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NFL : La technologie dans le match

Chaque semaine, des millions de gens regardent les matches de la NFL, le plus souvent à la télé. De plus en plus, ils suivent ce spectacle sur un second ou troisième écran (smartphone, tablette, ordinateur,…). Ceci leur permet de suivre leur équipe fantasy, de parler sur les réseaux sociaux ou regarder un autre match. Le CCS analyse l’impact de la technologie sur les différents acteurs (spectateurs, joueurs, coaches, arbitres).

Les fans savent déjà utiliser les moyens pour changer leur façons de voir un match. Ils se sont également rendus compte de l’évolution au cours des dernières années tout comme les autres acteurs du jeu. La NFL est ainsi à la pointe devant tous les autres sports quand il s’agit de technologie.

La télévision a été le plus grand changement technologique et est à la base de beaucoup d’évolutions récentes. Elle a accentué le côté dramatique et la popularité du jeu. Le ralenti instantané est une des choses les plus importantes. Les équipes utilisent ces images pour évaluer coaches et joueurs et la ligue s’en sert pour noter les arbitres. La télévision a aussi permis aux clubs d’améliorer leurs stades avec des écrans qui améliorent l’expérience du spectateur sur place.

La TV n’est pas le seul argument technologique qui a participé à l’évolution du jeu. D’autres éléments ont aussi permis d’améliorer l’arbitrage, la protection des joueurs ou la communication en temps réel qui permet aux coaches d’adapter leur plan de jeu au fil du match.

Tous ces éléments ont permis d’accélérer le jeu. Les salles réseaux intégrées aux stades permettent de réagir plus vite sur les vidéo-arbitrage et le wifi entre les coaches et joueurs permet des appels de jeu plus rapides. Pour les néophytes, vous pouvez voir une pastille verte derrière les casques des joueurs équipés d’un micro casque pour parler avec les entraineurs.

Les tablettes sur les bancs de touche permettent de revisionner les actions passées et de revoir les play-books virtuels à tout moment. Les coordinateurs peuvent ainsi analyser en direct l’exécution des jeux de leur équipe et l’adversaire.

La technologie a aussi aidé à protéger les joueurs. Les surfaces de jeu ont évolué pour que le contact avec le sol soit moins impactant et les casques et protections ont été renforcés également. Elle permet également de suivre en direct plusieurs paramètres médicaux des joueurs en direct ce qui aide à anticiper et traiter plus rapidement les maux dont ils pourraient être victimes, en particulier les commotions.

Le centre opérationnel des stades doit donc être sur le pont pour permettre à toutes ces technologies de fonctionner tout le match malgré les impondérables techniques, météorologiques, … Ils doivent vérifier l’ensemble des systèmes avant la rencontre pour éviter les conflits de fréquence ou d’adresse IP en plein cœur de l’action. Ainsi, la demande de bande passante augmente tout le temps à chaque match et tout le monde doit bénéficier de sa fréquence pour faire son travail au mieux.

Conserver l’intégrité

Tous ces changements sont surveillés par la ligue qui veut préserver l’équité et l’essence du jeu. Et ce n’est pas une mince affaire dans le présent et dans le futur. Il faut éviter une rupture de compétitivité comme on en a vu avec les combinaisons en natation ou les chaussures en athlétisme tout en continuant à innover.

Un slogan aide à garder cette ligne : l’amélioration ne doit pas apporter une plus-value plus faible que l’effort qu’elle nécessite.

J’essaie d’être sûre qu’il ne s’agit pas de technologie juste pour la technologie. Cela doit être pour rendre le jeu meilleur, plus sûr et plus rapide.

MICHELLE MCKENNA-DOYLE, NFL CHIEF INFORMATION OFFICER

Au fil du temps, les équipes investissent de plus en plus afin de pouvoir prendre le moindre avantage. Quand cela arrive, la ligue vérifie que l’évolution est accessible à toutes les équipes et également aux fans avant de l’avaliser. Elle a pour le moment montré une bonne efficacité dans cette tentative d’équité.

La communication coach-joueur

Alors que Julian Nagelsman (entraîneur du Bayern Munich) déclare vouloir mettre une oreillette à ses joueurs comme en NFL, ces derniers ont commencé en 1956. Ce sont des inventeurs de l’Ohio qui ont mis au point en premiers le système qui a été choisi par le coach hall of famer des Browns Paul Brown.

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Son équipe l’a utilisé d’abord secrètement lors d’une exhibition contre les Lions. Ceux-ci se sont aperçus que le coach adverse n’appelait pas les changements comme d’habitude mais à travers un micro posé un peu plus loin. Tout le monde a donc essayé de développer son système mais les interactions (par exemple un QB recevait la radio du taxi de la rue adjacente) puis la ligue a décidé d’interdire cette méthode 3 matches plus tard.

Ce n’est qu’en 1994 que la ligue a autorisé enfin un dispositif fiable. De plus, elle tentait d’accélérer le jeu car le passage de 45 à 40 secondes n’avait pas été une réussite. Cette communication a donc réduit le temps pour appeler un jeu d’entre 8 et 15 secondes. Le cyclisme s’est inspiré de ces systèmes pour l’oreillette.

