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Une fin de saison à couteaux tirés

12 points, c’est l’écart entre Max Verstappen, leader du championnat du monde et luttant pour le titre pour la première fois de sa jeune carrière, et son dauphin, Lewis Hamilton, expérimenté et considéré comme une des légendes de son sport. Bien que cette lutte, qui nous tient en haleine depuis le début de la saison en raison de son dénouement tout aussi imprévisible qu’historique, il est important de relever que la fin de saison est source de batailles à chaque étage du classement. Focus donc, sur une fin de saison à couteaux tirés.

Une bataille pour l’histoire

À 5 Grands Prix du terme de la saison, l’inconnu persiste encore quant à désigner le champion du monde 2021 de Formule 1. La place de leader n’a cessé de s’échanger entre le britannique et le néerlandais, si bien que l’écart actuel, de 12 points en faveur du pilote de la Red Bull, peut se considérer comme un léger avantage, non négligeable, pour la fin de la saison. Dans l’histoire de la F1, rares sont les saisons où la consécration du vainqueur semblait aussi indécise. Et lorsque l’on se penche sur ces saisons, elles sont toutes ancrées dans nos mémoires, comme en 2008 et l’inconsolable Felipe Massa, le gâchis de Mclaren en 2007 ou bien encore le demi-point séparant Prost du titre face à Lauda en 1984.

En effet, après 15 courses, l’écart n’a jamais dépassé 32 points, ici encore, en faveur de Max Verstappen, et la bataille tant espérée jusqu’à la fin de la saison et la dernière course semble se profiler. Cet écart, le plus proche entre deux pilotes se battant pour le titre depuis 2016 et un certain Nico Rosberg, nous promet un finish d’enfer, avec un Lewis Hamilton déchaîné, n’ayant plus rien à perdre, face à un Max Verstappen qui se retrouve solidement armé et en meilleure posture pour aborder ces dernières échéances.

Max Verstappen et Lewis Hamilton partageant un podium en France, en juin 2021 (crédit: Imago)

Cette lutte, que l’on suit depuis le début de la saison à Bahrain, semblait prometteuse, explosive, haletante, et elle a tenu ses promesses. Il y a eu des tragédies, comme à Baku ou Monza et des passes d’armes, comme en France ou bien encore à Silverstone, bref, les ingrédients parfaits pour faire de ce championnat 2021, le plus indécis de ces dernières années. Exit, donc, la domination de Mercedes, et les luttes d’une demi-saison de Ferrari,  les victoires brèves de Verstappen avec une Red Bull bien inférieure, désormais, la bataille implique deux écuries, et chacun des pilotes a son rôle à jouer, leader comme équipier. Valterri Bottas, malgré quelques coups d’éclat, déçoit encore, et ne semble pas en mesure -ou n’a tout simplement pas envie- d’aider son coéquipier dans la course au titre, lorsque Sergio Perez semble regagner en performance et en vitesse à l’aube du Grand Prix du Mexique. 

Tout reste encore à faire donc, les équipiers ayant un rôle plus que décisif, ils se doivent de se mettre au diapason afin de permettre à leurs numéro 1 de rêver d’encore plus grand de leur couronnement.

La renaissance des « historiques »

Si les deux premières places semblent destinées à Mercedes et Red Bull, l’ordre restant encore à définir, la lutte pour la troisième place semble quant à elle, encore plus indécise. Ferrari, de retour de son enfer de la saison passée, concurrence son éternel rival, McLaren, comme à la grande époque de Prost-Senna, pour atteindre la dernière place du podium. L’écart entre les deux écuries se réduit petit à petit, la Scuderia se rapprochant à désormais 3 points et demi de son rival orange, et la tendance laisse à penser que le combat sera encore acharné entre les deux.

McLaren, désormais équipé d’un moteur Mercedes, ne cesse d’impressionner, signant leur première victoire en Formule 1 depuis 2012, à Monza, dominant de la tête et des épaules le week end. Cet exploit aurait également pu être réitéré à Sotchi, en Russie, si la pluie n’avait pas décidé de ruiner toutes les chances de Lando Norris. L’enfer des années passées s’étant dissipé, ils se sont imposés comme de réels concurrents aux podiums et aux victoires en cas de défaillance des « gros ».

Confirmant leur année 2020 réussie, ils ont proposé des week ends performants, avec un Lando Norris étincelant, élevé au rang de leader au sein de l’écurie « Papaye », mais font face à un imprévu de taille pour la lutte au constructeur, en la personne de Daniel Ricciardo. L’australien n’a pas pu démontrer la pleine mesure de son talent au volant de la monoplace britannique, et malgré sa victoire à Monza et quelques bons résultats, comme son dernier Grand Prix convaincant à Austin, il souffre de la comparaison avec Carlos Sainz, son prédécesseur chez McLaren.

Carlos Sainz, à la lutte face à Daniel Ricciardo, dans le duel resserré de la 3ème place (crédit: getty images)

Ferrari, qui n’a su trouver la formule pour concurrencer Mercedes lors des précédentes années, allant même jusqu’à sombrer une anonyme 6eme place l’an dernier, leur pire classement depuis 1980, semble retrouver du poil de la bête et s’affirme depuis peu comme la troisième force du plateau, se rapprochant petit à petit des performances des deux gros, avec deux pôles et quelques luttes pour des podiums.

