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[INTERVIEW] Mathieu Hirigoyen : « Ce début de saison expose tout le travail que j’ai pu effectuer »

Après un début de saison tonitruant avec le promu biarrot, Mathieu Hirigoyen a pris le temps de se confier au Café Crème Sport. A l’aube d’un match déjà important pour le maintien du Biarritz Olympique aujourd’hui à Toulon, le jeune flanker français pose un regard calme et avisé sur son début de carrière.

Mathieu Hirigoyen, en rouge et blanc.

Mathieu, déjà cinquante matchs avec le BO votre club formateur, à seulement vingt-deux ans, ça doit être une sacrée fierté ?

Effectivement, ça va vite. C’est une chance et un honneur d’atteindre cinquante matchs. On me fait confiance, j’enchaine les matchs donc forcément je suis satisfait. Ce début de saison expose tout le travail que j’ai pu effectuer. Mon premier match remonte déjà à quatre ans, j’étais tout jeune dans l’équipe. Donc oui, une très grande fierté mais j’espère que ce n’est que le début et que ça va continuer.

Vous parlez d’un important travail, l’année passée en ProD2 vous aviez l’habitude de débuter sur le banc, vous êtes aujourd’hui le joueur le plus utilisé du championnat avec 618 minutes sur 640 possibles.

Je pense que c’est un tout, il y a eu quelques blessés pendant la préparation, moi j’ai fait un peu de « seven » avec le Supersevens, les matchs amicaux sont arrivés et j’ai saisi ma chance. Après, au-delà des blessures il y a du travail. L’an dernier quand j’avais du temps de jeu, j’essayais de faire au mieux et désormais j’enchaine les matchs en les débutant mais seulement huit matchs sont passés et la saison est longue.

Comment on se sent en tant que « meilleur plaqueur du Top14 » ?

(rires) On défend un peu plus que les autres donc forcément j’ai plus l’opportunité de plaquer. Mais à choisir entre gagner un match et être meilleur plaqueur, le choix est vite fait et j’opterai pour la première option.

La statistique qui illustre le début de saison du troisième ligne biarrot.

Dans quelle mesure votre début de carrière en seconde division a joué dans votre adaptation express au plus haut niveau ?

Forcément ça m’a aidé pour développer mon style de jeu et murir. Vu qu’on était en ProD2, j’ai eu plus de temps de jeu que j’aurai pu en avoir à l’échelon supérieur. J’ai eu le temps de me développer physiquement et la première division apparait comme une suite logique. J’avais envie de gouter au plus haut niveau, c’est un championnat qui va plus vite, les temps de jeu sont plus longs mais clairement la ProD2 a été un passage essentiel pour mon développement. Je pense que c’est aussi le cas pour d’autres jeunes de l’équipe comme Lucas Peyresblanques ou Barnabé Couilloud par exemple.

Sur un plan plus collectif, que pensez-vous du début de saison du Biarritz Olympique ?

On a très bien débuté avec deux « gros » à la maison en trois semaines (Racing et Bordeaux) et deux victoires. Le début de saison était dense mais ce qu’on a fait est encourageant. On a retrouvé Aguiléra avec du public et des grosses équipes. Après, pas mal de blessures nous ont impacté et on a enchainé plusieurs défaites. Cependant, tout n’était pas à jeter dans ces défaites, on a pu bâtir là-dessus. La victoire bonifiée contre Brive (37-9 le 23 octobre dernier) qui est un concurrent nous a fait un bien fou.

Vous parlez d’un premier moment difficile, vous avez su vous remobiliser rapidement, c’est bon signe pour la suite ?

Oui et c’est très important pour la fin du championnat. On se devait de se remobiliser, c’était fondamental. Toutes les semaines des grosses équipes vont se succéder donc on n’a pas vraiment le temps de subir. On a brulé deux joker à la maison donc on s’était dit qu’il fallait être impérial désormais. On a commencé face à Brive. Maintenant, si on peut faire des coups à l’extérieur, on ne se privera pas.

Justement autour des déplacements, il y en a deux gros qui s’imposent à vous, Toulon et Pau, vous avez un objectif comptable pour terminer ce long bloc ?

On ne s’est pas dit cette semaine qu’on avait un réel objectif comptable. On joue nos deux derniers matchs du bloc, on va y aller à fond et on fera les comptes à la fin. Quand on regarde le classement, on peut considérer que ce sont des concurrents donc ce serait important de prendre des points. On y va sans pression mais avec de l’ambition. 

On a cette impression que vous surfez toujours sur la vague du derby gagné en barrage la saison dernière, il y a un enthousiasme débordant autour de l’équipe ?

C’est un plaisir. On surfe sur la dernière année de ProD2 malgré cette situation COVID, le retour du public en phases finales était génial. On aime revoir du monde au stade et cette euphorie qui existe autour du club est vraiment agréable à voir. Le public ça reste important, à domicile on a l’occasion de se transcender, quand les équipes viennent avec des internationaux de partout, une fois que le match commence, quand on se rend compte que le public est là et qu’on peut bousculer les équipes, ça nous motive clairement. Le public biarrot sait se mettre au niveau comme nous on peut le faire. On espère tous que ça va continuer. 

Mathieu Hirigoyen ballon en main lors de son premier match en Top14. Crédit : Icon Sport – Hugo Pfeiffer

Après ce beau début de saison, il fallait bien une récompense et c’est les Barbarians. Qu’est-ce que ça représente pour vous ?

J’ai appris ça il y’a quelques semaines, que c’était possible. L’officialisation a eu lieu la semaine dernière. C’est une satisfaction et un honneur de pouvoir jouer avec les Barbarians. C’est le niveau international, je vois que mon début de saison est récompensé donc je suis content de ça. Après on a encore deux matchs avec le BO avant la fin du bloc donc je me concentre là-dessus. Mais quand il sera temps d’y aller, je profiterai.

Et l’équipe de France, c’est dans un coin de votre tête ?

Je ne suis pas du tout là pour griller les étapes tu sais. J’ai fait huit matchs de TOP 14, je suis là pour être performant avec mon club. Après si peu de matchs, ce serait prétentieux de penser à ça. Après on verra dans les années à venir mais non pour l’instant je ne pense pas trop à ça. Le temps nous le dira. Je vais profiter de l’expérience avec les Babas et me concentrer sur le maintien avec Biarritz.

Le Café Crème Sport remercie Mathieu Hirigoyen pour sa disponibilité et ses réponses pleines d’honnêteté et de sympathie. En lui souhaitant un bon match aujourd’hui à Toulon !

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