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Top 14 : les clés de la finale

Vendredi soir à 20h45 sera donné le coup d’envoi de l’épilogue de cette saison 2020/2021 de Top 14. Rochelais et Toulousains vont se retrouver au Stade de France pour se disputer le Bouclier de Brennus. Alors remake de la finale de Champions Cup, ou revanche des Maritimes ? Le CCS vous présente les facteurs importants de cette finale, les rédacteurs se plieront également au jeu des pronostics.

Les compositions d’équipe

Ugo Mola peut s’appuyer sur les retours de Iosefa Tekori et Dorian Aldegheri sur le banc. Richie Arnold fait lui aussi son retour en deuxième ligne et sera aligné avec son frère Rory. En l’absence de Ntamack, Ugo Mola fait le choix de positionner Ramos en 10, Mallia sera sur l’aile droite et Kolbe à l’arrière. Maxime Médard prend place sur le banc des remplaçants tout comme Jerome Kaino.

C’est du classique côté rochelais. Les Maritimes enregistrent le retour de Geoffrey Doumayrou, il sera associé au centre à Raymond Rhule pour former la paire « Doumayrhule ». Jules Favre est donc relégué sur le banc des remplaçants. C’est le seul changement par rapport à la demi-finale remportée vendredi dernier face au Racing 92.

L’expérience

Le Stade toulousain est un habitué des grands rendez-vous, des finales européennes et nationales. Le club a remporté 20 Brennus et 5 Coupes d’Europe, dont la dernière en date il y a quelques semaines. Jouer pour le Stade, c’est donc jouer pour le plus grand club d’Europe, voire de l’univers pour certains. La génération actuelle ne déroge pas à la règle, après un petit coup de mou le club a fait son retour sur le devant de la scène. Suite à une saison 2019/2020 arrêtée et sans vainqueur, le Stade toulousain reste le tenant du titre en Top 14, un titre qu’il aura l’occasion de défendre vendredi. Les Rouge et Noir ont pu acquérir aussi de l’expérience en Champions Cup avec une victoire finale le 22 mai dernier. La plupart des joueurs de l’effectif ont aussi connu le niveau international, jouer des matchs de haut niveau avec un gros enjeu fait désormais partie de leur ADN, malgré le jeune âge de certains.

L’effectif du Stade toulousain, champion de France en 2019 n’a presque pas bougé. Crédit : DOMINIQUE FAGET / AFP

Le Stade rochelais c’est ce club bien géré qui monte en puissance depuis quelques années et qui est en train de devenir un cador en Top 14, mais aussi en Coupe d’Europe. L’armoire à trophées est bien moins pleine, avec seulement deux Coupes de la ligue remportées en 2002 et 2003. Mais les joueurs tournent autour d’un titre majeur depuis quelques années. Après deux demi-finales de Top 14 perdues en 2017 et 2019, le club va pouvoir jouer sa troisième finale en deux ans après celle de Challenge Cup en 2019, et celle de Champions Cup il y a un mois. Le Stade rochelais est donc moins expérimenté que le club Haut-Garonnais mais ses joueurs ont eux aussi l’expérience de ces matchs à présent. Les Vito, Alldritt, Skelton, Kerr-Barlow ou encore Atonio ont l’habitude de disputer des matchs de haut niveau, notamment en phases finales.

Même si le Stade toulousain apparait sur le papier comme un bien plus grand club que le Stade rochelais, les deux effectifs arrivent avec une expérience équivalente. On peut donner un léger avantage aux Rouge et Noir qui ont su gagner leurs finales contrairement aux Maritimes.

La conquête

Si les Toulousains sont réputés pour leur jeu d’attaque flamboyant, c’est aussi parce que le paquet d’avants fait un gros travail pour offrir des bons ballons à ses gazelles. Privés de Meafou, Richie Arnold et Tekori pour la demi-finale au poste de seconde ligne, les Stadistes ont malgré tout réussi à être propres sur leurs lancers en touche face à l’UBB, la meilleure équipe de Top 14 sur lancers adverses. En mêlée, les Rouge et Noir ont réussi à rivaliser bien que chahutés parfois par la mêlée girondine, notamment en seconde période. Bien qu’excellent dans le jeu courant, Cyril Baille n’est pas toujours régulier en mêlée fermée, il aura fort à faire face au côté droit rochelais composé de Uini Atonio et Will Skelton. Pour cette finale, Ugo Mola pourra compter malgré tout sur les retours de Tekori, Richie Arnold et Aldegheri qui reviennent au meilleur des moments. Le banc sera plus solide qu’en demi-finale pour rivaliser avec le pack adverse.

