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Le VfL Bochum de retour en Bundesliga après 11 ans d’absence

Pour le retour de la Bundesliga, le CCS a décidé de vous proposer un zoom sur les deux promus : le VfL Bochum et le SpVgg Greuther Fürth. Le premier est de retour après une décennie passée en deuxième division, le second revient pour l’acte II, une revanche après l’échec de 2012-2013. Un vrai challenge s’annonce pour ces deux clubs, celui de se maintenir dans un championnat très concurrentiel, où il est difficile de faire sa place. Néanmoins, le maintien est possible, car les deux équipes en ont les moyens.

Voir Greuther Fürth en Bundesliga à l’orée de cette saison 2021-2022 est étonnant. En mai dernier, la qualification directe a été obtenue à la dernière journée, grâce à une défaillance du club de Kiel. Les trèfles (surnom donné à l’équipe de Fürth) ont donc évité un barrage face à Cologne dont Kiel en a justement fait les frais (défaite 5-1 à domicile après avoir gagné 1 à 0 au match aller). Avec 64 points, le Greuther Fürth a terminé deuxième du championnat et a déjoué les pronostics en validant sa montée au bout du suspense.

Quant au VfL Bochum, le club de la Ruhr, il a pris la tête de la 2. Bundesliga à la 23e journée, fin février, pour ne plus la lâcher jusqu’au bout. Une seconde partie de saison solide en somme. 67 points au compteur, 21 victoires et 3 points d’avance sur son dauphin, le sacre ne s’est pas joué à grand chose, mais pourtant, il a fallu aller le chercher, 15 ans après le dernier. Pour ce club aux 34 saisons de Bundesliga, la traversée du désert en division inférieure a été longue. Depuis son arrivée en Bundesliga en 1971, jamais Bochum n’avait passé autant de saisons hors de l’élite. Il est maintenant temps de se tourner vers les hauteurs du classement avec en ligne de mire les deux meilleures performances du club, deux cinquièmes places acquises en 1997 et en 2004.

Deuxième saison, deuxième descente pour le Greuther Fürth ?

Débutons notre tour d’horizon en Bavière. Le SpVgg Greuther Fürth est un club méconnu du grand public, car il n’a joué qu’une saison au sein de l’élite allemande. 2021-2022 apparaît comme exceptionnel pour ce club d’une ville de 130 000 habitants. Il va falloir faire mieux qu’en 2012-2013 et la tâche s’annonce compliquée, mais pas impossible. En tout cas, on espère que le début de championnat va mieux se dérouler que celui de la coupe d’Allemagne, car les Bavarois ont été éliminé samedi dernier aux tirs aux buts face à Babelsberg, un club de 4e division, lors du premier tour.

Ci-dessus se trouve le logo du SpVgg Greuther Fürth, très minimaliste, depuis 2017. (fussball.com)

Le Spielvereinigung Greuther Fürth, dans sa forme complète, est fondé en 1903. Le club joue actuellement dans la Trolli Arena (partenariat commercial avec la marque de bonbon) et son nom complet s’intitule : le Sportpark Ronhof Thomas Sommer, en hommage à un marchand immobilier né à Fürth, d’une capacité de 15 200 places.

Initialement appelé SpVgg Fürth, le club se voit rajouter la mention « Greuther » en 1996 à la suite de son intégration au sein de la section de football du TSV Vestenbergsgreuth. L’histoire de ce club est particulière puisqu’il a vécu ses plus grandes heures avant la création de la Bundesliga en 1963. En effet, le Greuther Fürth a remporté trois championnats nationaux en 1914, 1926 et 1929, à une époque où les clubs devaient se qualifier par leurs championnats régionaux respectifs afin d’accéder à la phase finale, disputée sous forme de tableau à élimination directe.

En 2012-2013, le club au trèfle monte pour la première fois en Bundesliga après avoir été sacré champion à de 2. Bundesliga à l’issue de la saison précédente, son seul titre de champion à ce jour. Relégué directement, en finissant bon dernier, le club de Fürth a vécu une première expérience dans l’élite compliquée. Neuf ans plus tard, le football en Allemagne a changé et le Greuther aussi. L’effectif est vraiment intéressant et peut compter sur des certitudes acquises lors de la saison dernière.

Un effectif relativement jeune

27 joueurs présents pour cette saison, 9 étrangers et 23,8 ans de moyenne d’âge, voici des premières statistiques indicatives de ce que le Greuther Fürth va présenter sur les terrains allemands cette saison. Stuttgart constituera d’ailleurs son premier déplacement.

Max Christensen, Gideon Jung (en provenance d’Hambourg), Nils Seufert (en provenance de l’Arminia Bielefeld), Jessic Ngankam (prêté par le Hertha Berlin), Adrian Fein (prêté par le Bayern Munich) et Justin Hoogma (prêté par le TSG Hoffenheim) sont venus grossir les rangs du Greuther Fürth depuis le début de l’été. Il se peut que ça bouge encore d’ici la fin du mois.

Selon Transfermarkt, le joueur qui possède la plus forte valeur (4 millions d’euros) est Adrian Fein. Les observateurs les plus assidus le connaissent, il s’agit d’un milieu de terrain allemand de 22 ans qui appartient au Bayern Munich et prêté à Fürth pour la saison. Il sort d’une saison au PSV Eindhoven décevante alors que la saison précédente, il avait marqué les esprits allemands à Hambourg. C’est un milieu défensif plutôt complet, technique et physique. S’il passe un cap, il peut faire beaucoup de bien au milieu de terrain de sa nouvelle équipe. On vous conseille de l’observer.

Adrian Fein retrouve les terrains allemands après sa bonne saison 2019-2020 à Hambourg. (t-online.de)

D’autres joueurs méritent d’être étudiés, comme Paul Seguin. Ancien espoir du VfL Wolfsburg, c’est un milieu de terrain axial allemand capable de jouer également en tant que latéral. À 26 ans, il est l’un des tauliers de son équipe et peut se révéler cette saison en Bundesliga. Autre joueur, Maximilian Bauer, il est défenseur central, est allemand, a 21 ans et fut titulaire toute la saison précédente. Lui aussi peut être une belle révélation à son pote cette saison.

Parlons à présent du capitaine, il s’agit de Branimir Hrgota. Le suédo-croate est tantôt milieu offensif tantôt attaquant de pointe. Il présente un profil d’un 9 et demi plutôt complet. Il sait marquer – en témoigne la dernière saison – et sait faire marquer. Les fans de football allemand le connaissent bien, puisqu’il a joué au Borussia Mönchengladbach puis à l’Eintracht Francfort entre 2012 et 2019. Il a déçu, mais a progressé depuis. Il a su faire monter son équipe la saison dernière en inscrivant 16 buts et délivrant 7 passes décisives en championnat. Il devra répondre présent en 2021-2022 s’il veut maintenir son club au trèfle vert.

Branimir Hrgota semble arriver à maturité au meilleur des moments, espérons qu’il en fasse profiter les trèfles. (liga-zwei.de)

Enfin, mentionnons d’autres joueurs qui vaudront sûrement le coup d’œil dans les mois à venir. Justin Hoogma vient d’arriver en prêt en provenance du club d’Hoffenheim. Né en 1998, il est un défenseur central néerlandais jeune et prometteur. Un peu plus âgé, Julian Green fait partie des plus expérimentés du Greuther Fürth. Il a 26 ans aujourd’hui et pour ceux qui s’en souviennent, il s’agit de l’ancien grand espoir germano-américain du Bayern Munich. Anciennement ailier, il joue maintenant au milieu de terrain. Il va disputer sa première véritable saison dans l’élite et espère bien avoir un coup à jouer. Enfin, le dernier joueur dont nous aimerions vous présenter s’appelle Gian-Luca Itter. Peut-être que son nom vous dit quelque chose, il s’agit du latéral gauche prêté par Fribourg, formé à Wolfsburg. La saison dernière, il a peu joué, mais cela pourrait progresser cette saison.

Cet effectif comporte des joueurs revanchards, qui pour certains, cachent un talent évident. Avec ce contingent, le Greuther Fürth a les armes pour se maintenir.

