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AS Monaco: A la recherche de la stabilité

L’un des gros problèmes de l’AS Monaco est son attaque enraillé en ce début de saison en championnat (36 tirs, 1 but). Le club entraîné par Niko Kovac connait sa période la plus compliquée depuis son arrivée en juillet 2020 avec trois défaites consécutives. Le coach croate doit gérer son effectif avec un début de saison crucial et une qualification pour la Ligue des Champions en jeu.

Après trois journées de championnat, l’AS Monaco se trouve en mauvaise posture. Avec un match nul et deux défaites, le club de la Principauté est avant dernier de Ligue 1 avec un seul point. Les Monégasques se déplacent ce mercredi en Ukraine pour le match retour en Ligue des Champions et il faut observer quels sont les maux qui empêchent les Rouge et Blanc de performer en ce début de saison.

Une attaque inefficace

Où est passée la force offensive que possédaient les joueurs de Niko Kovac l’an dernier ? Le club a été la troisième meilleure attaque du championnat, notamment grâce à un style de jeu offensif prôné par le coach croate. Les attaquants de pointe que sont Wissam Ben Yedder (20 buts/7 passes décisives en L1 lors de la saison 2020-2021) et Kevin Volland (16 buts/4 passes décisives) n’ont pas l’air d’être en forme. Tous les deux sont rentrés tard de l’Euro et manquent de fraîcheur physique (1 but pour Volland face au Slavia Prague, 0 pour Ben Yedder). Les deux internationaux sont habitués à avoir un retard à l’allumage, le buteur français avait attendu la 4ème journée pour ouvrir son compteur la saison passée alors que l’ex joueur de Leverkusen avait marqué son premier but à la 9ème journée face à Bordeaux.

«Il faut trouver le juste équilibre en temps de jeu. D’autant que nous avons très peu de sessions d’entraînement. Après la trêve internationale de septembre, ils seront au niveau des autres.»

Niko Kovac, coach de l’AS Monaco

Un autre attaquant a rejoint les rangs monégasques: le très prometteur Myron Boadu (20 ans, acheté 17 M€ à l’AZ Alkmaar). Le hollandais va, lui aussi, avoir besoin d’un temps d’adaptation dans son nouveau club. Auteur de 15 buts en 31 matchs la saison passée, le jeune international doit faire ses preuves après trois premières sorties en championnat peu convaincantes. La possession de balle de son équipe (72.9% en moyenne en L1 cette saison) est devenue stérile et ne permet pas à ses attaquants d’avoir beaucoup de solutions de frappes intéressantes. Malgré la moyenne de 12 tirs/matchs, les occasions franches sont trop peu nombreuses (8 tirs cadrés en trois matchs). Cela est visible également par le nombre de tirs tentés dans les 18 mètres et en dehors de la surface:

Pourcentage de tirs tentés en Ligue 1 cette saison (Source: WhoScored)
Graphique montrant le nombre d’Expected Goals concédés et le nombre d’Expected Goals produits sur les deux premières journées de championnats (Source: Fbref)

Pourtant si on regarde le graphique ci-dessus, Monaco est deuxième derrière Marseille avec un peu plus de 1.1 Expected Goals Concédés, ce qui montre qu’elle n’a pas souvent été mis en danger en ce début de championnat. Les monégasques ont également un ratio proche de 3 Expected Goals produits. Le problème de forme peut donc peut se poser pour les attaquants qui possèdent des occasions mais qui ont beaucoup de peines à conclure leurs actions.

Une période de rodage plus longue que prévue

La période de mercato à Monaco a été synonyme de changement sur différents postes. Tout d’abord, Alexander Nübel est devenu le gardien titulaire à la place de Benjamin Lecomte (parti en prêt à l’Atletico Madrid), Jean Lucas commence à prendre la place de Youssouf Fofana au milieu de terrain, qui formait une paire très intéressante l’an dernier au côté de Tchouaméni. Le gardien prêté par le Bayern a concédé quatre buts en cinq tirs cadrés, dont une bourde qui a permis à Lens d’ouvrir le score grâce à Ganago. Radoslaw Majecki, le second gardien monégasque, est apprécié par Kovac, mais le gardien prêté par le Bayern ne devrait pas perdre sa place de n*1 pour le moment. Le turn-over n’a plus autant d’effet que l’an dernier, malgré que l’effectif n’ait pas énormément bougé dans son ensemble, on ne sent pas de plus-value dans cette équipe depuis le début de la saison.

«La saison dernière, nous avons mis en place nos principes car nous avions chaque semaine pour travailler. Ce n’est plus le cas. On joue tous les trois jours. Mais progressivement, les recrues assimilent ce que les autres savent déjà.»

Le coach croate se veut rassurant sur l’intégration de ses recrues

Un autre point à remarquer est dans le dispositif. Il y en a eu quatre différents qui ont été utilisés sur les six derniers matchs, ce qui n’est pas une bonne chose quand on les enchaîne tous les trois jours et que la stabilité doit être le maître mot. Beaucoup de joueurs dans l’effectif vivent cette situation pour la première fois . Cette succession rapide de rencontres oblige à l’ancien entraîneur du Bayern à devoir renouveler son effectif pour permettre à chacun de souffler.

Un effet de surprise qui a disparu

Le plan de jeu de l’ASM est désormais connu par toutes les équipes qui ne sont plus surprises par un jeu devenu un peu trop stéréotypé. L’attaque asémiste passe, le plus souvent, par Caio Henrique à gauche ou Gelson Martins à droite et Sofiane Diop ou Alexandr Golovin représentent souvent la seule alternative au milieu pour trouver la dernière passe clé. Le club de la Principauté a du mal surtout contre des équipes jouent en bloc bas comme Nantes ou Lorient, et peinent à faire déstabiliser les défenses adverses. « On est une bonne équipe seulement si on joue avec l’attitude et la passion de la saison dernière. Mais on va changer ça » a déclaré le Croate après la défaite face à Lens (0-2).

« Maintenir le même niveau implique qu’il faut faire plus que la saison dernière. On s’est endormis sur nos lauriers. Il faut se battre davantage. On ne respecte pas notre jeu comme on le faisait la saison dernière. On n’est pas stabilisés. Il n’y a rien d’acquis. (…) Certains pensent que c’est plus facile, qu’on est une bonne équipe parce qu’on est qualifiés en tour préliminaire de C1. Mais on est une bonne équipe uniquement si on met les ingrédients. » 

Niko Kovac veut que son équipe change d’état d’esprit

Le 3-5-2 sert de dispositif en phase offensive pour Kovac, avec un passage en 3-4-2-1 pour être en surnombre sur les côtés. Les deux pivots restent sur la même ligne et le latéral droit descend pour faire une défense à trois (Image 1). Le deuxième buteur peut redescendre accompagner par un autre joueur qui vient récupérer le ballon entre les lignes (Image 4). Attention, parfois des situations de déséquilibre peuvent se créer (Image 2 et 3), où l’attaquant excentré arrive en tant que second attaquant de pointe, ce qui laisse le champ libre à l’équipe adverse en cas de contre-attaque.

Ce mercredi, les joueurs du rocher affrontent le Chaktior Donetsk en match retour de barrage qualificatif pour la Ligue des Champions. La formation française va devoir compter sur ses attaquants si elle veut jouer la coupe aux grandes oreilles cette saison. Les erreurs individuelles sont monnaies courantes en ce début de saison également. Les monégasques doivent se remobiliser mentalement s’ils ne veulent pas vivre une première désillusion étant relégué en Europa League. « Je suis certain que les joueurs n’abandonneront pas leur rêve de jouer la Ligue des champions » a déclaré le coach natif de Berlin en conférence d’avant match ce mardi.

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