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Les Seventies, la NBA disco-funk

Les premiers représentants de la NBA moderne que sont Michael Jordan, Magic Johnson ou bien Larry Bird, devenus tous idoles pour une génération, se sont inspirés eux-mêmes des meilleures joueurs les précédant. La décennie des années 70 a été, à l’image de la société en ce temps, révolutionnaire et borderline à souhait. De la draft d’un certain Lew Alcindor à la retraite des grands Wilt Chamberlain, Jerry West, de la concurrence de la ABA à la fusion avec cette dernière et l’arrivée de « Dr J », la NBA a connu un virage à 180° dans son fonctionnement, son jeu et ses règles. Dernière génération avant l’époque du basketball « moderne », les seventies ont toutefois connu ses lots d’émotion. Alors pour les nostalgiques, on se pose, on se met un petit Stevie Wonder, Earth,Wind & Fire, Fleetwood Mac ou bien même KC & The Sunshine Band dans les oreilles, on enfile son plus beau « patte d’éph » et sa plus belle chemise à fleurs et on s’envole 50 ans plus tôt à la (re)découverte de ces années folles.

1970 : Willis Reed, héros du Madison Square Garden

Les playoffs 1969 ont couronné pour une 11ème fois les Boston Celtics et le temps de la retraite est venu pour Bill Russell et Sam Jones. Une dynastie s’éteint et les C’s passent d’un bilan de 48-34 à 34-48 d’une année sur l’autre, les faisant louper les playoffs pour la première fois depuis 20 ans. Un rookie en provenance d’UCLA du nom de Lew Alcindor, futur Kareem Abdul-Jabbar, arrive chez les Milwaukee Bucks après avoir été courtisé par la ABA tout au long de l’été. Sa venue associée à celle de Bob Dandridge fait décoller le bilan des Bucks de 27 à 56 victoires ! Finalistes la saison dernière les Los Angeles Lakers de Jerry West, Elgin Baylor et Wilt Chamberlain se présentent en tant que favoris de la saison mais c’est sur la Côte Est qu’est la meilleure équipe de la ligue avec 60 victoires : les New York Knicks. Equipe sans réelle superstar mais diablement complète avec des joueurs tels que Walt Frazier à la mène, Willis Reed à l’intérieur et Dave DeBusschere à l’aile. Les Baltimore Bullets de Wes Unseld et Earl « The Pearl » Monroe sont la troisième équipe à atteindre les 50 victoires et s’affichent également dans les favoris au titre.

Willis Reed

Ces derniers donneront du fil à retordre aux New York Knicks mais le match 7 sera favorable aux new yorkais après avoir vu Willis Reed réalisé une performance incroyable de 36 points et 36 rebonds lors du match 5. A l’ouest Jerry West et ses 31,2 points de moyenne en saison viennent à bout en 7 matchs des Phoenix Suns de Gail Goodrich, Dick Van Arsdale et Paul Silas puis sweepent les Atlanta Hawks de Lou Hudson et Walt Bellamy avant de s’opposer aux Knicks en finale. Malheureusement pour Elgin Baylor et Jerry West c’est une huitième, pour l’un, et une septième, pour l’autre, défaite en finale. Malgré l’absence des Celtics le sort s’acharne encore une fois sur les Angelinos.

Ces Finales NBA 1970 verront les deux équipes décider du sort de la série au septième et dernier match. Auparavant Jerry West surnommé « Mr Clutch » réussira à envoyer les deux équipes en prolongations lors du match 3 par un buzzer beater de sa propre moitié de terrain. Légendaire. Willis Reed est élu MVP des finales après s’être blessé au match 5 et fait son retour lors du match 7, jambe bandée et prêt à défendre sur Wilt Chamberlain. Il ne marquera que les deux premiers paniers du match mais jouera tout de même 27 minutes. Un Reed héroïque additionné aux 36 points de Walt Frazier. Victoire 113-99. Reed affirma plus tard : « Il n’y a pas un jour où quelqu’un me rappelle ce match ».

