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[INTERVIEW] Benjamin Bonzi : “ C’est ça qui fait la différence avec le moi d’il y a deux ans ”

Après une entrée fracassante dans le top 100 et six tournois remporté dans la catégorie Challenger cette saison, Benjamin Bonzi a pris le temps de se confier au Café Crème Sport durant l’Open d’Orléans. Sa réussite, ses changements, son œil avisé sur le circuit Challenger et ce qu’il doit améliorer dans son jeu, le numéro 2 français à la Race se livre en toute simplicité.

Bonjour Benjamin. La fin de saison se rapproche, vous avez beaucoup gagné cette année et vous venez d’enchaîner un grand nombre de matches en septembre, comment vous sentez-vous physiquement ?

 Aujourd’hui, je me sens très bien, je peux difficilement être dans une meilleure forme.

Vous êtes sur une série un peu dingue en Challenger, comment l’expliquez-vous ?

Je ne l’explique pas trop. J’ai senti que je jouais bien au tennis cet été aux Etats-Unis sur les séances d’entraînement. Je me sentais plutôt bien, je perds en qualificatif à l’US Open contre un adversaire qui était juste meilleur en face. Après, je suis rentré en France, avec pas mal de repères et de certitude sur ce que je faisais. Je jouais bien.

C’est vrai que l’enchaînement a été un peu fou à mon retour avec les trois Challengers que j’ai enchaîné victorieusement. C’est venu petit à petit à Saint-Tropez où j’ai fait une très bonne fin de tournoi. J’arrive à Cassis, je savais que cela allait être dur, mais je me suis dit pourquoi pas faire le doublé. Au final, c’est le même scénario, le début est compliqué puis je joue très bien sur la fin de semaine. J’enchaîne à Rennes même si cela commençait à être compliqué physiquement, mais j’ai été très bon dans les moments charnières. Je pense que c’est le résultat de tout le travail qu’on fait depuis deux ans maintenant, mais c’était compliqué à prévoir.

Concernant votre réussite actuelle, qu’avez-vous changé dans votre quotidien et/ou dans votre jeu pour avoir réussi à franchir un cap cette année ?

On a changé pas mal de choses. J’ai changé de structure en octobre 2019. J’ai tout changé autour de moi. J’ai changé de ville, d’entraîneur. J’ai eu cette volonté de changer tous mes repères et de repartir sur quelque chose de nouveau. 

On a eu un gros travail technique sur tous les coups du tennis dans un premier temps. On a changé pas mal les intentions de jeu et c’est vrai que pour moi ce qui ressort aujourd’hui, c’est cette stabilité mentale que j’arrive à avoir sur le court. Je gère beaucoup mieux mes émotions, les moments tendus. J’ai maintenant cette faculté à accepter le fait d’avoir des temps forts et aussi des temps faibles. Mais ces temps faibles, j’essaye de faire au mieux pour qu’ils ne soient pas si faibles que ça.

Au final, toute cette gestion-là est très bonne aujourd’hui. C’est ça qui fait la différence avec le moi d’il y a deux ans. 

(Crédit photo : Thomas Brégardis / Ouest-France)

Avec du recul, que vous apporte ou que vous a apporté, le circuit Challenger dans votre progression ?

Beaucoup de choses, c’est un circuit par où il faut passer, il n’y a pas de match facile. Aujourd’hui, tout le monde joue bien sur le circuit Challenger, il peut se passer beaucoup de choses entre la 60e et la 300e place, sur un jour, sur un match.

Il n’y a pas de match donné, c’est un circuit qui forme beaucoup. C’est un peu l’antichambre pour les joueurs classés entre la 100 et 300e place, c’est un passage qui est obligatoire si tu veux rentrer dans les 100.

Tout le monde joue très bien, les différences entre les joueurs sont infimes. Il faut vraiment aller chercher chaque match. Maintenant, me concernant, il faut juste avoir plus d’expériences sur les Grands prix.

Et comment choisissez-vous ces tournois Challengers, avez-vous des critères sur lesquels vous vous basez ?

Il n’y a pas de critères précis, c’est surtout en fonction de la surface. En ce moment, je sais que j’ai envie de jouer sur dur donc ça se tourne naturellement vers la tournée en France où il y avait une longue série. Franchement, c’est cool de pouvoir profiter de cet enchaînement. Après, ma programmation est principalement calée sur les surfaces.

J’imagine qu’aujourd’hui, vous êtes sur un petit nuage, comment appréhendez vous la transition entre le circuit Challenger et le probable enchaînement des ATP 250-500 qui vont arriver ?

Je n’ai pas d’appréhension particulière, j’ai déjà fait de très bons matchs sur les Grands prix cette année. Après, c’est vrai que j’ai affronté de grands joueurs où les matchs se sont joués à peu de choses à chaque fois. Il va falloir réussir à passer ce cap-là. Je vais prendre le temps de le faire, il n’y a pas de peur particulière à avoir. Cela va être une intensité un peu supérieure sur tout un match, des petits détails. Mais j’ai hâte d’aller me frotter à tout ça.

Un programme pour la fin de l’année ?

Je vais à Mouilleron la semaine prochaine (il est tombé au premier tour contre l’Allemand Rosenkranz). Derrière, j’aurai une semaine d’entraînement puis si je ne dis pas de bêtises, je pars faire les Grand Prix de Moscou et de Saint-Pétersbourg, puis il y aura Bercy derrière.

Avez-vous des objectifs clairement établis pour les prochains mois ?

Essayer de gagner les matches, puis on va voir où cela me mène, mais il n’y pas d’objectifs en termes de classement. L’idée, c’est de continuer comme on le fait sur le travail et essayer de continuer à progresser.

Justement vous dites vouloir continuer à progresser, avez-vous des axes de progression qui se dégagent ?

Personnellement, je sens qu’il n’y a pas un coup où je suis au maximum de ce que je peux faire. Donc il y a encore beaucoup de progrès à faire et on va se laisser guider par ça. L’idée, c’est simplement de continuer sur le travail qu’on a commencé il y a deux ans, sur les intentions de jeu.

Techniquement, il y a encore beaucoup de choses à faire pour grappiller quelques pour-cent sur certains coups : améliorer les intentions, essayer d’avoir un jeu un peu plus offensif, monter les intensités pour être capable de les tenir encore plus longtemps sur les matchs. Il y a plein d’axes qui sont dans la lignée de ce que je fais maintenant, mais je pense qu’on peut encore aller grappiller plus haut.

Le Café Crème Sport remercie Benjamin Bonzi pour sa disponibilité et ses réponses pleines de franchise et de sympathie. En lui souhaitant réussite et avancées pour ses prochaines ambitions sur le circuit Challenger et les Grands Prix.

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