Omnisport Sports hiver

Le Curling Fauteuil, entre habileté, cérébralité et mixité

En attendant les Jeux Paralympiques qui se tiendront du 4 au 13 mars prochain, la rédac’ Sports d’Hiver du CCS se mobilise afin de vous préparer au mieux en vue de cette échéance. C’est pourquoi nous vous proposerons au tout au long de ce début de saison, des articles présentant les différents sports ainsi que leurs disciplines, les athlètes qui ont marqué l’histoire, et ceux qui sont prêts à l’écrire… Après la présentation du ski alpin dont la coupe du monde vient de reprendre, voilà celle du curling-fauteuil dont les championnats du monde ont commencé ce matin !

Le curling-fauteuil en quelques chiffres

Année de création de la discipline : 1998, 1ers mondiaux en 2002

Licenciés en France : entre 300 et 400 en curling classique

Pays le plus titré aux Championnats du monde : Russie (4)

Pays le plus médaillé aux Championnats du monde : Ecosse (7), puis Canada (6)

Apparition aux Jeux Paralympiques : Jeux Paralympiques de Turin, 2006

Pays le plus titré : Canada (3)

Nombre de médailles françaises : 0

Une discipline récente

Le curling-fauteuil nait à la fin des années 1990 en Suisse. Il se développe très rapidement en Europe et en Amérique du Nord, notamment au Canada. Les premiers championnats du monde se déroulent d’ailleurs dès 2002 à Sursee en Suisse. Le curling intègre ensuite les Jeux Paralympiques en 2006 à Turin. Cette discipline est l’unique discipline de la famille du curling à être proposée aux personnes en situation de handicap. Elle n’est malgré tout pas ouverte à tous. En effet, seules les personnes se déplaçant en fauteuil roulant ou ne pouvant faire que de très courtes distances debout peuvent la pratiquer.

« J’ai donc dit : « Désolée, vous ne pouvez pas jouer », alors, ils ont trouvé des femmes et étaient éligibles pour jouer. » 

Kate Caithness, alors à la tête du développement du curling fauteuil, en réponse aux pays disant ne pas avoir de femmes pour une équipe mixte lors de la présentation de la discipline comme étant mixte.

Le curling fauteuil a la particularité d’être uniquement une épreuve mixte. En effet, chacune des équipes composées de 4 personnes doit contenir minimum une femme. La situation ne semble pas être sur le point de changer, Kate Caithness, la présidente de la fédération internationale de curling, grande artisane du développement du curling fauteuil s’étant particulièrement appuyée sur le côté mixte pour faire adopter son sport aux Jeux Paralympiques. Après plusieurs années, les participants ont fait savoir leur envie d’avoir une seconde épreuve. Le double-mixte, qui a vu le jour en curling classique à Pyeongchang, retient alors leur intérêt. Il s’agit d’une compétition entre 2 équipes de 2 personnes : un homme et une femme. Les athlètes de curling-fauteuil ont amené une proposition de développement de cette nouvelle discipline dans leur sport. Celle-ci a été adoptée et le double-mixte fera ses débuts olympiques à Cortina en 2026.

Présentation de la discipline

Le but du sport ne diffère pas entre le curling et le curling-fauteuil. Dans les deux cas, il faut placer des pierres en granit le plus proche possible du centre d’une cible dessinée sur la glace située à 40 m du lanceur : la maison. Chaque équipe possède 8 pierres à lancer et celle ayant le plus dans la cible à la fin d’une manche marque un point (ou plus en fonction du nombre de pierres le plus proche du centre). L’équipe qui gagne est celle ayant le plus de points à la fin des 8 manches ou qui mène à la fin des 68 minutes disponibles pour chaque équipe pendant la durée d’un match.

Pour mettre la pierre dans la cible, il faut la lancer de façon bien spécifique pour qu’elle atteigne son objectif (direction, distance et courbe). Mais contrairement au curling classique, et au plus grand malheur des amateurs d’un jour de la discipline pour cette action si amusante à leurs yeux, il n’y a pas de balai pour accélérer, ralentir ou encore changer l’orientation de la pierre. Le lancer a donc une importance encore plus primordiale que dans l’épreuve valide. La pierre, qui est exactement la même qu’en curling et peut donc peser jusqu’à 19,96 kg, est envoyée depuis un fauteuil maintenu par un coéquipier pour être fixe. Elle peut être envoyée à la main en se penchant sur le côté du fauteuil roulant, ou bien poussée à l’aide d’une perche.

Pour savoir comment, où et à quel endroit placer la pierre, l’équipe dispose d’un skip ou leader de l’équipe. Celui-ci définit les tactiques à utiliser et dirige l’équipe. En effet, bien que l’on compare souvent la discipline avec la pétanque, lui valant parfois le surnom de pétanque des glaces, ceux qui la pratiquent la nomment échecs des glaces. En effet, les joueurs peuvent choisir de placer une pierre dans la cible, d’enlever une pierre adverse ou de placer des pierres en amont pour protéger leurs pierres déjà placées, et des tactiques existent.