1971 : Lew Alcindor et son « skyhook » / Spencer Haywood ce précurseur

La saison 1970-1971 est marquée par le transfert d’Oscar Robertson des Cincinnati Royals vers les Milwaukee Bucks pour former un duo détonnant avec Kareem Abdul-Jabbar. Le deuxième fait majeur, et qui n’est pas des moindres, est l’intégration dans la ligue de trois nouvelles franchises : les Portland Trail Blazers, les Cleveland Cavaliers et les Buffalo Sabres, ancêtres des Los Angeles Clippers. Le troisième fait est l’arrivée d’un meneur rookie flashy du nom de Pete Maravich au sein des Atlanta Hawks.

Kareem Abdul-Jabbar (n°33) et Oscar Robertson (n°1)

Les Milwaukee Bucks terminent en tête de la NBA toute nouvellement remaniée. En effet avec l’addition des trois franchises, les Conférences Est et Ouest sont créées ainsi que les quatre divisions Atlantique, Midwest, Centrale et Pacifique. Le bilan de 66-16 de la franchise du Wisconsin rentre à la deuxième place du meilleur bilan de l’histoire derrière celui des Philadelphie 76ers de Chamberlain de 1967. Historique. Kareem Abdul-Jabbar est élu MVP de la saison avec des statistiques culminant à 31,7 points et 16,6 rebonds de moyenne, bien aidé par un Oscar Robertson à 19,4 points et 8,8 passes. Du côté des Celtics, Dave Cowens est le vainqueur du trophée de Rookie of the year en compagnie de Geoff Petrie des Trail Blazers. Red Auerbach, le GM de Boston, place petit à petit ses pions pour redevenir compétitif après avoir recruté Jo Jo White la saison précédente.

Un joueur créé la polémique au début de la saison en la personne de Spencer Haywood. En effet jusqu’en 1971 les joueurs universitaires devaient effectuer leurs quatre années universitaires avant de se présenter à la Draft NBA. A seulement 20 ans, Haywood, alors étudiant à l’Université de Detroit, décide de quitter la fac et, défiant les lois d’admission de la NBA, s’engage avec les Denver Rockets (futurs Nuggets) en ABA. C’est donc grâce à Spencer Haywood que les jeunes joueurs peuvent se présenter dorénavant avant les quatre ans réclamés et réaliser des « one-and-done » si populaires de nos jours voir directement venir du lycée. Ces jeunes peuvent remercier ce précurseur. Dès son arrivée en ABA, Haywood tourne à 30 points et 19,5 rebonds de moyenne et remporte le titre de MVP, le seul rookie à réaliser cet exploit avec Wilt Chamberlain à l’époque en NBA.

Le titre est remporté en toute logique par les Milwaukee Bucks, trois ans après sa création, qui survolent les playoffs en ne concédant que deux défaites sur les trois séries nécessaires pour soulever le trophée. Une au premier tour face aux San Francisco Warriors de Nate Thurmond et Jerry Lucas et une autre en finale de Conférence face aux Lakers. Kareem Abdul-Jabbar est élu MVP des finales dans un sweep réalisé face aux Baltimore Bullets. Une superstar est née, son tir appelé le « skyhook » est rentré dans la légende et ce dernier ajoute un nouveau trophée après avoir remporté déjà 3 Final Four NCAA avec les Bruins de UCLA.

1972 : Des Lakers records, Elgin Baylor ne conjure pas son sort

C’est lors de cette saison que les San Diego Rockets d’Elvin Hayes sont relocalisés dans le Texas pour devenir les Houston Rockets. Les San Francisco Warriors se renomment les Golden State Warriors en déménageant de l’autre côté de la baie à Oakland. Chemin inverse qu’ils ont fait récemment lors de l’été 2019. C’est pour fêter les 25 ans de la NBA qu’est créé le logo que nous connaissons tous aujourd’hui et qui représente Jerry West. Ce dernier est surnommé depuis « The Logo » et est inconsciemment ou consciemment dans les esprits de tout les fans du monde entier.

Les Los Angeles Lakers de 1972 sont considérés comme l’une des meilleures équipes de l’histoire de la NBA. Ils remportent 69 matchs dans la saison faisant du bilan de 69-13 le nouveau record historique qui ne sera battu que par les Bulls de Jordan en 1996. Menée par un Jerry West (33 ans) à 25,8 points et 9,7 passes de moyenne et un Wilt Chamberlain (35 ans) devenu plus collectif, défenseur, passeur, contreur, la formation californienne établit un record qui est toujours d’actualité de 33 victoires consécutives dans la saison. Avec l’aide de Gail Goodrich, les Lakers vont dominer cette saison de la tête et des épaules.