L’écurie basée à Maranello reste sur une bonne dynamique, l’arrivée de la nouvelle évolution moteur, bien que n’étant qu’une transition pour celui de l’année prochaine, est porteuse d’espoirs. Ce moteur, qui lui faisait tant défaut l’an dernier, semble désormais capable de suivre le rythme des meilleurs, Charles Leclerc terminant deux fois consécutivement 4ème lors de ces deux dernières courses. Carlos Sainz, lui, ne cesse de surprendre par sa régularité et son niveau, autrefois décrié, mais qui fait désormais jeu égal avec son coéquipier monégasque. Et si Ferrari peut espérer dépasser McLaren dans cette course à la troisième place, l’espagnol n’y est pas pour rien, sa capacité à assurer les gros points et proposer des week ends performants étant un atout majeur pour l’écurie au cheval cabré.

Les petits nouveaux à la recherche de coups d’éclat

La nouvelle saison de cette année a également été une période de renouveau pour deux écuries à la lutte pour des gros points l’an dernier. Si l’Aston Martin déçoit, notamment par rapport aux prestations de 2020, Alpha Tauri et Alpine se livrent un duel pour la 5ème place assez intense.

Avec une monoplace dite « de transition » proposée par Alpine pour 2021, l’écurie française propose des prestations en demi-teinte. Parfois, surprenantes et compétitives, comme l’exploit de la Hongrie, où Esteban Ocon a pu résister à Vettel lorsque Alonso a réussi l’exploit de contenir Hamilton, l’écurie a démontré qu’elle était capable de week ends défaillants et même parfois déprimants, comme son 0 pointé à Austin. Le duo Alonso-Ocon semble marcher sur courant alternatif, lorsque l’un est compétitif, son coéquipier est en retrait, ce qui ne permet pas à l’écurie de maximiser ses chances de points. 

Pierre Gasly, avec son Alpha Tauri, fait plus que résister aux Alpines, notamment celle d’Esteban Ocon (crédit: Motorsports)

De même, ce constat peut se retrouver pour l’Alpha Tauri, qui semble plus que compétitive sur certains Grand Prix, Pierre Gasly venant régulièrement jouer les premiers rôles, mais beaucoup moins sur d’autres. Le normand est le réel leader de son écurie occupant parfois même la fonction de « lieutenant » pour Max Verstappen lorsque Sergio Perez est défaillant. Ses nombreuses rentrées en Q3, se qualifiant régulièrement 6eme et luttant pour la 4ème place démontrent les qualités de sa monoplace, que Yuki Tsunoda peine à exploiter. Les difficultés entrevues par le pilote nippon causent d’ailleurs bien des soucis à son écurie, qui ne peut compter que sur son français afin de lutter contre les Alpines.

De son côté, Aston Martin peine à accrocher ce wagon, en manque flagrant de compétitivité, la monoplace est plus belle qu’elle n’est performante. Le podium réalisé par Vettel fait figure de cache-misère par rapport aux résultats de 2020 et aux ambitions exprimées pour cette nouvelle année. Lance Stroll ne peut confirmer ses bons résultats de la fin de saison dernière, lorsque Sebastian Vettel ne peut que constater le manque de performances de sa monoplace. Le quadruple champion du monde, qui espérait jouer les victoires et les podiums avec l’écurie anglaise semble malheureusement bien déconcerté par la situation actuelle.

Des résultats avant les adieux

Concernant les trois écuries de fond de plateau, l’une se détache des autres, notamment grâce au talent et à la motivation de son pilote, George Russell. Le futur ex-pilote Williams, qui va rejoindre Mercedes en 2022, a vu ses efforts et ceux de son écurie être récompensés, avec une émouvante rentrée dans les points en Hongrie en août.

Sa formidable série de 4 Grands Prix sur 5 dans les points, avec notamment un podium en Belgique lors de la fameuse « course », lui a permis de prendre le large au classement pilote, tout comme de sécuriser la 8ème place au classement constructeur, position lourde de symbole pour Williams. La monoplace, comme annoncé par les analystes, semble pointue, à savoir très performante sur des tracés, venant tenir la dragée haute aux Aston Martin et à Tsunoda, mais perdue sur d’autres, retombant dans ses travers et luttant face aux Alfa Roméo ou même pire, aux Haas.

George Russell, célébrant son premier podium en Belgique, rapportant des points cruciaux pour son écurie Williams (crédit: Getty Images)

Les deux dernières écuries, quant à elles, trustent le fond de tableau, l’Alfa Roméo étant tout de même plus compétitive que le « tracteur-poubelle » de la Haas. Kimi Raïkkönen, en partance en fin d’année pour la retraite, choisit ses moments et décide d’exploiter son talent quand lui vient l’envie, étant toujours battu par Giovinazzi en qualifications. L’italien, malgré sa bonne volonté, n’a tout simplement jamais eu le niveau espéré pour s’imposer comme un leader d’équipe, capable de ramener les points et développer positivement la voiture.

Concernant l’écurie russo-américaine, outre les difficultés à gérer ses deux pilotes, qui ne s’apprécient que très peu pour ne pas dire pas du tout, l’absence de développement de la voiture leur coûte surement leur dernière place au classement, et dans l’incapacité de se battre avec une quelconque autre équipe. La monoplace, identique à celle pilotée par Romain Grosjean et Magnussen l’an dernier, apparaît comme inconduisible, et même parfois dangereuse, en raison de sa fiabilité plus que douteuse.

Ainsi, des duels à chaque échelon du tableau se jouent encore, indécis pour certains, ils sont parfois d’ores et déjà scellés pour d’autres. Cependant, cela faisait longtemps que les écarts n’avaient pas été aussi resserrés, comme tous se prêtent à le dire. On espère donc une saison 2022 tout aussi passionnante et excitante que celle que nous venons de vivre, car la F1 ne cesse de grandir, et son lot de surprises aussi !

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