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Ski Alpin – Les F1 du cirque blanc

En attendant les Jeux Olympiques qui se tiendront du 4 au 20 février prochain, la rédac’ Sports d’Hiver du CCS se mobilise afin de vous préparer au mieux en vue de cette échéance. C’est pourquoi nous vous proposerons au tout au long de ce début de saison, des articles présentant les différents sports ainsi que leurs disciplines, les athlètes qui ont marqué l’histoire, et ceux qui sont prêt à l’écrire… Nous entamons aujourd’hui cette série avec le ski alpin !

Les chiffres à retenir

Année de fondation de la fédération : 1924

Licenciés en France : 47.000

Pays le plus médaillé aux Championnats du Monde : Autriche

1ere apparition aux Jeux Olympiques : 1936 à Garmisch-Partenkirchen

Athlètes les plus titrés : Kjetil André Aamodt et Janica Kostelić (4)

Athlète le plus médaillé : Kjetil André Aamodt (8)

Pays le plus médaillé : Autriche (114 dont 34 titres)

Nombre de médailles françaises : 48 dont 15 titres

Désormais considéré comme un des sports rois lors des olympiades d’hiver, le ski alpin a connu d’importantes difficultés pour s’intégrer au programme. En effet, les pays nordiques sont d’abord catégoriquement opposés à l’arrivée du ski alpin, qui est donc non présent lors des trois premières éditions. Il fait son apparition en 1936 en Allemagne, où seule une épreuve est disputée, le combiné. Après une interruption de 12 ans liée à la Seconde Guerre Mondiale, le ski alpin est de retour en 1948 avec deux nouvelles disciplines, la descente, et le slalom. Le géant est intégré en 1952, et le super-G en 1988. Lors de la dernière édition des JO à PyeongChang, on assiste au premier Team Event, remporté par la Suisse.

Photo Emile Allais, 1936 Ski alpin L'équipe de France Olympique aux JO de  Vancouver 2010
Emile Allais remporte la médaille de bronze sur le combiné des Jeux Olympiques de 1936. Crédit : France Olympique

Au-delà des Jeux Olympiques, des Championnats du Monde sont disputés tous les 2 ans, les prochains seront d’ailleurs organisés en France, à Courchevel et Méribel en 2023. Des rendez-vous évidemment très importants, mais qui résonnent moins fort qu’un titre olympique ou qu’un gros globe de cristal. Ce dernier est décerné au vainqueur de la Coupe du Monde, celui qui a réussi à engranger le plus de points tout au long de la saison. Le tenant du titre est le français Alexis Pinturault. Pour inscrire des points, il faut terminer parmi les 30 premiers de la course, le vainqueur en remportant 100, le second 80, et ainsi de suite jusqu’au 30e qui repart avec 1 point.

Les différentes disciplines

En Coupe du Monde, 5 épreuves sont désormais courues :

La descente. Elle est considérée comme la discipline reine du ski alpin. C’est la vitesse par excellence, là où un engagement total est primordial. C’est sans aucun doute la plus impressionnante. Des pentes à 85% comme au départ de la Streif de Kitzbühel, des pointes de vitesse à 162km/h comme Johan Clarey à Wengen, ou des sauts de 70m comme sur les Camel de Val Gardena, c’est ce qu’il faut avaler pour remporter une descente, qui sont pour certaines des monuments dans le paysage du ski alpin. Ces pistes qui varient entre 450 et 800 mètres de dénivelé pour les femmes, et entre 750 et 1100 pour les hommes, ne voient que très peu évoluer les tracés d’une année sur les autres. Après au minimum un entraînement, la course se dispute sur une seule manche qui dure généralement entre 1m30s et 2 minutes, sauf exception (Wengen près de 2m30s). Tout ca avec des skis de minimum 2m18 pour les hommes et 2m15 pour les femmes.

Le saut parfait pour gagner une descente de Coupe du monde
Le saut d’Aksel Lund Svindal à Val Gardena. Crédit : skieur magazine

Le Super-G. Deuxième épreuve de vitesse, elle se dispute également sur une seule et unique manche, sans entraînement auparavant et avec une simple reconnaissance. Cette dernière est centrale puisqu’elle permet d’identifier les passages clés de la course. Souvent couru sur la même piste que la descente mais avec un départ donné plus bas, le Super-G exige des changements de direction plus rapide avec des virages plus rapprochés les uns des autres (le rayon de courbe est inférieur à celui de la descente, 45 contre 50 mètres). Il est fréquent de voir des techniciens polyvalents accrocher des places sur les podiums sur les terrains les plus techniques, on pense à Mikaela Shiffrin chez les femmes ou Alexis Pinturault chez les hommes.

Le slalom géant. Classé dans les disciplines techniques, le géant est vu comme la discipline de base du ski alpin. C’est par elle que tout le monde commence et fait ses classes. Avec des virages encore plus courts et plus rapprochés, les temps de répit se font rares. Cette fois-ci, deux manches sont courues, sur deux tracés différents. Pour se qualifier pour le second passage, il faut figurer parmi les 30 premiers. Les qualifiés s’élancent ensuite dans l’ordre inverse des résultats (du 30e au 1er). Le plus rapide au temps cumulé des deux manches est déclaré vainqueur. Le temple du géant est la piste de la Gran Risa à Alta Badia.

