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Recrues 2021 : Anthony Jelonch à Toulouse, une évidence

Le troisième ligne Anthony Jelonch a fait le choix de quitter le club du Castres olympique pour rejoindre le rival toulousain. Un choix logique pour le Stade toulousain et le joueur, les deux parties ont des arguments à faire valoir.

Un enfant du Gers

Anthony Jelonch naît à Vic-Fezensac dans le Gers en 1996. C’est dans ce même village qu’il va toucher ses premiers ballons ovales. Dès son plus jeune âge, il se fait déjà remarquer, il rejoint donc Auch en juniors, le club phare du département. Il continue sa progression, et finit par rejoindre le centre de formation du Castres olympique en 2014 à 18 ans. Il emmène dans ses bagages un copain auscitain avec qui il partage aussi les sélections dans les équipes de France U18 et U20. Ce copain c’est un certain Antoine Dupont, qui devient son colocataire dans le Tarn. Si la précocité du demi de mêlée lui permet d’enquiller en première dès 2014, Jelonch devra attendre 2016 quant à lui pour disputer son premier match avec l’équipe fanion du CO.

La famille d’Anthony Jelonch revient sur son parcours. (Source : Rugby Magazine/France 3).

Dès sa première saison en 2016/2017, le polyvalent troisième ligne centre et flanker parvient à se faire une place de choix au sein de l’effectif professionnel. Il dispute 22 rencontres dont 16 en tant que titulaire. Sa saison et celle de ses coéquipiers s’arrête en barrages après une défaite face au RCT. Mais Jelonch impressionne déjà, et va même confirmer dès le début de la saison suivante. Ses bonnes performances lui permettent d’être appelé par Guy Novès pour la tournée d’Automne. Le troisième ligne du CO affronte donc les All-Blacks et l’Afrique du Sud en débutant sur le banc. Au début du mois d’avril 2018, Jelonch est victime d’une fracture de fatigue au pied, et loupe donc les dernières journées de championnat. Mais il fait son retour au meilleur moment pour la demi-finale face au Racing 92 remportée par le CO. Jelonch dispute ensuite 70 minutes en finale face au MHR et crée l’exploit avec ses coéquipiers en l’emportant 29-13. A seulement 21 ans et pour sa deuxième saison chez les pros, le Gersois d’origine est capé avec les Bleus et soulève déjà le Brennus.

Anthony Jelonch présente le bout de bois le plus convoité de France aux supporters castrais.

Un été de fête suit le sacre et les excès ne sont pas rares. A l’image de son équipe, Anthony Jelonch accuse le coup la saison suivante. Il est opéré de l’épaule à l’automne et se retrouve éloigné des terrains durant trois mois. Pour la dernière saison d’Urios en tant que coach du CO, les joueurs vont décevoir et manquer la qualification de peu lors de l’ultime journée. Le troisième ligne souffre des deux épaules et cela s’en ressent sur le terrain. Comme tous les joueurs il voit sa saison stoppée en mars 2020 par le Covid. Ce repos forcé va lui permettre de refaire le plein d’énergie pour attaquer l’exercice 2020/2021 en pleine forme.

Retour sur le devant de la scène

Anthony Jelonch loupe le début de saison dernière mais fait un retour fracassant. Quatre matchs de Top 14 suffisent pour convaincre Fabien Gathié de le sélectionner pour disputer la fin de l’Autumn Nations Cup. Titulaire en 8 face à l’Italie puis en 7 face aux Anglais, il dispute 80 minutes face à la Squadra Azzura et 96 minutes face au XV de la rose, prolongations obligent. Tout comme la plupart de ses coéquipiers d’un XV de France qualifié d’équipe « bis », il impressionne. Lors des deux matchs qui suivent avec le CO, Jelonch inscrit à chaque fois un essai, face à Brive puis Lyon. Début 2021 il ne faiblit pas et profite de l’absence de François Cros pour disputer les cinq matchs du Tournoi avec le XV de France, dont deux en tant que titulaire. Il confirme alors qu’il est bien de retour à son meilleur niveau.