Présentation de la discipline par un pratiquant canadien

Compétitions de curling-fauteuil

Le curling fauteuil compte 2 grosses compétitions : les championnats du monde et les Jeux Paralympiques. La première compétition se tient de façon annuelle, à l’exception d’une fois tous les 4 ans où elle est remplacée par les Jeux Paralympiques.

Depuis 2019, les 12 meilleures nations concourent aux championnats du monde (10 auparavant). Les championnats du monde fonctionnent sur un principe de championnat avec relégations. Chaque équipe affronte une fois chacune des autres équipes. Puis les 6 meilleures accèdent à la phase finale sous forme de play-off. Les 3 dernières équipes sont reléguées en championnats du monde B pour la saison suivante.

Les championnats du monde B existent depuis 2015 et se déroulent entre 3 et 5 mois avant les championnats du monde. Ils regroupent environ 10 équipes. Au cours de ceux-ci, les 3 premiers se qualifient pour les championnats du monde et obtiennent une « promotion » en division supérieure.

 L’équipe Russe lors des Championnats du monde 2020 qu’elle remportera face au Canada (Crédits : Tobias Lackner)

Les Jeux Paralympiques se déroulent une fois tous les 4 ans et diffèrent légèrement des championnats du monde. Pour ceux-ci, il n’y a pas de poule A ou B, les qualifications sont faites par rapport aux 3 années précédentes. Des points sont attribués aux diverses nations en fonction de leur classement aux championnats du monde. Les 11 équipes possédant le plus de points sont qualifiées, une place étant réservée à la nation hôte.

Durant les Jeux, comme pour les championnats du monde, chaque équipe affronte une fois toutes les autres équipes. Néanmoins, il n’y a pas de play-off avec les 6 meilleures équipes mais directement des demi-finales.

Pays leaders de la discipline

Depuis l’arrivée de cette discipline, trois pays survolent les compétitions : la Russie, l’Ecosse et le Canada. Le premier est 4 fois champion du monde, tandis que les deux suivants sont médaillés 7 et 6 fois. Mais lorsqu’il s’agit des Jeux Olympiques, le Canada a gagné à chacune des éditions. Ces résultats sont principalement liés au fait que le curling est une discipline fortement développée dans ces pays.

En effet, c’est en Ecosse que le curling est devenu un sport avec la création du premier club à Edimbourg. Le curling y est également un sport relativement important. Le pays compte presque 600 clubs. Un nombre conséquent pour un pays comptant environ 5 millions d’habitants. Environ 14 500 personnes pratiquent la discipline, dont 11 500 étaient licenciées en 2018. En comparaison, un peu plus de 130 000 personnes pratiquent le football, sport n°1 du pays, en Ecosse. Preuve de l’importance de la discipline dans le pays, l’actuelle leader de la fédération de curling internationale, Kate Caithness, est écossaise. C’est lorsqu’elle était représentante de l’Ecosse à la fédération internationale qu’elle a fortement aidé au développement du curling-fauteuil.

L’équipe d’Ecosse derrière sa skip Aileen Neilson en 2019 (crédit : Scottish Wheelchair Curling Association)

Ce sont d’ailleurs des Ecossais qui emmènent la discipline avec eux en Amérique du Nord. Ils créent le 1er club là-bas dans le pays du curling : le Canada, à Montréal très exactement. En effet, le sport y est particulièrement développé. 80% des pratiquants mondiaux sont Canadiens, soit environ 960 000 personnes. Pour permettre à autant de personnes de le pratiquer, le Canada a un nombre important d’infrastructures et de clubs. Il est donc beaucoup plus facile d’y créer des équipes de curling fauteuil.

La France dans tout ça ?

La France ne possède toujours pas d’équipe nationale de curling fauteuil. Alors que le curling dépend de la Fédération Française des Sports de Glace, l’ensemble des disciplines handisport dépendent de la Fédération Française Handisport (FFH). Le pays possède un nombre très restreint de clubs de curling et encore plus de curling-fauteuil. Le nombre de compétitions nationales est extrêmement faible et la FFH ne reconnaît donc pas d’équipe nationale pour la discipline pour l’instant .

A quelques mois des Jeux Paralympiques, les championnats du monde de curling-fauteuil ont débuté aujourd’hui. Pendant une semaine, 12 nations vont s’affronter pour obtenir leur place pour les Jeux Paralympiques. Parmi elles, la Suisse fait son grand retour. Un an après être tombés en poule B, les 1ers champions du monde de la discipline sont de retour. En effet, les Suisses ont réussi à se qualifier grâce à leur 2ème place en poule B en avril dernier. Face à eux, la Russie, le Canada et la Suède, médaillés des derniers championnats du monde se battront pour le titre. Et nul doute que la Chine, championne paralympique en titre sera un sérieux prétendant au titre également. Il semblerait que la compétition ne soit pas diffusée, mais vous pourrez suivre les résultats sur le site de la Fédération Internationale.

Image titre : British Curling

(2 commentaires)

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :