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Les Spurs sont-ils réellement prétendants à la victoire finale en Ligue Europa Conférence ?

En début de semaine, lundi précisément, l’ex-coach portugais de Tottenham, Nuno Espírito Santo, a été limogé par ses dirigeants, après trois premiers mois compliqués. Dès le lendemain, son successeur a été nommé : Antonio Conte. Le technicien italien a signé pour deux saisons (jusqu’en juin 2023 avec option de prolongation). Il arrive libre, puisqu’il avait démissionné de l’Inter Milan en mai dernier. On se dit maintenant qu’il aurait été plus judicieux de l’engager dès cet été, à la place de Nuno au vu du faible nombre de matchs dirigés par le Portugais. Néanmoins, le choix de prendre Conte semble évident et son arrivée laisse désormais place à l’espoir.

Ce soir, à 21h00, Tottenham reçoit le Vitesse Arnhem dans le cadre de la quatrième journée de Ligue Europa Conférence et ce match est déjà décisif pour la qualification. Antonio Conte sera donc sous pression, puisque son équipe se doit de redresser la barre afin de respecter son statut. En effet, Nuno et ses ex-joueurs n’ont pas su gagner aux Pays-Bas et l’équipe de Conte se retrouve aujourd’hui à la troisième place de son groupe derrière le Stade Rennais et son adversaire du soir : le Vitesse.

Harry Kane va-t-il retrouver son football sous Antonio Conte ? (Getty Images)

Les Spurs ont largement les moyens de prendre leur revanche, au vu des joueurs disponibles. Seuls Bryan Gil et Ryan Sessegnon sont toujours absents. Avant d’envisager l’avenir, à commencer par ce Tottenham – Vitesse, revenons sur le début de saison compliqué de la toute nouvelle équipe d’Antonio Conte.

17 (petits) matchs et puis s’en va

Le dernier à avoir duré aussi peu longtemps sur le banc des Spurs est Français. Il s’appelle Jacques Santini et nous remémore des souvenirs footballistiques que l’on aurait préféré oublié définitivement. À l’époque, au début de la saison 2004-2005, l’entraîneur français avait surpris par sa médiocrité. Un constat qui pourrait se calquer à celui de Nuno Espírito Santo.

Au CCS, le cas du technicien portugais divise. Certains estiment que son passage sur le banc de Tottenham a été complètement raté, d’autres estiment qu’il faut nuancer. Peut-être que l’ancien entraîneur de Wolverhampton aurait mérité un peu plus de temps. Quoi qu’il en soit, son bilan statistique n’est pas bon. En 17 rencontres dirigées, son équipe a gagné 8 fois, a fait deux nuls et perdu les 7 matchs restants. Au premier abord, on pourrait croire que le pourcentage de victoires (47,1 % si l’on compte la qualification aux tirs au but face aux Wolves comme un match nul) n’est pas si faible, mais il cache des statistiques plus inquiétantes.

Des regrets, encore des regrets et toujours des regrets ? (blog.adshost2.com)

En détail, Nuno aux Spurs, c’est 1,3 buts marqués par match en moyenne. Dans l’histoire du club, seuls deux entraîneurs ont fait pareil, voire pire – au moins 10 matchs dirigés. Il s’agit de notre cher Jacques Santini (1,2 buts marqués en 13 rencontres dirigées) et de Peter Shreeves (1,3 également), entraîneur gallois de Tottenham durant trois saisons distinctes entre 1984 et 1992. En ce qui concerne les buts encaissés, il n’est pas historiquement honteux, mais ces dernières années, seuls Tim Sherwood (successeur intérimaire d’André Villas-Boas en 2013-2014) et Glenn Hoddle ont fait pire avec 1,5 buts encaissés en moyenne. Nuno est à 1,4. À titre de comparaison, ses prédécesseurs ont fait de Tottenham une équipe bien plus solide défensivement, José Mourinho était à 1,2, Mauricio Pochettino était à 1,1, tout comme André Villas-Boas et Harry Redknapp, sachant que ces derniers ont dirigés beaucoup plus de matchs. Enfin, il faut ajouter à cela le fait que Nuno Espírito Santo n’a jamais réussi à faire gagner les Spurs par deux buts d’écarts. Chaque victoire a été glanée par la plus petite marge possible, signe que son équipe n’a jamais réussi à dominer les débats au point d’écraser son adversaire. Heureusement pour lui, le bilan est différent en Ligue Europa Conférence. Mura (club de Slovénie) et Paços de Ferreira (club portugais) ont subi le courroux de Tottenham.

