A l'affiche Auto / Moto Formule 1 Omnisport

Formule 1 – Les Grands Prix « exotiques » du calendrier

Cette année, la F1 a accueilli de nombreux Grand Prix dans son calendrier, il y a les petits nouveaux, comme celui du Qatar, de l’Arabie Saoudite, ou encore d’ici peu, celui de Miami ou du Vietnam, tout comme le retour des anciens, avec l’imprévisible circuit d’Istanbul, en  Turquie, celui de Zandvoort, absent du calendrier depuis 1985, et de ses spectateurs aussi bouillants que passionnés, ou bien même du mythique tracé d’Imola.

Ces lieux, exotiques pour certains, mythiques pour d’autres, ont pu apparaître sur le calendrier de la Formule 1 en raison des difficultés à se rendre dans certains pays, et ce n’est pas pour nous déplaire ! Cela nous permettant de découvrir de nouveaux tracés, d’en retrouver d’anciens, d’apporter une part d’incertitudes à la course, cauchemar des ingénieurs, utopie des spectateurs. 

Mais, bien que ces voyages soient un bol d’air frais pour la F1, il ne faut pas s’y habituer, car à partir de 2022, le calendrier F1 devrait retrouver ses habitudes, mis à part l’arrivée d’un petit nouveau, et avec ceci, le retour des Grands Prix « exotiques ». 

De nouvelles destinations bien différentes à autrefois

Vous l’aurez compris, aujourd’hui, on s’attaque aux nouvelles destinations de la F1, celles dans des pays parfois en contradiction avec ce que veux promouvoir la F1, avec des tracés façon « aire de parking », sans âme, sans passionnés, bref, des destinations qui ne plaisent pas.

Si l’on interroge les plus nostalgiques et anciens des passionnés du sport sur les plus beaux circuits qu’ils aient connus, nombreux sont ceux qui s’accorderont pour dire que Monza, Silverstone, Monaco, Spa ou encore le Nürburgring et son redoutable Nordschleife ( Boucle Nord ) seraient légitimes à cette distinction. Cependant, peu d’entre eux citeraient le Grand Prix de Russie ou celui d’Abu Dhabi comme trustant le haut du tableau.

Le circuit du Nürburgring, et sa fameuse Nordschleife ( Boucle Nord ), considéré comme « l’Enfer vert » par les pilotes ( Crédit : Pixabay Mibro )

En effet, n’en déplaise aux passionnés, les derniers ajouts au calendrier F1, à l’exception de Zandvoort, sont des circuits neufs, modernes, situés dans des lieux exotiques, atypiques, en quelques mots, qui ne sont pas fait pour la Formule 1 et tout simplement le sport auto, tant en terme de climat, qu’en terme de passionnés et réels spectateurs du sport. 

Ces nouvelles destinations contrastent donc bien avec les anciens tracés, ceux « avec de l’herbe et des graviers », ne laissant pas la place à l’erreur, et pour qui le sport auto est ancré dans l’histoire et la tradition, des tracés de légende.

Alors pourquoi délocaliser les Grands Prix ? Et bien il y a officiellement deux raisons à cela, bien que seule la première sera retenue comme réellement considérée et valable. Cette raison, comme pour un grand nombre de situations de notre société moderne, concerne l’argent, la seconde, quant à elle, supposerait une volonté d’attirer un nouveau public vers la F1

Ce n’est pas un secret, la Formule 1 est un sport historiquement basé sur l’argent, il serait donc possible de penser que Bernie Eccleston, tout comme Liberty Media auraient un rapport bien plus proche avec leur compte en banque qu’avec leur passion du sport automobile. Les nouveaux circuits qui sont arrivés sont financés par de riches investisseurs, possédant une fortune que nombreux seraient envieux d’avoir, et souhaitent développer la Formule 1 au sein de leur pays, afin d’y tirer bénéfices et profits. Dès lors, lorsqu’il s’agit de placer ces nouvelles destinations dans le calendrier F1, les organisateurs se réfèrent au plus offrant, et donc exit de nombreux lieux historiques de la F1, comme l’Allemagne, la France pendant longtemps, ou encore les Pays-Bas, qui voient enfin leur patience récompensée après de longues années d’attente… De ce fait, ces nouvelles destinations, malgré leurs moyens astronomiques et les efforts fournis afin d’accueillir la catégorie reine du sport automobile chez eux, ne parviennent donc pas à égaler l’engouement qui caractérise les circuits historiques du calendrier.

