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Flashback : la dernière victoire à domicile du XV de France face aux All Blacks

Le XV de France va débuter ce week-end sa traditionnelle tournée d’automne, avec la réception des Pumas. Mais le match que tout le monde attend dans le monde de l’ovalie, c’est bien sur le France-All Blacks du 20 novembre prochain. Cela fait désormais 21 ans que les Bleus n’ont plus battu les Néo-Zélandais lors d’une tournée d’automne. Retour sur cette dernière victoire du 18 novembre 2000.

Novembre 2000, un an après l’exploit de la bande à Dominici en Coupe du monde, les Français reçoivent des Blacks qui viennent de prendre leur revanche le week-end précédent au Stade de France 26-39. Les Néo-Zélandais arrivent sur la Côte d’Azur avec la ferme intention de battre les Français une seconde fois de suite. Il faut dire qu’ils arrivent équipés pour. Les Oliver, Blackhadder ou encore Thorne bataillent à cette époque pour offrir de bons ballons à une ligne d’attaque de feu. La charnière Marshall-Merthens, la paire de centres Gibson-Umaga, et le triangle arrière Reihana-Howlett-Cullen promettent un beau spectacle. Pour le plus grand bonheur de Philippe Bernat-Salles, Jonah Lomu est absent ce soir-là.

La compo des Bleus. (crédit : FFR)

Côté français, neuf joueurs qui étaient présents lors de l’exploit de 1999 sont alignés dans le XV de départ. De Villiers, Pelous, Magne, Juillet chez les avants, et Galthié, Lamaison, Garbajosa, Dourthe, Bernat-Salles pour les trois-quarts.

Entame tonitruante

D’entrée de jeu, les Français sont totalement décomplexés et déplacent le ballon. Un exploit individuel de Xavier Garbajosa positionné à l’aile, permet aux Bleus d’inscrire le premier essai de la rencontre après deux minutes de jeu. Cinq minutes plus tard, c’est Olivier Magne qui vient conclure un nouveau joli mouvement collectif. Lamaison passe les deux transformations et une pénalité supplémentaire. Le XV de France mène 17-0 après seulement dix minutes de jeu.

Le premier essai signé Xavier Garbajosa. (Crédit : « estabousi rugby channel » sur Youtube)

Mais en face ça reste les All Blacks. Ils peuvent se montrer dangereux à tout moment, et vont le prouver avant le quart d’heure de jeu. Marshall amorce un côté fermé, Howlett est au relais, il élimine Galthié et redonne à son demi de mêlée, qui file entre les poteaux.

Le premier essai néo-zélandais. (Crédit : « estabousi rugby channel » sur Youtube)

Lamaison maintient les Français dans le match avec deux pénalités. Mais grâce à une pénalité de Merthens et un essai de Doug Howlett en contre-attaque, les Blacks recollent à 23-17. Dans la foulée, Titou Lamaison passe une nouvelle pénalité, le XV de France pense alors avoir fait le break avant de retourner aux vestiaires. Mais sur une dernière offensive, les Néo-Zélandais parviennent à inscrire un troisième essai signé Slatter. Tous les efforts français sont presque réduits à néant. Les hommes de Bernard Laporte ne mènent plus que 26-24 au moment des citrons.

L’anecdote

Chaque rencontre présente son lot de petites histoires. Des anecdotes que l’on aime se remémorer des années après. L’entrée en jeu de Mathieu Dourthe ce 18 novembre 2000 à la fin de la première période en fait partie. Il faut dire que le Dacquois a bénéficié d’un concours de circonstances pour devenir le 914e capé de l’histoire du XV de France. A 48 heures du match, David Bory se blesse et doit déclarer forfait. Nous sommes donc au début des années 2000 et les smartphones n’ont pas encore fait leur apparition. Pour palier la blessure de l’ailier, le staff du XV de France tente de joindre Jean-Marc Souverbie, puis Pascal Bomati. En vain. C’est finalement Jean-Marc Degos directeur général de l’US Dax, qui décrochera le premier, et préviendra Mathieu Dourthe de sa convocation.