Dans le jeu, l’équipe de Nuno n’a pas convaincu, c’est en partie pour cela qu’il n’est plus sur le banc des Spurs. Autant défensivement, cela n’a jamais pris forme, mais si l’équipe marque beaucoup de buts, des résultats peuvent arriver. Malheureusement, cela n’a pas été le cas. Son équipe n’était pas créative, il n’y avait pas de plan de jeu, pas de philosophie, contrairement à ce qu’il avait pu insuffler à ses équipes précédentes, notamment chez les Wolves. Que ce soit avec ballon, ou sans ballon, ses joueurs n’ont jamais été performants. Cela manquait clairement, d’engagements, voire même d’agressivité, une donnée qui, dans le football d’aujourd’hui, est devenue primordiale. L’équipe était amorphe, et cela se ressent dans les statistiques avancées.

Ce jour-là, les hommes de Nuno ont fait la différence dès qu’ils ont réussi à accélérer dans la moitié de terrain adverse, et surtout, en se rapprochant au maximum du but adverse. Tanguy Ndombele a très bien réussi à le faire sur l’égalisation à la 17e, puis sur le deuxième but, Tottenham profite d’un éclair de génie de son capitaine Harry Kane qui lobe parfaitement Karl Darlow. Sur le troisième but, les Spurs ont sûrement réussi l’une de leurs meilleures actions offensives de l’ère Nuno. Grâce à une transmission en une touche de balle qui part de Tanguy Ndombele et Lucas Moura, Harry Kane reçoit le ballon dans le half-space droit qui centre à ras de terre pour Heung-Min Son qui n’a plus qu’à pousser le ballon dans le but. Finalement, ce genre d’action n’est arrivé que bien trop rarement, mais dès que le bloc accélérait, l’animation offensive se montrait plutôt intéressante.

Par ailleurs, il faut savoir que Tottenham est actuellement la deuxième pire attaque de Premier League, à égalité avec Southampton et devant Norwich. En ce qui concerne, la défense, les Spurs sont douzièmes. Lorsqu’on prend la loupe, on se rend compte qu’au niveau des xG, c’est tout autant dramatique. L’ex-équipe de NES (Nuno Espírito Santo) est 17e de ce classement modifié, avec un taux de 10,63 xG, seuls Watford, Newcastle et Norwich font pire. En terme de xG encaissés, le club respecte son rang et se retrouve 12e également. Là où tout bascule est le classement modifié des xPoints. Tottenham se retrouve ainsi à la 16e place, signe que Nuno aurait du perdre encore plus de matchs, puisque si l’on suit la logique des expected points, le club de Londres aurait récolté 10,84 points, un total plus faible qu’en réalité.

En somme, le bilan n’est pas bon, et on comprend pourquoi Nuno a dû faire ses valises. Néanmoins, certains auraient été curieux de savoir si cette tendance aurait pu être inversée, notamment l’auteur de cet article – qui croyait beaucoup en Nuno.

Des débuts ratés en Ligue Europa Conférence

Le 21 octobre dernier, Tottenham s’est véritablement cassé les dents au Vitesse Arnhem. L’équipe anglaise a été mauvaise et la défaite logique. Mais les conséquences sont importantes. Tottenham est obligé de gagner et n’a plus le droit à l’erreur. Ce soir, la revanche est nécessaire si les Londoniens veulent espérer la qualification.

Pourtant cela n’avait pas si mal démarré, même si lors des phases qualificatives, Nuno a laissé un peu de suspense. En effet, au mois d’août, il fallut se débarrasser de Paços de Ferreira et le match aller a tourné à l’avantage des Portugais (1 – 0). Au retour, les Spurs ont fait le travail pour se qualifier, en battant leur adversaire 3 à 0. Mais lorsque tu es Tottenham, tu ne dois pas te faire peur de cette façon. Avec du recul, on se dit que cette défaite constitue les premiers signaux d’une éventuelle défaillance future.