Le slalom. La précision, la justesse, le timing, c’est ce qui résume le slalom. Les piquets simples ont remplacé les portes classiques des autres disciplines, ce qui permet aux athlètes de passer au plus proche de la base du piquet, afin de faire le moins de chemin possible et de gagner du temps. Une nouvelle fois, le résultat est obtenu au meilleur des deux manches avec les mêmes modalités qu’en géant. Ces manches durent le plus souvent environ 50 secondes mais sont très physiques avec en moyenne 65 virages. Réservé uniquement aux spécialistes à cause d’une technique bien spécifique, le slalom offre un superbe spectacle avec des écarts souvent minimes.  

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La reine Mikaela Shiffrin (USA) en slalom

Le parallèle. Apparu il y a maintenant 10 ans, cette discipline semble vouloir s’implanter durablement dans le calendrier. La FIS prône un format de confrontation directe spectaculaire. En effet, les skieurs s’affrontent deux par deux, sur deux tracés de slalom géant identiques, côte à côte. Le plus rapide à l’arrivée est qualifié pour le tour suivant. Après avoir suscité beaucoup de débat sur l’équité, le parallèle a gagné en légitimité.

Aux Jeux Olympiques   

6 épreuves sont disputées aux Jeux Olympiques : la descente, le Super-G, le géant, le slalom, le combiné, ainsi que le Team Event.

Bien que remplacé sur le circuit de la Coupe du Monde par les épreuves de parallèle, le combiné est encore bien présent au programme olympique pour ces jeux de Pékin. Une discipline qui récompense le skieur le plus complet, puisqu’elle est composée d’une descente et d’un slalom. Le plus rapide au terme des deux manches sera champion olympique, une discipline où les français ont toujours bien figuré.

Autre discipline présente cette année : le Team Event. Arrivé en 2018, ce parallèle par équipe est reconduit et clôturera les Jeux pour ce qui est de l’alpin, le 19 février. Même principe qu’un parallèle normal sauf qu’il se coure en équipe mixte, une belle façon de collectiviser ce moment unique dans une carrière.

Des champions qui ont marqué leur époque

Jean-Claude Killy (FRA) : triple champion Olympique à Grenoble en 1968

Les sœurs Goitschel (FRA) : 3 titres olympiques et 13 médailles mondiales à elles 2 deux

Franz Klammer (AUT) : recordman de victoires en descente (25) et de globes de la spécialité (5)

Janica Kostelic (CRO) : 4 titres olympiques et 3 gros globes de cristal

Ingemar Stenmark (SUE) : recordman de victoires en Coupe du Monde (86)

Lindsey Vonn (USA) : 82 victoires en Coupe du Monde, 3 gros globes et 8 médailles mondiales

Marcel Hirscher (AUT) : 8 gros globes consécutifs, 7 titres mondiaux et 2 olympiques

Christine Goitschel — Wikipédia
Christine et Marielle Goitschel après leur doublé aux Jeux Olympiques d’Innsbruck en 1964

Les français à suivre à Pékin

Chez les femmes, la double championne du monde de géant Tessa Worley devrait une nouvelle fois faire office de tête de liste et tentera d’aller chercher la seule médaille manquant à son palmarès. Dans les autres disciplines, les françaises essaieront de jouer les troubles fêtes, notamment en vitesse où les courses d’un jour sont souvent ouvertes et pleines de surprises. On aura un œil attentif sur Romane Miradoli, de retour de blessure en ce début de saison.

Mikaela Shiffrin fera évidemment figure d’épouvantail, l’américaine déjà double championne olympique pourrait très bien décider de s’aligner sur toutes les épreuves, elle qui a déjà remporté une course dans toutes les disciplines ! On suivra également l’italienne Sofia Goggia en vitesse, et la slovaque Petra Vhlova en technique, entre autres…

Chez les hommes, les ambitions seront plus élevées, notamment en technique avec à chaque fois 2 ou 3 hommes capables de jouer la victoire.
En slalom, avec le prodige Clément Noël, la valeur sur Alexis Pinturault et le turbulent Victor Muffat-Jeandet. De même en géant avec le tenant en titre du globe, Pinturault, le champion du monde Mathieu Faivre, ou encore Thibaut Favrot qui s’est montré très performant l’an passé.
En vitesse, nos flèches bleues feront face à une très grosse concurrence emmenée par le suisse Beat Feuz et l’autrichien Vincent Kriechmayr. Mais la délégation, peut-être derrière notre quadragénaire Johan Clarey, 2e à Kitzbühel la saison dernière, jouera sa carte à fond pour réaliser un gros coup sur une neige agressive qu’ils apprécient.

Mais bien avant les Jeux Olympiques et de savoir qui ira représenter la France à Pékin, il y a un début de saison de Coupe du Monde à réussir afin d’assurer sa place en vue de l’échéance. Et cela commence dès ce week-end à Solden, pour un géant sur le glacier du Rettenbach !

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