La surprise côté Los Angeles se passe au bout de 9 matchs de saison régulière où Elgin Baylor annonce sa retraite, lui qui n’avait joué que 2 petits matchs la saison d’avant. A 37 ans c’est l’un des tout meilleur scoreur qui stoppe sa carrière avec une fabuleuse moyenne aux points de 27,36 par match. Seuls Chamberlain et Jordan feront mieux dans l’histoire avec respectivement 30,07 et 30,12.

La finale NBA est la revanche de 1970 entre les Lakers et les Knicks. Les premiers sweepent les Chicago Bulls de Chet Walker et Bob Love avant d’éliminer en six matchs les Milwaukee Bucks. Le champion tombe malgré un match 6 à 37 points et 25 rebonds de Kareem Adbul-Jabbar, lauréat pour la deuxième année de suite du titre de MVP. Les Knicks quant à eux éliminent pour la troisième fois en quatre ans les Baltimore Bullets puis, à l’expérience, passent l’obstacle Boston Celtics. Le tout en l’absence de Willis Reed pour blessure jusqu’à la fin de la saison.

Les Lakers l’emportent en cinq petits matchs malgré Jerry West maladroit pendant la série mais avec Wilt Chamberlain dominant dans la raquette et élu MVP des finales. Jerry West remporte enfin un titre NBA, Wilt « The Stilt » son deuxième et une pensée va directement à Elgin Baylor qui, l’année de sa retraite, n’est pas dans cet effectif victorieux après huit finales perdues.

1973 : The « Rolls-Royce Backcourt » des Knicks / Clap de fin pour « The Stilt »

Cette nouvelle saison voit l’arrivée d’une nouvelle franchise via un déménagement, les Cincinnati Royals deviennent les Kansas City-Omaha Kings (futurs Sacramento). Un triste record est établit par les Philadelphie 76ers qui ne remportent que 9 petits matchs et réalisent un bilan famélique de 9-73 l’année de la retraite de Hal Greer. C’est la première équipe de l’histoire a dépassé les 70 défaites. Enfin après quatre années passées en ABA aux Oakland Oaks et aux New York Nets, la machine à scorer Rick Barry revient en NBA au sein des Golden State Warriors, Earl Monroe est envoyé aux New York Knicks tandis qu’Elvin Hayes compense son départ et rejoint les Baltimore Bullets. Bob McAdoo est drafté par les Buffalo Braves.

Bob McAdoo

Ce sont les Boston Celtics, de retour au premier plan, qui réalisent le meilleur bilan de la saison et le deuxième bilan de l’histoire avec 68 victoires pour 14 défaites. John Havlicek, à maintenant 32 ans, est entouré par des joueurs All Stars tels que Dave Cowens MVP cette saison là, Sam Jones, Paul Silas, Jo Jo White et un jeune rookie du nom de Paul Westphal. Les Bucks et les Lakers avec 60 victoires chacun gardent le statut de favoris au titre ainsi que les Knicks et leurs 57 victoires. Tiny Archibald réalise l’exploit d’être élu meilleur marqueur et passeur avec 34 points et 11.4 passes de moyenne.

Le retour de Barry aux Warriors et son association avec Nate Thurmond surprend les Bucks au premier tour en six matchs. Thurmond réussi à prouver qu’il est un des tout meilleur pivot défenseur en maintenant Kareem Abdul-Jabbar à seulement 22,8 points sur la série, lui qui tournait à 30,2 en régulière. Après avoir passé l’obstacle Chicago Bulls en sept matchs puis les Warriors en cinq matchs les Lakers retrouvent une nouvelle fois les finales. En face se dressent une nouvelle fois les Knicks, vainqueurs difficiles des Celtics en finale de conférence, pour une troisième fois en quatre ans. L’heure de la belle a sonné.

