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John Franklin-Myers, danse parmi les stars

Cela a été annoncé dans la semaine, les Jets de New York ont offert un nouveau contrat de 4 ans et 55M au DE John Franklin-Myers. Joueur méconnu jusqu’ici en dehors de la grande pomme, JFM se retrouve désormais parmi les joueurs les mieux payés de sa position. L’occasion de faire un coup de projecteur sur celui qui, petit à petit, a su trouver son foyer et s’y montrer indispensable.

Un parcours chaotique

La vie de Franklin-Myers est à l’image de sa carrière, faite de nombreux obstacles. Placé en famille d’accueil jusqu’à ses 7 ans puis recueilli par son grand-père qui décèdera ensuite à son entrée au lycée, JFM se montre sur les terrains dans une équipe… désastreuse. Les Greenville Tigers arborent en effet un bilan de 0-30 sur la carrière lycéenne du pourtant talentueux et volontaire Defensive End. Passé sous les radars des grandes facs, il reçoit tout de même une bourse scolaire pour jouer sous les couleurs de l’équipe de football de Stephen F. Austin, une minuscule université du Texas.

JFM y dominera pendant toute sa scolarité, et même suffisamment pour attirer l’œil de la grande ligue. Par la petite porte, bien sûr. Une simple invitation à l’anecdotique NFLPA All Star Game. Une maigre opportunité, mais qu’il saura saisir. Sa performance à ce match lui vaudra une invitation au bien plus attendu Combine de la NFL. Les « JO en sous-vêtements » seront une vraie occasion pour lui de briller devant les GM et staffs des 32 équipes. Son 4.75s au 40yards à 280 lb donne notamment un bon aperçu de son potentiel.

Un potentiel qui pousse les LA Rams à le choisir au 4e tour de la draft 2018. Inespéré. Mais pas immérité si on en juge son temps de jeu plutôt conséquent dès sa première saison, dans une ligne défensive qui comprend Ndamukong Suh, Aaron Donal ou Michael Brockers. Puis vient son moment, un soir de février 2019, en conclusion de cette première saison. Un sack + fumble sur Tom Brady dans le SuperBowl, sur la plus grande des scènes et face au plus redoutable adversaire. Ca y est, JFM n’est plus dans l’anonymat, il n’a plus à combattre contre un environnement défavorable, il est enfin là où il devrait être depuis le début. Les Rams perdent le Super Bowl mais le nom de Franklin-Myers est désormais connu de tous.

Puis, quelques mois plus tard, les Rams le coupent. Merci, au revoir. 1 an à peine après avoir été drafté, quelques mois après avoir tutoyé les sommets, JFM repart dans l’anonymat des waivers. Il est réclamé par les Jets, qui le laissent de côté sur l’Injury Reserve pendant toute la saison 2019. Il retrouve les terrains en 2020 pour gratter un peu de temps de jeu et avec 2 sacks et plusieurs pressions dans un rôle rotationnel, plaît au coaching staff. A tel point qu’en 2021, il arrive en tant que titulaire et réalise un excellent début de saison. Résultat: en 4 match, voilà que le joueur de 24 ans se retrouve parmi les mieux payés de sa position. Un choix surprenant de la part de la franchise des Jets? Peut-être pas tant que ça au regard de ce que leur joueur apporte sur le terrain.

Une vraie plus-value pour les Jets

Malgré un physique qui le prédisposerait à un positionnement en DT, le staff de NY a installé Franklin-Myers en DE gauche, un poste où sa puissance peut briller face au côté fort de l’attaque. Si ses mensurations peuvent faire penser à un joueur physique et rugueux, son explosivité lui permet également d’être une menace dans le pass rush.

JFM passe en puissance sur l’intérieur du OT et résiste au double team pour détruire la poche de Tanehill et forcer sa décision.
JFM maîtrise le punch de son adversaire pour passer sur l’extérieur et forcer le QB à se faire sacker par le LB en blitz.

JFM est un pass rusher polyvalent par sa capacité à attaquer le OT adverse sous tous les angles: intérieur, extérieur ou bull rush, sa puissance et ses mains actives lui permettent tout. Son physique ne lui permet pas de gagner par la vitesse ou la flexibilité mais ses mains travailleuses et toujours en mouvement le gardent libre de celles de son adversaire. Il peut ainsi être une redoutable menace sur stunts, que ce soit pour occuper les bloqueurs ou pour profiter de l’effet de surprise offert par les mouvements sur la ligne. Car lorsque JFM est lancé, il devient très difficile à arrêter. Evidemment, c’est également un excellent défenseur contre la course.

Un contre un face à un TE, le résultat était couru d’avance.

Son style de jeu laisse ses coaches la liberté de le faire jouer la course puis la passe. Puisque Myers ne mise pas sur l’explosivité, il peut prendre le temps de lire l’action et manipuler son OL afin de défendre différents aspects du jeu offensif. Polyvalent, jamais hors de position, travailleur et avec un gros moteur, JFM est le soldat parfait. Le joueur n’est pas flashy mais il est aisé de voir pourquoi ses coaches l’adorent. Son travail ouvre de nombreuses possibilités pour Robert Saleh qui peut ainsi maximiser le reste de son front seven.

Et à 24 ans seulement, le petit John peut encore grandir. A l’aurée de ce qui sera sûrement sa meilleure saison en carrière, les Jets ont été prévoyant afin de ne pas regretter le départ d’un talent qui éclot enfin au grand jour. En regardant les salaires NFL au poste de DE, JFM se place désormais en 11e position entre JJ Watt et Whitney Mercilus. Deux joueurs vieillissant et dont les contrats commencent à dater. Facile de comprendre, donc, pourquoi la somme versée par les Jets peut finalement vite se transformer en excellente affaire. Prendre les devants leur permet de ne pas surpayer un joueur pour le voir rester, en acceptant le risque de se tromper sur son apport au long d’une saison entière. Pour l’instant, le jeune homme originaire du Texas leur donne raison.

La signature de son gros contrat par John Franklin-Myers n’a, semble-t-il, pas fait beaucoup de vagues dans le paysage NFL. Eclypsée très rapidement par le trade de Stephon Gilmore, le Thursday Night Football et la blessure de Russell Wilson, la nouvelle a été vite reléguée au second rang par les médias. Mais la star de Greenville l’a déjà montré, sa résilience est à tout épreuve et il ne faudra plus très longtemps avant qu’il force la grande ligue à définitivement retenir son nom.

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