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Tampa Bay Lightning : une dynastie en devenir ?

À l’aube d’une finale inédite de la Coupe Stanley face aux Canadiens de Montréal, Tampa Bay va avoir l’occasion de remporter un deuxième championnat consécutif. Exploit de plus en plus difficile à réussir dans la LNH d’aujourd’hui, le Lightning pourrait rentrer un peu plus dans l’histoire de la ligue. Pour l’occasion, le CCS vous propose une revue des éléments qui permettraient de qualifier cette équipe de « Dynastie ».

Tout d’abord, il est important de définir un cadre sur notre vision d’une dynastie en 2021. En effet, si l’on remonte dans les années antérieures à 1990, nous avons connu plusieurs dynasties capables de rafler la mise sur une large période de temps (Oilers, Islanders, Canadiens). Néanmoins, considérant la répartition du talent dans la ligue d’aujourd’hui, il parait impossible d’imposer une telle domination. L’expansion à 31 équipes (bientôt 32) rend les choses d’autant plus difficiles. C’est pourquoi, la capacité de gagner au moins deux coupes sur un horizon de cinq ans semble plus adéquat de nos jours pour mériter un tel honneur. À ce titre, les Penguins de Pittsburgh (2009, 2016, 2017), les Blackhawks de Chicago (2010, 2013, 2015) et les Kings de Los Angeles (2012, 2014) peuvent rentrer dans cette catégorie. Au-delà des titres, c’est aussi l’ensemble des résultats, l’effectif et le duo coach/directeur général qui permettent à une franchise de rentrer dans l’histoire.

Les résultats

Bien que les fondations de l’équipe soient plus anciennes, c’est depuis l’arrivée de Jon Cooper et la saison 13/14 que le Lightning s’impose comme une des puissances de la ligue. En huit saisons, Tampa compile une impressionnante fiche de 379-189-50 en saison régulière. Ceci les place parmi les meilleures franchises sur cette période. La saison 18/19 est sans doute la plus représentative de leur domination avec une fiche de 62-16-4 et un trophée du Président à clé. Cette saison hors du commun aura néanmoins connu une fin abrupte avec une un balayage par les Blue Jackets de Columbus dès le premier tour des séries éliminatoires.

Sources : AP News

Si l’on exclut la désillusion des séries 2019, les floridiens ont également brillé lors des séries avec une victoire de le Coupe Stanley (2020), deux participations à la grande finale (2015, 2021) et deux participations à la finale de conférence de l’Est (2016, 2018). Un phénomène de constance que seules les dynasties peuvent se vanter d’avoir. Ceci est d’autant plus vrai que tout indique que Tampa devrait maintenir ce rythme durant encore quelques années.

A contrario : Malgré une très grande domination dans la première moitié des années 2010, les Sharks de San Jose n’ont jamais pu faire mieux qu’une participation à la Coupe Stanley de 2016 (perdue face à Pittsburgh). L’histoire ne retiendra donc jamais cette faste période des Sharks comme celle d’une dynastie.

L’effectif

Le groupe de joueurs actuel du Lightning parait presque sans faille tant on y retrouve du talent et de la profondeur à toutes les positions. Certes, ils ont su profiter de la règle du plafond salarial en série pour avoir un effectif ultra-compétitif cette année mais force est d’admettre qu’ils savent dénicher les bons joueurs aux bons moments.

L’ossature du groupe est issue d’un excellent travail de repêchage au fil des années. Ceci leur a permis de posséder des joueurs de concession à toutes les positions clés : N.Kucherov (2011), S.Stamkos (2008) et B.Point (2014) en attaque, V.Hedman (2009) en défense et A.Vasilevskiy (2012) devant les buts. La quasi-totalité de ces joueurs ont d’ailleurs déjà remporté un trophée individuel au fil des saisons. À titre comparatif, les trois dernières dynasties (Pittsburgh, Chicago, LA) possédaient également des joueurs étoiles à tous les niveaux.

Source : NHL.com

La profondeur du Lightning est également construite sur un modèle efficace. On y retrouve des joueurs issus du système comme O.Palat, T.Johnson, A.Killorn ou Y.Gourde qui ont tous eu un rôle significatif dans l’histoire du club. À cela, l’acquisition de joueurs d’expérience comme P.Maroon, B.Coleman ou D.Savard ont permis de consolider un effectif déjà très riche.