Avec Walt Frazier et l’arrivée d’Earl « The Pearl » Monroe à l’intersaison, le backcourt des Knicks est un danger permanent que les fans surnomment « The Rolls-Royce Backscourt ». Cinq new yorkais vont dépassés les 15 points de moyenne lors de cette série : Frazier, Monroe, DeBusschere, Reed et Bill Bradley. Ajoutez à cela les remplaçants Phil Jackson et Jerry Lucas et les Knicks remportent cette série en cinq matchs. Le duo Willis Reed/Jerry Lucas surnommé pour le coup « Willis Lucas » fait un travail remarquable pour limiter un vieillissant Wilt Chamberlain. Jerry West ne pourra rien y faire.

Walt Frazier – Focus on Sport/Getty Images

Chamberlain annonce sa retraite à la fin de la saison et son dernier match sera un double double-double avec 23 points et 21 rebonds, le tout à 36 ans. Un géant du basket quitte les parquets avec une tonne de records NBA qu’il détient encore et toujours dont ce fameux match à 100 points et sa saison à plus de 50 points et 25 rebonds de moyenne. Légendaire.

1974 : Kareem Abdul-Jabbar et les Celtics de Cowens et Havlicek / Les adieux de « The Logo » et « Big O »

La saison 1973/1974 commence par un déménagement, les Baltimore Bullets bougent à Washington D.C. et deviennent les Capital Bullets pour une saison avant d’être renommés les Washington Bullets. Côté statistiques les contres et les interceptions sont comptabilisés dès le premier joué en octobre 1973. En ABA un certain Julius Erving est transféré des Virginia Squires aux New York Nets et remportera deux titres en trois saisons à Big Apple. Rick Barry profitent des largesses de la défense des Blazers pour leur passer 64 points un 26 mars 1974.

Seules deux équipes dépassent les 50 victoires en saison, les Milwaukee Bucks avec 59 et les Boston Celtics avec 56 ; et comme un passage de témoin Bucks et Celtics se retrouvent en Finales NBA après avoir respectivement éliminés Lakers et Knicks sur leur chemin. Favoris, les Bucks rencontrent des problèmes dans cette finale. Dave Cowens tient la dragée haute à Kareem Abdul-Jabbar, MVP de la régulière pour la troisième fois en quatre ans. C’est un véritable match de boxe que se livrent les deux équipes, remportant tout à tour un match les amenant au septième décisif à Milwaukee. Malheureusement pour ces derniers Oscar Robertson est dans un match sans et le collectif des Celtics déroule son jeu pour remporter la victoire 102-87 malgré un Abdul-Jabbar à 26 points et 13 rebonds. Les Celtics remportent leur douzième trophée de l’histoire, cinq ans seulement après la retraite de Bill Russell. John Havlicek est élu MVP des finales.

Cette saison marque la retraite de joueurs Hall of Famers et qui ont écrit la légende de la NBA tels que Jerry West, Oscar Robertson, Willis Reed et Dave DeBusschere. Toute une génération qui a fait le bonheur des années 60 et du début des années 70, toute une génération de joueurs qui en a inspiré bien d’autres. La fin d’une époque pour les Los Angeles Lakers et les New York Knicks.

1975 : Rick Barry l’arrogant winner

Les New Orleans Jazz font leur arrivée dans la ligue et choisissent « Pistol » Pete Maravich comme meneur de jeu. Les Jazz deviennent la 18ème franchise de la NBA. Un nouveau pivot de UCLA est sélectionné au premier choix par les Portland Trail Blazers : Bill Walton. Kareem Abdul-Jabbar quant à lui, orphelin d’Oscar Robertson, demande son transfert à la direction des Bucks qui lui sera refusée. En match de pré-saison il prend un vilain coup dans l’oeil qui lui vaut des médecins une recommandation de porter des lunettes de protection qui feront sa renommée : les goggles.

Pete Maravich

Ce sont les Celtics et les Bullets qui dominent cette saison 1974-1975 avec 60 victoires respectives, malheureusement pour les C’s la saison de Cowens s’arrête en plein milieu de la régulière pour un pied cassé. Les Bullets deviennent les favoris pour le titre. Inarrêtable au scoring avec 34,5 points de moyenne, Bob « Big Mac » McAdoo remporte le trophée de meilleur marqueur mais aussi celui de MVP et permet aux Buffalo Braves de se qualifier pour les playoffs.

