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JO Tokyo I Clarisse Agbegnenou, porte-drapeau au pays du Judo

Clarisse Agbegnenou a tout gagné en tant que judokate sur la scène internationale. Il ne lui manque qu’une médaille, l’or olympique. C’est donc comme un symbole qu’elle brandira fièrement, là où le judo est né, le drapeau français. Elle sera accompagnée de Samir Aït Saïd lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo. Deux athlètes marqués par des parcours de vie puissants.

Un palmarès long comme le bras

Clarisse Agbegnenou est aujourd’hui la française la plus titrée du judo français. Invincible, insubmersible, assoiffée de victoires. Les superlatifs manquent pour décrire cette judokate au grand cœur.

Débutant le judo à Asnières sur Seine en région parisienne, elle n’a eu de cesse de se passionner pour cet art martial rempli de valeurs. A 14ans, elle intègre le Pôle France d’Orléans, considéré comme l’un, si ce n’est le meilleur de l’hexagone. Championne de France ou d’Europe dans les catégories jeunes, Clarisse ne cesse d’impressionner par sa détermination. En 2009, avant d’entrer à l’INSEP, elle rejoint le club d’Argenteuil pour poursuivre son ascension.

C’est en 2013 que les médailles internationales commencent à arriver. Elle devient à lors championne d’Europe Senior. L’année suivante, elle glane un titre mondial. L’histoire est en marche. Plus rien ne semble arrêter la jeune femme et le phénomène Agbegnenou prend de l’ampleur.

Malheureusement, en 2016 à Rio, elle va vivre le premier rendez-vous manqué de sa jeune carrière. La mégalopole brésilienne vibre à cet instant pour les Jeux Olympiques et le judo français est attendu comme un énorme pourvoyeur de médailles. Le tournoi se passe à la perfection et la française atteint en toute logique la finale. Elle est opposée à la redoutable Slovène Tina Trstenjak. Manquant un brin d’expérience, elle se précipite sans doute trop et se fait surprendre sur une immobilisation. Elle remporte tout-de-même une belle médaille d’argent et se fait la promesse de ne pas laisser passer sa chance 4 ans plus tard.

Aujourd’hui, Clarisse Agbegnenou se présente comme l’ultra favorite de la catégorie des -63kg. Auréolée de 5 titres mondiaux individuelles, de 2 par équipe et de 5 titres européens, elle semble n’avoir jamais été aussi forte sur le papier. Néanmoins, une compétition de judo, ça ne se gagne pas sans y mettre tous les ingrédients nécessaires. On peut toutefois s’assurer d’une chose, c’est que la judokate francilienne ne cessera jamais de se battre comme elle a du le faire depuis son arrivée dans ce monde.

Combattante de toujours

La vie met parfois les Hommes à l’épreuve. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Clarisse Agbegnenou n’ jamais rien lâché et s’est toujours battue corps et âme dans chaque épreuve de sa vie.

Née prématurée en compagnie de son frère jumeau, elle est mise au monde deux mois avant la date prévue de l’accouchement. Elle est à lors placée en couveuse durant près de quatre semaines. Comme si ce n’était pas suffisant, elle doit subir une opération chirurgicale en raison d’une malformation rénale. Puis, elle tombe dans un coma qui durera sept jours.

Dans le journal L’Equipe du 26 décembre 2018, sa mère raconte :

« Lorsqu’elle s’est réveillée, dans une grande inspiration, tous ceux qui étaient présents dans sa chambre ont applaudi et je me souviens que le médecin a dit que ma fille était une battante »

Cette phrase, prend des années plus tard, tout son sens. Clarisse Agebgnenou est en mission pour décrocher le graal lors de ces Jeux Olympiques de Tokyo. Néanmoins, elle ne cessera jamais de mettre du cœur dans ses actions et de partager sa joie de vivre, son optimisme et sa générosité au plus grand nombre.

Donner sans compter

Forte de ce parcours de vie, Clarisse Agbegnenou a choisi de mettre son statut au service du plus grand nombre. En 2019, elle devient la marraine et l’ambassadrice de l’association SOS Préma qui a pour but de donner aux enfants prématurés la possibilité de grandir de bonnes conditions. Celle qui a dit être « née morte » n’a de cesse de donner de son temps, de son énergie et de sa reconnaissance au service de cette association qui lui est si chère.

« Ca me tenait à cœur de connaître le début de l’histoire, tout commence à prendre son sens et je pense que ma rage sur les tatamis vient de là. De cette rage qui a dû m’animer dans ces moments-là, de la bagarre que j’ai dû livrer à ma naissance pour vivre » (Ouest France – 4 février 2019)

La même année, la française devient également marraine de l’opération Sport au Féminin qui a pour vocation de donner une exposition médiatique plus importante au sport féminin mais aussi de réduire les écarts de salaire qui peuvent exister entre hommes et femmes aujourd’hui.

Elle est aussi très engagée dans l’éducation et le sport à l’école. Enfin, elle est en 2021, l’une des 109 figures représentant Marianne et fait partie des personnalités féminines ayant écrit 1000 petites filles à naître. Cet ouvrage est composé de lettres qui rappellent à ces bébés à naître que chaque femme à des droits au même titre que les hommes et que chacun doit les respecter.

A Tokyo, malgré la pandémie, Clarisse Agbegnenou et Samir Aït Saïd porteront fièrement les couleurs tricolores lors de la cérémonie d’ouverture. Ils écrivent un peu plus leurs noms dans l’histoire et laisseront à jamais une marque indélébile dans le sport français. Nous leur espérons la plus belle médaille pour que leurs rêves d’enfants deviennent enfin réalité.

Pour découvrir Samir Aït Saïd : Samir Aït Saïd, des anneaux et un drapeau

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