Après un petit passage à vide, le CO termine tambour battant la saison dernière pour espérer accrocher une place dans les 6. Les Tarnais échouent de justesse, c’est une déception pour Jelonch qui doit quitter son club formateur sur cet échec. Mais pas le temps de tergiverser, il doit défendre à nouveau les couleurs du XV de France. Le troisième ligne fait figure de cadre dans un groupe remanié pour affronter l’Australie. Il est d’ailleurs désigné capitaine par Fabien Galthié et dispute les trois rencontres en dix jours. Il va faire honneur à ce statut et rendre la confiance accordée par son sélectionneur, malgré un bilan de deux défaites et une victoire. Il va mener et emmener tous ses coéquipiers avec lui, en montrant une nouvelle fois toute l’étendue de sa palette.

La joie du capitaine après la victoire lors du second test.

Si le Gersois est capable de jouer flanker et numéro 8, ce n’est pas par hasard. Il excelle dans de nombreux domaines. Tout d’abord il est capable d’avoir un énorme volume de jeu offensivement. Il sait se rendre disponible pour prendre un nombre incalculable de ballons ou pour venir dans les rucks en tant que soutien offensif. Mieux que cela, il bonifie les ballons. Cette saison en Top 14 il a cassé 27 plaquages et délivré 22 offloads. Jelonch est aussi présent en défense avec une moyenne de 10 plaquages par match cette saison en championnat. Face aux Wallabies cet été, il a réussi 23 plaquages en 24 tentatives lors du second test victorieux. Le troisième ligne sait aussi se mettre en évidence en défense de mauls, et lorsqu’il faut gratter les ballons dans les rucks. Complet on vous a dit. Le seul petit défaut que pourrait lui trouver le staff des Bleus concerne le secteur de la touche. Il est moins aérien qu’un Dylan Cretin ou un François Cros, mais son niveau reste malgré tout correct dans ce domaine.

Toulouse : to win ?

Deux clubs s’étaient positionnés pour accueillir le troisième ligne international : le Stade toulousain et l’UBB. Deux hommes ont eu un rôle important à jouer dans la prise de décision de l’ancien castrais. Antoine Dupont d’un côté, son ami d’enfance ancien coéquipier et demi de mêlée du Stade, et Christophe Urios de l’autre son ancien coach au CO et actuel manager de l’UBB. C’est finalement « Toto » Dupont qui a su trouver les meilleurs arguments pour convaincre son ami de le rejoindre. Mais quelle place pour Anthony sur les bords de la Garonne ?

Ugo Mola a perdu ses deux joueurs expérimentés de la troisième ligne Jerome Kaino (retraite) et Louis-Benoît Madaule (Narbonne) durant l’intersaison. Au poste de flanker les Rouge et Noir s’appuieront donc désormais sur Alban Placines de retour de blessure, Rynhardt Elstadt et François Cros. Les jeunes secondes lignes polyvalents Yannick Youyoutte et Thibaud Flament peuvent aussi dépanner. Tolofua est capable de jouer sur l’aile de la 3e ligne mais sera plutôt fixé au poste de numéro 8, tout comme Antoine Miquel.

Zack Holmes avait déjà fait la connaissance de Jelonch il y a deux ans.

Quatre joueurs sortent du lot dans l’effectif Rouge et Noir à ce poste. Elstadt, Cros, Jelonch et Tolofua partent sans doute avec une longueur d’avance par rapport à leurs compères de la troisième ligne. Mais Ugo Mola ne devrait pas trop se creuser la tête en début de saison pour aligner sa compo. Elstadt est absent pour cause de Rugby Championship. La troisième ligne type de début de saison devrait donc être Cros-Jelonch-Tolofua. Lorsque le groupe sera au complet, la polyvalence de Jelonch pourrait le pousser sur le banc des remplaçants. Mais entre suspensions, blessures et doublons, la saison sera longue et tous les joueurs devraient avoir l’occasion de s’exprimer cette saison en troisième ligne.

L’enjeu de ce transfert sera double pour Anthony Jelonch. En rejoignant le plus grand club d’Europe il veut étoffer son palmarès, mais aussi continuer sa progression pour s’imposer comme un cadre du XV de France, avec la Coupe du monde 2023 à domicile en ligne de mire. Du côté du Stade toulousain, on compte sur le Gersois pour pallier les départs de Kaino et Madaule.

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