Stefan Leitl pour une première saison en Bundesliga

Leitl est l’entraîneur des trèfles depuis février 2019. Âgé de 43 ans, il a notamment entraîné Ingolstadt de 2017 à 2018. Il n’a cessé de faire progresser l’équipe et il arrive en Bundesliga avec l’effectif le moins cher du championnat (28,2 millions d’euros) ainsi que le moins expérimenté (305 matchs de Bundesliga dans les jambes au cumulé). La tâche s’annonce ardue, mais il est capable de déjouer les pronostics. La saison dernière, il a réussi à renverser les attentes, personne ne s’attendait à voir Fürth monter. Il peut refaire le même coup cette année.

Stefan Leitl, un entraîneur aux idées de jeu directrices. (augsburger-allgemeine.de)

C’est un entraîneur tourné vers l’offensive, qui a la volonté de multiplier les séquences de possession. Avec son 4-3-1-2, il aime voir ses latéraux monter. L’idée est de concentrer le jeu dans l’axe pour se rapprocher au plus près de la surface de réparation. Il y a de fortes chances pour que son équipe ne soit pas tout en haut, néanmoins, pour voir un football alléchant, on sera servi. Ces dernières saisons, le football allemand a montré que ce genre d’idées de jeu avait sa place au sein de la BuLi et mieux encore, que cela souriait à beaucoup d’équipes. Bild, un célèbre quotidien allemand, l’a interviewé à la suite de la défaite des siens en Pokal (nom donné à la coupe d’Allemagne) et il a réaffirmé l’envie de jouer pour attaquer, même si cela pourrait lui coûter des points. On l’a vu le week-end dernier, son approche est risquée, mais peut s’avérer payante plus qu’on ne le croit. Rendez-vous ce samedi, 15h30, pour assister au retour de Fürth dans l’élite allemande, face au VfB Stuttgart.

Le VfL Bochum est-il sur la bonne voie ?

Bochum est un club historique de Bundesliga. Il est le 13e club le plus expérimenté en terme de saisons disputées au sein de l’élite allemande. Pour tous les observateurs du football allemand, c’est une véritable satisfaction de revoir ce club évoluer au plus haut niveau national. Le club bleu et blanc vient grossir les rangs de la Ruhr en Bundesliga, une véritable terre de football.

Le VfL Bochum (Verein für Leibesübungen, dans sa forme longue) a vu le jour en 1848, mais n’a adopté le nom qu’on lui connaît en 1938, après la fusion de plusieurs clubs. Il joue ses matchs à domicile dans la Vonovia Ruhrstadion, un stade de 29 299 places. En terme de palmarès, Bochum a connu peu de succès national. Double finaliste de Pokal en 1968 et 1988, le club de la Ruhr n’a que le 2. Bundesliga à son palmarès. Il l’a toutefois remporté 4 fois, en 1994, 1996, 2006 et donc 2021.

Voici le logo actuel du VfL Bochum. (fanclub-magazin.de)

L’objectif à court et moyen terme, va être de retrouver le milieu de tableau de la Bundesliga, objectif que le club est parvenu à remplir au milieu des années 2000. Cette saison, il faut se maintenir comme son homologue bavarois et dans un championnat aussi homogène que celui d’Allemagne, cela ne va pas être simple. Mais comme le Greuther Fürther, le VfL Bochum a des qualités à revendre.

Un effectif plus fourni et plus expérimenté

Le champion en titre de deuxième division arrive en Bundesliga avec d’autres armes. Son effectif est plus âgé (27,2 en moyenne) et plus étoffé (31 joueurs présents à l’orée du début de championnat). La moitié des joueurs sont étrangers (16), mais les joueurs dotés des plus fortes valeurs marchandes sont Allemands.

Bochum a perdu Robert Zulj, le milieu offensif autrichien qui a permis au club de monter la saison dernière (14 buts et 14 passes décisives), mais s’est plutôt bien renforcé en conséquence. Christopher Antwi-Adjej est arrivé de Paderborn, Takuma Asano, la révélation japonaise du Partizan Belgrade la saison dernière, est arrivé libre, Michael Esser, gardien expérimenté d’Hanovre, et Patrick Osterhage, milieu prometteur de Dortmund, sont également arrivés libre. Eduard Löwen, Konstantinos Stafylidis et Elvis Rexhbecaj, respectivement arrivés du Hertha, d’Hoffenheim et de Wolfsburg, sont prêtés pour la saison.