Annoncés par beaucoup de médias comme ne pouvant pas se qualifier pour la post season, Nate Thurmond étant parti aux Chicago Bulls, les Warriors de Rick Barry remportent 48 victoires et éliminent d’emblée les Seattle SuperSonics de Spencer Haywood en six matchs. Ils réitèrent leur performance en finale de Conférence Ouest face aux… Chicago Bulls de Nate Thurmond, Jerry Sloan, Chet Walker et Bob Love au bout du Game Seven. Epaulé par le pivot Clifford Ray et le rookie Jamaal Wilkes, Rick Barry réussi l’exploit de hisser la franchise d’Oakland en finale. Face à eux se dressent les Washington Bullets de Wes Unseld et Elvin Hayes, enfin débarrassés des Knicks qui leur barraient le passage depuis le début de la décennie et vainqueurs des Celtics amputés de Cowens.

Rick Barry

Les gens se souviennent de Rick Barry comme d’un joueur arrogant, pouvant devenir injurieux envers ses propres coachs, coéquipiers ou bien même arbitres mais c’est un scoreur infatigable avec un physique somme toute classique pour un joueur de l’époque. Et c’est une équipe en pleine confiance avec un Barry à près de 30 points de moyenne qui sweepe les Washington Bullets d’un Elvin Hayes ou Phil Chenier impuissants. Les Golden State Warriors sont champions pour la première fois depuis 1956 ! 29 ans d’attente et il faudra attendre beaucoup plus pour vivre le suivant en 2015.

1976 : Celtics – Suns, Game 5 : « The Greatest Game Ever Played »

Lassé d’être un incompris de par ses convictions religieuses et ses opinions politiques, Kareem Abdul-Jabbar demande d’être transféré dans une métropole, soit New York, soit Los Angeles, là où d’après lui la tolérance et l’ouverture d’esprit est plus grande. En effet sa conversion à l’islam en et son changement de nom en mai 1971 fait couler beaucoup d’encre à Milwaukee mais aussi dans le reste du pays. Les Bucks trouvent un accord avec les Lakers, le divorce est acté.

Les Kansas City-Omaha Kings deviennent les Kansas City Kings, la franchise n’allant plus jouer à Omaha contrairement aux deux dernières saisons. Néo-Laker, Abdul-Jabbar remporte son quatrième trophée de MVP mais ne réussi pas à qualifier son équipe pour les playoffs. Sur leur lancée du titre ce sont les Warriors qui établissent le meilleur bilan de la ligue avec 59 victoires, les Celtics sont ceux qui les accompagnent dans le club des 50 victoires avec 54.

Lors des playoffs les Washington Bullets sont surpris par de vaillants Cleveland Cavaliers et sont éliminés au septième match. Un vrai coup dur pour les anciens finalistes. La finale attendue entre Celtics et Warriors n’aura pas lieu car ce sont les Phoenix Suns de Alvan Adams et Paul Westpal qui éliminent les coéquipiers de Rick Barry en finale de Conférence Ouest en six matchs. Les Celtics quant à eux maintiennent leur rang et se défont des Braves et des Cavaliers.

Paul Westphal – Dick Raphael/NBAE via Getty Images

Ces Finales NBA 1976 font parties de la légende de la ligue grâce au match 5 qui emmena les deux équipes dans une bataille interminable de trois prolongations, la rencontre la plus longue de l’histoire des Finales. Les équipes étant à égalité deux victoires partout, les Celtics réussissent à prendre l’avantage dans la série avec une victoire 128-126 après un imbroglio énorme à la fin de la première prolongation (vidéo à l’appui). Les Suns ne s’en remettent pas lors du match suivant et craquent dans le dernier quart-temps pour offrir le 13ème titre de l’histoire des Celtics. Dave Cowens est élu MVP des finales.

1977 : Bill Walton et les Blazers / « Dr J » arrive enfin en NBA

La saison 1976-1977 marque un tournant dans l’histoire du basket nord-américain. Aux abois financièrement et vouée à disparaître, la ABA (American Basketball Association) et la NBA se mette commun accord pour réaliser une fusion lors de l’été 1976. Créée en 1967 la ABA a réussi au fil des années à faire venir en son sein des jeunes joueurs tels que Julius Erving, George Gervin, Artis Gilmore, David Thompson ou bien Dan Issel. La fusion est actée et quatre des anciennes équipes ABA intègrent la ligue : les San Antonio Spurs, les Indiana Pacers, les Denver Nuggets et les New York Nets (futurs Brooklyn Nets). La NBA passe donc d’un coup de 18 franchises à 22 et regroupe à nouveau en son sein les meilleurs joueurs du monde depuis 1967. Ainsi 10 anciens joueurs de la ABA feront partie des 24 nommés pour le All Star Game qui accueille pour la première fois le Slam Dunk Contest en NBA.

