A l'affiche Grand Chelem Tennis

Roland-Garros (quarts de finale): entre fougue et expérience

Nous y sommes. Il ne reste plus que 4 candidats au titre final dans les tableaux féminins et masculins. Des quarts de finale alléchants chez ses messieurs, entre joueurs du top 10 ou presque, et des duels qui s’annonçaient indécis. Côté dames, après les éliminations de Svitolina, Kenin, Williams ou encore Azarenka, la route se dégage pour des joueuses que l’on attendait pas forcément à ce niveau. Petit condensé de ces matchs à enjeux avec une place dans le dernier carré à la clé.

Les monstres assurent, les « anciens » de la NextGen confirment

Premier match qui était au programme de ces quarts de finale hommes: le numéro 6 mondial Alexander Zverev défiait la « surprise » du tournoi, l’Espagnol Alejandro Davidovich Fokina. Même si 40 places séparent les deux hommes au classement ATP, la rencontre s’annonçait compliqué pour Zverev, face à un adversaire combattif et très solide sur sa ligne de fond. Mise à part un premier set plutôt équilibré, l’Allemand de 24 ans s’est baladé, dans la lignée de ce qu’il produit depuis le début du tournoi. Il faut dire qu’en face, rien ne fut facile pour le 46 ème mondial, seul joueur non tête de série à arriver jusqu’à ce stade et visiblement éreinté par son magnifique parcours. Très diminué physiquement car souffrant du dos, le guerrier espagnol n’a fait qu’illusion pour son premier quarts de finale en Grand Chelem mais peut repartir de Paris la tête haute. Qu’importe, Zverev est de son côté qualifié pour sa première demi à Paris. Et malgré le fait qu’il n’est joué aucun joueur du top 40 pour en arriver là, le joueur semble très fort physiquement et a confiance en son tennis pour placer ses coups de canons, en coup droit comme en revers. Saura-t-il garder cette exigence pour atteindre la finale du tournoi parisien ?

Un Zverev conquérant depuis le début de la quinzaine ( Source: Yahoo Actualités)

Sans doute la plus belle affiche sur le papier de ces quarts de finale: la rencontre qui opposait Stefanos Tsitsipas à Daniil Medvedev. Au diable la programmation douteuse de ce match qui s’est déroulé sans spectateurs: les fans de tennis salivaient devant une telle affiche, entre deux hommes en forme depuis le début de la quinzaine. On sentait même le numéro deux mondial capable de prendre au moins un set au Grec… il n’en a rien été. Et pourtant le Russe a eu le mérite de tenter des choses pour inquiéter Tsitsipas. Après un premier set à sens unique, Medevdev décide de mettre plus d’intensité, de se projeter vers l’avant et de varier davantage. Résultat: des échanges engagés avec deux joueurs refusant constamment de lâcher du terrain, à l’image du magnifique lob-tweener réussi par le Russe à 5-5 dans le deuxième set. On sent alors que tout est possible dans ce tie-break de la seconde manche. Mais le vainqueur de Monte-Carlo se montre plus régulier et mène 2 sets à 0. Le combat continue dans le troisième set: Medvedev perd son service à 4-4 mais débreake immédiatement pour recoller à 5-5. Rien n’y fait: les frappes lourdes et rythmées du numéro 5 mondial font plier le Russe. Stefanos Tsitsipas s’impose 6-3 7-6 7-5 et fait preuve d’une grande sérénité: message bien envoyé à un certain Rafael Nadal…

 » C’était sans aucun doute le match de la journée. Roland-Garros a donc préféré Amazon au public « 

Daniil Medvedev en conférence de presse d’après match

Et à la fin, c’est Rafa qui gagne. Durant une bonne partie du match qui l’opposait à l’Argentin Diego Schwartzman, rien n’a été simple pour Rafael Nadal. Le Taureau de Manacor est d’abord bien rentré dans son quart de finale, concentré sur son objectif. Sans se montrer transcendant, il remporte le premier set. On se dit alors que le rouleau-compresseur va tranquillement continuer sa marche en avant. C’était sans compter sur  » El Peque », pur terrien et désireux de faire oublier sa saison compliquée sur terre. Schwartzamn se sent bien à Paris et son niveau de jeu s’en ressent sur ce tournoi. Durant le deuxième set, il monte en intensité et se montre impeccable en défense, en plus de faire courir un Rafael Nadal bousculé. Alors qu’il menait 5 jeux à 4, le dixième mondial parvient à breaker son adversaire au meilleur des moments et relance totalement le match. Le troisième set marque alors un tournant dans la partie: le maître des lieux prend plus de risques, lâche ses coups et trouve les bonnes zones. La machine est lancée et comme très souvent lorsqu’il est bousculé, Nadal se sublime et sort son adversaire de la rencontre. Schwartzman jette ses dernières forces dans la bataille mais impossible d’inverser la vapeur: il ne marque que cinq petits points. De son côté, Rafa rallie pour la quatorzième fois les demi-finales Porte d’Auteuil.