L’entrée de Mathieu Dourthe. (Crédit : « estabousi rugby channel » sur Youtube)

Une fois arrivé dans le groupe, encore fallait-il pouvoir entrer en jeu, face à la redoutable équipe des All-Blacks. Là encore, Mathieu Dourthe va profiter d’un coup de pouce du destin. Aux alentours de la demi-heure de jeu, son homonyme Richard Dourthe avec lequel il n’a aucun lien de parenté, va s’ouvrir l’arcade. Un Dacquois en cache un autre, un Dourthe en cache un autre. Pour permettre à Richard de se faire strapper, c’est Mathieu qui entre en jeu. Le temps d’assurer l’intérim durant quatre petites minutes, il devient international français. Sans doute la carrière internationale la plus courte de l’histoire du XV de France.

Lamaison, le bourreau des Blacks

Après un quart d’heure en seconde mi-temps, ça tape de plus en plus fort et les Néo-Zélandais reviennent avec de grosses intentions. Deux pénalités de Merthens ont permis aux Blacks de remettre la main sur la rencontre et de mener 30-26. Mais le XV de France a de la ressource et décide d’accélérer à l’heure de jeu pour reprendre l’avantage. A la suite d’une combinaison en touche sur les 50 mètres, le jeu rebondit. Après plusieurs temps de jeu, la balle arrive sur l’aile gauche jusqu’à Christophe Moni qui manque d’inscrire le troisième essai de son équipe, et commet un en-avant.

« Il a confondu sa tête avec le ballon ! » (Crédit : « estabousi rugby channel » sur Youtube)

Ce n’est que partie remise, puisque quelques minutes plus tard, Fabien Galthié profite d’un maul constitué par ses avants pour inscrire l’essai qui permet aux Français de reprendre la tête. Tandis que le Stade Vélodrome scande son surnom « Titou » Lamaison passe la transformation. D’un drop, l’ouvreur rajoute trois points supplémentaires à la 69e minute, suite à une touche volée par Brouzet dans les 22 mètres adverses. Le champion d’Europe briviste ne s’arrête pas là, de plus de 50 mètres il passe une nouvelle pénalité. Le public marseillais s’enflamme, les Bleus comptent neuf points d’avance. Mais rien n’est jamais joué d’avance avec les Néo-zélandais. Merthens répond à son homologue français et réduit le score à 36-30. Tout va se jouer dans les derniers instants de la rencontre. Tana Umaga et ses coéquipiers poussent.

Mais Christophe Lamaison va encore frapper avec un superbe jeu au pied d’occupation qui renvoie les Blacks à 5 mètres de leur ligne. Sadourny se voit refuser un essai l’action qui suit. Avant que son demi d’ouverture, le bourreau des Néo-Zélandais, ne scelle le sort de cette rencontre avec son second drop de la soirée. Un an après la demi-finale de 1999, son full house, et ses 28 points marqués, le numéro 10 inscrit 27 points ce soir-là, et les Bleus s’imposent une nouvelle fois face à la Nouvelle-Zélande en inscrivant plus de 40 points. Score final 42-33.

Essai refusé à Sadourny et masterclass de Titou en fin de match. (Crédit : « estabousi rugby channel » sur Youtube)

Plus de 20 ans de disette à domicile 

Depuis cette victoire en 2000, les Français n’ont plus vaincu les Blacks à domicile. Ils étaient passés proches en 2002 avec un nul 20-20, le seul de l’histoire entre ces deux équipes. On se souvient évidemment de la victoire en quart de finale de la Coupe du monde 2007 à Cardiff, puis du succès à Dunedin en 2009. Depuis, les Néo-Zélandais ont connu une décennie de victoire, les Bleus restent sur 14 défaites consécutives.

Jamais depuis la terrible finale perdue en 2011, le XV de France n’a semblé si proche de battre ces Néo-Zélandais. Le 20 novembre prochain, les coéquipiers d’Antoine Dupont pourraient enfin mettre fin à plus de 20 ans de disette à domicile. Fabien Galthié présent en 2000, se souvient sans doute de la prestation XXL de son compère de la charnière Titou Lamaison. Vingt-et-un an plus tard, le sélectionneur actuel pourrait faire le choix de s’appuyer sur deux ouvreurs de formation, Jalibert et Ntamack, pour vaincre les All-Blacks.

Le lien pour visionner le match dans son intégralité : https://youtu.be/XhC_hYkZwcU

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