Le onze titulaire face au Vitesse lors de la 3e journée, un onze remanié dont les remplaçants n’étaient que des jeunes u19. Nuno a préféré laisser Harry Kane et Heung-Min Son au repos, une décision questionnable au vu du résultat. (flashscore.fr)

Les deux matchs suivants, face à Rennes et Mura, le modeste nouveau venu européen en provenance de Slovénie (champion domestique 2021), n’ont pas été mauvais. Tottenham est tombé sur une vaillante équipe bretonne (2 – 2 score final) et a terrassé les Slovènes 5 – 1. Mais la défaite contre le Vitesse a tout changé. La faute à une rotation un peu trop effectuée. Nuno n’a pas hésité à donner sa chance à tout le monde, même aux plus jeunes. Mais dès que la plupart des titulaires étaient présents au coup d’envoi, l’issue était bien plus favorable. Seul Rennes a su répondre au défi imposé par les meilleurs joueurs des Spurs – signe que Rennes a les moyens de nous impressionner cette saison. Antonio Conte ne va peut-être pas avoir le choix, ses meilleurs joueurs devront être alignés afin de prendre les trois points ce soir.

Nouvel entraîneur, nouveaux objectifs, nouvelles ambitions ?

Antonio Conte l’a déclaré hier, lors de l’interview donnée à son nouveau club, il veut que son équipe soit immédiatement compétitive et qu’elle montre du caractère : « Ma philosophie est simple : proposer un football attractif, un bon football pour les fans, avec une équipe stable, qui n’alterne pas des hauts et de bas. Je pense que les fans méritent une équipe compétitive, animée d’un désir de combat. On fera le maximum pour mériter leur soutien ». Cela veut donc dire que l’entraîneur italien croit en des résultats sur le court-terme. On a hâte d’être à ce soir.

Si l’on se projette sur la saison, qu’est ce que Tottenham peut espérer ? Avec Antonio Conte, et les joueurs dont il dispose, il est raisonnable de dire que le club londonien peut se qualifier pour une compétition européenne la saison prochaine. Sur le papier, Conte peut compter sur de très bons joueurs et si l’animation collective fonctionne, l’équipe peut faire des ravages. Tactiquement, il a les moyens de mettre en place sa philosophie de jeu : une défense à 3, avec des pistons agressifs et offensifs, un pressing de chaque instant et un jeu en transition efficace. L’effectif des Spurs remplit ses critères.

Antonio Conte semble très motivé à l’idée de débuter son nouveau challenge, peut-être le plus relevé de sa carrière d’entraîneur ? (infos-sport.com)

D’un point de vue des résultats, Antonio Conte peut devenir le premier entraîneur à ramener un trophée à Tottenham, accomplissement qui n’est plus arrivé depuis 2008 et une victoire en Coupe de la Ligue face à Chelsea. Ironie de l’histoire, c’est l’un des pires entraîneurs du club dans l’histoire récente qui a fait gagner ce trophée : Juande Ramos. Antonio Conte est tout à fait capable de remporter la Ligue Europa Conférence par exemple, ou même une EFL Cup justement, puisque le club va jouer son quart de finale face à West Ham le 22 décembre prochain. Gagner une FA Cup serait aussi fantastique, car c’est un trophée qui manque aux Spurs depuis 1991.

Les objectifs restent les mêmes, Tottenham se doit de viser la victoire finale dans chaque coupe, les ambitions, quant à elle, sont encore plus grandes, puisqu’avec Antonio Conte, les dirigeants disposent d’un entraîneur qui a déjà prouvé et gagné. Une donnée importante lorsqu’on sait que cette gagne manque depuis longtemps au club du nord de Londres.

La dynamique actuelle ne plaide evidemment pas en leur faveur, mais les Spurs ont les moyens, sur le papier, d’aller chercher cette Ligue Europa Conférence. Malheureusement, Antonio Conte n’est pas un entraîneur de coupe. Il a montré, par le passé, qu’il n’a pas su répondre présent lors des campagnes européennes. Il est davantage un entraîneur de championnat, à l’image d’un Pep Guardiola. Il devra donc prendre exemple sur un son compatriote Carlo Ancelotti qui est peut-être lui, un technicien davantage performant en coupe. Malgré cela, Antonio Conte a tout pour devenir l’homme providentiel.

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