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Nils Allègre : « Si je parle avec le cœur, j’aimerai vraiment aller chercher mon premier podium »

A 27 ans, Nils Allègre va entamer sa 5e saison de Coupe du Monde fin novembre à Lake Louise (CAN). Et à l’aube de son départ pour les Etats-Unis avec le reste de l’Equipe de France de vitesse, le skieur de Serre Chevalier, revient avec nous sur sa préparation estivale légèrement tronquée à cause d’une blessure, et dévoile ses ambitions pour cette année olympique…

Tu m’as confié t’être blessé il y a maintenant 15 jours, alors avant tout, comment vas-tu ?

« Ça va beaucoup mieux ! Je suis content de l’évolution parce que sur le moment, je n’avais jamais ressenti une telle douleur. C’est arrivé à l’entraînement, en super-G, d’un seul coup sur un mouvement. J’avais vraiment mal et les examens ont révélé une déchirure discale, une blessure que j’ai déjà connue. J’avais été opéré en bas du dos, et là c’est survenu deux étages au-dessus. Heureusement les nerfs ne sont pas touchés et aucune chirurgie n’est nécessaire ! »

Tu es encore au stade de l’immobilisation ou tu as pu reprendre doucement ?

« Je suis déjà en phase de réathlétisation ! Je récupère vite et bien, et l’avantage, c’est que je connais le chemin, je ne suis pas dans l’inconnu, contrairement à la première fois il y a quelques années. Je connais mon corps et je sais exactement quoi faire en réathlétisation donc cela m’aide beaucoup. J’ai repris tranquillement le chemin de la salle mais je n’en fais pas trop ».   

Nils à l’arrivée de la descente des championnats du monde de Cortina (7e). Crédit photo : Agence Zoom

Est-ce que cela bouleverse ton programme des prochaines semaines ?

« Pour l’instant, mon début de saison n’est pas remis en cause (programmé le dernier week-end de novembre à Lake Louise au Canada), ce qui est déjà une très bonne chose ! Comme prévu, je pars avec le reste de l’équipe ce samedi aux Etats-Unis, où nous attend un stage de deux semaines à Copper Mountain. Même si je ne peux pas remonter tout de suite sur les skis, je préfère être sur place et pouvoir continuer de me préparer, plutôt que de me rendre compte tout seul chez moi que ça va ! Je vais prendre le temps mais si je suis là-bas, j’aurai l’occasion de me tester. J’appréhende aussi un peu l’avion avec mon dos, et je veux éviter de devoir faire un long vol juste avant la course. Entre Copper et le Canada il n’y a que trois heures, donc c’est plus gérable ! »

Comment s’est déroulé la prépa’ estivale avant cela ?  

« Etonnement j’ai eu l’impression de ne pas beaucoup skier, on a vraiment fait un gros travail physique. On a changé de programme par rapport à l’an passé, où on alternait les séances à 100% d’intensité avec de courtes séances, et plus de ski. Cette année, c’était beaucoup de séances à 80% qui sont usantes, je me suis vraiment senti fatigué mais j’espère que ça va payer !

Malheureusement, nous n’avons pas pu effectuer de stage sur le glacier de Cervinia comme l’été dernier. La saison passée, ce stage avait remplacé celui que l‘on fait habituellement à Copper Mountain, et qui avait été annulé au même titre que les Coupes du Monde à Lake Louise et Beaver Creek à cause du Covid. Il avait été primordial car il nous avait permis de reprendre un vrai rythme, on pouvait enchainer des manches d’1m30s avec des changements de pentes, ce qui nous avait parfaitement préparé pour le début de saison ! C’est aussi pour cela que je comptais beaucoup sur ce stage à Copper, pour retrouver de vraies sensations de courses. Cette blessure n’arrive pas au bon moment, mais c’est comme ça, et cela aurait pu être pire et arriver en plein mois de janvier… »  

Nils en plein saut en descente. Crédit photo : Agence Zoom

Deux ans après vous repartez donc pour une tournée américaine, une destination qui plait aux français…

« Oui on est vraiment super content d’y retourner ! Honnêtement, c’est là-bas qu’on fait les meilleurs stages, surtout à Copper. On dit que la neige est simple, elle est plus sèche qu’en Europe, il y a moins d’humidité ce qui la rend accrochante. Elle tolère beaucoup plus nos petites erreurs, d’équilibration par exemple. On peut donc se permettre d’attaquer et de prendre un peu plus de risques. C’est comme en Formule 1 sur une piste qui a beaucoup de grip, on peut y aller ! C’est pour ça qu’on voit souvent les américains envoyer du lourd chez eux, ils connaissent bien cette neige et y vont à fond. »

Evidemment le mois de février est encore loin, mais les Jeux Olympiques restent l’objectif de la saison ?

« Forcément j’ai envie d’y aller, c’est tous les 4 ans, je ne les ai jamais faits… Pour l’instant je ne suis vraiment pas dans la meilleure posture, donc je vais surtout essayer de me reconstruire physiquement. C’est un peu bateau ce que je vais dire, mais je vais penser course par course et avancer ».

En année olympique, est-ce que l’on se prépare de manière à atteindre son pic de forme à ce moment précis ?

« Non, pas chez nous ! En réalité, notre sport est moins dépendant du physique que le ski de fond par exemple, où vous verrez des athlètes monter en puissance jusqu’au Jeux. Nous, si la technique ou le matériel n’est pas en place, c’est mort ! Et ces choses là se travaillent longtemps en amont. Il ne faut pas oublier que notre circuit, c’est la Coupe du Monde, et il faut engranger les bons résultats ici pour prétendre à une place, il faut donc être au meilleur de sa forme toute la saison. Je sais seulement que l’on aura deux semaines de préparation juste avant les JO, mais je ne sais pas encore ce que les coachs auront prévu, sachant qu’on a très peu d’info sur la neige et les conditions en Chine… »

Meilleur résultat en Coupe du Monde pour Nils, 4e du super-G de Garmisch-Partenkirchen la saison dernière. Crédit photo : Agence Zoom

La saison passée à été un petit peu paradoxale pour toi, puisque d’un côté tu as signé tes meilleurs résultats en carrière (4e à Garmisch notamment), et de l’autre tu as un peu perdu en régularité ce qui était ta marque de fabrique. Quel va être l’objectif pour toi cette saison ?

« Oui c’est tout à fait ça ! Honnêtement, si je parle avec le cœur, j’aimerai vraiment aller chercher mon premier podium en Coupe du Monde, ça serait une vraie récompense ! Je ne suis pas passé loin la saison dernière et c’est ce qui m’a le plus manqué… Mais je vais construire ma saison et continuer mon parcours pour être de plus en plus solide. Et c’est important pour moi de progresser dans les deux disciplines, en super-G et en descente ! »

Merci à Nils de nous avoir accordé un peu de temps avant son départ pour la tournée américaine. Rendez-vous à Lake Louise le 26 novembre pour le soutenir lui, ainsi que toute l’équipe de France de vitesse.

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