Chase Carey, Bernie Eccleston et Christian Horner en pleine discussion lors du Grand Prix d’Abu Dhabi en 2016, ( Crédit: Batchelor / XPB Images )

Des tracés modernes, mais fades et impersonnels

La plus grande critique qui pourrait être faite vis à vis de ces nouveaux tracés serait possiblement le fait que le spectacle n’est pas généralement le bienvenu, le Grand Prix de Russie 2021 étant une exception confirmant la règle. Il est vrai, les dernières éditions de ce tracé, tout comme celles offertes par Abu Dhabi ou encore celui de Singapour ( malgré son critère de course nocturne et de Monaco moderne ), permet plus aux téléspectateurs de rattraper leur sommeil perdu plutôt que de rester en haleine devant la course. La raison à cela résidant dans le fait que l’architecture des tracés et la conception des circuits, qui, bien que se voulant modernes et respectueuses de toutes les normes de sécurité, semblent impersonnelles, banales et sans réel intérêt

Ces tracés, la plupart dessinés par Hermann Tilke, qui a pu y apposer sa patte désormais si critiquée, se ressemblent tous, avec des grandes lignes droites amenant à un gros freinage et d’une épingle, ainsi que d’un secteur « technique » avec des virages lents, et surtout, de grandes zones de dégagements asphaltés, destinées aux sorties de pistes des pilotes. Cette architecture, comme écrit au dessus, s’est développée en raison de la volonté de protéger au mieux les pilotes, mais également de favoriser les dépassements et le spectacle en course. Cependant, l’un comme l’autre n’est pas assuré, ces fameuses zones de dégagement ne ralentissant pas les monoplaces, qui filent vers les murs, tout comme l’absence de dépassement et de spectacle n’étant pas particulièrement présent lors des courses.

Le circuit de Miami, circuit moderne et urbain, fera son apparition en 2022 dans le calendrier, présente toutes les caractéristiques de l’architecture d’Hermann Tilke ( Crédit: Map data @2021 Google )

Ces circuits, donc, ne font pas l’unanimité au sein des spectateurs, qui y préfèrent des circuits anciens, constitués d’herbes et de graviers, où la moindre sortie de piste est coûteuse pour les pilotes. Mais ils ne plaisent également pas aux pilotes, qui ne voient pas spécialement l’intérêt de ces circuits où les monoplaces se suivent sans pouvoir se doubler.

C’est le cas par exemple de Lewis Hamilton, le septuple champion du monde et ses déclarations pesantes sur le monde de la F1 qui avait dès lors déclaré, lors de l’annonce d’un Grand Prix au Vietnam, « Je suis déjà allé disputer une course de F1 en Inde. C’était étrange, parce que, dans un pays d’une telle pauvreté, […] J’avais un sentiment très mitigé lorsque je suis allé à ce Grand Prix […] Purement du point de vue de la course, je ne sais pas à quel point il est important d’aller dans de nouveaux pays ».

Même son de cloche du côté de Sebastian Vettel, l’allemand a adoré son week end à Zandvoort, et milite pour plus de virages inclinés, à haute vitesse, tout comme ses collègues de paddock, qui assurent préférer des circuits à haute intensité, avec de nombreux virages rapides, plutôt que des longues lignes droites sur des aires de parkings.

Le premier secteur du circuit d’Abu Dhabi, en 2019, où le spectacle n’a pas encore été au rendez-vous cette année là ( Crédit: Rolex/Jad Sherif )

La perte des traditions

Ainsi, le renouvellement et la modernisation de la F1 ne font pas plaisir à la majorité des amateurs de ce sport, tout comme à ces acteurs. La transition entre des circuits historiques, avec une âme et leurs propres caractéristiques, pour des circuits modernes et parfois impersonnels fait grincer des dents.

Cependant, c’est désormais la voie que souhaitent suivre les investisseurs et grands patrons de la Formule 1, délaissant les traditions pour l’argent et la cupidité

Malgré cela, il ne faut pas désespérer, les évènements des dernières années nous ont permis d’assister au retour sur le calendrier, bien que provisoirement, de circuits historiques, comme Imola ou le Nürburgring, qui, sous l’excitation de retrouver ces anciens tracés, auraient pu avoir tendance à nous faire oublier si les courses n’offraient pas le spectacle que nous attendions ( bien que cela ne fut pas le cas ).

L’argent régit ce sport, c’est un fait, mais la surpuissance des nouveaux investisseurs, couplée aux tracés et l’environnement autour des nouveaux Grand Prix dénaturent le sport qui nous passionne tous, au grand damn des plus nostalgiques d’entre nous. Reste à voir ce que vont nous proposer les nouveaux Grand Prix, avec un climat assez rude, et de nombreuses incertitudes, ils pourraient peut être bien nous offrir quelques belles surprises, et puis qui sait, tout comme Imola qui remplacera à nouveau le Grand Prix de Chine en 2022, il sera possible de retrouver encore nos circuits préférés dans les années à venir.

(1 commentaire)

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :