MMA

Lawler vs Diaz 1, review d’un combat d’anthologie

L’UFC 266 arrive ce week-end, avec son lot de noms prestigieux, de combats alléchants et d’intrigues sportives. Pourtant, aussi excitante que soit cette carte, elle demeure bancale. En effet, comme toute entreprise brassant des millions de $, l’UFC se doit de vendre pour subsister, quitte à contrarier l’aspect sportif. Dans cette optique, et malgré la remise en jeu de deux titres mondiaux et de la présence de plusieurs combattants de très haut niveau, cette carte 266 ne reposera pécuniairement que sur un duel de deux anciennes gloires. Deux anciens écorchés, réputés pour l’intensité de leurs combats et dont la seule présence suffit à lever les foules. Deux warriors des temps modernes qui remettent le couvert, 17 ans après leur première rencontre, et qui auront la lourde tâche de rendre leur nouvel affrontement au moins aussi culte que l’original. Gros plan sur leur premier duel.

2004, cette époque que les  »presque » moins de 20 ans ne peuvent que difficilement connaître, une époque où l’UFC faisait office de seconde ligue, tant elle peinait à prospérer dans l’ombre du gargantuesque Pride. Cette organisation nippone qui organisait des galas à portée internationale, qui remplissait des salles de plusieurs dizaine de milliers de places (allant même jusqu’à remplir un stade de foot en 2002) et dont chaque combat était presque un monument.
Sur les terres Japonaises, des golgoths du niveau de Emelianenko Fedor, de Antonio Rodrigo Nogueira, de Mirko Filipovic, de Semmy Shilt ou encore de Sergei Kharitonov se fracassaient aimablement dans un tournoi légendaire, regroupant une majorité des meilleurs poids lourds du moment, alors que la ligue que nous connaissons bien aujourd’hui galérait à trouver des opposants décents à son champion HW, Frank Mir.


Pourtant, avant Endeavor, la Ligue était dirigée par la société ZUFFA, alors contrôlée par les frères Fertitta qui croient en cet investissement racheté en 2001 pour une bouchée de pain – seulement 2 Millions de $ – à la société SEG.
Un investissement qu’ils basaient, dans un premier temps, sur un solide Triumvirat composé des stars de l’organisation Randy Couture, Tito Ortiz et Chuck Liddell et ça tombe bien, car le premier trône au sommet de la Ligue en étant son actuel champion des -93kgs, titre qu’il a glané en battant ces deux compères, le blond peroxydé et le rockeur mohican, qui réclament vengeance.

C’est donc au Mandalay Bay de Las Végas, en cette douce soirée du 02 Avril 2004 que se déroula l’UFC 47 : Ortiz vs Liddell, avec 8 duels au compteur. Huit guerres totales qui ont vu seize hommes aller jusqu’au bout d’eux-mêmes pour une somme cumulée et totale de 333 000 $ (dont 225 000 uniquement pour ses 2 têtes de série)… soit 108 000$ de restes à répartir entre 14 sportifs professionnels.
La carte est officialisée, le public répond présent, les petits plats sont dans les grands, le speaker Bruce Buffer a les narines remplies et Dana White se frotte les mains ; ça s’annonce chaud : let’s go !

La nuit est âpre : les rencontres s’enchaînent rapidement. Des illusions sont brisées et des rêves se réalisent.
Le troisième combat s’achève à peine par le K.O d’un de ses participants, que déjà la foule se prépare à accueillir le prochain face à face. Les musiques d’entrées résonnent dans la salle, et les deux nouveaux belligérants se toisent au centre de l’Octogone.

Dans le  »coin rouge », se dresse le jeune Robbie Lawler. Un gamin au punch ravageur, à l’agressivité constante et qui a déjà vaincu 4 adversaires au sein de la Ligue. La foule scande son nom, elle en a déjà fait son favori.
Face à lui, se tient un fringuant Jujitsuka tout droit venu de Stockton, une des villes les plus pauvres des US.
Longiligne, le profil apparemment bas mais la tête haute, ce Nick Diaz est entraîné par César Gracie, neveu de Carlos Gracie Sénior qui n’est autre qu’un des précurseurs du Jujitsu Brésilien.
Diaz est donc un pur produit du combat au sol et Lawler est un Boxeur avec de solides connaissances en lutte. Si Lawler parvient à rester sur ses deux jambes, le combat doit être aisé, presque une formalité.

L’arbitre envoie le signal, le duel peut débuter. Les deux opposants se jaugent, Robbie Lawler tire le premier, déjà sûr de ses frappes. Mais pourtant, c’est lui qui titube en premier, contré par un crochet précis de son adversaire. Bien que sonné, l’élève de Miletich sourit, mais son orgueil est blessé.
Et pour laver l’affront, il retourne à l’assaut et échange coup pour coup. Son regard est fou, sa colère évidente. Nick Diaz en est conscient, et provoque son adversaire pour le pousser à la faute.

En effet, durant ce match, le natif de Stockton n’aura de cesse d’invectiver verbalement Lawler.
L’insultant, le raillant, Diaz ira même jusqu’à baffer son adversaire. Excédé, même l’arbitre intervient pour lui ordonner de cesser de parler. Le 1er round s’achève, et pourtant, la haine brouille encore l’esprit de Robbie Lawler, le rendant sourd aux conseils de son illustre coach, et n’attendant plus que le gong retentisse pour retourner à la bataille. La 2ème reprise débute enfin, et les échanges reprennent violemment.
Alors que le duel semble s’équilibrer, un nouveau crochet invisible de Nick Diaz vient percuter la pointe du menton de son adversaire, le mettant immédiatement sur  »off ». Lawler s’écroule net, forçant l’arbitre à stopper la rencontre et ainsi désigner le gamin de Stockton comme vainqueur de ce match qui vient déjà d’entrer dans la légende…

Après ce gala, les deux hommes connaissent ensuite des carrières plus où moins similaires :
Remerciés par l’UFC, ils bâtissent leurs légendes dans des organisations prestigieuses, enchaînant les performances et glanant des ceintures à droite à gauche comme à l’EliteXC pour Robbie, et le Strikeforce pour Diaz.
Ce cv de master killer leur permet ensuite de revenir quelques années plus tard à la Maison Mère, accueillie par la grande porte. Lawler parvient même à arracher le Graal de la taille de Johny Hendricks, devenant pour un temps, le champion des WelterWeight (-77kgs) ; là où son illustre rival échoue à deux reprises face à l’invincible Georges Saint-Pierre et au charismatique Carlos Condit.

Hélas, le temps passe et Robbie Lawler, alors détrôné, reste sur une sombre série de défaites.
Quand à Nick Diaz, il ne combat plus depuis 2015, et restait lui aussi sur des résultats en demi-teinte.

Et pourtant, comme sorti d’un rêve de vieux fan, une revanche entre ces deux guerriers est programmée pour ce week-end, allant jusqu’à éclipser les deux titres Mondiaux. Éclipsant le duel de poids lourds entre Curtis Blaydes et Jairzinho Rozenstruik ou encore l’ascension de l’étoile montante géorgienne, Merab Dvalishvili et de la tricolore Manon Fiorot . 17 ans après leur première rencontre, ils s’affronteront à nouveau dans un ultime baroud d’honneur, pour la foule, pour le frisson…. Car leur Légende est déjà forgée !

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