Superstar de la dorénavant défunte ABA, Julius « Dr J » Erving, ailier des Nets, est transféré aux Philadelphie 76ers en l’échange de 3 millions de $. Le prix à payer étant de 3,2 millions de $ à la NBA et 4,8 millions aux Knicks, Roy Boe le propriétaire et GM des Nets dû se séparer de son meilleur joueurs afin de rester et être acceptés par la franchise de Manhattan et la NBA. Erving rejoint donc un effectif composé entre autres de George McGinnis, Doug Collins et du rookie World B. Free au sein des Sixers.

Le « Docteur » dans ses prouesses

Ce sont les Lakers de Kareem Abdul-Jabbar, nommé MVP pour une cinquième fois de sa carrière, qui dominent la ligue à l’Ouest avec 53 victoires devant les Denver Nuggets de David Thompson et Dan Issel et leurs 50 succès, un de plus que les Blazers de Bill Walton et Maurice Lucas. Sur la Côte Est ces sont les 76ers de Julius Erving qui sortent avec la première place avec 50 victoires, talonnés par les 49 des Houston Rockets du rookie Moses Malone et les 48 des Washington Bullets d’Unsel et Hayes. Le fantasque « Pistol » Pete Maravich passe 68 points dans une victoire face aux Knicks 124-107 et devient le joueur avec le plus grand nombre de points marqués sur un match hors Wilt Chamberlain.

Géant au corps d’argile, sujet aux blessures récurrentes, Bill Walton est néanmoins un pivot dominant dans la ligue. Rebondeur, contreur, organisateur offensif avec la balle au poste, il permet à Portland d’atteindre les Finales en éliminant les Nuggets au premier tour et en sweepant les Lakers en finale de conférence. Face à la franchise de l’Oregon ce sont les 76ers qui se hissent en finale après avoir successivement pris le dessus sur les Celtics, champions en titre, en 7 matchs puis les Rockets en six. Après avoir été mené deux victoires à zéro les Trail Blazers réalisent l’exploit d’enchaîner quatre victoires de suite et remporter le titre malgré un « Dr J » à plus de 30 points de moyenne sur la série. Bill Walton est élu MVP des finales à 18,5 points et 19 rebonds sur les six rencontres.

1978 : Les Bullets enfin ! / George « Iceman » Gervin versus David « Skywalker » Thompson / Retraite pour Havlicek

Pour débuter cet exercice les New York Nets déménagent dans le New Jersey et se renomment logiquement les New Jersey Nets. Ce sont les Portland Trail Blazers qui dominent la ligue avec un bilan de 58-24 mais perdent Bill Walton à 50-10 dû à une fracture du pied, une grave blessure parmi tant d’autres qui gâcheront sa carrière. Les Blazers ne s’en remettront pas en playoffs et ne passeront pas face à leurs rivaux, les Seattle SuperSonics de Dennis Johnson, Gus Williams et Jack Sikma.

David Thompson et George Gervin

Un évènement va marquer la fin de saison régulière, la bataille du titre de meilleur marqueur entre George Gervin des San Antonio Spurs et David Thompson des Denver Nuggets. Ce dernier possède un retard de 0,6 points sur Gervin (26,2 contre 26,8) et le 9 avril 1978 décide de tout donner pour ravir ce titre honorifique. Thompson est déjà à 53 points à la mi-temps dont 32 au premier quart, nouveau record NBA, et d’après ses dires se sent comme « Superman sous stéroïdes ». Le match à 100 points est en ligne de mire. Il termine finalement avec 73 points, passe à 27,15 points de moyenne et met un grosse pression sur Gervin qui doit dorénavant enquiller 58 points ! Seulement « Iceman » porte bien son surnom et plante 53 points à la mi-temps également dont 33 en second quart, record NBA battu en quelques minutes ! Gervin marque au final 64 points et remporte le titre de meilleur marqueur avec 27,22 points de moyenne, la plus petite marge de l’histoire !