Takuma Asano a le potentiel pour être le meilleur joueur de Bochum cette saison. (ibtimes.co.uk)

Quelques joueurs ont attiré notre attention et risquent bien de faire la différence cette saison. Tout d’abord, nous avons Armel Bella-Kotchap. C’est peut-être le joueur le plus talentueux de l’équipe actuellement. C’est un défenseur central de 19 ans, né en 2001 à Paris. C’est un véritable roc qui possède la double nationalité allemande et camerounaise. Il a effectué sa première saison pleine chez les professionnels l’année dernière et son arrivée en Bundesliga pourrait être fracassante. Il a des très grosses qualités physiques (1m90, 87 kg) et représente typiquement le défenseur central complet de 2021. Il lui manque encore un peu de technique, mais il saura répondre aux défis imposés sur les terrains de Bundesliga.

Trois autres joueurs méritent d’être mentionnés et sont tous arrivés cet été. Premièrement, nous avons Takuma Asano. C’est un milieu offensif doté d’un gros volume de jeu, capable de marquer des buts, en témoigne son nombre de buts inscrits la saison dernière en Serbie (18 en 33 matchs). Il est déjà passé par l’Allemagne (à Stuttgart et à Hanovre), mais n’avait pas convaincu. À 26 ans, cette saison avec Bochum lui offre une seconde chance de réussir en Bundesliga. Rien ne semble garantir un succès immédiat, mais il semble avoir pris en maturité et il sera à surveiller cette saison du côté de la Ruhr.

Eduard Löwen sous les couleurs du Hertha Berlin. (bz-berlin.de)

Le deuxième se nomme Elvis Rexhbecaj vient de son club formateur, le VfL Wolfsburg, mais a joué sous les couleurs de Cologne de janvier 2020 à mai 2021. C’est un milieu de terrain polyvalent relativement complet. Il sait jouer 6 et 8, est technique et physique. Il a 23 ans et s’il veut devenir titulaire à Wolfsburg à moyen terme, cette nouvelle saison est décisive pour lui.

Enfin, le dernier joueur concerné est Eduard Löwen. Milieu de terrain lui aussi, il est surtout un numéro 6, apte à jouer également en défense central, au vu de ses qualités physiques notamment. Bochum constitue déjà 4e club professionnel alors qu’il n’a que 24 ans. Il appartient au Hertha Berlin qui l’avait acheté en 2019 pour 7 millions d’euros, après avoir effectué trois bonnes saisons à Nuremberg. Prêté à Augsburg en 2019-2020, Löwen n’a joué que 7 matchs la saison dernière dans un Hertha ultra concurrentiel. Cette saison, il peut s’imposer comme l’un des patrons du milieu de terrain de son équipe, une opportunité en or pour lui.

Thomas Reis, un entraîneur qui connaît bien le club

Samedi dernier, Thomas Reis et ses joueurs ont bataillé jusqu’en prolongations pour venir à bout de Wuppertal, un club de 4e division, dans le cadre du premier tour de Pokal. Son équipe a fait preuve de caractère et s’est prouvé des choses. Une étape importante pour un début de saison d’un promu qui redécouvre le plus haut niveau allemand.

Thomas Reis, l’entraîneur idioine pour maintenir Bochum ? (liga-zwei.de)

Contrairement à son homologue bavarois, Thomas Reis, en poste depuis juin 2019, a une approche davantage prudente. Il a une vision davantage restrictive du football. Il connaît bien le club, puisqu’il a entraîné la réserve de 2014 à 2016, mais a également été joueur de 1995 à 2003. Il a déclaré cette semaine qu’il souhaite caler son projet pour la saison sur celui de l’Arminia Bielefeld qui s’est maintenu la saison dernière en obtenant une 15e place. Bochum évolue en 4-3-3 et compte sur ses éléments offensifs pour faire la différence comme Simon Zoller, l’avant-centre de l’équipe – qui a marqué le premier but de son équipe le week-end dernier. Le premier match ne va pas être simple, puisque Bochum se déplace à Wolfsburg, samedi à 15h30.

La saison des promus s’annonce passionnante. Beaucoup d’enjeux, notamment sur le fait de savoir s’ils sont capables de se maintenir comme Bielefeld et Stuttgart l’ont fait il y a quelques mois. Plusieurs joueurs sont à suivre et les premiers matchs nous donneront pas mal d’indications.

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