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Collins –Capela, les facteurs X d’Atlanta face aux Bucks

Si Atlanta a bien débuté sa finale de conférence face à Milwaukee, c’est en grande partie grâce à Trae Young, auteur de 48 points, 11 passes et 7 rebonds lors du Game 1, et en mission cette saison. Mais, pour gagner, il faut une équipe, et les rôles de Clint Capela et John Collins ont une importance capitale dans cette série décisive.

Ils ne sont peut-être pas les premiers noms qui viennent en tête lorsqu’on pense aux Hawks cette année. Pourtant, Clint Capela et John Collins ont offert la victoire à Atlanta lors du Game 1 face aux Bucks… et ont un rôle décisif dans cette finale de conférence. Lors du premier match, les deux intérieurs ont joué pleinement leur basket, abattant un travail monstrueux dans l’ombre et laissant la lumière à Trae Young.  

D’ailleurs, le meneur des Hawks permet à ses deux soldats de briller. Il arrive parfaitement à attirer les défenseurs, qui du même coup détournent leur attention et laissent des espaces aux autres joueurs. La conséquence directe de cela est que le meneur, adroit dans l’exercice de la passe, à joliment su trouver ses deux intérieurs dans les phases offensives. Capela sur pick and roll et après pénétration et sortie en aide du big man adverse, Collins sur pick and pop et passe au poste.  

La conséquence indirecte du récital offensif de Young, c’est que sa range élevée lui permet de faire sortir les défenseurs, notamment les big men adverses, de la raquette. Souvent après pick and roll, le pivot des Bucks, que ce soit Portis ou Lopez, hésite à switch et prend du retard sur le joueur qu’il doit couvrir. À ce moment-là, Young a le choix : tirer en profitant de l’espace ou passer si son big man est ouvert. Et en cas de shoot manqué, l’espacement qu’il a créé rend la raquette beaucoup plus accessible pour des rebonds offensifs.

Une action décisive

Une action témoigne de cela : celle qui a fait basculer le match. À deux minutes de la fin, les Bucks mènent de quatre points après un alley-oop entre Holiday et Giannis. Young remonte la balle, et tente un tir primé quasiment du logo. La balle rebondit sur l’arceau, et tombe dans les mains de John Collins, qui réussit à prendre position sur PJ Tucker. L’ailier-fort ressort le ballon sur Salomon Hill. Ce dernier prend son tir… qui fuit le panier. Mais Clint Capela est à son tour à la bataille du rebond et garde le ballon. La gonfle revient inévitablement dans les mains de Young, qui pénètre pour finalement décaler Collins dans le corner. Bingo, ce dernier rentre son tir primé. Les Hawks reviennent à un point et ont surtout pris l’avantage psychologique. Le match vient de basculer. Surtout que sur l’action suivante, Capela prend encore un rebond offensif pour faire passer les siens devant au score.

La fin du match (l’action en question à partir de 3’25).

Ainsi, durant le Game 1, John Collins a combiné 23 points et 15 rebonds (donc 5 offensifs), à 11/16 au tir. Clint Capela n’était pas non-plus en reste, puisqu’il finissait le match avec 12 points et surtout 19 rebonds, dont 4 offensifs. Cette faculté à gober du rebond en masse fait d’ailleurs beaucoup de mal aux Bucks, friands d’habituels second chance points (4e équipe avec le plus de points sur deuxième chance durant ces playoffs). En sécurisant ces rebonds, les Hawks s’assurent de ne pas laisser les Bucks et Giannis prendre confiance offensivement. D’ailleurs, The Greak Freak est lui-même défendu par le tandem Collins-Capela.

Un impact défensif immense

En seconde période du Game 1, les Hawks se sont essayés à la défense de zone. Une tactique plutôt efficace face à ces Bucks, qui en avaient largement souffert l’an dernier face à Miami. En effet, Milwaukee est une équipe très physique, adepte du jeu intérieur. La preuve en est bien sûr Giannis, qui aime se lancer pour finir tout en puissance dans la raquette. Et même s’il reste assez injouable, du fait de sa maîtrise parfaite du jeu de corps et des situations offensives dans la raquette, Antetokounmpo a souffert face aux barbelés dressés par Collins et Capela. Dès qu’il pénétrait, un des deux big men mettait son corps en opposition.

Et lorsque Collins (2m06) et Capela (2m08) bouchent la raquette les mains levées, tout est plus difficile. Même s’il finit avec 34 points, Giannis n’a trouvé que peu d’espaces à l’intérieur. La sécurité des rebonds défensifs apportés par le duo a fait aussi du mal aux Bucks, dominés dans ce secteur (51 rebonds à 45). Même si la différence n’est pas énorme, elle reste très importante dans un match de playoffs aussi physique, qui ne s’est joué qu’à trois points. Pour être plus parlant, penchons nous sur le pourcentage de rebonds captés. Lorsque Capela est sur le terrain, il capte 25,3% des rebonds disponibles, Collins 20,3%. Au total, les Hawks captent 53% des rebonds possibles sur le match.

Jusqu’au bout

La stat’ à retenir du côté des Hawks, c’est aussi le fameux « plus minus » de Collins et Capela. L’Américain finit le match avec un différenciel de +12, lorsque le Suisse termine avec +8. L’impact est forcément visible. Parmi les statistiques avancées, on peut aussi souligner l’impressionnant offensive rating des deux hommes. Capela est à 155 en 38 minutes, tandis que Collins est à 137 en 37 minutes ! D’autant plus marquant que le pivot possède aussi le meilleur defensive rating de son équipe (115).

Pour Milwaukee, qui passe d’une équipe, les Nets, sans intérieur dominant, aux Hawks qui en possèdent deux, le choc thermique se fait sentir. Brook Lopez, important près du cercle lors de la série face à Brooklyn, s’est fait salement bousculé et ne finit le match qu’avec 7 points et deux rebonds. Bobby Portis, qui a beaucoup joué, a fait un peu mieux, mais a payé ses quelques largesses défensives.

Pour Atlanta, il s’agit maintenant de garder le rythme et de continuer à bousculer ces Bucks dans la raquette, même si ces derniers sont maintenant prévenus de ce qui les attend. Si les Hawks continuent de dominer le secteur intérieur, que la défense fonctionne toujours aussi bien et que Trae Young fait encore les bons choix, l’avenir s’annonce radieux.  

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