Les Toulousains ont été bousculés par les remplaçants girondins en première ligne.

Chez les Maritimes on compte une seule absence notable dans le pack, mais pas des moindres. Les Rochelais sont privés de leur talonneur international Pierre Bourgarit pour cette finale du Top 14. Facundo Bosch parvient malgré tout à le suppléer, il est tout autant actif dans le jeu courant, même s’il crée moins de différences. Face au Racing 92 en demi-finale, il n’a loupé qu’un seul lancer tandis que la pluie redoublait d’intensité. Son remplaçant, Samuel Lagrange se montre rassurant lui aussi lorsqu’il rentre en jeu, souvent pour une quinzaine ou une dizaine de minutes. Si Atonio semble en forme cette saison, que dire de Reda Wardi le pilier gauche. Il s’est imposé comme un élément incontournable de l’effectif, reléguant même Dany Priso sur le banc en demi-finale. Parfois décrié, Arthur Joly apporte malgré tout quelques certitudes lui aussi en mêlée. En demi-finale, les Rochelais ont été pénalisés à plusieurs reprises, mais ils ont globalement dominé les Franciliens dans ce secteur de jeu.

Au vu des forces en présence, nous pouvons donner un léger avantage au Stade rochelais en ce qui concerne la conquête. Ils ont montré qu’ils pouvaient gagner leurs lancers en touche même en l’absence de Bourgarit, et ils sont souvent dominateurs en mêlée. Les Toulousains pourront s’appuyer sur ses meilleurs éléments, mais certains joueurs reviennent de blessure. Seront-ils dans le rythme d’un match de phase finale ? La question peut se poser.

La discipline

Bien évidemment, la discipline joue toujours un rôle prépondérant dans un match de rugby, et d’autant plus en finale. Grâce aux données de l’arbitre-statisticien David Reboursière, on se rend compte que les deux équipes sont très proches en terme de cartons et de pénalités concédés. Cette saison en Top 14, le Stade toulousain a été sanctionné à 299 reprises et a écopé de 14 cartons (3 rouges et 11 jaunes). Les Rochelais quant à eux se sont vus siffler 289 pénalités à leur encontre et ont eux aussi écopé de 14 cartons (1 rouge et 13 jaunes). Légèrement plus disciplinés en Top 14 cette saison, les Rochelais ont cruellement compris en finale de Champions Cup qu’il était très préjudiciable de concéder un carton rouge en finale et d’évoluer pendant un long moment en infériorité numérique.

Le carton rouge encaissé par Lepani Botia en finale de Champions Cup a coûté cher aux Rochelais.

Lorsque l’on parle de discipline on doit à nouveau parler de la conquête, c’est dans ce secteur que les pénalités se gagnent souvent. Lorsqu’une équipe est dominée elle a tendance à commettre des fautes en mêlée ou en défense de maul. La bataille risque d’être rude également dans les rucks, les Cros, Alldritt, Marchand, Bosch… vont se livrer une véritable lutte pour voler des ballons à l’adversaire mais aussi pour obtenir des pénalités. Nous allons tenter d’exclure une théorie qui insinuerait l’existence d’une mafia cassoulet pour expliquer les cartons rouges reçus par les adversaires du Stade toulousain, en finale de Champions Cup et demi-finale du Top 14. Les deux décisions sont logiques. Si les équipes se mettent à la faute, c’est parce que les Rouge et Noir se montrent dangereux ballon en main, et qu’il y a une volonté chez leurs adversaires de rapidement intervenir sur le porteur de balle pour annihiler l’action. L’intensité et le rythme insufflés par les Toulousains poussent leurs adversaires à commettre des erreurs et parfois manquer de maîtrise en défense.

Dans le jeu courant, le Stade toulousain semble être le plus à-même de pousser son adversaire à la faute, grâce à son utilisation du ballon notamment. Mais si les Rochelais parviennent à prendre le dessus en conquête, ils pourront profiter des fautes de leurs adversaires pour inscrire des points.

Les individualités

Durant cette finale ce sont surtout deux gros collectifs qui vont s’affronter, mais on sait que ce sont les détails qui font basculer une rencontre, et quand le collectif pèche, parfois ce sont les individualités, les exploits personnels qui permettent de faire basculer une rencontre. Le Stade toulousain compte parmi ses rangs quatre hommes qui font sans doute partie des meilleurs joueurs du monde à leur poste actuellement avec Cyril Baille, Julien Marchand, Cheslin Kolbe et bien évidemment Antoine Dupont. Une passe dans le dos du pilier gauche, un grattage miraculeux du talonneur, les crochets dévastateurs de l’ailier-arrière sud-africain, ou encore un soutien à l’intérieur du demi de mêlée des Bleus, voilà des actions qui pourraient faire pencher la balance du côté toulousain vendredi soir.

