Basket NBA

L’intéressante gestion des Clippers en fin de match

Les Clippers sont toujours en vie. La franchise de L.A a encore eu un déficit de deux matchs en finale de conférence contre les Suns, mais a trouvé les ressources pour arracher le Game 3. Dans cette victoire, on peut souligner la bonne gestion de l’équipe en fin de match. Ty’ Lue s’est appuyé sur ce qui a bien marché dans les séries précédentes.

Comme au premier tour face aux Mavericks et en demi-finale de conférence face à Utah, les Clippers ont débuté de la pire des manières cette série face à Phoenix. Menés deux matchs à rien, et plutôt logiquement, Paul George et les siens se sont encore une fois réveillé au Game 3. Outre la superbe performance d’Ivica Zubac, le hustle de Terance Mann et le talent de Paul George durant la rencontre, c’est au niveau du money time que Tyronn Lue a fait la différence. Le coach, champion avec les Cavs en 2016, a fait les bons ajustements en fin de match, pour permettre un très bon équilibre à son équipe, qui s’est envolée dans le dernier quart-temps. Lui, le désormais habitué des remontées folles, explique sa vision de la chose : « L’équilibre, les ajustements et y croire, tout ça est important.il faut apprendre de ces défaites. Il faut pouvoir s’ajuster et faire le bon choix, que ce soit en attaque ou en défense, exploiter les mismatchs. »

Paul George en difficulté ? Réajustement tactique !

Pourtant, les Suns ont mené une bonne partie de la rencontre et croyaient bien agir comme lors des deux premiers matchs : faire la différence dans les dernières secondes. Plus clutchs lors des deux premières rencontres, DeAndre Ayton et les siens avait profité de deux lancers manqués de Paul George pour assassiner les Angelinos avec un game-winner du pivot. En seulement 0.9 secondes, Jae Crowder adressait une passe parfaite à Ayton, ce qui finissait ce alley-oop sur le tête de Zubac.

Principal déçu de cette défaite au Game 2, Paul George avait alors été ciblé par les critiques. Pour ses deux lancers manqués d’une part, mais aussi pour ses mauvais choix en fin de match, alors que chaque décision était cruciale pour les Clippers. Le problème a failli être le même lors du Game 3. Alors qu’il réalisait encore un bon match, malgré quelques déchets au shoot, PG s’est enfermé dans une spirale négative dans le 4e quart temps : seulement 4 points inscrits et 4 turnovers dans la dernière période de la rencontre.

En difficulté car aussi ciblé par la défense des Suns, George a fini par devoir laisser la balle et les responsabilités à ses coéquipiers. Conscient de cela, Ty’ Lue a procédé à des réajustements tactiques. Nicolas Batum, important défensivement mais en difficulté au shoot, a cédé sa place à Terance Mann, dont la combativité et l’absence de crainte ont fait du bien. Pour compenser, Patrick Beverley a terminé le match, son apport défensif étant bien entendu énorme. Zubac et sa taille restaient sur le parquet et Reggie Jackson complétait la line-up, avec George.

Balle à Jackson

Le meneur tient d’ailleurs une importance toute particulière dans ce money-time. Il est l’homme chaud du moment chez les Clippers et n’a pas déçu en fin de match. Reggie Jackson, sur les cinq dernières rencontres, c’est simplement 23 points à 54% au tir et 39% à trois points, ainsi que 2 interceptions. Sur ce Game 3, il a planté 10 points en trois minutes dans le 4e quart, trouvant parfaitement ses zones. Ses shoots à trois points à 45 degré ont fait extrêmement mal aux Suns. Alors que le score n’était que de 89-89, il a commencé à prendre les choses en main sur chaque possession. Après avoir inscrit ses 10 points en trois minutes, les Clippers menaient désormais largement 101-88.

Certes, il n’est pas le seul Angelino à mettre en valeur ici, mais il est le symbole d’une équipe qui ne lâche jamais et qui compte bien remonter. À ses côtés, on peut souligner la belle présence offensive de Mann, le tir important de Kennard, ou encore celui de Beverley en fin de rencontre.

Les Suns sont tombés dans le piège

D’ailleurs, Patrick toujours munit de sa grande bouche et de sa langue bien pendue, a fait un gros travail de l’autre côté du terrain. Durant le match, ce sont plutôt Mann et George qui se sont opposés à Devin Booker défensivement. Avec succès en plus puisque le joueur masqué pour l’occasion n’a fini le match qu’avec 5 points, à 5/21 au tir. Mais dans les derniers instants, Pat’ en a fait une affaire personnelle et a pris en strict la star de Phoenix. Impuissant, Booker n’a pas su trouver la faille et n’a eu aucun espace à exploiter. Sans leur arrière, et avec un CP3 dans un mauvais jour, les Suns n’ont pas trouvé de solutions et ont trop raté en fin de match. Comme le montre le shot chart ci-dessous, c’est surtout au niveau des attaques mid-range, pourtant parmi les spécialités des joueurs de l’Arizona, que Paul et les siens ont laissé passer le coche.

Shot chart des Suns lors du 4e quart temps (crédits : Basketball-reference)

Impossible aussi de ne pas souligner la belle présence au rebond de Zubac, qui avec 16 prises dans le match, n’a pas laissé de lest à l’attaque des joueurs de Monty Williams. Enfin, les Suns sont tombés dans le piège principal des Clippers, celui du jeu physique et du trash talking. Ainsi, Phoenix a multiplié les fautes, et Crowder s’est vu être expulsé dans le 4e quart-temps. Au total, les Clippers ont shooté 24 lancers-francs, soit onze de plus que les Suns. Une donnée qui a forcément une importance.

En résumé, on pourrait dire que les Clippers ont parfaitement joué leur jeu, et ont fait déjouer leurs adversaires. À 2-1, la série est totalement relancée, et la dynamique est même du côté des joueurs de L.A, pourtant privés de Kawhi Leonard. « La préparation qu’on a eue toute l’année nous a bien aidés là-dessus, explique Tyronn Lue. On avait de l’expérience sur le fait d’avoir des absents, et donc que d’autres devaient hausser leur niveau de jeu, jouer dans les moments chauds. » Mais pour aller au bout, il faudra quand même que Paul George retrouve de la confiance en fin de match. Parce que des matchs avec aussi peu de réussite au tir pour Phoenix, il n’y en aura pas beaucoup.

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