Bien qu’ils vont devoir composer avec le plafond salarial durant l’inter-saison, les éléments clés de l’équipe sont encore sous contrat pour quelques années. Ceci devrait être suffisant pour maintenir le niveau malgré la perte de certains agents libres.

A contrario : Vainqueur de la Coupe Stanley en 2019 avec un solide effectif, les Blues de Saint-Louis n’ont pas été capable de garder un rythme de champion. La perte de leur ancien capitaine A.Pietrangelo et la baisse de régime de l’étonnant gardien J.Binnington semblent avoir impacté les bases de ce groupe qui n’a pas été capable de se qualifier pour les séries cette année.

Le duo coach/directeur général

Bien que les joueurs répondent parfaitement aux attentes sur la patinoire, on ne peut pas passer sous silence le rôle et l’impact du coach principal (Jon Cooper) et du directeur général (Steve Yzerman puis Julien Brisebois) dans les récents succès de l’équipe.

Arrivé à la fin de la saison 12/13, Jon Cooper a repris la barre d’une équipe qui n’avait participé qu’une seule fois aux séries en six ans. Dès son arrivée, il a su apporter une nouveau souffle à un groupe qui comptait déjà plusieurs cadre de l’effectif actuels (voir la section précédente sur les résultats). Il faut dire que Jon Cooper paraissait comme le candidat idéal pour prendre les reines du Lightning. En effet, avant son arrivée, il a passé trois saisons avec le club école (Norfolk Admirals puis Crunch de Syracuse) de Tampa dans la Ligue Américaine. En plus de côtoyer plusieurs jeunes joueurs qu’il intégrera dans son effectif par la suite, il a montré sa mentalité de vainqueur en remportant la Coupe Calder en 2012. S’il n’a encore jamais remporté le trophée Jack Adams remis au meilleur entraineur de l’année, il est définitivement un des entraineurs les plus victorieux de la dernière décennie.

Source : Hockey 30

Si le Lightning peut se venter d’avoir un effectif aussi complet que le leur c’est principalement grâce à deux hommes : Steve Yzerman (DG de 2010 à 2018) et Julien Brisebois (DG depuis 2018). À eux deux, ils ont su démontrer avec brio ce que l’on attend d’un directeur général. Yzerman s’est notamment démarqué avec ses talents de recruteur en repêchant N.Kucherov au 58ème choix en 2011 puis A.Vasilevskiy au 19ème choix l’année suivante. Il a aussi su croire en des talents comme T.Johnson et Y.Gourde alors qu’aucune équipe ne les avait repêché. Quant à Julien Brisebois, il réussi depuis son arrivée à jongler avec le plafond salarial pour rendre son équipe toujours plus forte. L’ajout d’un D.Savard en avril dernier est un de ses plus récents faits d’arme.

Pour rappel, chaque franchise doit respecter un plafond salarial en se basant sur le cumul des salaires des joueurs. Cependant, cette règle ne s’applique que durant la saison régulière et il existe plusieurs exceptions dont celle où les joueurs blessés à long terme n’ont pas d’impact sur la masse salariale. C’est dans ce contexte que Tampa a réussi à débuter les présentes séries en ayant un surplus de 18M$ par rapport au plafond salarial. Une des raisons : N.Kucherov a été blessé durant l’ensemble de la saison avant de réintégrer l’effectif lors du premier tour des séries.

A contrario : Possédant un des effectifs les plus électrisants des années 2010, les Capitals de Washington ont du attendre la saison 17/18 pour soulever la première Coupe Stanley de leur histoire. L’un des principaux artisans de cette victoire est sans aucun doute le coach Barry Trotz, arrivé quatre ans auparavant. Malheureusement, Il a ensuite quitté pour les Islanders la saison suivante, laissant les Capitals dans l’incapacité de doubler la mise depuis.

Contrairement à certaines équipes dont la victoire reste un évènement éphémère, le Lightning possède manifestement tous les ingrédients pour devenir une dynastie. S’il remporte leur deuxième Coupe Stanley en deux ans, il ne fait aucun doute qu’ils rentrerons dans ce club restreint.

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