Basket NBA

Bucks – Nets : les clés d’un épilogue sous tensions

L’opposition entre les Brooklyn Nets, deuxièmes de la conférence Est et les Milwaukee Bucks, troisièmes, s’annonçait palpitante en tous points de vue. Nous n’avons pas été déçu tant ce duel entre deux des plus grosses armadas de la ligue nous tient en haleine. Les deux équipes se sont rendues coups pour coups en ayant remporté chacun des matchs sur leur parquet. Nous voici donc au moment que tout fan de basket attend chaque saison, un match 7. De celui-ci dépend l’avenir de joueurs, de coachs voire d’une franchise parfois. Nous allons tenter de dérouler les clés qui, selon nous, pourraient permettre la bascule lors de cette guerre de tranchées. A Brooklyn et à Milwaukee, une seule formule est dans les esprits, Win or Go Home !

Chaque rencontre de Playoffs nous réserve son lot de surprises, d’incertitudes et d’ajustements. Si les Nets ont perdu Kyrie Irving et James Harden, les Bucks ont quant à eux connu un départ compliqué. Aujourdh’ui tous les compteurs sont remis à zéro. La série se joue sur une seule et unique rencontre. Comment permettre à son équipe de toucher du doigt son objectif ? Quels ingrédients mettrent pour emporter un succès probant ? Voici les clés d’une rencontre sous tensions !

KD vraiment indéfendable ?

Une défense à « l’ancienne »

C’est au cours du match 3 que la défense des Bucks a véritablement changé. Trop imprécis lors des deux premières rencontres, les coéquipiers de Giannis Antetokounmpo sont revenus aux fondamentaux pour redonner une véritable identité (à l’ancienne) à leur défense. Très durs sur l’homme, les joueurs de Milwaukee ont mis énormément d’intensité physique pour ralentir chaque attaque des Nets. Cela a engendré beaucoup de maladresses de la part des hommes de Steve Nash (36.2% au tir) et cela a permis aux Bucks de retrouver des couleurs dans un secteur de jeu qu’ils doivent nettement dominer dans cette série. Ces derniers ont imposé une défense stricte d’homme à homme. Il leur a donc fallu dépenser beaucoup d’énergie et faire beaucoup d’efforts individuellement pour ne pas passer sous les écrans, pour ne pas subir le un contre un et pour ne pas laisser pleinement s’exprimer le jeu d’isolation des Nets. Cette équipe est taillée pour imposer son physique défensivement avec des joueurs dominants comme peuvent l’être Giannis de par son physique intrinsèque, PJ Tucker de par son agressivité ou Khris Middleton de par son intelligence de jeu et son QI basket.

Varier les profils défensifs

Gravement blessé au talon d’Achille il y a deux ans maintenant, Kevin Durant semble revenu plus fort que jamais. Lors du match 5, l’ancien joueur des Warriors compilait 49 points, 17 rebonds et 10 passes. Tout bonnement historique ! Néanmoins, Milwaukee n’a eu de cesse de s’ajuster sur la manière de défendre face à lui. Les Bucks possèdent probablement dans leurs rangs le pitbull défensif le plus agressif de la ligue. Ancien coéquipier de James Harden du côté de Houston, PJ Tucker est clairement en mission sur le meilleur attaquant du monde. Défendant très proche de lui, il a parfois tendance à commettre des fautes rapides. Il est toutefois l’option numéro 1 de Mike Budenholzer pour ralentir le numéro 7 des Nets. Malheureusement, défendre de cette manière face à un tel joueur demande beaucoup d’énergie. Tucker ne peut tenir 48 minutes face à un attaquant de ce calibre. Lors du match 6, Khris Middleton a donc, par séquences, été envoyé pour prendre le relais de son coéquipier. Le résultat a été très concluant. En effet, le All-Star des Bucks a provoqué des pertes de balles permettant à son équipe de prendre le large par la suite. Mais, celui que tout le monde veut voir face à KD c’est bien le Greek Freak. Giannis Antetokounmpo a explicitement demandé à pouvoir se mesurer à l’ailier des Nets. Néanmoins, son coach ne semble pas disposer à faire de cette idée une option prioritaire. Cela consommerait énormément Giannis défensivement et il y a fort à parier que son jeu offensif s’en ressente perturbé. Enfin, Jrue Holiday a, lui aussi, pu défendre sur Durant, mais l’opposition a trop souvent tourné en faveur du joueur de Brooklyn, Jrue Holiday étant bien trop petit. KD n’a donc aucune difficulté à s’élever sans être réellement contesté par le meneur des Bucks. Vous l’aurez compris, l’alternance défensive semble être la clé pour les Bucks à partir du moment où chacun des joueurs envoyés en mission y met l’énergie nécessaire. Le reste ne dépend que de KD…

Si la victoire des Bucks passe par la défense, celle des Nets passe par l’implication des lieutenants. Ces hommes de l’ombre qui permettent de remporter des joutes de Playoffs et qui soulagent leurs leaders sont en panne d’adresse depuis le début de la série. Il ne leur suffit que d’un match pour permettre la bascule. Sauront-ils élever leur niveau le temps d’une soirée ?