Le nouveau dispositif permettait donc à toutes les équipes d’en bénéficier, tout en assurant une bonne communication qui en plus ne pouvait être écoutée par les adversaires. Désormais, un joueur défensif par équipe, le QB et les arbitres sont équipés pour fluidifier le jeu.

Le vidéo-arbitrage

La VAR a été adopté dans le même but : il fallait qu’elle soit efficace, rapide, et sûre. Elle a testée dès 1978 en présaison mais n’a été adoptée qu’en 1986 (voir article sur les règles pour le système). La première utilisation s’est faite sur un match Bears-Browns pour valider un TD de Cleveland.

La ligue a installé un observateur indépendant pour analyser les vidéos en 1992 car les critiques pleuvaient. Les différentes évolutions technologiques ont continué à améliorer la VAR : meilleure communication avec le WiFi, caméra HD et tous les angles couverts.

Ainsi, la ligue a augmenté le nombre de situations où le vidéo-arbitrage peut intervenir. Même si des fois, on a quand même du mal à comprendre certaines décisions, le bénéfice est incontestable et le nombre de mauvaises décisions a réduit considérablement.

La tablette bord-terrain

L’apparition des tablettes sur les sidelines a grandement amélioré l’analyse du jeu des coaches en temps réel. Elle a eu lieu en 2014 et au lieu de recevoir des photocopies de situations de jeu figées, les coordinateurs ont pu utiliser des vidéos HD à montrer aux joueurs.

A detail view of a Microsoft Surface tablet as seen on the sideline bench during an NFL preseason football game between the Cleveland Browns against the Chicago Bears on Thursday, September 3, 2015 in Chicago. The Bears defeated the Browns 24-0. (Scott Boehm via AP)

Il faut savoir que ces tablettes ne sont utilisables que pour les matchs et la ligue les garde pendant la semaine. Seules celles-ci peuvent être utilisées pendant les rencontres et ne peuvent donc pas être modifiées. Les équipes ne peuvent donc pas accéder à internet ou installer un programme qui leur permettrait d’obtenir un avantage. Il est prévu que les tablettes remplacent totalement le papier à l’avenir.

Le casque protecteur

Le casque est un élément essentiel de la sécurité des joueurs. Il est donc à la pointe dans les recherches pour être améliorer surtout depuis que les commotions sont prises de plus en plus au sérieux. Le dernier projet en date est un exemple de la nécessité d’avoir un élément solide et sécuritaire.

Suite à un concours, c’est une société québécoise qui est en charge des casques du futur de la NFL. La société Tactix a remporté un concours et possède désormais un financement de 238 000 $ pour réaliser son projet.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE
La doublure intérieure du casque se compose d’une coupole géodésique (à droite) dans laquelle s’insèrent une cinquantaine de coussinets imprimés en structure réticulée (à gauche).

Chacun des coussinets est formé d’une couche intérieure qui favorise l’aération et le confort, et d’une couche intermédiaire qui joue le rôle d’amortisseur. Cet amalgame permet des réactions spécifiques aux impacts perpendiculaires et aux impacts rotationnels pour optimiser l’amortissement.

Le but est donc de trouver le meilleur compromis entre efficacité, légèreté et taille du casque. Il faut aussi le garder élégant pour donner envie aux joueurs de le porter sans être ridicules. Son aérodynamisme est aussi étudié en soufflerie.

Et à l’avenir ?

Il y a plusieurs choses de prévues dans le cadre de la technologie au service du jeu. Le RFID est une méthode de transmission plus récente et efficace qui pourrait permettre d’équiper chaque joueur d’un système de micro-casque. Elle est testée depuis 2014. Les capteurs sont aussi essayé pour avoir toutes les données en temps réel en termes de fréquence cardiaque, vitesse, distance parcourue.

Même si les évolutions sont prévues pour améliorer les retransmissions télé et le spectacle, elles doivent également bénéficié aux coaches et aux joueurs. Elles doivent donc être approuvées également par le syndicat des joueurs avant d’être mises en œuvre.

Les statistiques en direct sont déjà disponibles pour les fans (surtout pour suivre leurs fantasy). Elles sont arrivées également dans les stades pour les smartphones des spectateurs qui peuvent aussi suivre les autres résultats. Pour les joueurs, il faut prendre plus de temps et bien analyser l’impact sur la santé.

Il est donc intéressant de suivre toutes les évolutions que la technologie peut apporter. Il ne faut quand même pas oublier que cela reste un jeu et il ne faut pas déshumaniser l’ensemble. Le spectre de la robotique est loin mais l’instinct humain doit rester au centre du jeu si on veut pouvoir garder les émotions d’une rencontre. L’erreur fait partie du jeu et même si les équipes tentent de les faire disparaitre, elles feront toujours le sel du sport. La NFL doit considérer la tradition et le facteur humain pour garder un spectacle à chaque fois renouvelé.

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