Autres championnats Foot

Darwin Núñez à la conquête de l’Europe

Fraîchement élu joueur du mois en Liga portugaise, l’attaquant très prometteur du Benfica Lisbonne Darwin Núñez est un 9 pétri de talent capable de viser les sommets. L’international uruguayen (6 sélections 2 buts) formé à Peñarol, a connu une trajectoire de carrière particulière puisqu’il est arrivé en Europe par la petite porte, en seconde division espagnole à Almería. Faisant partie des nombreux jeunes recrutés par le club espagnol pour faire du trading, le joueur de 22 ans est parti après une seule saison très réussie pour 24 millions d’euros, record de transfert en deuxième division espagnole. Pas toujours régulier ni titulaire, Núñez alterne entre le moyen et le très bon depuis qu’il est à Lisbonne.

Un attaquant complet et usant

Découvert par beaucoup lors de sa grande performance face au FC Barcelone en Ligue des Champions (doublé dans la victoire 3-0 de Benfica), Darwin Núñez a montré toute l’entendue de son talent ce soir-là. Avec un physique impressionnant du haut de ses 1m87 et 78 kg, Darwin Núñez est imposant et rapide lorsqu’il court sur un terrain. Son énorme volume de jeu couplé à une très bonne endurance lui permettent d’être toujours en mouvement, que ce soit en possession ou au pressing. Très bon sans ballon, l’international uruguayen est sans cesse disponible et oscille entre le jeu dos au but pour tenir le ballon et servir de relai à ses partenaires et la recherche de la profondeur via des appels en diagonale en phase de possession et des appels verticaux sur les contres. Ayant une vitesse très élevée en sprint, Núñez est une arme létale sur les phases de transition lorsqu’il est lancé. Moins vif sur les petits espaces à cause de sa corpulence imposante, il est tout de même capable d’éliminer son défenseur via une panoplie de dribbles simple et efficace. Il n’oublie pas de garder la tête levée dans la recherche d’un partenaire pour créer une occasion ou une opportunité de une-deux.

Compilation d’actions de Darwin Núñez en 2021 par JM Productions.

Techniquement parlant, Darwin est un peu plus brut que sur ses qualités physiques exceptionnelles et ses qualités mentales très solides. Sa qualité de tir n’est pas la meilleure (40 % de tirs cadrés seulement) même s’il possède un énorme puissance de frappe, on a parfois l’impression qu’il rate une occasion simple et marque un but bien plus difficile. En manque de confiance et en dessous de ses xG en Liga portugaise l’an passé (6 buts pour 8,62 xG), le droitier originaire d’Artigas en Uruguay semble néanmoins avoir réglé la mire cette saison avec 6 buts marqués en 6 titularisations toutes compétitions confondues. Une confiance retrouvée et une meilleure prise de décisions offrent au numéro 9 la chance de retrouver son instinct de buteur qui lui a grandement manqué par moment l’an passé. Jorge Jesus privilégie dernièrement un trio d’attaque Rafa-Yaremchuk-Núñez dans un 3-4-3, où Yaremchuk décroche dans l’axe et Rafa dézone plutôt à droite et Núñez à gauche. Darwin est très à l’aise lorsqu’il dézone à gauche, comme en témoigne son but face au Barça. Il réussit dans cette association à trois attaquants car il n’est pas un joueur qui oublie ses partenaires une fois dans la surface. Auteur de 9 passes décisives en championnat l’an passé, il sait se muer en relai et en créateur lorsque la confiance et la finition n’était pas au rendez-vous. Sa taille et son bon jeu de tête lui donnent un avantage dans les airs sur les déviations comme sur coup de pied arrêté.

Enchaîner est la clé

L’adaptation au très haut niveau avec Benfica n’a pas été immédiate pour Darwin qui venait d’arriver un an auparavant en Europe et qui avait l’habitude de dominer les défenses adverses en seconde division espagnole. Au Portugal, il a connu des difficultés notamment face aux nombreux blocs bas que rencontre Benfica en Liga. Etant le plus efficace dans un football de transition, il n’a pas toujours semblé à l’aise dans ce que proposait tactiquement Jorge Jesus. Depuis l’instauration du 3-4-3, Núñez est plus libre et peut faire parler son profil complet. En faisant un peu de tout dans une rencontre, il reste avant tout la première menace sur la défense centrale et le but adverse et en est le premier à aller presser sans relâche. Capable de très nombreux efforts, Darwin a encore quelques progrès à faire pour maximiser ses qualités au pressing déjà très bonnes en dosant mieux ces fameux efforts.

Highlights de Darwin Núñez dans le match qui l’a révélé à toute l’Europe par ARComps.

Car la seule chose qui manque réellement à Darwin, c’est la régularité. L’an passé, l’Uruguayen a été sur courant alternatif d’un match à l’autre en alternant des grandes performances en Ligue Europa notamment et des passages à vide inquiétant dans les chocs en Liga Bwin. Jamais décisif contre Porto, le Sporting ou contre Braga, Darwin a enfin brisé cette « malédiction » des gros matchs face au FC Barcelone en Ligue des Champions. Lancé comme il est cette saison, ses soucis de régularité sont possiblement de l’histoire ancienne et il va pouvoir enchaîner les buts comme à Almería il y a deux ans. S’il y parvient, le ciel est la limite pour Darwin qui attire des comparaisons très flatteuses avec Cavani notamment. La légende uruguayenne Diego Forlán le décrit comme un mix entre Suárez et Cavani tandis que son entraîneur déplore déjà son futur départ inévitable. Des cadors européens le scoutent activement depuis le début de saison dont les deux grands clubs milanais, les deux grands clubs madrilènes et Manchester United. Au vu de son profil, Núñez est bien taillé pour prendre la suite d’Haaland à Dortmund par exemple car il serait inarrêtable face aux blocs haut de la 1.Bundesliga. La Premier League et son football de transition peut aussi parfaitement convenir à l’athlète qu’est Darwin Núñez, et même la Série A ou la Liga ne seront pas un frein à cet attaquant complet.

Auteur d’un début de saison tonitruant, Darwin Núñez peut rêver de titres à Benfica comme de gros transfert dès cet été s’il continue sur le même rythme. Possédant une clause libératoire à 150 millions d’euros et un contrat jusqu’en 2025, Benfica a tout le pouvoir nécessaire pour faire grimper très haut les enchères pour la nouvelle star uruguayenne.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :