rockets utilise à merveille sa fameuse « hésitation ». Celle-ci consiste à attendre l’erreur du défenseur sur des feintes, pour sanctionner.

La même musique au second tour ?

Et souvent, c’est Fournier qui s’est retrouvé martyrisé par « The Beard ». Si le français avançait ne serait-ce qu’un tout petit peu trop, il était battu sur le premier pas du MVP 2018. Et comme Tristan Thompson était (très) souvent en retard sur l’aide intérieure, Harden parvenait à finir tranquillement. Dans le cas contraire, si Fournier avait le malheur d’anticiper un drive, il laissait l’espace pour un shoot, ce qui n’est pas une bonne idée au vu des qualités d’Harden. Indéfendable. 

On pense alors à une prise à deux, mais le barbu possède assez de technique pour délivrer la balle dans de bonnes conditions au joueur ouvert. D’ailleurs, laisser un joueur ouvert à Brooklyn… Mauvaise idée lorsqu’il y a Harden, Durant, Irving, Harris ou Griffin sur le parquet.

Quand le tout est en marche, et que les trois grands attaquants des Nets prennent chaud, ça se sent donc directement au niveau du score. Les Celtics accusaient déjà plus de 100 points encaissés au milieu du troisième quart-temps du Game 4, 141 au total. Un score trop lourd pour espérer quoi que ce soit. Alors cette technique d’isolation à outrance de la part de Brooklyn est efficace contre les Celtics qui n’ont que très peu de répondant défensif individuel, mais qu’en sera-t-il face à une équipe mieux armée ? Ou même lors d’une mauvaise soirée au niveau du shoot de ces stars ? Réponse peut-être au prochain tour, où, sauf catastrophe, les Nets rencontreront les Bucks de Milwaukee.

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