Côté rochelais, on sera privé de Pierre Bourgarit l’un des rares joueurs qui fait des différences tout seul chez les Maritimes. Dans le paquet d’avants, il reste Grégory Alldritt et Will Skelton capables de faire avancer leur équipe, les offloads de Kevin Gourdon pourraient aussi mettre en difficulté les hommes d’Ugo Mola. Dans leur ligne arrière, les Rochelais pourront compter sur la fougue de Retière et les relances de Brice Dulin pour espérer un exploit personnel décisif. Ce sont d’ailleurs ces deux joueurs qui ont fait la différence en demi-finale, avec un jeu au pied de l’arrière du XV de France qui permettait à son jeune ailier d’inscrire l’unique essai de la rencontre. Si le Stade rochelais compte moins d’individualités que les Toulousains, il n’en reste pas moins fort collectivement. D’ailleurs, le retour de Geoffrey Doumayrou devrait faire du bien, tant offensivement que défensivement à l’organisation collective de l’équipe.

Le Stade rochelais pourra compter sur son colosse australien Will Skelton qui avait notamment impressionné en demi-finale de Champions Cup.

Sur le papier, c’est le Stade toulousain qui compte dans ses rangs le plus de joueurs capables de faire des différences individuellement. Mais il faudra se méfier car il y aura beaucoup de qualité aux quatre coins du terrain et l’étincelle pourrait intervenir de n’importe quel joueur lorsque les défenses seront émoussées et moins lucides.

Les pronos de la rédaction

Cyprien : Toulouse 24-17 La Rochelle

« Malgré un superbe match de la Rochelle en conquête et dans le centre de la ligne arrière, les Toulousains plus expérimentés et disciplinés trouveront les failles (autour de la zone du 10 et sur les ailes). Kolbe va se mettre en mode finale et renverser le match sur une action de classe. »

Ervan : Toulouse 20-13 La Rochelle

« Ce remake de la dernière finale de Champions Cup s’annonce pour le moins disputé. La Rochelle a construit son épopée sur un pack dominateur et trouvera en Toulouse un adversaire digne de son rang et fort d’une expérience considérable. Le Stade toulousain dispose d’un avantage psychologique sur une équipe qu’il a l’habitude de dominer, et aura l’avantage de compter sur un buteur très fiable en la personne de Thomas Ramos. »

Hakim : La Rochelle 22-17 Toulouse

« La puissance des rochelais ainsi que leur soif de revanche vont faire la différence face aux toulousains privés de leur meneur de jeu Romain Ntamack. »

Lucas : La Rochelle 27-19 Toulouse

« J’imagine une victoire des Rochelais qui vont s’appuyer sur leur défense et leur conquête. Derrière je m’attends à un gros match des deux cadres Geoffrey Doumayrou et Brice Dulin. Du côté des avants, Skelton et Gourdon vont peser sur la défense des Rouge et Noir. Les Toulousains font le pari d’aligner Tekori, Aldegheri et Arnold qui reviennent de blessure, ça pourrait leur porter préjudice. »

Quentin : La Rochelle 19-14 Toulouse

« Je vois bien une victoire rochelaise car ils auront un esprit de revanche après la finale de coupe d’Europe perdue. Ils m’ont paru très solide face au Racing avec une belle maîtrise. En ce qui concerne Toulouse on risque de regretter l’absence de Romain Ntamack. »

Yanis : Toulouse 16-9 La Rochelle

« La bataille sera rude devant et les phases de conquêtes ainsi que le jeu au sol seront des secteurs de jeu importants pour obtenir des pénalités et inscrire de précieux points. Mais comme lors des deux précédentes confrontations, un éclair de génie fera certainement la différence. Après Huget et Mallia, je vois bien un Cheslin Kolbe enfin sortir de sa boîte pour offrir aux siens un deuxième titre consécutif. »

A 24 heures du coup d’envoi, vous avez désormais toutes les clés en main pour tenter de pronostiquer le futur vainqueur du Top 14. A l’image des prédictions des rédacteurs du CCS, la rencontre s’annonce serrée. Comme souvent, cette finale devrait se jouer sur des détails, l’équipe la plus pragmatique, la plus disciplinée, devrait prendre l’avantage sur son adversaire. Il est difficile d’imaginer une victoire écrasante de l’une des deux équipes. Une seule certitude avant cette rencontre, les deux clubs méritent tout autant de soulever le Bouclier de Brennus, et ils vont tout faire pour arracher la victoire finale.

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