Ce match entre Novak Djokovic et Matteo Berrettini s’annonçait bouillant sur le papier, d’autant plus avec les 5000 spectateur présents dans les gradins du court Chatrier. Mais cette partie n’est pas partie sur le rythme auquel on pouvait légitimement s’attendre. Un numéro un mondial solide à la relance, et distillant ses coups avec précision et engagement. En face, un Matteo Berrettini plus hésitant qu’à son habitude, avec des des fautes directes malvenues. Au contraire de Djokovic, diablement efficace sur les points importants, comme à son habitude. Très vite, le Serbe se retrouve en position de mener 2 sets à 0, et difficile de voir une autre issue qu’une victoire en trois sets secs. Et pourtant, le numéro neuf mondial italien va revenir sur le court avec davantage d’intentions, notamment en déployant toute sa puissance en coup droit. S’appuyant toujours sur son service performant, Berrettini ne faiblit pas et résiste jusqu’au tie-break. Là encore, après des points magnifiquement négociés qui lui permettent de mener 5-4 service à suivre, Djoko se tend et commet deux fautes grossières: son adversaire n’en demandait pas tant et c’est bien l’Italien qui remporte cette troisième manche. Dans un quatrième set perturbé par le retour des joueurs au vestiaires pour inciter les spectateurs à partir de l’enceinte et ainsi respecter le couvre-feu de 23 heures, les deux joueurs peinent à se départager avec une baisse de rythme des deux côtés. Sans suspense, le Serbe maintient la pression sur l’Italien et se montre plus consistant dans l’échange, en restant aussi solide sur sa mise jeu. Il finit même par arracher la victoire sur le service de son adversaire. Score final: 6-3 6-2 6-7 7-5 en 3h32. Le numéro un mondial peut extérioriser: il a désormais rendez-vous avec Rafael Nadal en demi pour un match au sommet.

« Nole » visiblement soulagé d’avoir évité un cinquième set.

Chez ces dames, un dernier carré inédit

L’exploit de cette quinzaine côté féminin. Après 22 sets remportés consécutivement à Roland Garros, la Polonaise Iga Swiatek a du céder. Plus constante et agressive sur l’ensemble du match et redoutable derrière son service (83 % de points remportés sur sa première balle), la numéro 18 mondiale Maria Sakkari s’offre sûrement la plus belle victoire de sa carrière en deux sets, 6-4 6-4. Après avoir battu Elise Mertens et Sofia Kenin, la joueuse de 25 ans file en demi. La Grèce est décidément bien représentée cette année à Roland. Un peu plus tôt dans la journée, la surprenante Barbora Krejcikova est venue à bout de la prodige américaine Cori Gauff (âgée de 17 ans seulement) au bout de deux heures de combat. Elle affrontera donc Maria Sakkari pour une place en finale.

C’est au tour de la tenante du titre de prendre la porte dans ce tableau féminin.

Pour la deuxième fois de l’ère Open, les quatre demi-finalistes d’un tournoi du Grand Chelem vont disputer leur première demi-finale dans la catégorie reine du circuit mondial ! Un tableau inédit donc. Dans la journée de mardi, c’est d’abord une jeune Slovène qui s’est illustrée. Classée au 85 ème rang mondial, Tamara Zidansek a été la première à se qualifier pour les demi-finales après un sacré bras de fer contre l’Espagnole Paula Badosa (7-5 4-6 8-6). On eu droit au même type de match ensuite avec le magnifique combat entre celle qui a battu Serena Williams, Elina Ribakina, qui affrontait la Russe Anastasia Pavlyuchenkova, une joueuse beaucoup plus expérimentée. Plus patiente dans l’échange et commettant moins de fautes directes (43 contre 28), la trente-deuxième mondiale devra encore faire parler sa sagesse contre Zidansek en demi.

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