L’affirmation des lieutenants

Où sont passés ces joueurs « secondaires » qui font pencher un match en faveur de leur équipe ? Trop discrets jusque là, il va leur falloir sortir du bois et retrouver leur niveau de saison régulière au risque de terminer l’exercice 2020-2021 sur une fausse note.

Dans cette série, le premier nom qui déçoit et qui vient à l’esprit, c’est celui de Joe Harris. Véritable sniper tout au long de la saison, meilleur shooteur depuis la ligne à 3pts, le joueur des Nets est bien trop timide et n’est clairement pas en réussite. Son faible 30% depuis le parking est le reflet d’une confiance en berne. On voit pourtant des Nets essayer de le trouver en sortie d’écran afin de faciliter ses catch & shoots. Malheureusement, Milwaukee défend très bien sur lui, lui empêchant de placer ses appuis. Il a d’ailleurs souvent été contraint à driver dans la raquette des Bucks. C’est à Steve Nash de trouver des solutions et à mettre en place des systèmes permettant à Harris de régler la mire. S’il commence à trouer les filets, il pourrait débuter une série de tir longue distance dont il a le secret et ce serait un véritable soulagement pour le jeu offensif de Brooklyn.

Autre satisfaction de la fin de saison régulière et qui a disparu des radars depuis quelques matchs, Mike James. L’ancien joueur du CSKA Moscou apportait beaucoup de sérénité en sortie de banc avec une excellente gestion du rythme et une capacité à bien faire jouer son équipe. Face aux Bucks, il est très peu utilisé et ne parvient pas à retrouver ce contrôle qui le caractérise tant. Le niveau de jeu est-il trop élevé pour lui ? Clairement pas. Il a su se distinguer lors des matchs couperets de l’Euroleague et dans une ligue où les espaces sont légions, il doit être capable de se montrer dans le roster des Nets. Son shoot pose lui aussi question et il semble avoir perdu le fil. Il est fort probable qu’il ne soit pas utilisé lors du match 7 en raison de la dynamique négative dans laquelle il est.

Enfin, Blake Griffin avait délivré deux prestations de très haute volée lors des deux premiers matchs de la série. Depuis, il semble éprouver des difficultés dans son opposition face à Giannis. Ce n’est clairement pas un cadeau que de défendre sur le grec tout au long de la partie, mais l’ancien joueur de Detroit semble en panne d’énergie et bien moins à l’aise avec son physique. La répétition des efforts à un tel niveau d’intensité et face à un tel adversaire a du éprouver le corps de l’ancien joueur de Detroit et cela commence à se ressentir. DeAndre Jordan étant sorti de la rotation de Steve Nash, seul Nic Claxton et par séquences Jeff Green semblent pouvoir prendre le relais de Griffin afin de s’opposer au Greek Freak.

D’ailleurs, Green est pour l’heure l’une des satisfactions, notamment offensivement, aux côtés de Durant. Lors du Game 5, Uncle Jeff s’était distingué grâce à son quasi-parfait 7/8 derrière l’arc. Une performance lui permettant de compiler 27 points et de grandement participer à la victoire des siens. Serein, il possède ce brin d’expérience en plus, qui a don de rassurer ses coéquipiers et soulager ses leaders offensifs lorsqu’il le faut. Le guerrier n’hésite pas, à 34 ans, à donner de son corps lors de ses précieuses minutes sur le parquet. Largement plus en dedans lors du Game 6, il est un des facteurs X du match décisif qui arrive.

Le cas James Harden est quant à lui un cas à part. Pas vraiment un lieutenant et probablement trop vite revenu de sa blessure à la cuisse, il jouait en marchant lors du match 5 et semblait un peu mieux lors du match 6. C’est toutefois insuffisant pour permettre aux Nets de soulager Kevin Durant et de prendre le relais de l’attaque de l’équipe. Sa présence reste cependant rassurante pour ses coéquipiers. L’arrière est capable de gérer un tempo et de mettre ses coéquipiers dans les meilleures dispositions offensivement. Il lui faudra quand même défendre avec plus de caractère. La défense des Nets est déjà assez friable pour se rajouter des contraintes supplémentaires.

Pour ces deux équipes, le graal est proche et le succès pourrait bien se jouer sur des détails. Si côté Bucks, la victoire réside dans l’identité de jeu, pour les Nets elle passe par le rendement individuel de ses joueurs. Qui saura trouver les ressources pour s’imposer et accéder à la finale de la Conférence Est ? Réponse dans la nuit de samedi à dimanche à 2h30 du matin.

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