Les Sonics, outsiders cette saison, confirment après avoir éliminé le champion en l’emportant justement face aux Nuggets de Thompson et atteignent pour la première fois de leur histoire les Finales. A l’est les Sixers font figure de favoris avec leur duo de ABAer Erving et McGinnis mais se font surprendre en finale de conférence par les Washington Bullets, Bob Dandridge prenant le dessus sur Dr J dans cette série.

Menés depuis des années par ses deux ailiers forts All Stars que sont Elvin Hayes et Wes Unseld et par l’ailier Bob Dandridge, les Bullets sentent leur heure arriver enfin. Malgré tout les Sonics, plus jeunes mais moins expérimentés les amènent jusqu’au match 7. Malheureusement pour Seattle, et pourtant à domicile, la pression est trop grande pour Dennis Johnson qui choke complètement en réalisant un 0/14 au shoot plombant les chances de victoire. Les Washington Bullets sont champions et malgré Elvin Hayes à 20,7 points et 11,9 rebonds c’est Wes Unseld qui remporte le titre de MVP des finales. Une récompense pour toutes ses années de bons et loyaux service à la franchise de la capitale.

John Havlicek annonce sa retraite et part avec 8 titres de champion et un titre des MVP des finales. LE sixième homme de luxe que toute équipe souhaite avoir. Tout simplement légendaire.

John Havlicek

1979 : Les Seattle SuperSonics prennent leur revanche

Les Buffalo Braves déménagement sur la Côte Ouest à San Diego et deviennent les San Diego Clippers. Cela fait maintenant trois équipes dans l’état de Californie et le désir de la NBA de s’étendre sur tout le territoire se fait ressentir de plus en plus.

Ce sont les deux derniers finalistes qui mènent la danse dans chaque conférence. 54 victoires pour les Bullets devant les 48 des Spurs de Gervin et les 47 des Rockets de Moses Malone, MVP dès sa deuxième saison professionnelle. 52 succès pour les Sonics devant les 50 des Suns de Westphal et les 48 des Kings d’Otis Birdsong.

Dennis Johnson – Focus on Sport/Getty Images

Durant les playoffs c’est en sept matchs que les finales de conférence se concluent entre Sonics/Suns et Bullet/Spurs. Les vainqueurs respectifs sont Seattle et Washington, l’heure est à la revanche pour les Sonics qui ne laisseront cette fois pas leur chance passer et l’emportent en cinq rencontres. L’entente Dennis Johnson/Gus Williams sur les postes extérieurs et le step-back inarrêtable de Jack Sikma mettent les Bullets aux abois. Cette fois ci Hayes, Unseld et Dandridge ne peuvent rien y faire. Dennis Johnson est élu MVP des finales.

La décennie s’achève sur un huitième champion différent en 10 ans, du jamais vu dans l’histoire de la ligue. Ces années folles ont vu éclore des légendes du jeu tels que Kareem Abdul-Jabbar, Julius Erving, Rick Barry, Dave Cowens ou Elvin Hayes, ailier-fort tellement sous-estimé, et vu d’autres légendes des 60’s rendre le tablier en ayant une pensée particulière pour Wilt Chamberlain, Jerry West, John Havlicek, Oscar Robertson ou bien sûr Elgin Baylor décédé en ce début d’année 2021. La fusion avec la ABA a permis à la NBA d’intégrer le dunk, bientôt la ligne à 3 points, la free agency est née à la fin des sixties et les années 80 s’annoncent mémorables car on me dit dans l’oreillette que la finale du Final Four NCAA 1979 oppose les Spartans de Michigan contre les Sycamores d’Indiana State toutes deux menées respectivement par un certain Magic Johnson et Larry Bird. Affaire à suivre !

All 70’s NBA/ABA First Team

  • Walt Frazier
  • John Havlicek
  • Julius Erving
  • Elvin Hayes
  • Kareem Abdul-Jabbar

All 70’s NBA/ABA Second Team

  • Pete Maravich
  • Jo Jo White
  • Rick Barry
  • Dave Cowens
  • Willis Reed

All 50’s NBA/ABA Third Team

  • Jerry West
  • Tiny Archibald
  • Bob Lanier
  • Wes Unseld
  • Wilt Chamberlain

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